Ivraie

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Lolium

L'ivraie, Lolium, ou encore Zizanie[1], est un genre de poacée (graminée) sauvage ou cultivée comme plante fourragère. Elle est originaire des régions tempérées chaudes de l'ancien monde. Certaines espèces sont considérées comme des mauvaises herbes.

Il existe une dizaine d'espèces du genre Lolium, appelé en anglais Ryegrass, d'où le terme de « ray-grass » ou « ray grass » sous lequel sont désignées en français les espèces les plus couramment cultivées.

Les principales espèces cultivées sont les suivantes :

  • Lolium multiflorum, ivraie multiflore ou ray-grass d'Italie ,
  • Lolium perenne, ivraie vivace ou ray-grass anglais.

En effet, on a longtemps cru que l'ivraie enivrante, Lolium temulentum, était la seule variété d'ivraie dont les graines étaient toxiques à hautes doses, induisant à faible dose des effets comparables à l'ivresse. Or la découverte d'un champignon endophyte, c'est-à-dire vivant en parfaite symbiose avec Lolium / Lolium temulentum par Vogl[2] fut vérifiée, confirmée en tant qu'infection artificielle et fait régulièrement l'objet d'études approfondies[3],[4].

Étymologie et références historiques[modifier | modifier le code]

« ivraie » vient du latin ebrietas, ivresse, reflétant les propriétés enivrantes attribuées à la plante, tandis que « zizanie » vient du grec zizanion, un mot d'origine sémitique signifiant division. De nombreuses traces de l'ivraie ont été retrouvées tant écrits qu'à proprement parler dans des sites archéologiques[5].

Au IVe siècle av. J.-C., Théophraste indique « il y a des blés sans ivraie, comme ceux du Pont et d’Égypte. Celui de Sicile est relativement pur et surtout celui d’Agrigente n’est pas sujet à être mêlé d’ivraie »[6]. Une Loi de taxation des grains promulguée à Athènes en -374/-373 prévoit que le blé et l’orge devront être « exempts d’ivraie ».

Pline explique que le malheur (infelix) de l'ivraie tient à la rapidité avec laquelle elle envahit un champ de blé, froment, etc. Virgile signale qu'elle abonde dans les champs et conseille au laboureur de se défaire de la «malheureuse (stérile) ivraie» (infelix lolium)[7]. Et de fait, 1/9 de farine d'ivraie dans la farine de blé empêche la fermentation du pain lors de la fabrication de la levure.[réf. nécessaire]

Galien confirme les vicissitudes épisodiques[8] : « Quand l’année a pris un mauvais tour, l’ivraie pousse à foison dans le blé, et comme les paysans négligent de l’éliminer soigneusement au moyen de cribles spéciaux, vu la faible quantité totale de blé récolté, et les boulangers pareillement pour la même raison, aussitôt bien des gens souffrent de maux de tête ».

L'ivraie est la plante visée par la formule employée au chapitre 13 de l'Évangile de Matthieu [9]: « Séparer le bon grain de l'ivraie », semée par le diable, d'où l'expression française « semer la zizanie ».

Caractères généraux du genre Lolium[modifier | modifier le code]

Les ivraies sont des plantes herbacées généralement annuelles ou bisannuelles.

Génétique[modifier | modifier le code]

L'ivraie est naturellement diploïde avec 2n = 14.

Elle est génétiquement proche du genre Festuca qui regroupe au moins 300 espèces de poacées.

Distribution[modifier | modifier le code]

Ces plantes sont originaires des régions tempérées chaudes de l'ancien monde : Europe, Afrique du Nord, Asie occidentale et sous-continent indien.

Les espèces cultivées ont été naturalisées dans toutes les régions tempérées du monde.

Elles réclament en général un climat doux, ensoleillé et relativement humide.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Bien que très résistant, il arrive que le ray grass subisse des attaques de pathogènes ou parasites (champignon)

Les espèces de Lolium sont très proches et s'hybrident facilement entre elles. Certaines peuvent s'hybrider également avec des espèces du genre Festuca.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Plusieurs espèces ont une certaine importance en agriculture et horticulture, soit comme plantes fourragères, soit comme plantes à gazons d'agrément. Certaines sont aussi des mauvaises herbes, notamment adventices du blé et du lin.

De plus la surface des terrains de tennis « gazonné » est parfois constitué d'ivraie, notamment à Wimbledon.

Dans la littérature et la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • « À vouloir l'ivraie, on saccage le blé », proverbe peut-être inspiré par la parabole sur le bon grain et l'ivraie dans les Évangiles.(Matthieu 13:24-30)
  • les enfants et les jeunes filles traditionnellement arrachaient les épillets alternés l'un après l'autre en disant « marirai, marirai pas » (je me marierai, je ne me marierai pas), aussi la plante était souvent appelée du « marierai-marierai-pas ».[réf. nécessaire]
  • La mort de Daphnis aurait (selon « Ménalque et Mopsus », églogue 5 des Bucoliques de Virgile) entraîné l'infécondité de l'ivraie à la suite du retrait de Pales et Apollon des champs après que « le destin eut ravi » le légendaire berger.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 4e jour du mois de Thermidor est dénommé jour de l'Ivraie[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire universel de la langue française, avec la prononciation, les étymologies, un relevé critique et raisonné des fautes échapées aux écrivains les plus célèberes, etc, Claude-Marie Gattel, 5e édition, Ed. Chateauvieux, 1838, Universität Gent
  2. Sur la Présence d'un Champignon dans l'Ivraie {Lolium temulentum L.). Journ. de bot., vol. xn, 1898, p. 230-8. [p. 50.]
  3. Contribution à l'étude de l'ivraie enivrante Lolium temulentum L., Irmgard Katz, Ed. Beyer & Söhne, Langensalza, 1949, Pruefschrift/Dissertation Zürich, [1]
  4. Ergot Alkaloids Produced by Endophytic Fungi of the Genus Epichloë, Philippe Guerre, Toxins (Basel) 2015 March; 7(3): 773–790. Published online 2015 March 6, [2]
  5. Lire aussi "Le pain des Romains à l'apogée de l'Empire. Bilan entomo- et botano-archéologique", article de Danielle Gourevitch, in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 2005, Vol. 149, Numéro 1, p. 27-47
  6. Théophraste, Histoire des plantes, Livre VIII, 4, 6
  7. Géorgiques, I, 154
  8. Galien, VI, 553 Kühn - Lire aussi « L’Exploitation du monde végétal en Grèce classique et hellénistique. Essai de synthèse », article de Suzanne Amigues in Topoi, Année 2007, Vol. 15, Numéro 1, p. 75-125 http://www.persee.fr/doc/topoi_1161-9473_2007_num_15_1_2233
  9. Matthieu, Evangile, p. MT 13, 25-30 + 13, 36-43
  10. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 29.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]