Israel Charny

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Israël W. Charny, né en 1931, est le Président directeur du Institute on the Holocaust and Genocide (en) à Jérusalem. Spécialisé dans la recherche sur les génocides, il est connu pour lutter activement depuis les années 1960 contre ce qu'il considère comme toutes les formes de négationnisme, concernant aussi bien la Shoah que les autres génocides, comme le génocide arménien. Dans cette optique, il combat l'idée — défendue, notamment, par l'historien allemand Stephan Katz et le politiste américain Guenter Lewy[1] — selon laquelle la Shoah serait l'unique réel génocide dans l'histoire de l'humanité. Il est considéré par ses partisans comme un pionnier de la lutte contre le négationnisme.

Docteur en psychologie, il a enseigné à l'Université de Tel-Aviv et l'Université hébraïque de Jérusalem. Il a publié de nombreux ouvrages en psychologie avant de montrer un intérêt croissant pour l'Holocauste, les génocides et leur négation à partir des années 1960, non pas en tant qu'historien mais bien en tant que psychologue. Il fonde en 1979, avec Elie Wiesel et Shamai Davidson l'Institut de recherche sur l'Holocauste et le génocide à Jérusalem, dont il prend la direction. En 1982, il anime la première conférence internationale sur l'Holocauste et le génocide, à Tel-Aviv, réunissant de nombreux experts internationaux. Il dénonça des pressions pour faire annuler la conférence de la part de la Turquie, qui s'opposait à voir abordé le thème du génocide arménien[2]. D'après le New York Times[3], la Turquie nia toute pression à l'encontre des juifs de Turquie. La conférence put tout de même avoir lieu mais selon Calon Liel, Israélien chargé d'affaires à Ankara, la Turquie parvint à dissuader les institutions officielles israéliennes ainsi que plusieurs universitaires d'y participer[3].

En décembre 1999 fut publiée Encyclopedia of Genocide (traduit en français sous le titre : Le livre noir de l'humanité), ouvrage de 720 pages, en deux volumes où il aborde la question de la définition des génocides et les présente par ordre alphabétique, au travers de plus de 200 articles rédigés par des experts provenant de divers pays, parmi lesquels Desmond Mpilo Tutu et Simon Wiesenthal.

Quelques spécialistes ont considéré, se basant sur des extraits des écrits de M. Charny de 1994, que M. Charny avait une définition large du génocide, au point d'inclure trop de massacres (y compris l’accident nucléaire de Tchernobyl)[4],[5]. Une telle définition lui a été reprochée par certains contestataires du terme génocide pour qualifier les massacres d'Arméniens dans l'empire ottoman en 1915-1916.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Critiques d'Israël Charny et réponse de Guenter Lewy : « Letters from Readers », Commentary, février 2006, p. 6, 8 et 10
  2. The New York Times, 4 juin 1982. Voir aussi [1]
  3. a et b The New York Times, 5 juin 1982. Voir aussi [2]
  4. « Massacres » et « génocides », par Jacques Sémelin (Le Monde diplomatique)
  5. http://www.aiatsis.gov.au/__data/assets/pdf_file/5747/DP08.pdf

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Parmi ses ouvrages :

  • How Can We Commit the Unthinkable?: Genocide, the Human Cancer (préface par Elie Wiesel, Westview Press, 1982)
  • The Encyclopedia of Genocide (éditeur en chef - encyclopédie en deux volumes, ABC-Clio Inc, 1999) lien vers e-book [3]

Liens externes[modifier | modifier le code]