Hirudo medicinalis

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Exemple de biotope de la sangsue Hirudo verbana
Élevage - la principale source d'approvisionnement des adultes
Face dorsale et ventrale …

Hirudo medicinalis (aussi appelée sangsue médicinale européenne, sangsue médicinale ou autrefois parfois sangsue officinale) est l'une des espèces de sangsues médicinales qui ont été et sont encore utilisées en médecine pour leur capacité à extraire le sang, mais également pour l'hirudine (puissant anticoagulant) et d'autres molécules inhibitrices de protéases qu'elles sécrètent.

Cette espèce en forte voie de régression a disparu d'une grande partie de son aire naturelle de distribution ; elle est souvent confondues avec d'autres espèces lui ressemblant plus ou moins, au point que la plupart des sangsues commercialisées sous ce nom sont en réalité d'autres espèces (et le plus souvent : Hirudo verbana comme cela a été récemment (2007) confirmé par des analyses biomoléculaires[1].

Cette espèce peut notamment être confondue (comme cela a été le cas jusqu'en 2005 par les taxonomistes) avec Hirudo orientalis, qui est phylogénétiquement la plus proche d'elle parmi toutes les sangsues médicinales, mais qui constitue néanmoins une espèce aujourd'hui considérée comme distincte.

Or, dans de nombreux pays (dont aux États-Unis), seule la vraie sangsue médicinale européenne est officiellement autorisée pour l'Hirudothérapie et il n'est pas certain que les autres espèces, même proches présentent exactement les mêmes propriétés médicinales. Pour les mêmes raisons, des études de microbiote[2], des études comportementales et biologiques faites en laboratoire ont des conclusions qui ont peut-être faussées par une mauvaise attribution de nom d'espèce.

Description[modifier | modifier le code]

sangsues cherchant à se nourrir
Grenouille verte ; les grenouilles sont l'une des source de nourriture pour les jeunes sangsues
L'élevage d'ovins en zone humide est une source d'approvisionnement pour les sangsues adultes
Bocaux d'une banque de sangsues médicales
Aeromonas hydrophila (coloration) est l'hôte commensal voire symbiote qui aide la sangsue à bien digérer l'hémoglobine. Après la morsure d'une sangsue, notamment si cette dernière a été pressée, ce microbe peut être à l'origine de plaies suppurantes[3],[4]

Elle peut mesurer jusqu'à douze centimètres et est de couleur marron avec des raies jaunes.

Il semble qu'elle soit souvent confondue avec Hirudo verbana (ou « sangsue médicinale méditerranéenne »), qui serait en fait élevée à sa place[5], ou encore avec Hirudo troctina[6].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Elles se nourrissent du sang des mammifères, des reptiles ou encore des amphibiens.

Habitat[modifier | modifier le code]

Son habitat naturel est la zone humide d'eau douce, certains réseaux de fossés en eau et les mares d'eau douce. Elle vit en Europe de la France à l'Ukraine et de la Norvège à l'Espagne.

Elle est considérée comme quasi menacée selon la liste rouge de l'UICN en raison de la destruction ou dégradation de son habitat et de son importante utilisation en médecine.

Utilisation médicinale[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Sangsues médicinales et Hirudothérapie.

Depuis l'Antiquité et dans plusieurs civilisations (Arabie, Chine, Inde, Égypte et Occident) les sangsues sont utilisées en médecine. Une peinture murale datant de la XVIIIe dynastie égyptienne montre une personne appliquant des sangsues sur le front d'un malade[7].

Elles étaient utilisées pour les saignées, à une époque où l'on croyait qu'un excès de sang était la cause de certaines maladies. Depuis l'abandon de cette pratique, les sangsues peuvent encore être utilisées à la suite d'une greffe microchirurgicale dans laquelle le sang peut s'accumuler, en raison de veines défectueuses, ce qui entraîne un détachement de la greffe à cause de la pression exercée par le sang en trop[8],[9],[10].

Une étude médicale de 2003 a montré que l'hirudothérapie pouvait être plus efficace dans des cas d'arthrose du genou qu'un traitement au diclofénac. Les contre-indications de cette thérapie sont des troubles de la coagulation (comme l'hémophilie ou la prise d'anticoagulants), l'anémie ou encore le diabète de type 1. L'utilisation plus large de l'hirudothérapie pour d'autres types d'arthroses reste encore à être étudiée[11].

Pour limiter autant que possible le risque d'infection (dont par Aeromonas hydrophila), la sangsue posée sur un patient doit avoir fait l'objet d'un protocole adéquat de décontamination[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Notes et références autres que taxonomiques[modifier | modifier le code]

  1. Siddall M.E, Trontelj P, Utevsky S.Y, Nkamany M & Macdonald K.S (2007) Diverse molecular data demonstrate that commercially available medicinal leeches are not Hirudo medicinalis. Proceedings of the Royal Society of London B: Biological Sciences, 274(1617), 1481-1487
  2. Graf J, Kikuchi Y, Rio R.V.M (2006) Leeches and their microbiota: naturally simple symbiosis models. Trends Microbiol. 14, 365–371. doi:10.1016/j.tim.2006.06.009.
  3. A. Roussenq-Jean, G. Boyer, H. Darbas, M.H. Nicoleau, P. Desbonnet, Y. Allieu (), Des sangsues et des hommes : Suppuration à Aeromonas hydrophila d'un lambeau cutané après pose de sangsues Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 17, Issue 4, Pages 170-172
  4. a et b M.H. Nicolau, H. Darbas, A. Roussenq-Jean, H. Jean-Pierre (1989) A propos d'un nouveau cas de suppuration cutanée a Aeromonas hydrophila apres pose de sangsues. Intérêt de leur décontamination ; Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 19, Issue 4, Avril 1989, Pages 196-197
  5. revue La Recherche, n°409, juin 2007, page 98
  6. Hechtel FOP, Sawyer RT (2002) Toward a taxonomic revision of the medicinal leech Hirudo medicinalis Linnaeus, 1758 (Hirudinea: Hirudinidae): re-description of Hirudo troctina Johnston, 1816 from North Africa. J Nat Hist 36:1269 – 1289
  7. (fr) Sylvain Malassis, « Les sangsues », Ordre national des pharmaciens français (consulté le 29 décembre 2007), p. 3
  8. (fr) L. Bugnazet, J.M. Pons, J. Karchen, « Les sangsues en pratique hospitalière », Lyon Pharmaceutique,‎ 2001 (consulté le 29 décembre 2007), p. 3
  9. Foucher G, Henderson H.R, Maneau M, Merle M, Braun F.M (1981) Distal digital replantation: one of the best indications for microsurgery. Int. J. Microsurg. 3, 263–270.
  10. Derganc M, Zdravic F (1960) Venous congestion of flaps treated by application of leeches. Br. J. Plast. Surg. 13, 187–192. doi:10.1016/S0007-1226(60)80036-7
  11. (en) Andreas Michalsen, Stefanie Klotz, Rainer Ludtke, Susanne Moebus, Gunther Spahn et Gustav J. Dobos, « Effectiveness of Leech Therapy in Osteoarthritis of the Knee - A Randomized, Controlled Trial », Annals of Internal Medicine,‎ (consulté le 25 septembre 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dr.Dominique Kaehler Schweizer, "La thérapie par les sangsues" 2008, éditions Jouvence
  • Elliott JM, Tullett PA (1984) The status of the medicinal leech Hirudo medicinalis in Europe and especially in the British Isles. Biol Conserv 29:15 – 26