Haut-du-Lièvre

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Haut-du-Lièvre
Haut-du-Lièvre
Vue sur le Cèdre bleu et le Tilleul argenté
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Ville Nancy
Démographie
Population 5 648 hab. (2013 [1])
Géographie
Coordonnées 48° 42′ 07″ nord, 6° 09′ 00″ est
Localisation

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Le Haut-du-Lièvre est un quartier de Nancy, en Meurthe-et-Moselle et qui est situé au nord de la ville.

Situation[modifier | modifier le code]

Le Haut-du-Lièvre est limitrophe avec les communes de Maxéville, au nord et à l'est ; et Laxou, à l'ouest. Il est relativement excentré par rapport au reste de la ville de Nancy, notamment par sa situation géographique : en effet, le centre-ville s'étant développée dans une cuvette, alors que ce quartier est situé sur le plateau.

Historique[modifier | modifier le code]

Le quartier fut longtemps connu pour abriter les anciennes carrières de l'entreprise Solvay.

En 1956, la municipalité envisage un développement urbain dans cette zone jusqu'à présent épargnée par l'urbanisation. Le programme prévoit alors 3 388 logements dont 2 797 sociaux pour l'OPHLM (actuel OPAC de Nancy) et 420 pour le CILOF (Compagnie immobilière pour le logement des fonctionnaires), mais aussi un quartier pavillonnaire, deux centres commerciaux (de 2 050 m2 et 3 380 m2), 4 groupes scolaires, l'église de la Vierge-des-Pauvres, des équipements sportifs et culturels. L'architecte Bernard Zehrfuss est chargé du projet le 9 décembre 1957 et la première pierre est posée en mars 1958.

Le grand ensemble, tout en longueur, prend la forme, avant tout, de deux barres géantes : le Cèdre bleu (410 mètres, 13 étages , 917 logements) 11 entrées de la 1 à 23 et le Tilleul argenté 9 entres de 1 à la 17 (300 mètres, 15 étages , 716 logements). La presse locale parle alors des « plus longues barres d'Europe ». En réalité, en 1959, au début du chantier du Haut-du-Lièvre, une barre d'un kilomètre d'un seul tenant est construite à Novi Beograd alors en Yougoslavie[2] ; les barres du Haut-du-Lièvre étaient néanmoins, et sont encore aujourd'hui, les plus longues de France.

Ces barres sont complétées par trois tours en étoile aux extrémités, ainsi que, sur le territoire de Maxéville, la tour panoramique les Aulnes achevée en 1971. Le procédé de préfabrication Estiot est mis en œuvre grâce à une usine installée sur place pour l'occasion. Cette industrialisation massive de la construction et l'utilisation du chemin de grue (grue posée sur un rail) permettent des économies substantielles.

Le quartier vu depuis le canal.

Le quartier atteint 12 500 habitants en 1968[3]. Cependant, il perd rapidement de son attractivité : le recensement de 1975 montre une baisse de la population à 10 650 habitants, et un rapport de l'OPHLM montre qu'entre 1970 et 1976, la totalité des logements ont changé de locataire : le grand ensemble est devenu de fait une « cité de transit ». En 1980, 800 logements sont vacants. L'ensemble fait alors l'objet d'une réhabilitation complète de 1981 à 1988, menée par l'architecte Alain Sarfati.

En 2004, 6 500 personnes vivaient au Haut-du-Lièvre[4], soit deux fois moins qu'à la fin des années 1970.

C'est un quartier populaire, classé zone urbaine sensible par un décret de 1996[5],[6],[7],[8].

Jusqu'en 2007, ce quartier avait un code postal en 54100 et non 54000 comme le reste de la ville. Considérée comme stigmatisante par les habitants, cette spécificité a été supprimée. Administrativement, la ville de Nancy étant divisée en quatre cantons, le Haut du Lièvre appartient au canton de Nancy-Nord ; il appartient au conseil de quartier dénommé « Plateau de Haye : Haut du Lièvre - Parc des Carrières - Gentilly », également appelé « Haut-du-Lièvre, Gentilly » entre 2002 et 2008.

Durant l'été 2007 et 2008, une opération intitulée HDL Plage a été mise en place, à l'initiative des habitants eux-mêmes, visant à reproduire la plage au pied des immeubles, à l'image de Paris Plages[9],[10].

À flanc de coteau, sous le Haut-du-Lièvre, se trouve un autre témoin de l'architecture du XXe siècle : la maison de Jean Prouvé, construite par l'architecte pour lui-même.

Citation[modifier | modifier le code]

« (…) Mais plus qu'un quartier d'extension, le Haut-du-Lièvre constitue en réalité une ville satellite de Nancy qui devrait d'ici vingt ans atteindre 25 à 30 000 habitants. Toute la composition de ce nouveau centre se rattache à la composition classique de Nancy : les deux grands axes perpendiculaires sur lesquels s'appuient la place Stanislas, et la place Carrière, le jardin de la Pépinière et le Cours Léopold, ont été repris au Haut-du-Lièvre. Cette composition est donc volontairement rigide, sévère même. Nancy, ville d'ordre et de tradition, n'aurait pu supporter un ensemble baroque à ses portes »

— Bernard Zehrfuss (entretien avec Joseph Abram en 1980, cité partiellement par François Chaslin[11])

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1], consulté le .
  2. Abram, op. cit., p. 121 et 124.
  3. Abram, op. cit., p. 124.
  4. « Le Haut-du-Lièvre et la ZUP de Vandoeuvre: le droit de cité », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  5. Décret no 96-1156 du 26 décembre 1996 fixant la liste des zones urbaines sensibles, JORF no 302 du 28 décembre 1996, p. 19296–19311, NOR AVIV9604443D, sur Légifrance.
  6. Carte au 1/25000 visée à l'article 1 du décret no 96-1157 du 26 décembre 1996 : ZRU Champ le Bœuf, Les Aulnes, Le Haut du Lièvre, sur le site du CGET.
  7. ZUS : Les Aulnes, Champ le Bœuf, Haut du lièvre, sur le SIG de la politique de la ville, CGET.
  8. ZUS : Champ le Bœuf, Les Aulnes, Le Haut du Lièvre, sur le site de l'INSEE.
  9. L’opération Haut du Lièvre Plage, dossier de presse, sur nancy.fr.
  10. HDL Plage 2008, blog de l'édition 2008.
  11. François Chaslin, Dictionnaire des architectes, Paris, Albin Michel, coll. « Encyclopædia Universalis », , 783 p. (ISBN 2-226-10952-8), p. 743.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Abram et Gérard Monnier (dir.), L'architecture moderne en France de 1889 à nos jours, vol. 2 : Du chaos à la croissance, 1940-1966, Paris, A. et J. Picard, coll. « Librairie de l'architecture et de la ville », , 327 p. (ISBN 2-7084-0556-X), p. 120–125
    Le Haut-du-Lièvre y est traité comme un « cas typique » d'architecture de grand ensemble en France

Lien externe[modifier | modifier le code]

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