Harriet Martineau

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Harriet Martineau
Description de l'image Harriet Martineau by Richard Evans.jpg.
Naissance
Norwich (Angleterre)
Décès
Ambleside (Angleterre)
Pays de résidence Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Autres activités
journaliste et écrivaine

Harriet Martineau, née le 12 juin 1802 à Norwich et morte le 27 juin 1876 à Ambleside (comté de Cumbria), est une journaliste, écrivaine, sociologue et militante féministe britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Harriet Martineau en 1861. Photographie de Camille Silvy.

Harriet Martineau naît en 1802 à Norwich en Grande-Bretagne, troisième fille et sixième de huit enfants, dans une famille issue de huguenots de Dieppe ayant fui la France en 1685, suite à la Révocation de l'Édit de Nantes.

Son père, Thomas, est un industriel du textile et sa mère, Elizabeth Rankin, la fille d'un épicier propriétaire d'une raffinerie de sucre. Ils sont unitariens et font donner à leurs filles la même éducation qu'à leurs fils[1].

Débuts (1822-1834)[modifier | modifier le code]

En 1822, Harriet Martineau publie son premier texte, On Female Education, paru anonymement dans le journal unitarien Monthly Repository, auquel elle contribuera régulièrement jusqu'en 1832. Elle est alors très liée à son frère James, de trois ans son cadet[2], qui l'encourage dès la parution de son premier article (ils se brouilleront en 1851 à la parution des Letters on the Laws of Man's Nature and Development, dans lesquelles elle rejette toute croyance religieuse[1]).

Elle refuse un mariage arrangé par son père avec John Hugh Worthington. Après le décès de ce dernier (peut-être ruiné) en 1829, elle s'établit à Londres où William Fox, éditeur du journal, commence à rétribuer ses articles. Illustrations of Political Economy en 1832 et Poor Laws and Paupers Illustrated en 1834 sont de véritables succès qui lui procurent l'indépendance financière[1].

Le voyage aux États-Unis (1834-1835)[modifier | modifier le code]

Durant son voyage de deux ans aux États-Unis, elle fait preuve d'inventivité et décide d'utiliser les conversations, les rencontres avec des membres de toutes les classes sociales et de toutes les couches de la population. Elle visite des prisons, des asiles d'aliénés, des sociétés savantes, des usines ainsi que des bordels. Elle soumet à une étude systématique l'économie, la politique, le système éducatif, la famille, les classes sociales et le statut de la femme.

Les ouvrages qui résultent de ce séjour sont parmi les premiers ouvrages de sociologie : Theory and Practice of Society in America (1837) et Retrospect of Western Travel (1838). Dans le premier, elle souligne l'échec des États-Unis à être à la hauteur de leurs principes démocratiques. Particulièrement attentive à la manière dont sont traitées les femmes, elle intitule un chapitre The Political Non-existence of Women[1]. Son travail rappelle De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville. Cependant, Martineau s'est consacrée tout particulièrement à rendre son travail systématique et à l'asseoir à partir de méthodologies différentes et réfléchies. Contrairement à Tocqueville, Martineau avait déjà publié plusieurs ouvrages en sociologie avant son voyage aux États-Unis. Par ailleurs, elle a passé deux ans aux États-Unis, alors que Tocqueville n'y est resté que neuf mois.

La maladie (1839-1876)[modifier | modifier le code]

Au cours d'un voyage en Europe en 1839, elle tombe malade et doit passer les cinq années suivantes pratiquement invalide à Tynemouth. Life in the Sick-Room, publié en 1844, évoque cette période.

En 1845, elle s'installe près d'Ambleside dans le Lake District et se fait construire une maison, The Knoll, où elle habitera jusqu'à sa mort.

Le lourd handicap (surdité de plus en plus profonde, perte du goût et de l'odorat) dont elle souffre ne l'empêche pas de voyager. Elle visite l'Égypte et le Moyen-Orient en 1846, l'Irlande en 1852.

On détecte chez elle des problèmes cardiaques aigus en 1855. Persuadée alors qu'elle n'a plus longtemps à vivre, elle complète en trois mois son autobiographie (commencée en 1843 à l'occasion d'une précédente période critique), en vue d'une édition posthume (elle paraîtra en 1877). Elle écrit au même moment sa notice nécrologique[3]. Elle ne meurt cependant qu'en 1876, à la suite d'une bronchite.

Sa nécrologie paraît le 29 juin 1876 dans le Daily News, accompagnée de cette précision : « We regret to announce the death of Harriet Martineau. The following memoir, though written in the third person, was from her own pen » (« nous sommes au regret de vous annoncer le décès de Harriet Martineau. La notice ci-dessous, quoiqu'écrite à la troisième personne, est de sa propre main[4] »).

Harriet Martineau avait peur d'être enterrée vivante : elle légua dix livres à son médecin pour qu'il veille à ce que sa tête soit coupée avant son enterrement[5],[6],[7].

Harriet Martineau fut une grande amie de Charlotte Brontë et une admiratrice de l'œuvre de Charles Darwin.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Son travail d'écrivaine et de traductrice lui a permis de vivre confortablement. « Miss Martineau a écrit 103 volumes, 1642 articles dans le Daily-News, et une infinité d'autres disséminés dans la presse anglaise[8]. »

Écrits[modifier | modifier le code]

En 1839, elle publie son premier roman, Deerbrook.

Parmi ses nouvelles, elle écrit The Billow and the Rock, sur l'emprisonnement de Lady Grange dans l'archipel de Saint-Kilda.

Elle traduit (et condense) le Cours de philosophie positive (1830-1842) d'Auguste Comte en anglais pour la première fois (1852-1853), traduction admirée par Comte lui-même.

Harriet Martineau est plus connue pour son engagement social en tant que journaliste que comme l'une des fondatrices de la sociologie. Ce rôle lui est pourtant accordé par plusieurs penseuses féministes.

L'engagement social[modifier | modifier le code]

Malgré son handicap dégénératif, elle consacre une partie importante de son œuvre à ses engagements politiques en faveur notamment des femmes, des pauvres et des Noirs.

En 1841 elle écrit une biographie romancée de Toussaint Louverture, The Hour and the Man[9].

En 1866 elle signe, avec Elizabeth Garrett Anderson, Emily Davies, Dorothea Beale (en) et Frances Buss la pétition au Parlement en faveur du doit de vote des femmes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Biographie », sur Spartacus Educational (consulté le 5 février 2015).
  2. (en) « Biographie succinte », sur Spartacus Educational (consulté le 5 février 2015).
  3. Harriet Martineau 2006, p. 7.
  4. Harriet Martineau 2006, p. 660-671.
  5. (en) Ronald Pearsall, The Table-Rappers, Joseph, (lire en ligne), p. 191.
  6. (en) Walter Hadwen, William Tebb, Edward Perry Vollum et Jonathan Sale, Premature Burial: How It May Be Prevented, Hesperus Press Limited, (1re éd. 1905) (ISBN 9781780940441, lire en ligne), chap. 11 (« Fear of Premature Burial »).
  7. « Livres anciens - Martineau (Harriet) », sur www.marelibri.com (consulté le 11 novembre 2015).
  8. Les Gauloises. Ancien Bas-bleu. Moniteur mensuel des travaux artistiques et littéraires des femmes. 1876 [1].
  9. Harriet Martineau 2006, p. 663.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Harriet Martineau, Autobiographie, Broadview Press, , 741 p. (ISBN 9781770480742, lire en ligne), présenté et annoté par Linda Peterson

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