Elizabeth Garrett Anderson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Anderson.
Elizabeth Garrett Anderson
Description de cette image, également commentée ci-après
Elizabeth Garrett Anderson dans les années 1860.
Naissance
Suffolk, Angleterre
Décès (à 81 ans)
Angleterre
Nationalité Anglaise
Profession
Médecin et féministe
Famille

Compléments

Première femme médecin de Grande-Bretagne;
Fondatrice d'une école de médecine pour femmes

Elizabeth Garrett Anderson, née le à Aldeburgh, ville où elle meurt le , est considérée comme la première femme diplômée en médecine d'Angleterre. Son combat pour l'admission des femmes dans les professions médicales s'inscrit dans un élan qui touche à cette même époque l'Europe et l'Amérique du Nord.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa cadette sœur, Millicent Fawcett, est une grande figure du féminisme de l'Angleterre du XIXe siècle.

En 1860, après des études secondaires dans un établissement privé, elle décida de faire études de médecine, ce qui n'avait été entrepris par aucune femme avant elle. Elle étudie au Middlesex Hospital de Londres, où elle reçoit une formation complète, mais elle essuie un refus d'admission en tant qu'étudiante à part entière. Après avoir sollicité plusieurs autres écoles de médecine sans succès, elle étudie finalement l'anatomie par elle-même, à l'hôpital de Londres, soutenue par certains professeurs de l'université de St Andrews et d'Édimbourg.

Le , elle écrit à Julie-Victoire Daubié qui mène en France un combat similaire au sien pour permettre l'accès des études supérieures aux femmes[1] :

« J'ai accepté le rôle de pionnière pour les autres femmes et pour cela je vais continuer à ouvrir la voie en Grande-Bretagne plutôt que de me permettre les opportunités offertes par les universités étrangères ou américaines[2] . »

Ses efforts se heurtent d'abord à de nombreux refus d'admission aux examens universitaires, notamment à l'université de Londres et au Royal College of Physicians and Surgeons, mais elle obtient finalement de l'Académie de pharmacie le droit de passer sa licence en pharmacie qu'elle obtint en 1865. Elle devint ainsi la deuxième femme inscrite au tableau de l'ordre des médecins, aux côtés d'Elizabeth Blackwell.

La même année, elle s'engage aux côtés d'autres féministes, dont Emily Davies ou Elizabeth Wolstenholme, dans la création de la Kensington Society afin d'obtenir le droit de vote des femmes aux élections générales.

En 1866, elle est nommée au poste de responsable médicale au dispensaire de St Mary à Londres, une institution qui n'employait que des femmes pour dispenser des soins aux femmes nécessiteuses. Ce dernier se développa rapidement et devint le New Hospital for Women dans lequel le Docteur Garrett officia pendant près de vingt ans.

La première femme médecin soutient sa thèse par Jean Béraud

En 1870, elle obtint son diplôme de médecine à l'Université de Paris, trois mois après Frances Hoggan. La même année, elle fut élue représentante du secteur de Marylebone au premier London School Board (rectorat), et devint médecin consultante de l'hôpital pour enfants de Londres Est. Toutefois, la charge de travail conséquente à laquelle elle dut faire face la contraignit à abandonner ces postes pour se consacrer exclusivement à son activité principale au New Hospital for Women.

En 1871, elle épouse James George Skelton Anderson, un industriel aisé travaillant pour la Orient Steamship Company, une des plus importantes compagnies de fret maritime du Royaume-Uni, en continuant pourtant à travailler au dispensaire. Ils ont trois enfants : Louisa, Margaret, morte d'une méningite, et Alan. Louisa Garrett Anderson devient elle aussi médecin et milite aux côtés de suffragettes.

En 1873, elle obtint une place au sein de la British Medical Association dont elle resta le seul membre féminin pendant 19 ans à cause du veto de ses autres membres à l'admission d'autres femmes.

En 1874, elle participe à la création de la London School of Medicine for Women, école de médecine destinée aux femmes, qui ne sont à cette époque, pas accueillies en études de médecine à l'université. En 1876, le Medical Act autorise les femmes à s'enregistrer et à exercer comme médecins. En 1877, un partenariat avec le Royal Free Hospital permet aux étudiantes en médecine de compléter leur formation clinique à l'hôpital. En 1896, après son rattachement à l'Université de Londres, l'école de médecine prend le nom de London Royal Free Hospital School of Medicine for Women.

Elle meurt en 1917 et est enterrée à Aldeburgh.

Distinctions et postérité[modifier | modifier le code]

  • 1897 : elle élue présidente de la section de Londres Est de la British Medical Association.
  • 1908 : elle est élue maire de Aldeburgh, devenant ainsi la première femme à occuper cette fonction en Angleterre.
  • Le New Hospital for Women fut rebaptisé le Elizabeth Garrett Anderson Hospital en 1918
  • L'aile spécialisée dans les maladies respiratoires infectieuses du Royal Free Hospital porte son nom.

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Children of the Revolution: The French, 1799-1914,p.166, Robert Gildea, ed.Harvard University Press, 2008
  2. Lettres à Julie-Victoire Daubié (1824-1874) La première bachelière et son temps. Raymonde Albertine Bulger. ed. Peter Lang N.Y 1992

Liens externes[modifier | modifier le code]