Hôtel Ivoire

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Hôtel Ivoire
Abidjan bay with Hotel Ivoire, Cote d'Ivoire.jpg
L'hôtel Ivoire depuis la baie d'Abidjan.
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
Architecture
Type
Ouverture
1963
(après rénovation et extension )
Architecte
Moshe Mayer
Pierre Fakhoury (remise à neuf)
Style
Équipements
Étoiles
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Chambres
426
Restaurants
Le toit d'Abidjan
La gourmandise
Gestion
Propriétaire
Site web
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L'hôtel Ivoire, est un gratte-ciel et un complexe hôtelier de luxe situé au bord de la lagune Ébrié à Abidjan en Côte d'Ivoire.

Haute de vingt-cinq étages (100 mètres), elle offre une vue sur l'ensemble de la ville et abrite 429 chambres et suites. Le complexe abrite également plusieurs piscines et jardins et comporte un palais des congrès. Construit en trois tranches à partir de 1963, l'Hôtel Ivoire est devenu le témoin malheureux des crises qu'a traversé le pays, et renvoyait une image de déliquescence avant sa remise à neuf complète et la réouverture de la tour Ivoire le [1] et du bâtiment central le .

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction et symbole du « miracle ivoirien »[modifier | modifier le code]

Après l’indépendance du pays en 1960, le président Félix Houphouët-Boigny est reçu en visite officielle au Libéria et se trouve à l’hôtel Dukor. Il y rencontre l'architecte roumano-israélien Moshe Mayer, qui a construit l'édifice, et lui propose de construire un hôtel plus impressionnant à Abidjan. Moshe Mayer se rend ainsi en Côte d'Ivoire et décide de construire l’hôtel dont rêvait l'ancien président ivoirien dans le quartier bourgeois de Cocody, au bord de la lagune Ébrié. L’hôtel fait partie d'un vaste projet d’aménagement urbain baptisé la Riviera[2]. Il fallut pour cela exproprier les paysans ébrié, qui étaient les premiers habitants d’Abidjan, et dont les plantations de café et de cacao se trouvaient à l’emplacement du futur hôtel. Houphouët-Boigny les dédommagea en leur offrant des terrains viabilisés. La première partie de l’hôtel, constituée par le bâtiment central, est inaugurée en 1963. La tour Ivoire est livrée six ans plus tard, en 1969. Plus tard, une patinoire, un casino (dont il fut interdit d'accès aux Ivoiriens) et un palais des congrès complètent l'ensemble, géré conjointement par InterContinental et la Société des Palaces de Cocody.

L'hôtel est alors considéré comme étant l'un des édifices les plus prestigieux et les plus modernes du continent africain, et devient une des icônes du "miracle ivoirien". Il est l'hôte de réunions et conférences internationales, telles que celle de l’Organisation internationale du café et du cacao, et devient un lieu de passage privilégié pour les personnalités de haut rang et artistes connus (Michael Jackson, Stevie Wonder et Barry White entre autres) de passage ou en vacances en Côte d'Ivoire. De nombreuses fêtes et soirées se produisaient au palais des congrès ou sur la patinoire, et des concerts étaient donnés. L'opulence de l'hôtel Ivoire contrastait avec la pauvreté du quartier populaire voisin de Blokosso.

L’hôtel Ivoire est un lieu phare de la ville d'Abidjan jusqu'à la fin des années 1990, tandis que la crise économique frappe la Côte d’Ivoire et atteint progressivement le complexe hôtelier. C'est le début du déclin de "l'Ivoire", qui voit sa fréquentation baisser et ses bâtiments vieillir rapidement. La patinoire, déficitaire, était fermée depuis quelques années. Elle était fréquentée principalement par les enfants d’expatriés européens, qui avaient commencé à déserter la Côte d’Ivoire depuis le début de sa crise économique. À l'arrivée d'Henri Konan Bédié au pouvoir, l’établissement faisait face à de sérieux problèmes d’entretien et de salubrité sans que l'établissement ne trouve les fonds nécessaires pour rénover les bâtiments.

Dégradation dans l'ombre de la crise[modifier | modifier le code]

Vue du quartier du Plateau depuis la piscine de l'hôtel Ivoire en 2004.

La fréquentation de l'hôtel est réduite à néant avec le coup d'État du général Guéï le , puis l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000. La société InterContinental abandonne la gestion du complexe. Celui-ci est repris en main par la SPDC, qui se contentait jusqu’alors de veiller sur les intérêts de l’État ivoirien, propriétaire de l'ensemble. À la suite des accords de Marcoussis, signés en , les fidèles de Laurent Gbagbo (dont Charles Blé Goudé) et les Jeunes patriotes sont logées dans l'hôtel Ivoire. L'hôtel abrite également les services d'écoute téléphonique de la présidence, une télévision privée, et du personnel de l’ONU. Les clients normaux se raréfient davantage à mesure que la dégradation du complexe se poursuit : les grandes piscines sont vidées et le cinéma est fermé. Le , l'hôtel Ivoire est le théâtre d'une fusillade entre les hommes du 43e BIMa, la gendarmerie ivoirienne et des manifestants très hostiles qui fera une dizaine de morts.

À la suite de ces évènements, l'hôtel Ivoire reste pendant plusieurs années un lieu très fréquenté par les proches de Laurent Gbagbo et les jeunes patriotes[3]. Le lieu est en effet stratégiquement très important du fait que l'hôtel se trouve au cœur d'Abidjan, et la tour permet d'avoir une vue imprenable sur l'ensemble des bâtiments du gouvernement et des quartiers importants. Les murs et plafonds sont sales, des dalles sont cassées et certains murs portent des graffitis, tandis que certaines parties de l'hôtel sont plongées dans l'obscurité[3]. Les miliciens portant une kalachnikov ont remplacé le personnel de sécurité, tandis que les clients sont rarissimes[4]. Il n'est pas rare de croiser des hommes en treillis torse nu dans l’hôtel ou d'être réveillé en pleine nuit par une femme proposant des services très intimes. Les rares clients fuient et déconseillent alors fortement l'établissement.

Réhabilitation[modifier | modifier le code]

Coucher de soleil sur la grande piscine en 2014.

L'hôtel Ivoire ne fera l'objet d'attentions qu'à partir de l'année 2009, où Laurent Gbagbo charge l'architecte ivoiro-libanais Pierre Fakhoury de rénover entièrement l'établissement, qui ferme ses portes en . La première tranche de rénovation prend plus de deux ans et le , la tour Ivoire, fraîchement remise à neuf, ouvre ses portes à nouveau. La gestion de l’établissement a été reprise par Sofitel, filiale du groupe Accor[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Palais des congrès
  • Business center
  • Boutiques
  • Salle de fitness
  • Complexe sportif (courts de tennis et bowling)
  • Plusieurs piscines et jardins

Chambres et Suites[modifier | modifier le code]

Coucher de soleil sur la lagune Ébrié avec l'Hôtel Ivoire.

La tour compte 168 chambres, réparties en trois catégories (standard, supérieure et deluxe) et 40 suites. Une suite supplémentaire de grand luxe se trouve au dernier étage de la tour : la suite présidentielle, d'une superficie de 124 m2 et offrant une vue panoramique sur Abidjan et ses environs. Le bâtiment central du complexe offre 217 chambres, dont 52 suites et 31 appartements.

Restaurants[modifier | modifier le code]

Décoration à l'extérieur de l'hôtel.

L'hôtel Ivoire comporte plusieurs bars et restaurants :

  • Le toit d’Abidjan
    Ce restaurant gastronomique de luxe, ouvert le soir, se trouve à l'avant-dernier étage de la tour offre une vue imprenable sur la ville d'Abidjan. Le chef des cuisines du toit d'Abidjan est le français Jerome Cartailler.
  • La gourmandise
    Ce restaurant est situé dans les premiers étages et comporte une terrasse donnant sur la piscine. Il est ouvert l'ensemble de la journée.
  • Le cacao lounge
    Ce bar se trouve dans le lobby de la tour et donne accès au lac de l’hôtel.

Évènements[modifier | modifier le code]

Dès sa réouverture, l'hôtel Ivoire est hôte de plusieurs évènements majeurs. Au commencement de la crise ivoirienne de 2010-2011, le palais des congrès de l'hôtel sert pour la cérémonie d'investiture de Laurent Gbagbo[5]. Une fois la crise terminée, l'hôtel sert pour des séminaires tels que le forum d'affaires franco-ivoirien d'octobre 2012, ou le congrès de l'Internationale libérale de 2012[6]. Fin 2012, l'établissement accueille les Kora Awards, où sont des récompenses sont attribuées annuellement dans le domaine musical à des artistes du continent africain tels que Chris Brown, présent à la cérémonie.

Références[modifier | modifier le code]

Une partie de l'article a été écrit sur la base de ce témoignage complet.

  1. a et b Lifting de luxe pour l'Hôtel Ivoire - Jeune Afrique
  2. P. Haeringer, vingt-cinq ans de politique urbaine à Abidjan ou la tentation de l'urbanisme intégral, Le grand saut, p.27 - Fichier PDF
  3. a et b Abidjan, « fatiguée-fatiguée » - Jeune Afrique. Consulté le 30 janvier 2013.
  4. The Ivoire is also the preferred (free) lodging of the president's xenophobic personal militia and other unsavoury types, so security is of the Kalashnikov variety., "You will be very disapointed" - TripAdvisor
  5. Investiture à l`hotel ivoire - Gbagbo déploie la grosse artillerie - L'Inter sur Abidjan.net. Consulté le 30 janvier 2013.
  6. Le Congrès Prochain: Abidjan 2012 - Site de l'Internationale libérale

Liens externes[modifier | modifier le code]

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