Gymnanthemum amygdalinum

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Vernonie commune

Gymnanthemum amygdalinum (syn. Vernonia amygdalina), aussi appelée vernonie commune[3], est une plante de la famille des Asteraceae. C'est un petit arbuste de 2 à 5 m de hauteur poussant en Afrique tropicale. Ses feuilles amères et de forme elliptique ont jusqu'à 20 cm de long. Son écorce est rugueuse[4]. Ses feuilles sont préparées sous formes de légume dans les soupes ou ragoûts dans plusieurs pays d'Afrique équatoriale.

Dénominations[modifier | modifier le code]

On l'appelle localement Ndolé au Cameroun, Grawa en amharique, Ewuro en yoruba, Etidot en Ibibio, onugbu en igbo, Ityuna en tiv, Oriwo en édo, chusar-doki en haoussa, Mululuza en luganda, labwori en acholi et olusia en luo[5],[6]. Cette plante est également appelée « kongo bololo » au Congo[7].

Description[modifier | modifier le code]

Présente dans la majorité de pays d’Afrique tropicale, la vernonie commune est cultivée comme légume au Bénin, au Cameroun, au Gabon, au Nigeria et en République démocratique du Congo. Vernonia amygdalina est un arbuste très ramifié d'une hauteur maximale de 10 m. Son tronc ne dépasse pas 40 cm de diamètre et son écorce grise et lisse se fissure tandis que ses jeunes rameaux sont pubescents. Ses feuilles sont alternes et simples. Ses fruits glanduleux de 1,5 à 3,5 mm de long son recouverts de longues soies du pappus[8][source insuffisante].

Usages[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Très apprécié en Afrique occidentale et centrale, les feuilles de Vernonia amygdalina sont diversement consommées. Au Nigeria, les feuilles hachées et branchies sont cuites sous formes de soupe. Au Cameroun, les feuilles hachées et blanchies sont préparées dans un plat réputé, le Ndolé, avec des arachides, de la viande ou des crevettes. La plante est parfois utilisée comme haie vive, dans la lutte phytosanitaire intégrée, notamment contre les champignons, ou dans la médecine traditionnelle. Cette plante mellifère remplace aussi le houblon dans la fabrication de la bière. Avec ces divers usages, les feuilles de vernonie commune ont une valeur commerciale élevée. Elles sont transformées et exportées vers plusieurs marchés ethniques en Europe[8][source insuffisante].

Santé[modifier | modifier le code]

Feuilles et fleurs.

En médecine traditionnelle, les décoctions de feuilles sont utilisées dans le traitement des vers intestinaux, de la fièvre, du paludisme, de la diarrhée, de la dysenterie, de l’hépatite, de la toux et de l'infertilité. Elles sont également utilisées ainsi comme laxatif, remède contre la gale, les plaies, les maux de tête et les maux d’estomac. Quant aux extraits de racines, ils sont appliquées pour traiter le paludisme et les maladies gastro-intestinales[8][source insuffisante].

Dans la nature, il a été observé que les chimpanzés communs consomment les feuilles de Gymnanthemum amygdalinum quand ils souffrent d'infections parasitaires[9].

Durant la pandémie de Covid-19 en RDC, une rumeur prétend que consommer cette plante, appelée localement « kongo bololo », permettrait de se prémunir contre le coronavirus. De nombreux Congolais se mettent alors à la consommer dans ce but, et au moins deux intoxications, dont un décès, sont recensés en avril 2020 dans le Sud-Ubangi après consommation d'une potion à base de kongo bololo et de « mbondo » (Strychnos icaja). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) met alors en garde contre toute automédication avec cette plante, indiquant que rien ne prouve son efficacité contre le virus[7],[10].

Recherche scientifiques[modifier | modifier le code]

Dans la recherche scientifique, des extraits de Vernonia amygdalina sont étudiés pour analyser leurs effets pharmacologiques potentiels, notamment l'induction de l'apoptose telle que déterminée dans la culture cellulaire et dans les études zoologiques[11],[12], la sensibilité à la chimiothérapie améliorée[11] et l'inhibition des cellules cancéreuses[13],[14],[15],[16] de même que la suppression des métastases des cellules cancéreuses[12], la réduction du niveau d’œstrogène dans le corps[17], les avantages antioxydants[18], l'amélioration du système immunitaire[11], la diminution de la glycémie[19], les propriétés anti-parasitaires[20] et le traitement antipaludique[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Plant List, consulté le 24 juillet 2017
  2. GRIN, consulté le 24 juillet 2017
  3. G. J. H. Grubben, Légumes, PROTA, 2004, p. 610
  4. (en) Ijeh II et Ejike CECC, « Current perspectives on the medicinal potential of Vernonia amygdalina Del », J Med Plant Res, vol. 5, no 7,‎ , p. 1051–1061
  5. (en) Egedigwe CA, Effect of dietary incorporation of Vernonia amygdalina and Vernonia colorata on blood lipid profile and relative organ weights in albino rats (Thèse), Nigeria, Department of Biochemistry, MOUAU.,
  6. John Kokwaro, Medicinal Plants of East Africa 3rd ed, Nairobi, Kenya, University of Nairobi Press, (ISBN 9966-846-84-0)
  7. a et b Christine Tshibuyi, « Kinshasa: la dangereuse ruée vers le kongo bololo », sur actualite.cd,
  8. a b et c « Vernonia amygdalina (PROTA) », sur uses.plantnet-project.org (consulté le 24 juillet 2016)
  9. (en) Michael A. Huffman et Mohamedi Seifu, « Observations on the illness and consumption of a possibly medicinal plant Vernonia amygdalina (Del.), by a wild chimpanzee in the Mahale Mountains National Park, Tanzania », Primates, vol. 30,‎ , p. 51–63 (DOI 10.1007/BF02381210)
  10. « Sud-Ubangi : une personne décédée à Gemena après une prise de "Kongo Bololo" contre le Coronavirus », sur radiookapi.net,
  11. a b et c (en) Sweeney CJ, Mehrotra S, Sadaria MR, Kumar S, Shortle NH, Roman Y, Sheridan C, Campbell RA, Murray DJ, Badve S, Nakshatri H, « The sesquiterpene lactone parthenolide in combination with docetaxel reduces metastasis and improves survival in a xenograft model of breast cancer », Mole. Cancer Ther, vol. 4, no 6,‎ , p. 1004 (DOI 10.1158/1535-7163.mct-05-0030)
  12. a et b (en) Song YJ, Lee DY, Kim SN, Lee KR, Lee HW, Han JW, Kang DW, Lee HY, Kim YK, « Apoptotic potential of seequiterpene lactone ergolide through the inhibition of NF-κB signaling pathway », J. Pharmacol, vol. 57, no 12,‎ , p. 1591-1597 (DOI 10.1211/jpp.57.12.0009)
  13. (en) Izevbigie, EB, Bryant JL, Walker A, « Natural Inhibitor of Extracelular Signal-Regulated Kinases and Human Breast Cancer Cells », Exp Biol & Medicine, vol. 229,‎ , p. 163–169
  14. (en) M.M. Opata et E.B. Izevbigie, « Aqueous V. amygdalina Extracts Alter MCF-7 Cell Membrane Permeability and Efflux », Int. J. Environ. Res. Public Health, vol. 3, no 2,‎ , p. 174–179 (DOI 10.3390/ijerph2006030019)
  15. (en) Kupchan SM, Hemingway RJ, Karim A, Werner D, « Tumor inhibitors. XLVII. Vernodalin and vernomygdin, two new cytotoxic sesquiterpene lactones from vernonia amygdalina », J. Org. Chem, vol. 34, no 12,‎ , p. 3908 (DOI 10.1021/jo01264a035)
  16. (en) Jisaka M, Ohigashi H, Takegawa K, Huffman MA, Koshimizu K, « Antitumoral and antimicrobial activities of bitter sesquiterpene latones of vernonia amygdalina, a possible medical agent used by wild chimpanzees », Biosci Biochem, vol. 57, no 5,‎ , p. 833 (DOI 10.1271/bbb.57.833)
  17. Colditz GA, Hankinson SE, Hunter DJ, Willett WC, Manson JE, Sampler MJ, Henneckens C, Rosner B et Spiezer FE, « The use of estrogen and progestin and the risk of cancer in postmenopausal women », N. Engl. J. Med., vol. 332, no 24,‎ , p. 1589-93 (lire en ligne)
  18. (en) Erasto P, Grierson DS, Afolayan AJ, « Evaluation of Antioxidant activity and the fatty acid profile of the leaves of Vernonia amygdalina growing in South Africa », Food Chemistry, vol. 104,‎ , p. 636-642 (DOI 10.1016/j.foodchem.2006.12.013)
  19. (en) Nwanjo HU, « Efficacy of aqueous leaf extract of Vernonia amygdalina on plasma lipoprotein and oxidative status in diabetic rat models », Nigerian J Physiological Sciences, vol. 20, nos 1-2,‎ , p. 30–42
  20. (en) Ademola IO, Eloff JN, « Anthelminthic activity of acetone extract and fractions of Vernonia amygdalina against Haemonchus contortus eggs and larvae », Trop Anim Health Prod, vol. 43, no 2,‎ , p. 521-7 (DOI 10.1007/s11250-010-9727-7)
  21. (en) S. Challand et M. Willcox, « A clinical trial of the traditional medicine Vernonia amygdalina in the treatment of uncomplicated malaria », J Altern Complement Med, vol. 15, no 11,‎ , p. 1231-7 (PMID 19922255, DOI 10.1089/acm.2009.0098)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Boullard. Plantes médicinales du monde: croyances et réalités. De Boeck Secundair, 2001 - 636 p.
  • Arnaud Campart. 1997. Vernonia Amigdalania.
  • Jacques Fleurentin, Jean-Marie Pelt, Guy Mazars. Des sources du savoir aux médicaments du futur. IRD Éditions, - 467 p., [lire en ligne]
  • G. J. H. Grubben. Légumes. PROTA, 2004 - 737 p.
  • Anoka A. Njan. Herbal Medicine in the Treatment of Malaria: Vernonia Amygdalina: An Overview of Evidence and Pharmacology. INTECH Open Access Publisher, 2012.
  • Flavien Tiokou Ndonko. Représentations culturelles des excréments: étude comparative des déchets du corps chez populations de la savane et de la côte du Cameroun. Lit, 1993 - 350 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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