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Grand Prix automobile d'Afrique du Sud 1969

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Grand Prix d'Afrique du Sud 1969
Tracé de la course
Données de course
Nombre de tours 80
Longueur du circuit 4,104 km
Distance de course 328,320 km
Conditions de course
Météo temps chaud et orageux, ciel couvert
Affluence environ 90 000 spectateurs
Résultats
Vainqueur Jackie Stewart,
Matra-Ford Cosworth,
h 50 min 39 s 1
(vitesse moyenne : 178,029 km/h)
Pole position Jack Brabham,
Brabham-Ford Cosworth,
min 20 s 0
(vitesse moyenne : 184,680 km/h)
Record du tour en course Jackie Stewart,
Matra-Ford Cosworth,
min 21 s 6
(vitesse moyenne : 181,059 km/h)

Le Grand Prix d'Afrique du Sud 1969 (XVth South African Grand Prix), disputé sur le circuit du Kyalami le , est la cent-soixante-quatorzième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la première manche du championnat 1969.

Contexte avant la course

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Le championnat du monde

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La saison 1969 est la quatrième disputée sous la réglementation trois litres pour les monoplaces à moteur atmosphérique, avec également possibilité d'utilisation de moteurs suralimentés, un coefficient deux étant alors appliqué pour la cylindrée (soit un maximum de 1 500 cm3 en cas d'utilisation d'un compresseur volumétrique ou d'un turbocompresseur). La réglementation s'appuie sur les points suivants[1] :

  • pas de cylindrée minimale
  • cylindrée maximale : 3 000 cm3 si moteur atmosphérique ou 1 500 cm3 si moteur suralimenté
  • poids minimal : 510 kg (à sec)
  • roues non carénées
  • double circuit de freinage obligatoire
  • arceau de sécurité obligatoire (le haut du cerceau devant dépasser le casque du pilote)
  • démarreur de bord obligatoire
  • extincteur obligatoire
  • carburant commercial obligatoire
  • ravitaillement en huile interdit durant la course
  • distance minimale d'un Grand Prix : 300 km (à l'exception du GP de Monaco)
  • distance maximale d'un Grand Prix : 400 km
  • distance minimale pour être classé : 90% de la distance parcourue par le vainqueur
Jim Clark
Jim Clark s'est octroyé le record officiel du circuit de Kyalami lors de sa chevauchée victorieuse au Grand Prix d'Afrique du sud 1968. Le champion écossais a tragiquement disparu trois mois plus tard à Hockenheim en disputant une course de Formule 2.

Par rapport à l'année précédente, la section minimale de l'arceau de sécurité a été augmentée et les monoplaces doivent désormais embarquer deux extincteurs automatiques, un à l'avant du cockpit et l'autre à l'arrière[2]. En conséquence, le poids minimal a été porté à 510 kg (contre 500 auparavant[3]).

À l'issue d'une saison extrêmement disputée, Graham Hill a remporté en 1968 son second titre mondial, le pilote Lotus ayant toutefois dû attendre la dernière manche, au Mexique, pour s'imposer face à Jackie Stewart (sur Matra) et Denny Hulme (sur McLaren). Les trois rivaux, qui pour 1969 ont reconduit leur contrat au sein de leurs écuries respectives, utilisaient tous la même mécanique, le moteur Ford-Cosworth DFV qui s'est révélé comme l'arme absolue en F1 et a remporté onze des douze épreuves du championnat. L'année 1968 a également vu l'apparition des ailerons sur les monoplaces, tous les constructeurs ayant à terme adopté ces dispositifs aérodynamiques améliorant considérablement la tenue de route des voitures.

Inauguré en 1961, le circuit de Kyalami fut tout d'abord utilisé pour des courses de pilotes amateurs, avant d'être le théâtre du Grand Prix du Rand, cette même année, une épreuve internationale de Formule 1 remportée par la Lotus 21 du regretté Jim Clark[4]. Situé sur le plateau du Highveld, à vingt-cinq kilomètres au nord de Johannesbourg, il bénéficie d'installations très modernes et se caractérise par une très longue ligne droite, en descente, précédant une portion très sinueuse. L'altitude élevée (plus de mille cinq-cents mètres) provoque une perte de puissance des moteurs de l'ordre de quinze pour cent par rapport à celle mesurée au niveau de la mer[5]. Depuis 1967, la piste de Kyalami a succédé à celle d'East London pour l'organisation du Grand Prix d'Afrique du Sud. C'est Clark qui détient le record officiel du tracé, ayant couvert, sur sa Lotus, les 4,1 kilomètres à la moyenne de 176,5 km/h lors de l'édition 1968 du Grand Prix[6]. Ce temps a été largement battu par Jackie Stewart, qui sur sa Matra a bouclé un tour à 183,8 km/h lors d'une intense séance de test de pneumatiques en janvier dernier, puis le mois suivant par Denny Hulme qui au volant de sa McLaren a établi le record officieux à 184,4 km/h de moyenne[3].

Monoplaces en lice

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Note : les puissances des moteur, basées sur les mesures des bancs d'essais, sont données à titre indicatif : en raison de l'altitude élevée, les puissances disponibles sur le circuit de Kyalami sont inférieures à celles indiquées, la perte étant estimée à 15%.

Quatre des six équipes d'usine (Lotus, McLaren, Matra et désormais Brabham), ainsi que l'écurie de Rob Walker, font appel au moteur Ford-Cosworth DFV. Dans sa version Mk9, ce V8 à doubles arbres à cames en tête avec distribution à quatre soupapes par cylindres, alimenté par injection indirecte Lucas, développe 430 chevaux à 9500 tr/min[2].

  • Lotus 49B "Usine"
Lotus 49B
La Lotus 49B du Rob Walker Racing Team, confiée à Joseph Siffert, est techniquement très proches des monoplaces d'usine. Pour l'épreuve sud-africaine, cette voiture comportait des appendices aérodynamiques non présents sur cette image.

L'équipe de Colin Chapman a amené trois 49B à moteur porteur Cosworth pour Graham Hill, Jochen Rindt et Mario Andretti, ce dernier étrennant un tout nouveau châssis. Mécaniquement identiques aux modèles 1968, les Lotus sont maintenant dotées d'une quatrième pédale, commandant l'inclinaison de l'aileron arrière. Sur la monoplace d'Andretti, le capot avant est pourvu de deux déflecteurs latéraux, contrairement aux deux autres voitures qui adoptent un aileron avant fixé sur les bras supérieurs de suspension[7]. La 49B la plus récente est dotée d'une boîte cinq vitesses Hewland FG400, Hill et Rindt utilisant quant à eux une Hewland DG300, réputée un peu plus robuste. Les Lotus pèsent 510 kg à sec et sont chaussées de pneus Firestone[8].

  • Lotus 49 & 49B privées

Au sein du Rob Walker Racing Team, Joseph Siffert dispose de son habituelle Lotus 49B, maintenant équipée d'une version Mk9 du V8 Cosworth, le moteur étant accouplé à une boîte «cinq» Hewland DG300[9]. Différent de celui des Lotus officielles, le capot avant de cette voiture n'intègre pas de réservoir auxiliaire, aussi a-t-on ajouté deux réservoirs de carburant latéraux en prévision de la surconsommation liée à l'altitude. Grâce à des supports prêtés par l'usine, l'écurie va pouvoir tester l'aileron arrière mobile commandé par une quatrième pédale et un aileron avant fixe a été monté sur les bras de suspension. Ces supports, relativement fragiles, devront cependant être rendus à leur propriétaire le samedi, aussi Siffert devra-t-il revenir pour la course à la configuration de la fin de saison précédente (deux déflecteurs avant et un aileron arrière fixe). Le Rhodésien John Love s'aligne quant à lui sur la Lotus 49 du Team Gunston, qu'il utilise avec succès dans le championnat sud-africain. Elle est dotée d'un aileron avant fixe et d'un aileron arrière dont l'inclinaison diminue lors de la sélection du cinquième rapport[3]. Contrairement aux autres Lotus, chaussées par Firestone, celle de Love est équipée de pneus Dunlop[8].

  • McLaren M7A "Usine"

Bruce McLaren a engagé deux M7A à moteur Cosworth et boîte de vitesses Hewland DG300. Si la voiture de son coéquipier Denny Hulme est dans la même configuration (aux spécifications réglementaires près) qu'à la fin de la saison 1968, le pilote-constructeur a modifié la sienne (officieusement rebaptisée M7B[10]), remplaçant le réservoir situé au dessus des jambes du pilote par des réservoirs latéraux, la modification devant permettre à terme d'adapter une transmission intégrale[7]. Les deux monoplaces ont un capot avant comportant deux déflecteurs fixes. Celle de Hulme est dotée d'un aileron arrière fixe, alors que McLaren peut commander l'inclinaison de sa lame arrière par l'intermédiaire d'une poignée située à gauche du volant[8]. Les McLaren sont chaussées de pneus Goodyear. La voiture de Hulme est la plus légère des deux (530 kg à sec contre 540 pour celle de son employeur[11]).

  • McLaren M7A privée

Courant sous les couleurs du Team Lawson, le pilote local Basil van Rooyen s'aligne sur la McLaren M7A qu'il a rachetée à l'usine en janvier et avec laquelle il vient de remporter une manche du championnat sud-africain, sur le circuit de Killarney[12]. Elle est techniquement identique à celle de Hulme, à l'exception de l'aileron arrière mobile, monté sur les bras de suspension et commandé hydrauliquement. Van Rooyen utilise des pneus Dunlop[8].

  • Matra MS10 & MS80 "Usine"

Pour 1969, Matra utilisera encore son V12 pour les épreuves d'endurance mais a momentanément renoncé à son usage en Formule 1, le V8 Cosworth s'étant avéré nettement plus compétitif que le moteur français dans cette discipline. La gestion de l'équipe F1 est confiée à Matra International, dirigée par Ken Tyrrell, avec Jackie Stewart et Jean-Pierre Beltoise pour pilotes. L'écurie commence la saison avec les MS10 de l'année précédente, la nouvelle MS80, tout juste achevée et brièvement testée par Beltoise à Montlhéry, ayant toutefois été amenée en réserve[13]. Sur les deux modèles, animés par le V8 Cosworth DFV associé à une boîte de vitesses Hewland DG300, les réservoirs latéraux font partie intégrante de la coque et contribuent à sa rigidité. Alors que la MS10 comporte un berceau arrière supportant la partie mécanique, le châssis monocoque de la MS80 ne comporte que la partie avant et le cockpit, le moteur étant porteur comme sur les Lotus et McLaren[14]. Elle se distingue également de sa devancière par ses freins arrière accolés au différentiel. La MS80 pèse 540 kg à sec (550 kg en ordre de marche), soit dix de moins que la MS10. Les Matra sont chaussées de pneus Dunlop. Elles sont équipées de déflecteurs sur le capot avant (reliés à la suspension sur la MS80) et d'un aileron arrière avec inclinaison commandée électriquement. Un aileron additionnel peut être également monté au niveau du train avant[7].

  • Ferrari 312/69 "Usine"
Ferrari 312/69
La nouvelle Ferrari 312/69.

La Scuderia Ferrari n'a amené qu'une seule voiture, confiée à Chris Amon. Ce sera la première course pour la nouvelle 312/69, évolution du modèle de l'année précédente. Le moteur V12 à 48 soupapes développe désormais 435 chevaux à 11000 tr/min, soit un gain d'une vingtaine de chevaux par rapport à la version précédente. Par rapport au modèle 1968, qui était 10 cm plus court, la coque a été affinée, la largeur du cockpit ayant été réduite. Contrairement aux autres F1, l'aileron arrière (mobile) est fixé sur le moteur, juste derrière le pilote. La 312/69 pèse 530 kg à vide. Elle est équipée de pneus Firestone[7],[15].

  • BRM P133 & P138 "Usine"

Nouvellement recruté par le constructeur de Bourne, John Surtees aura à sa disposition deux P138, la plus récente étant équipée de la dernière évolution du moteur V12, avec nouvelle culasse intégrant une distribution à quatre soupapes par cylindre, qui délivre 420 chevaux à 9500 tr/min ; la voiture de réserve conserve une version 24 soupapes, développant 20 chevaux de moins[7]. La P133 confiée à Jackie Oliver est également dotée d'un V12 24 soupapes. Contrairement aux P138 qui bénéficient d'une boîte «cinq» conçue et réalisée en interne, la P133 est dotée d'une boîte Hewland DG300. Elle pèse 550 kg à vide, environ 20 de plus que les P138 dont la coque est plus fine. Les BRM ont un aileron arrière fixe et des déflecteurs sur le capot avant. Elles utilisent des pneus Dunlop[8].

  • BRM P126 privée

Surtees ayant pris sa place dans l'équipe officielle BRM, Pedro Rodríguez n'a pas trouvé de volant d'usine cette saison et a accepté de piloter la BRM P126 de l'écurie de Reg Parnell. Ce modèle, initialement construit pour la série Tasmane, est techniquement identique à la P133. Rodríguez utilise des pneus Goodyear[8].

  • Brabham BT26A "Usine"

Après une année 1968 désastreuse à cause du manque de fiabilité du V8 Repco à 32 soupapes, le pilote-constructeur Jack Brabham a opté pour le V8 Cosworth DFV, à la fois plus puissant, plus compact et surtout plus robuste. L'adaptation du Cosworth sur les BT26 n'a pas posé de problème particulier ; devenues BT26A, les Brabham, dont le capot avant a été affiné, ont conservé leur boîte de vitesses Hewland. Elles sont dotées d'un aileron fixe à l'avant et d'un aileron arrière réglable manuellement. Contrairement à leur concurrentes, à structure monocoque, les Brabham ont un châssis multitubulaire, avec structure renforcée par des panneaux d'aluminium ; elles pèsent 530 kg à vide et utilisent des pneus Goodyear. Jochen Rindt ayant accepté l'offre de Lotus, c'est désormais Jacky Ickx qui seconde Jack Brabham[16].

  • Brabham BT20 & BT24 privées

Le Rhodésien Sam Tingle dispose de la Brabham BT24 à moteur V8 Repco 16 soupapes du Team Gunston, dont la puissance est de l'ordre de 330 chevaux. Elle est chaussée de pneus Firestone. Le pilote local Peter de Klerk s'aligne sur une BT20 à moteur Repco de 1966, équipée de pneus Dunlop[8]. Frank Williams avait initialement envisagé d'inscrire la BT24 avec laquelle il avait fait courir son pilote Piers Courage en série Tasmane en début d'année, mais a préféré attendre la livraison du premier châssis BT26 qu'il a racheté à l'usine pour y installer le V8 Cosworth qu'il vient de recevoir[17].

Coureurs inscrits

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Liste des pilotes inscrits[18],[19]
no  Pilote Écurie Constructeur Modèle N° châssis Moteur Pneumatiques
1 Graham Hill Gold Leaf Team Lotus Lotus Lotus 49B 49 R6-2[Note 1] Ford Cosworth DFV V8 F
2 Jochen Rindt Gold Leaf Team Lotus Lotus Lotus 49B 49 R9 Ford Cosworth DFV V8 F
3 Mario Andretti Gold Leaf Team Lotus Lotus Lotus 49B 49 R11 Ford Cosworth DFV V8 F
4 Joseph Siffert Rob Walker/Jack Durlacher Lotus Lotus 49B 49 R7 Ford Cosworth DFV V8 F
5 Denny Hulme Bruce McLaren Motor Racing McLaren McLaren M7A M7A/2 Ford Cosworth DFV V8 G
6 Bruce McLaren Bruce McLaren Motor Racing McLaren McLaren M7A M7A/3 Ford Cosworth DFV V8 G
7 Jackie Stewart Matra International Matra Matra MS10 MS10-02 Ford Cosworth DFV V8 D
8 Jean-Pierre Beltoise Matra International Matra Matra MS10 MS10-01 Ford Cosworth DFV V8 D
9 Chris Amon SpA Ferrari SEFAC Ferrari Ferrari 312/69 312/0017 Ferrari 255C V12 F
10 John Surtees Owen Racing Organisation BRM
BRM
BRM P138
BRM P138
P138/02[Note 2]
P138/01[Note 3]
BRM P142 V12
BRM P101 V12
D
D
11 Jackie Oliver Owen Racing Organisation BRM BRM P133 P133/01 BRM P101 V12 D
12 Pedro Rodríguez Reg Parnell Racing BRM BRM P126 P126/01 BRM P101 V12 G
14 Jack Brabham Brabham Racing Organisation Brabham Brabham BT26A BT26/2 Ford Cosworth DFV V8 G
15 Jacky Ickx Brabham Racing Organisation Brabham Brabham BT26A BT26/3 Ford Cosworth DFV V8 G
16 John Love Team Gunston Lotus Lotus 49 49 R3 Ford Cosworth DFV V8 D
17 Sam Tingle Team Gunston Brabham Brabham BT24 BT24/2 Repco 740 V8 F
18 Basil van Rooyen Team Lawson McLaren McLaren M7A M7A/1 Ford Cosworth DFV V8 D
19 Peter de Klerk Jack Holme Brabham Brabham BT20 F1-1-66 Repco 620 V8 D
20 Jackie Stewart Matra International Matra Matra MS80 MS80-01[Note 4] Ford Cosworth DFV V8 D
21 John Surtees Owen Racing Organisation BRM BRM P138 P138/01[Note 5] BRM P101 V12 D

Qualifications

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Trois séances qualificatives de trois heures chacune ont été prévues par les organisateurs, les mercredi, jeudi et vendredi après-midi précédant la course[20].

Première séance qualificative - mercredi 26 février

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Denny Hulme
Denny Hulme s'est montré le plus rapide de la première séance qualificative.

Le temps est chaud et ensoleillé lorsque commence la première session qualificative, le mercredi à quatorze heures trente. Le pilote-constructeur Bruce McLaren et son coéquipier Denny Hulme sont les premiers à prendre la piste, immédiatement suivis par Jochen Rindt et sa Lotus-Ford. Hulme, qui tout comme Jackie Stewart a effectué des essais intensifs de pneus les jours précédents, se montre d'emblée très compétitif, sur une McLaren déjà parfaitement adaptée au circuit. À peine une heure après le début de la séance, le Néo-Zélandais a déjà bouclé un tour à 183,5 km/h de moyenne. Il ne parviendra pas à égaler sa performance réalisée lors des essais de pneus Goodyear quelques jours plus tôt mais conclura néanmoins la journée en tournant à 184 km/h, devançant d'un dixième de seconde la Matra de Jackie Stewart. Malgré des problèmes de freins, Rindt a obtenu le troisième meilleur temps, devançant ses coéquipiers Graham Hill et Mario Andretti. En fin de session, Stewart a brièvement essayé la toute nouvelle Matra MS80, mais son châssis manque encore de mise au point et à son volant le pilote écossais était loin des temps réalisés avec le modèle de la saison dernière. Chris Amon n'a pas pu prendre la piste, l'ensemble du matériel apporté par la Scuderia Ferrari n'ayant pas été dédouané ! Joseph Siffert et Pedro Rodríguez sont également restés confinés dans leurs stands : la Lotus du premier n'était pas tout à fait prête et un problème électrique a immobilisé la BRM du second[20].

Résultats de la première séance[21]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1 Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 20 s 3
2 Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 20 s 4 + 0 s 1
3 Jochen Rindt Lotus-Ford 1 min 20 s 7 + 0 s 4
4 Graham Hill Lotus-Ford 1 min 21 s 1 + 0 s 8
5 Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 21 s 1 + 0 s 8
6 Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 21 s 3 + 1 s 0
7 Jack Brabham Brabham-Ford 1 min 21 s 3 + 1 s 0
8 Basil van Rooyen McLaren-Ford 1 min 21 s 8 + 1 s 5
9 John Love Lotus-Ford 1 min 22 s 1 + 1 s 8
10 John Surtees BRM 1 min 23 s 4 + 3 s 1
11 Jean-Pierre Beltoise Matra-Ford 1 min 23 s 6 + 3 s 3
12 Jacky Ickx Brabham-Ford 1 min 25 s 0 + 4 s 7
13 Jackie Oliver BRM 1 min 32 s 8 + 12 s 5

Deuxième séance qualificative - jeudi 27 février

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Matra MS80
Jackie Stewart a consacré une bonne partie de la séance à la mise au point de la nouvelle Matra MS80.

Il a plu dans la matinée du jeudi mais un chaud soleil a rapidement asséché la piste et les conditions sont parfaites pour la deuxième après-midi d'essais. Rindt se met rapidement en évidence et améliore d'un dixième de seconde la performance réalisée la veille par Hulme. Amon peut enfin tourner et se montre d'emblée compétitif, ne parvenant cependant pas à égaler le temps de Rindt. Celui-ci essaie d'améliorer, tournant de concert avec son coéquipier Andretti. Tous deux verront cependant leur session interrompue par l'affaissement de leurs ailerons arrière, les supports ne résistant pas longtemps à la pression subie. Hulme a égalé le temps d'Amon mais n'a pu rééditer sa performance du mercredi. Brabham, qui jusqu'alors n'avait pas vraiment attaquer, va sortir le grand jeu en toute fin de séance, couvrant son dernier tour à 184,7 km/h de moyenne, battant Rindt de deux dixièmes de seconde. Stewart a passé une bonne partie de la journée à mettre au point le nouveau modèle, sans toutefois l'amener au niveau de l'ancien. Handicapé par de persistants problèmes de carburation, Siffert n'a pas été en mesure d'établir un chrono de référence. Après une première séance perturbée par des problèmes d'injection sur sa BRM, John Surtees a amélioré sa position mais échoue toutefois à près de deux secondes de Brabham. La Brabham du pilote local Sam Tingle n'est toujours pas prête et le Rhodésien n'a plus que la journée du vendredi pour tenter de se qualifier.

Résultats de la deuxième séance[21]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1 Jack Brabham Brabham-Ford 1 min 20 s 0
2 Jochen Rindt Lotus-Ford 1 min 20 s 2 + 0 s 2
3 Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 20 s 5 + 0 s 5
4 Chris Amon Ferrari 1 min 20 s 5 + 0 s 5
5 Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 20 s 8 + 0 s 8
6 Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 20 s 8 + 0 s 8
7 Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 21 s 1 + 1 s 1
8 Graham Hill Lotus-Ford 1 min 21 s 6 + 1 s 6
9 John Surtees BRM 1 min 21 s 8 + 1 s 8
10 Jean-Pierre Beltoise Matra 1 min 22 s 2 + 2 s 2
11 John Love Lotus-Ford 1 min 22 s 9 + 2 s 9
12 Jacky Ickx Brabham-Ford 1 min 23 s 1 + 3 s 1
13 Jackie Oliver BRM 1 min 24 s 1 + 4 s 1
14 Pedro Rodríguez BRM 1 min 25 s 2 + 5 s 2
15 Peter de Klerk Brabham-Repco 1 min 32 s 5 + 12 s 5
16 Joseph Siffert Lotus-Ford 1 min 33 s 1 + 13 s 1

Troisième séance qualificative - vendredi 28 février

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Le temps est orageux lorsque commence la dernière séance qualificative, le vendredi après-midi. Les mécaniciens ont réussi à régler le moteur de Siffert et le pilote suisse parvient à effectuer quelques tours rapides avant l'arrivée d'une pluie intense. Sur la piste détrempée, Stewart (sur l'ancienne Matra) et Hulme vont se montrer les plus assidus. L'orage ne va pas durer très longtemps et la piste va ensuite s'assécher progressivement mais ce n'est qu'à la fin des essais que les trajectoires seront dégagées. Les chronos de la veille ne pourront cependant pas être approchés. Le plus rapide de la journée devant Hulme, Stewart échoue à plus d'une seconde du temps réalisé le jeudi par Brabham. Le pilote australien partira donc en pole position, partageant la première ligne avec Rindt et Hulme, tandis que Stewart et Amon se partageront la deuxième. Surtees a cassé le nouveau moteur 48 soupapes de sa BRM et sera contraint de prendre le départ sur son mulet. Son équipe ayant omis de signaler ce changement aux organisateurs avant le samedi soir, le temps de qualification du pilote anglais sera annulé et il devra s'élancer en dernière ligne[8].

Résultats de la troisième séance[21]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1 Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 21 s 3
2 Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 21 s 5 + 0 s 2
3 Joseph Siffert Lotus-Ford 1 min 22 s 2 + 0 s 9
4 Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 22 s 2 + 0 s 9
5 Chris Amon Ferrari 1 min 23 s 1 + 1 s 8
6 Jacky Ickx Brabham-Ford 1 min 24 s 1 + 2 s 8
7 Graham Hill Lotus-Ford 1 min 24 s 4 + 3 s 1
8 Basil van Rooyen McLaren-Ford 1 min 24 s 4 + 3 s 1
9 Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 24 s 6 + 3 s 3
10 Jean-Pierre Beltoise Matra 1 min 25 s 0 + 3 s 7
11 Jackie Oliver BRM 1 min 25 s 7 + 4 s 4
12 Jack Brabham Brabham-Ford 1 min 26 s 0 + 4 s 7
13 Jochen Rindt Lotus-Ford 1 min 26 s 6 + 5 s 3
14 Pedro Rodríguez BRM 1 min 26 s 7 + 5 s 4
15 Peter de Klerk Brabham-Repco 1 min 27 s 2 + 5 s 9
16 John Surtees BRM 1 min 29 s 2 + 7 s 8
17 Sam Tingle Brabham-Repco 1 min 50 s 4 + 29 s 1

Tableau final des qualifications

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Résultats des qualifications à l'issue des trois séances d'essais
Pos. Pilote Écurie Temps Écart Commentaire
1 Jack Brabham Brabham-Ford 1 min 20 s 0 temps réalisé le jeudi
2 Jochen Rindt Lotus-Ford 1 min 20 s 2 + 0 s 2 temps réalisé le jeudi
3 Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 20 s 3 + 0 s 3 temps réalisé le mercredi
4 Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 20 s 4 + 0 s 4 temps réalisé le mercredi
5 Chris Amon Ferrari 1 min 20 s 5 + 0 s 5 temps réalisé le jeudi
6 Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 20 s 8 + 0 s 8 temps réalisé le jeudi
7 Graham Hill Lotus-Ford 1 min 21 s 1 + 1 s 1 temps réalisé le mercredi
8 Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 21 s 1 + 1 s 1 temps réalisé le jeudi
9 Basil van Rooyen McLaren-Ford 1 min 21 s 8 + 1 s 8 temps réalisé le mercredi
10 John Surtees BRM 1 min 21 s 8 + 1 s 8 temps réalisé le jeudi[Note 6]
11 John Love Lotus-Ford 1 min 22 s 1 + 2 s 1 temps réalisé le mercredi
12 Jean-Pierre Beltoise Matra 1 min 22 s 2 + 2 s 2 temps réalisé le jeudi
13 Joseph Siffert Lotus-Ford 1 min 22 s 2 + 2 s 2 temps réalisé le vendredi
14 Jacky Ickx Brabham-Ford 1 min 23 s 1 + 3 s 1 temps réalisé le jeudi
15 Jackie Oliver BRM 1 min 24 s 1 + 4 s 1 temps réalisé le jeudi
16 Pedro Rodríguez BRM 1 min 25 s 2 + 5 s 2 temps réalisé le jeudi
17 Peter de Klerk Brabham-Repco 1 min 27 s 2 + 7 s 2 temps réalisé le vendredi
18 Sam Tingle Brabham-Repco 1 min 50 s 4 + 30 s 4 temps réalisé le vendredi

Grille de départ

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Jack Brabham
Grâce à son excellente performance lors des essais du jeudi, Jack Brabham s'élancera en pole position.
Grille de départ du Grand Prix et résultats des qualifications[22]
1re ligne Pos. 1 Pos. 2 Pos. 3

Brabham
Brabham
1 min 20 s 0

Rindt
Lotus
1 min 20 s 2

Hulme
McLaren
1 min 20 s 3
2e ligne Pos. 4 Pos. 5

Stewart
Matra
1 min 20 s 4

Amon
Ferrari
1 min 20 s 5
3e ligne Pos. 6 Pos. 7 Pos. 8

Andretti
Lotus
1 min 20 s 8

G. Hill
Lotus
1 min 21 s 1

McLaren
McLaren
1 min 21 s 1
4e ligne Pos. 9 Pos. 10

Rooyen
McLaren
1 min 21 s 8

Love
Lotus
1 min 22 s 1
5e ligne Pos. 11 Pos. 12 Pos. 13

Beltoise
Matra
1 min 22 s 2

Siffert
Lotus
1 min 22 s 2

Ickx
Brabham
1 min 23 s 1
6e ligne Pos. 14 Pos. 15

Oliver
BRM
1 min 24 s 1

Rodríguez
BRM
1 min 25 s 2
7e ligne Pos. 16 Pos. 17 Pos. 18

Klerk
Brabham
1 min 27 s 2

Tingle
Brabham
1 min 50 s 4

Surtees
BRM
temps annulé

Déroulement de la course

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Il fait chaud mais le temps est devenu orageux et le ciel s'est couvert en ce samedi après-midi. À dix kilomètres du circuit, la pluie tombe et beaucoup d'équipes envisagent de monter des pneus «pluie»[20]. Tous les pilotes ont cependant choisi des pneus pour piste sèche lorsque le départ est donné, à 15 heures, devant environ quatre-vingt-dix mille spectateurs[3]. Jochen Rindt (sur Lotus) et le pilote-constructeur Jack Brabham s'élancent en tête mais Jackie Stewart retarde au maximum son freinage en bout de ligne droite et c'est sa Matra qui vire la première dans la courbe de Crowthorne, alors que Mario Andretti a pris un mauvais départ, l'embrayage de sa Lotus ayant collé. Stewart repasse devant les stands avec déjà plus d'une seconde d'avance sur Brabham et deux et demie sur Rindt, dont le coéquipier Graham Hill mène le reste du peloton. Stewart se détache rapidement ; à la fin du cinquième tour, il compte déjà près de quatre secondes d'avance sur Brabham, qui évolue quelques longueurs devant les Lotus de Rindt et Hill. Cinquième, la McLaren de Denny Hulme est à huit secondes de la Matra de tête, son coéquipier Bruce McLaren étant deux secondes plus loin, menant un petit groupe comprenant la Ferrari de Chris Amon et les Lotus de Joseph Siffert et d'Andretti. C'est alors que l'aileron arrière de Brabham s'affaisse, les supports s'étant inclinés. Le pilote australien se fait aussitôt dépasser par Rindt, Hill et Hulme avant de rentrer au stand. Il en ressortira en dernière position, avec deux tours de retard, après avoir fait démonter tous les appendices aérodynamiques de sa monoplace. Le moteur de Rindt manque de puissance et il cède bientôt sa deuxième place à Hill, qui compte alors six secondes de retard sur la Matra de tête. Après dix tours, l'écart entre les deux premiers est resté stable, mais Rindt, qui a perdu un peu de terrain, est maintenant sous la menace directe de Hulme. Andretti a effectué une belle remontée et occupe le cinquième rang ; le pilote américain est parmi les plus rapides en piste et se rapproche progressivement des deux voitures qui le précèdent. Respectivement sixième et septième, McLaren et Siffert ont distancé Amon ; ce dernier, dont le moteur faiblit, ne parvient pas à doubler Brabham qui était ressorti des stands non loin devant la Ferrari. Rindt ne peut résister longtemps à Hulme, qui le dépasse au cours du douzième tour. Au suivant, la lutte entre Andretti et Siffert tourne à l'avantage du pilote suisse qui s'empare de la cinquième place. Les deux hommes continuent à batailler ferme et débordent Rindt au cours du quinzième tour ; ils menacent désormais Hulme, se rapprochant peu à peu de lui. Au dix-huitième tour, Siffert double le Néo-Zélandais, Andretti faisant de même au tour suivant. Au quart de la course, Stewart précède de six secondes et demie la Lotus de Hill, le même écart séparant ce dernier de Siffert et Andretti. Hulme est une seconde plus loin, précédant son coéquipier McLaren qui a également doublé Rindt, celui-ci perdant régulièrement du terrain dans les lignes droites. Siffert commence à avoir des problèmes de freinage, ses roues arrière se bloquant facilement, et Andretti en profite pour lui prendre la troisième place. L'Italo-Américain comble rapidement les cinq secondes qui le séparent de Hill ; au vingt-septième tour, il est revenu dans les roues de son coéquipier. Tous deux se trouvent alors à une dizaine de secondes de Stewart. Siffert a perdu le contact avec les deux Lotus officielles et a du mal à se maintenir devant Hulme, qui est revenu dans ses roues. McLaren est un peu plus loin, ayant distancé Rindt qui se trouve maintenant sous la menace d'Amon. Jean-Pierre Beltoise vient de dépasser la Lotus du pilote local John Love et occupe le neuvième rang, avec déjà une minute de retard sur son coéquipier Stewart. Derrière Hill, Andretti se fait de plus en plus pressant mais au cours du trente-deuxième tour sa Lotus s'immobilise au niveau du virage de Crowthorne, boîte de vitesses hors d'usage. Hill est désormais le seul à pouvoir menacer Stewart, mais l'écart entre les deux premiers va plutôt légèrement augmenter, pour atteindre treize secondes à la mi-course. Siffert n'a pu se contenir longtemps Hulme, qui est maintenant troisième, avec une vingtaine de secondes de retard. McLaren est cinquième mais, malgré les problèmes persistants de freinage du pilote suisse, ne revient pas sur lui. Bien que pénalisé en vitesse de pointe, Rindt se maintient à la sixième place, alors qu'Amon a dû abandonner (problème d'embiellage), tout comme Love (allumage défaillant). Septième, Beltoise accuse déjà un tour de retard sur l'homme de tête.

Alors que Rindt va devoir renoncer, son moteur ayant des ratés à cause d'un problème de pompe à essence, Stewart augmente sa cadence et accentue son avance. Au cinquante-deuxième tour, il porte le record officiel de la piste à 181 km/h. Hill est désormais relégué à près de dix-huit secondes et la course semble jouée. Troisième à une demi-minute, Hulme se contente de maintenir l'écart sur Siffert, lui-même à l'abri d'une menace de McLaren. Le moteur de Beltoise ne tourne plus que sur sept cylindres, mais le pilote français compte un tour d'avance sur la BRM de Jackie Oliver, qui ne lui reprend rien. Aucun incident notable ne se produira jusqu'à l'arrivée, Stewart se continuant cependant à tenir un train soutenu pour se préserver de toute attaque surprise de son rival. Ce n'est qu'en toute fin de parcours qu'il lèvera légèrement le pied, pour franchir la ligne avec dix-neuf secondes d'avance sur le champion du monde. Hulme termine troisième devant Siffert, seuls les quatre premiers ayant parcouru toute la distance. McLaren cinquième, a concédé un tour de retard et Beltoise, sixième, en a concédé deux.

Classements intermédiaires

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Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, troisième, cinquième, septième, dixième, douzième, quinzième, vingtième, vingt-cinquième, trentième, quarantième, cinquantième, soixantième et soixante-dixième tours[21],[23].

Classement de la course

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Matra MS10
Jackie Stewart et sa Matra MS10 ont totalement dominé l'épreuve sud-africaine.
Pos Pilote Écurie Tours Temps/Abandon Grille Points
1 7 Jackie Stewart Matra-Ford 80 1 h 50 min 39 s 1 4 9
2 1 Graham Hill Lotus-Ford 80 1 h 50 min 57 s 9 (+ 18 s 8) 7 6
3 5 Denny Hulme McLaren-Ford 80 1 h 51 min 10 s 9 (+ 31 s 8) 3 4
4 4 Joseph Siffert Lotus-Ford 80 1 h 51 min 28 s 3 (+ 49 s 2) 12 3
5 6 Bruce McLaren McLaren-Ford 79 1 h 50 min 43 s 0 (+ 1 tour) 8 2
6 8 Jean-Pierre Beltoise Matra-Ford 78 1 h 51 min 49 s 6 (+ 2 tours) 11 1
7 11 Jackie Oliver BRM 77 1 h 51 min 51 s 7 (+ 3 tours) 14  
8 17 Sam Tingle Brabham-Repco 73 1 h 51 min 22 s 0 (+ 7 tours) 17  
Nc. 19 Peter de Klerk Brabham-Repco 67 1 h 51 min 05 s 1 (Non classé) 16  
Abd. 2 Jochen Rindt Lotus-Ford 44 Pompe à essence 2  
Abd. 10 John Surtees BRM 40 Soupape 18  
Abd. 12 Pedro Rodríguez BRM 38 Fuite d'eau 15  
Abd. 9 Chris Amon Ferrari 34 Coussinets de bielles 5  
Abd. 14 Jack Brabham Brabham-Ford 32 Tenue de route 1  
Abd. 3 Mario Andretti Lotus-Ford 31 Boîte de vitesses 6  
Abd. 16 John Love Lotus-Ford 31 Allumage 10  
Abd. 15 Jacky Ickx Brabham-Ford 20 Démarreur 13  
Abd. 18 Basil van Rooyen McLaren-Ford 12 Freins 9  

Légende :

  • Abd.=Abandon

Pole position et record du tour

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Évolution du meilleur tour en course

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Le meilleur tour fut amélioré trois fois au cours de l'épreuve[21].

Tours en tête

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Classement général à l'issue de la course

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  • Attribution des points : 9, 6, 4, 3, 2, 1 respectivement aux six premiers de chaque épreuve.
  • Pour la coupe des constructeurs, même barème et seule la voiture la mieux classée de chaque équipe inscrit des points.
  • Le championnat est divisé en deux demi-saisons, seuls les cinq meilleurs résultats (sur six épreuves) étant retenus pour chaque partie
  • Sur douze manches qualificatives prévues pour le championnat du monde 1969, onze seront effectivement courues, le Grand Prix de Belgique (qui devait se dérouler le [22] sur le circuit de Spa-Francorchamps) ayant été boycotté pour raisons de sécurité par décision du GPDA[24].
Classement des pilotes
Pos. Pilote Écurie Points
AFS

ESP

MON

BEL

NL

FRA
1re
½ saison

GBR

ALL

ITA

CAN

USA

MEX
2e
½ saison
1 Jackie Stewart Matra 9 9 9
2 Graham Hill Lotus 6 6 6
3 Denny Hulme McLaren 4 4 4
4 Joseph Siffert Lotus 3 3 3
5 Bruce McLaren McLaren 2 2 2
6 Jean-Pierre Beltoise Matra 1 1 1
Coupe des constructeurs
Pos. Écurie Points
AFS

ESP

MON

BEL

NL

FRA
1re
½ saison

GBR

ALL

ITA

CAN

USA

MEX
2e
½ saison
1 Matra-Ford 9 9 9
2 Lotus-Ford 6 6 6
3 McLaren-Ford 4 4 4
  • 6e victoire en championnat du monde pour Jackie Stewart.
  • 4e victoire en championnat du monde pour Matra en tant que constructeur.
  • 16e victoire en championnat du monde pour Ford Cosworth en tant que motoriste.

Notes et références

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  1. Châssis 49 R6, accidenté par Jackie Oliver lors des essais du Grand-Prix de France et reconstruit par l'usine ; tout d'abord numéroté 49-R8 en fin de saison 1968, avant construction du 8e châssis 49.
  2. Voiture utilisée aux essais.
  3. Voiture utilisée aux essais avec le n°21, puis en course avec le n°10.
  4. Voiture utilisée aux essais, non retenue pour la course.
  5. Inscrite comme voiture de réserve avec le n°21, la P138/01 fut finalement retenue pour la course avec le n°10.
  6. Le temps de Surtees sera annulé par les organisateurs, l'équipe BRM n'ayant pas signalé à temps que le pilote britannique prendrait le départ avec la voiture de réserve.

Références

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  1. Johnny Rives, Gérard Flocon et Christian Moity, La fabuleuse histoire de la formule 1, Éditions Nathan, , 707 p. (ISBN 2-09-286450-5)
  2. a et b L'année automobile no 17 1969-1970, Lausanne, Edita S.A., , 256 p.
  3. a b c et d Michel Hubin, Championnat du monde 69 des conducteurs, Verviers, Éditions GERARD & Co (collection Marabout Service), , 288 p.
  4. Christian Naviaux, Les Grands Prix de Formule 1 hors championnat du monde : 1946-1983, Nîmes, Éditions du Palmier, , 128 p. (ISBN 2-914920-05-9)
  5. Denis Bernard, « Grand Prix d'Afrique du Sud 1968 : La dernière victoire de Gentleman Jim », Revue Automobile historique, no 20,‎
  6. Revue L'Automobile no 262 - février 1968
  7. a b c d et e Christian Moity, « F1 : déjà du nouveau », Revue L'Automobile, no 275,‎
  8. a b c d e f g et h Revue Sport Auto no 87 -
  9. Andrew Lynegar, « Rob Walker : Profession : "Gentleman" », Revue Autodiva, no 50,‎
  10. Doug Nye, McLaren : Formule 1, Can-Am, Indy, Editions ACLA, , 270 p. (ISBN 1-85960-655-5)
  11. (en) Adriano Cimarosti, The complete History of Grand Prix Motor racing, Aurum Press Limited, , 504 p. (ISBN 1-85410-500-0)
  12. Magazine MotorSport no 2 Vol.XLV -
  13. Gérard Crombac, « L'histoire Matra F1 : première partie 1968-1969 le titre mondial », Revue Sport Auto, no 132,‎
  14. Christian Moity et Serge Bellu, « La galerie des championnes - 1969 : Matra MS80-Cosworth », Revue L'Automobile, no 391,‎
  15. Alan Henry, Ferrari : Les monoplaces de Grand Prix, Editions ACLA, , 319 p. (ISBN 2-86519-043-9)
  16. Alan Henry, Brabham : Les monoplaces de Grand Prix, Editions ACLA, , 285 p. (ISBN 2-86519-058-7)
  17. Revue L'Automobile no 275 - avril 1969
  18. (en) Bruce Jones, The complete Encyclopedia of Formula One, Colour Library Direct, , 647 p. (ISBN 1-84100-064-7)
  19. Gérard Gamand et Christophe Hubert, Tous les châssis des Grands Prix de Formule 1 en championnat du monde : Tome 2 1961-1970, Saint Cyr au Mont d'Or, Les Éditions de l'Aubois, , 296 p. (ISBN 978-2-9580859-3-3)
  20. a b et c (en) Michael Tee, « Grand Prix of South Africa : Stewart the Master », Magazine MotorSport, no 4 Vol.XLV,‎
  21. a b c d et e (en) Autocourse 1969-1970 : A detailed record of the 1969 season, Haymarket Press Ltd, , 215 p.
  22. a b et c (en) Mike Lang, Grand Prix volume 2, Haynes Publishing Group, , 260 p. (ISBN 0-85429-321-3)
  23. Edmond Cohin, L'historique de la course automobile, Editions Larivière, , 882 p.
  24. Revue Sport Auto no 88 -