Gilles Babinet

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Gilles Babinet
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Gilles Babinet en 2009.

Naissance (48 ans)
Paris
Drapeau de la France France
Nationalité Française
Profession
Activité principale

Gilles Babinet est un entrepreneur français, né à Paris en 1967[réf. nécessaire].

Il est actuellement Digital Champion[1], c'est-à-dire responsable des enjeux de l'économie numérique pour la France auprès de la Commission européenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

À la suite d'un passage difficile au collège et au lycée, au cours duquel il ne parvient pas à s'intégrer dans le cadre scolaire classique, Gilles Babinet passe son baccalauréat en candidat libre à l’âge de 20 ans[2].

Entrepreneuriat[modifier | modifier le code]

Depuis 1989, Gilles Babinet a fondé neuf sociétés, dans des domaines d'activité variés[3] :

  • Escalade Industrie : en 1989, il fonde à 22 ans sa première société, Escalade Industrie, spécialisée dans les travaux électriques en hauteur. En moins d'un an, elle recrute une quarantaine de personnes[4].
  • Absolut Design : en 1991, il lance Absolut Design, en compagnie de Clément Bataille. En huit ans, la société se développe principalement dans le transport, en dessinant le tramway de Bordeaux, les poubelles du métro parisien, etc. En 2000, il revend ce qui est devenu BETC DESIGN à Euro RSCG[5].
  • Musiwave : toujours en 2000, il fonde Musiwap, rapidement renommée Musiwave, qui propose à partir de 2002, des sonneries pour téléphone « hifi », non plus composées d’harmonies synthétisées, comme c’est le cas pour une sonnerie polyphonique, mais produites à partir de l’enregistrement initial de l’artiste[6]. En partenariat avec l'opérateur anglais Vodafone, Musiwave lance des téléchargements de titres de musique en qualité CD, en utilisant la technologie GPRS[7]. En janvier 2006, Musiwave est revendue à la compagnie Openwave pour 139 millions d'euros[8].
  • Captain Dash[9] , spécialisée dans l'analyse du big data[10], proposant aux directeurs marketing de synchroniser dans un même tableau de bord dynamique l'ensemble des données provenant de leur ERP, de leurs outils statistiques web avec des données exogènes : météo, qualité de l’air, de l’eau, cours de bourses, trafic routier, vacances scolaires, fêtes religieuses, tarifs énergétiques, Google Trends, variations monétaires, élections politiques, audiences TV, etc[11]. CaptainDash aurait été l'une des premières sociétés en France a mettre en œuvre Hadoop, l'outil opensource de bigData.
  • Eyeka : Gilles Babinet fonde cette société en avril 2006 en l'orientant dès le départ sur le principe de cocréation[12]. Elle réalise sur la demande d'entreprises une recherche publicitaire, marketing, stratégique auprès d'une communauté d'internautes[13]. Eyeka ferait partie, avec Tongal et Zuppa, des leaders mondiaux dans le domaine de la Co-création. La communauté de créatif aurait désormais atteint 300,000 membres (janvier 2015). La société aurait levé des fonds importants (plus de 10 millions d'euros) auprès de différents investisseurs, dont Ventech, I-source et DNCapital.
  • MXP4[14] : une solution de musique interactive qui promeut les jeux sociaux. L'entreprise a publié sa première plateforme Bopler Games, disponible sur Facebook.
  • Digibonus[15] : une plateforme permettant aux entreprises d'organiser leurs propres jeux concours sur Facebook pour engager activement leurs fans[16].

Actuellement président du conseil d'administration de Captain Dash, il siège également au Conseil de Eyeka qu'il présida de 2006 à 2012 ; il a par ailleurs siégé au conseil d’administration du Mobile Entertainement Forum, une association internationale qui promeut les services de loisirs sur les mobiles. Il s'investit également dans l'aide à la création d'entreprise, en étant un membre actif de l'association 100 000 entrepreneurs[17].

Gilles Babinet est également membre du Conseil Stratégique de la société de conseil EY, anciennement Ernst & Young.

Conseil national du Numérique[modifier | modifier le code]

Le , Gilles Babinet est élu premier président du Conseil national du numérique par ses dix-huit membres, aux côtés de trois vice-présidents : François Momboisse (Commission Croissance), Giuseppe de Martino (Commission Accès) et Nicolas Voisin (Commission Liberté)[18]. La durée du mandat est fixée par décret pour une durée d'un an, renouvelable une fois[19]. Cette instance consultative est officialisée le même jour par Nicolas Sarkozy.

Le CNN a pour charge d'éclairer les pouvoirs publics sur les enjeux de l'économie numérique et d’améliorer le dialogue entre le gouvernement et le secteur de l'Internet[20]. Sous sa présidence, il oriente le CNN sur des travaux de réforme de l'État et de compétitivité ; en particulier, le CNN s'est engagé sur le développement de « l'e-éducation », du financement de l'innovation, de la fiscalité du numérique, et de l'open-data.

  • L'e-éducation[21] : l'avis appelle à une mutualisation au niveau régional, avec les académies et les collectivités, des responsabilités techniques et pédagogiques relatives au numérique, sur la base du volontariat. L’État doit fournir des incitations à adhérer à cette structure, garante de la cohérence et de la pérennité des projets numériques.
Le CNN met en lumière la nécessité de la mise en place au niveau national d’un organe de réflexion, de conseil et d’accompagnement sur l’école numérique. Cet organe mixte doit être composée de personnes qualifiées issues du milieu enseignant, mais aussi du monde du numérique. De même, il appelle à la création d'une plate-forme collaborative de référencement des ressources pédagogiques numériques. Les enseignants doivent disposer d’outils de recherche et de collaboration leur permettant de faire circuler et retrouver rapidement les ressources pédagogiques les plus adaptées à leurs besoins.
  • Le financement de l'innovation[22] : Le CNN souhaite améliorer le fonctionnement du Fonds national pour la société numérique, renforcer les mécanismes de soutien à l'amorçage dans le cadre du FSN, ainsi que soutenir et structurer le financement privé de l'innovation par des mécanismes incitatifs.
  • La fiscalité du numérique[23] : le CNN rappelle que la fiscalité des acteurs numériques a pour but de financer le déploiement des réseaux haut-débit et de financer le développement des industries culturelles. Le CNN s'interroge aussi sur le fait que les acteurs de l'internet non domiciliés sur le territoire français soient susceptibles de créer de la valeur ajoutée, valeur qui ne fait pas l’objet d’une taxation par le Gouvernement français, contrairement aux acteurs domiciliés fiscalement sur le territoire français.
  • La libération des données publiques[24] : l'enjeu est d'accompagner les administrations vers une libération de leurs données, pour que celles-ci alimentent la sphère privée et permettent aussi de repérer les meilleures pratiques de gestion au sein du service public.

Digital Champion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Digital Champions.

Le , Gilles Babinet est nommé par la ministre déléguée au Numérique Fleur Pellerin Digital Champion[1] auprès de Nelly Kroes, la commissaire européenne chargée du Numérique et vice-présidente de la Commission européenne[25],[26],[27]. Avec ce poste, il devient responsable des enjeux de l'économie numérique pour la France auprès de la Commission européenne[25],[26],[27]. Cette nomination est dans la continuité de son poste occupé au Conseil national du numérique[réf. nécessaire].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Polémique avec la CNIL[modifier | modifier le code]

Le 26 février 2013, Gilles Babinet accorde un interview au Magazine L'Usine nouvelle dans lequel il déclare que « la CNIL est un ennemi de la nation »[31]. Une importante polémique s'ensuit, au cours laquelle les réactions les plus diverses se font entendre ; des dizaines de personnalités du monde numérique s'expriment dans les médias à ce propos, généralement pour défendre la Commission nationale de l'informatique et des libertés[31].

Gilles Babinet lui-même semble vouloir, sinon éteindre ou pour le moins amoindrir le choc, au travers d'une tribune publiée sur le site 01net[30]. Au delà de l'émoi initial, le propos de Babinet consiste avant tout en une charge contre le principe de précaution et une République qui mettrait trop en avant la sécurité par rapport à l'innovation. La polémique ressortira périodiquement et la CNIL s'attacherait désormais[réf. souhaitée] à donner des gages, de sorte à se faire un défenseur de l'innovation, même si son mandat n'a, à cet égard, en rien évolué.

Médailles[modifier | modifier le code]

A plusieurs reprises, Gilles Babinet a fait savoir qu'il refuserait toute forme de médaille si l'on venait à lui en proposer : « c'est avec des Hochets que l'on mène des hommes »[32]. En particulier, il s'est publiquement engagé à ne jamais accepter la légion d'honneur, si celle-ci venait à lui être proposée. Selon lui « notre pays en réalité se meurt de pensée unique, de condescendance et de fascination à l'endroit des puissants, qui sont pourtant les derniers barrons d'un modèle à bout de souffle »[réf. souhaitée].

Institut Montaigne[modifier | modifier le code]

Gilles Babinet participe à la rédaction de rapports de l'Institut Montaigne parmi lesquels :

  • Juin 2011 : Rapport De la naissance à la croissance : comment développer nos PME[33].
Ce rapport formule des propositions concrètes pour aider le tissu des PME à grandir et à se développer en France et à l’international.
  • Mars 2013 : Pour un « New Deal » numérique[34].
Ce rapport présente dix propositions pour faire de la France un acteur majeur de la transformation numérique.
  • Mars 2015 : Big data et objets connectés, faire de la france un champion de la révolution numérique.[35]
Ce rapport présente onze propositions pour rentrer dans la société des objets connectés et du traitement de données.

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Ère Numérique, un nouvel âge de l'humanité, éditions Le Passeur, janvier 2014 (ISBN 2368900675)[36]
En janvier 2014, Gilles Babinet publie L'Ère Numérique, un nouvel âge de l'humanité, ouvrage dans lequel il met en avant l'impact des technologies, des concepts ainsi que des modes de pensées issus de la sphère numérique sur le monde tel qu'il existe aujourd'hui[37].
Il identifie cinq domaines (la connaissance, l'éducation, la santé, la production et l'État) dont l'évolution en cours, intrinsèquement liée à celle du numérique, va provoquer un changement de paradigme profond pour l'humanité[37].
  • Big Data, penser l'homme et le monde autrement, éditions Le Passeur, février 2015. (ISBN 2368902600)[38]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Liste des Digital Champions en 2015 par pays, sur le site de la Commission européenne, http://ec.europa.eu (consulté le 22 juin 2015).
  2. Fiche de Gilles Babinet, sur le site du Journal du net (consulté le 22 juin 2015).
  3. « Les hauts et les bas de Gilles Babinet », Chantal Houzelle, Les Échos, 31 juillet 2013 (consulté le 22 juin 2015).
  4. « Qu'est-ce qui fait courir les SERIAL ENTREPRENEURS », Gaelle Jouanne , http://www.chefdentreprise.com/, 1er mars 2010 (consulté le 22 juin 2015)
  5. « Euro RSCG BETC marche à l'Absolut », Stratégies, 10 mars 2010 (consulté le 22 juin 2015).
  6. « Musiwave conforte son positionnement en levant 4 ME », http://www.qualisteam.fr/, 6 septembre 2002 (consulté le 22 juin 2015).
  7. « Un opérateur mobile adopte la solution de MusiWave MODS, premier service mobile de téléchargement de musiques originales », http://www.serialwireless.net, 18 mars 2004 (consulté le 22 juin 2015).
  8. « Openwave achète Musiwave pour 100 millions d'euros », Raphaële Karayan, Le Journal du Net, 29 septembre 2005 (consulté le 22 juin 2015).
  9. Site web de Captain Dash (consulté le 22 juin 2015).
  10. « http://www.cxp.fr/flash-cxp/big-data-offre-est-besoins-doivent-emerger_1217 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  11. « Présentation de Captain Dash au Microsoft ReMix 2010 », Richard Menneveux, http://frenchweb.fr/, 27 mai 2010 (consulté le 22 juin 2015).
  12. Site web d'Eyeka (consulté le 22 juin 2015).
  13. « http://www.lesechos.fr/management/carre-vip/interview-vip/0201473449199-francois-petavy-management-de-l-innovation-la-co-creation-redonne-sa-place-au-consommateur-187425.php » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. « http://www.mxp4.com/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  15. Site web de Digibonus (consulté le 22 juin 2015)
  16. « Digibonus : maîtrisez vos concours Facebook », Olivier Murat, http://fr.locita.com, 29 novembre 2011 (consulté le 22 juin 2015).
  17. « Gilles Babinet, l'insatiable entrepreneur », Journal Du Net,‎ (lire en ligne)
  18. « Qui sont les membres du Conseil national du numérique (CNN) ? », L'Express.fr, 29 avril 2011 (consulté le 22 juin 2015).
  19. « Décret n° 2011-476 du 29 avril 2011 portant création du Conseil national du numérique  », Legifrance.gouv.fr (consulté le 22 juin 2015).
  20. « http://www.elysee.fr/president/les-dossiers/economie/conseil-national-du-numerique/installation-du-conseil-national-du-numerique-une.11246.html » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  21. « http://www.cnnumerique.fr/avis10/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  22. « http://www.cnnumerique.fr/avis07/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  23. « http://www.cnnumerique.fr/avis08/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  24. « http://opendata.blogs.nouvelobs.com/tag/conseil%20national%20du%20numérique » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  25. a et b « http://www.redressement-productif.gouv.fr/rp/gilles-babinet-nomme-digital-champion » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  26. a et b « Gilles Babinet nommé « digital champion » de la France auprès de Bruxelles », Xavier Berne, Next INpact.com, 25 juin 2012 (consulté le 22 juin 2015).
  27. a et b « Entretien avec Gilles Babinet, nommé Digital Champion à Bruxelles », Marion Moreau, http://frenchweb.fr/, 25 juin 2012 (consulté le 22 juin 2015).
  28. « L’Institut Montaigne épingle la France pour son retard dans le Numérique », Pascal Samama, 01net.com, 26 février 2013 (consulté le 22 juin 2015).
  29. « Pour Gilles Babinet, "il faut fermer la Cnil, c’est un ennemi de la Nation" », Aurélie Barbaux, L'Usine nouvelle.com, 26 février 2013 (consulté le 22 juin 2015).
  30. a et b « Gilles Babinet : « Une Cnil réformée pourrait remplir un rôle utile » », Gilles Babinet, 01net.com, 26 février 2013 (consulté le 22 juin 2015).
  31. a et b Patrick Bertrand, « La CNIL est un ennemi de la Nation » Diantre !, sur journaldunet.com,‎
  32. Huffington Post - 2 avril 2014.
  33. [PDF] « http://www.institutmontaigne.org/medias/documents/rapport_developper_pme.pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  34. [PDF] « http://www.institutmontaigne.org/medias/documents/etude_pour_un_new_deal_numerique.pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  35. http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/big-data-et-objets-connectes-faire-de-la-france-un-champion-de-la-revolution-numerique
  36. http://livre.fnac.com/a6495611/Gilles-Babinet-L-ere-numerique-un-nouvel-age-de-l-humanite#ficheDt
  37. a et b « Gilles Babinet : "Les politiques français n'ont pas compris la révolution numérique" », France Info.fr, émission Un monde d'idées par Olivier De Lagarde, 28 mars 2014 (consulté le 22 juin 2015).
  38. http://livre.fnac.com/a7763141/Gilles-Babinet-Big-data-penser-l-homme-et-le-monde-autrement#ficheDt

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]