Georges Cochon

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Georges Cochon
Georges Cochon (c.1912).jpg
Portrait de Georges Cochon, 1912-1913.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Georges Alexandre Cochon, né à Chartres le et mort à Pierres le , est un syndicaliste français, dirigeant de l’Union syndicale des locataires ouvriers et employés[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Le , Georges Cochon, alors ouvrier tapissier, est nommé à la tête de l'Union syndicale des locataires ouvriers et employés et part en guerre contre Monsieur Vautour (le propriétaire). La principale activité de ce syndicat est d'aider les locataires en difficulté à déménager à la cloche de bois[Note 1] (clandestinement), puis à investir des logements inoccupés.

Sa première action notoire débute le , lorsque sa propriétaire Mme Chazelles, apprenant qu'il est président de ce syndicat, le congédie. Il hisse alors le drapeau rouge au cinquième étage de son appartement du 62 de la rue de Dantzig et se barricade avec femme et enfants pour protester contre cette expulsion sauvage. Ravitaillé par les voisins pendant 5 jours, il obtient la levée du siège policier. Le tribunal le condamne à la peine minimum, un franc. Le déménagement public de son mobilier menacé de saisie est suivi par la foule et est animé par le « raffût de Saint-Polycarpe[Note 2] », fanfare de café-concert[2].

Pour les sans logis, il occupe les maisons bourgeoises, organise des campements impromptus, comme le dans la cour de la préfecture de police, sous les fenêtres de son mortel ennemi, le préfet Lépine, ou comme le lorsqu'il reloge une famille dans le jardin des Tuileries où le syndicat des charpentiers construit une baraque de fortune en 13 minutes, baptisée « maison avec jardin ». Le , il occupe l'hôtel de ville. Le , il prend possession, avec plusieurs familles nombreuses, de l’hôtel particulier de La Vérone loué par le comte Antoine de La Rochefoucauld situé 17 boulevard Lannes. À la fin du bail, la comtesse les reloge dans des pavillons qu'elle a payés elle-même[3].

Georges Cochon devient alors très populaire et profite de toutes les occasions pour faire connaître sa lutte en faveur des plus démunis, ce qui lui vaut le surnom de « notre Sauveur, à nous, les gueux » ou encore « le président des sans-pognon ». Très sensible à la médiatisation de ses actions, Georges Cochon n'hésitait pas à faire venir les journalistes pour donner de nombreux échos dans les journaux aux actions spectaculaires de son syndicat[4].

Des artistes comme le chansonnier Charles d'Avray ou Théophile Alexandre Steinlen lui prêtent leur concours, célébrant ses « tours de cochon »[5].

Cependant en , il se présente aux élections municipales du quartier du Père-Lachaise, ce qui provoque son exclusion de l’Union syndicale des locataires. Il crée alors un syndicat concurrent, la Fédération nationale et internationale des locataires qui connaît moins de succès. En , le tribunal de grande instance de Paris fait interdire les déménagements à la cloche de bois.

Mobilisé en , il participe à la bataille de la Marne dont il est rapatrié pour blessure. Détaché aux usines Renault de Boulogne-Billancourt en , il est renvoyé dans sa caserne en 1917 mais en déserte le et reprend immédiatement les déménagements à la cloche de bois. Il est arrêté et condamné par un conseil de guerre à trois ans de travaux publics dans un bagne militaire en Afrique du Nord[6].

Georges Cochon publie à Paris en 1917 un journal hebdomadaire Le Raffût. Journal d'action, Organe du syndicat des locataires, publication qu'il reprendra trois mois après sa libération entre 1921 et 1922 avec divers sous-titre dont : Organe de combat et de défense sociale, politique, économique et financière, paraissant le samedi, dénonçant les injustices commises au bagne.

Il se sépare de sa femme qui se défenestre en 1926 et prend dès lors ses distances avec le mouvement anarchiste. Il se retire avec sa compagne Tounette à Pierres en Eure-et-Loir[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Emblème de son syndicat s'opposant à la cloche en fer des propriétaires. À l'époque, ces derniers engageaient des déménageurs qui, au son d'une cloche en fer, saisissaient le mobilier du locataire expulsé incapable de payer les loyers chers, payables à l'avance par terme de 3 ou 6 mois, ou si sa situation de famille, ses opinions religieuses ou sa physionomie ne leur plaisaient pas.
  2. Hommage à Polycarpe, feu le mari de sa propriétaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cochon et les vautours". Résumé d'un article d'Hugues Dewynter in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Parisno 37".
  2. Alain Penven, Territoires rebelles, Anthropos, , p. 40.
  3. Noël Godin, Anthologie de la subversion carabinée, L'Âge d'homme, , p. 329.
  4. "Locataires et propriétaires, une histoire française", film universitaire en ligne, produit par le CHS, Unité mixte de recherche CNRS / Université Paris 1.
  5. Jacques Christophe, Théophile-Alexandre Steinlen, Aléas, , p. 43.
  6. Maurice Dommanget, Histoire du drapeau rouge : des origines à la guerre de 1939, Éditions libr. de l'étoile, , p. 340.
  7. Michel Ragon, Dictionnaire de l'anarchie, Albin Michel, , p. 127.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]