Frédéric Ier de Bade (1826-1907)

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Frédéric Ier
Image illustrative de l'article Frédéric Ier de Bade (1826-1907)
Titre
6e grand-duc de Bade
Prédécesseur Louis II de Bade
Successeur Frédéric II de Bade
Biographie
Nom de naissance Frederick William Louis
Date de naissance
Lieu de naissance Karlsruhe (Allemagne)
Date de décès (à 81 ans)
Lieu de décès Île de Mainau (Allemagne)
Père Léopold Ier de Bade
Mère Sophie de Suède
Conjoint Louise de Prusse
Enfant(s) Frédéric II de Bade Red crown.png
Louis de Bade
Victoria de Bade
Religion Luthéranisme
Résidence Maison de Zähringen
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Portrait du grand-duc Frédéric de Bade par Ferdinand Keller (1900)

Frédéric Ier de Bade (en allemand, Friedrich I von Baden), né le 9 septembre 1826 à Karlsruhe, décédé le 28 septembre 1907 à l'île de Mainau (Bade-Wurtemberg) est un prince allemand qui fut grand-duc de Bade de 1856 à 1907.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du grand-duc Léopold Ier de Bade et de Sophie de Suède.

Frédéric Ier de Bade épousa en 1856 la princesse Louise de Prusse (1838-1923), nièce du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse et fille du prince de Prusse Guillaume (le futur Kaiser) et d'Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach).

Trois enfants sont nés de cette union :

  1. Frédéric (1857-1928), qui lui succéda (épouse en 1885 la princesse Hilda de Nassau, fille du grand-duc Adolphe Ier de Luxembourg.
  2. Louis (1865-1888)
  3. Victoria (1862-1930), épouse en 1881 le roi Gustave V de Suède.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un lourd passé[modifier | modifier le code]

En 1787, le margrave Charles-Frédéric de Bade avait contracté en secondes noces une union morganatique avec une demoiselle de quarante ans sa cadette qu'il fit titrer par l'empereur comtesse de Hochberg. Les enfants issus de ce mariage, s'ils étaient légitimes, n'étaient pas dynastes aux yeux des traditions germaniques. Ils avaient reçu le titre de leur mère, comtes et comtesses de Hochberg. Le margrave que son alliance avec Napoléon avait fait grand-duc était mort respecté de tous et chargé d'ans en 1811, laissant le trône à son unique petit-fils Charles II de Bade marié à une fille adoptive de l'empereur des Français Napoléon Ier, Stéphanie de Beauharnais qui régna sous le nom de Charles II.

Ses deux fils étant décédés au berceau, le grand-duc Charles II, qu'une vie de débauche condamna à une fin précoce, décréta en 1817 avec l'accord de la Diète, que ses oncles, les comtes de Hochberg, à défaut de princes légitimes, seraient dynastes. Il mourut l'année suivante. Son oncle et mauvais génie Louis Ier de Bade lui succèda. Il était le dernier des princes de Bade. Le nouveau grand-duc était débauché jusqu'à la perversion. C'est lui qui avait initié son neveu à la vie désordonnée qui le perdit et mit fin à sa dynastie. Ds rumeurs prétendaient qu'il avait même été l'amant de sa belle-mère, la comtesse de Hochberg et qu'il était le véritabe père de ses demi-frères. Il est possible que la comtesse le faisait chanter ce qui explique qu'il ne se maria pas et que la dynastie légitime s'éteignit avec lui. Son demi-frère Léopold de Hochberg devait donc lui succèder; Pour renforcer ses droits, on le maria prestement à une arrière-petite-fille du défunt et populaire grand-duc Charles Ier, la princesse Sophie de Suède. La mère de la princesse était une princesse de Bade, soeur aînée du feu grand-duc Charles II. Son mari, le roi Gustave IV de Suède, avait été déposé en 1809. Reine en exil, elle ne pouvait refuser l'alliance avec les Hochberg. Ce faisant et malgré sa jeunesse, le fiancé était le grand-oncle de sa future femme. Les ambitions de l'ambitieuse veuve du grand-duc Charles Ier se réalisaient. La future mariée, qui de princesse en exil devenait princesse héritière, l'était tout autant. En 1830, le grand-duc Louis Ier mourut et Léopold de Hochberg, écrasé par les ambitions de sa mère et de son épouse, montait sur le trône de Bade.

La comtesse de Hochberg mourut dès 1832 mais sa famille, bien qu'elle ait accédé au trône grand-ducal de Bade, n'en était pas moins marquée par l'étrange affaire Kaspar Hauser qui mourut assassiné en 1833. La grande-duchesse Sophie fut soupçonnée d'être l'instigatrice du meurtre.

Le grand-duc Léopold, qui refusait de régner, sombra dans l'alcoolisme. Il mourut en 1852. Son fils aïné et successeur Louis II de Bade sombrait dans une folie caractérisée par et la haine qu'il vouait à sa mère. Frédéric, prince mélancolique, dut assurer la régence de 1852 à 1858, date du décès prématuré de son frère. Il devint alors grand-duc de Bade (1858). La grande-duchesse Sophie mourut en 1865.

Règne[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Louise

En 1856, le grand-duc épousa la princesse Louise de Prusse, nièce du roi Frédéric-Guillaume IV. Cette union était nécessaire au roi de Prusse qui voulait accroître son influence dans le sud de la Confédération germanique au détriment de l'Empire d'Autriche. (Pour les mêmes raisons, Napoléon Ier avait marié cinquante ans plus tôt le grand-duc Charles II à sa fille adoptive Stéphanie de Beauharnais laquelle, décédée en 1860, estimait fort le grand-duc Frédéric)

Prince protestant, marié à une princesse de la Maison de Hohenzollern, partisan d'une "Petite Allemagne", Frédéric Ier prit naturellement parti pour la Prusse contre l'Autriche en 1866 et participa également à la guerre contre la France en 1870.
Aussi lors de la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871, Frédéric Ier, gendre du nouvel empereur allemand Guillaume Ier, fut-il personnellement présent.

Portrait à cheval du grand-duc Frédéric Ier par Wilhelm Trübner (1905)


Le couple grand-ducal (1902)

Nonobstant, il fut considéré par ses contemporains comme un défenseur de la monarchie constitutionnelle opposé au conservatisme et à l'autoritarisme militariste prussien et politiquement proche de son beau-frère le prince héritier Frédéric-Guillaume.

L'année 1888 fut une année de deuil. Au cours du premier semestre, le grand-duc perdit successivement son fils cadet,le prince Louis-Guillaume, son beau-père le Kaiser Guillaume Ier et son beau-frère, le libéral kaiser Frédéric III qui mourut avant d'avoir pu pendre les mesures nécessaisres à la démocratisation de l'Allemagne.

Durant le règne, le mariage civil fut adopté dans le grand-duché de Bade ainsi que les élections directes à la chambre du parlement badois (1904).

Frédéric Ier de Bade décéda en 1907, à l'âge de 81 ans, dans sa résidence d'été située sur l'île de Mainau. Aujourd'hui Mainau est la propriété des héritiers du prince Lennart Bernadotte, l'arrière-petit-fils du grand-duc Fréderic Ier.

Suite et fin de la monarchie badoise[modifier | modifier le code]

Son fils Frédéric II lui succéda, mais, emporté par la tourmente déclenchée par la Grande Guerre, il ne put conserver son trône et dut abdiquer en 1918, mettant fin à la monarchie badoise.

Dans le même temps, le cousin et héritier de Frédéric II, le prince Maximilien, promu peu de temps auparavant chancelier du Reich par l'empereur Guillaume II, proclamait à Berlin la fin des Hohenzollern et de l'Empire allemand.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Frédéric Ier de Bade appartient à la quatrième branche de la Maison de Bade, elle-même issue de la première branche de la Maison ducale de Bade, il appartient à la lignée de Baden-Durlach dite ligne Ernestine fondée par Ernest de Bade-Durlach. Cette lignée toujours existante est actuellement représentée par le prince Maximilien de Bade.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]