Frères Faucher

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César et Constantin Faucher, par Louis-André-Gabriel Bouchet.

Les frères Faucher, aussi appelés les jumeaux de La Réole, s'appelaient Constantin de Faucher et César de Faucher, généraux de brigade français. Ils étaient frères jumeaux, nés à La Réole, le 12 septembre 1760. Ils moururent tous deux le même jour, fusillés sur décision d'un conseil de guerre le , à Bordeaux. Ils étaient, en naissant, d'une ressemblance si parfaite qu'elle trompait quelquefois leurs parents eux-mêmes. Plus tard, dans leurs garnisons, ils furent obligés de porter à leur boutonnière une fleur différente.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ils étaient bons, braves, aimables, instruits, éloquents, Ils reçurent des leçons de Voltaire, et Necker, Bailly et Mirabeau les honorèrent de leur estime et de leur amitié. Jamais ils ne se quittèrent, ni dans leurs jeux, ni dans leurs études, ni dans les combats. Leur esprit, comme leurs traits, avait une ressemblance parfaite.

Au 1er janvier 1775, ils entrèrent aux chevau-légers ; un peu plus tard, ils passèrent comme lieutenants dans un régiment de dragons. À cette époque, ils se firent tous deux recevoir avocats. En 1791, César fut élu président de l'administration et commandant des gardes nationales de La Réole, et Constantin, commissaire du Roi, puis président de la municipalité du chef-lieu de ce district.

En 1793, ils formèrent un corps franc d'infanterie, sous la désignation des « Enfants de La Réole », et se dirigèrent sur la Vendée où ils recommencèrent leur carrière militaire. Leurs talents, leur bravoure, les firent parcourir rapidement tous les grades ; on les nomma en même temps généraux de brigade le 11 octobre 1793 ; mais les nombreuses blessures qu'ils avaient reçues les obligèrent à quitter le service.

Au moment de quitter l'armée, on les accusa de fédéralisme, et déjà on les conduisait à l'échafaud, lorsqu'un représentant osa leur faire grâce en faisant casser le jugement qui les avait condamnés à mort. Rendus à la liberté, ils se firent transporter en litière à la Réole où leur convalescence fut très-longue.

En 1800, Constantin fut nommé sous-préfet de La Réole, et César membre du conseil général de la Gironde.

Démissionnaires en 1803, ils restèrent étrangers aux affaires publiques jusqu'en 1814. Durant les Cent-Jours, ils furent nommés chevaliers de la Légion d'honneur et employés en qualité de maréchaux de camp à l'armée des Pyrénées orientales.

Bientôt après, César fut nommé représentant par les électeurs de la Réole, et Constantin maire de la même ville ; puis, lors de l'état de siège du département de la Gironde, commandant des arrondissements de la Réole et de Bazas.

Le 22 juillet 1815, sous le règne de Louis XVIII, le général Clausel ordonna aux frères Faucher de cesser leurs fonctions, le drapeau blanc venant d'être arboré à Bordeaux. Bientôt ils furent arrêtés et emprisonnés comme convaincus d'avoir formé un dépôt d'armes. Le 9 août 1815, ils furent transférés à Bordeaux, interrogés le 18 et le 19 et furent, le 22 septembre 1815, traduits devant un conseil de guerre. On leur refusa le délai nécessaire pour trouver un défenseur ; plusieurs avocats s'étant refusés, ils se défendirent mutuellement ; ils le firent avec une grande éloquence et n'eurent pas de peine à réduire à leur juste valeur les charges que l'on faisait peser sur eux. Cependant, ils furent condamnés à mort. Le 26, le conseil de révision confirma le jugement qui fut exécuté le lendemain, le 27 septembre 1815 à Bordeaux.

Les frères Faucher s'embrassèrent avant de sortir de prison, craignant qu'au dernier moment leur sensibilité n'affaiblît leur courage. Ils allèrent à pied en se donnant le bras jusqu'à une prairie désignée pour le lieu du supplice. Pendant le trajet qui fut au moins d'une heure, ils conservèrent le même sang-froid. Ils saluaient en souriant les personnes de leur connaissance qui s'étaient mises aux croisées pour les voir passer ; ils refusèrent de se laisser bander les yeux et de se mettre à genoux. César commanda le feu. Tous deux tombèrent sous les balles, et une même mort réunit ceux qu'aucune circonstance n'avait séparés.

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Source[modifier | modifier le code]

« Frères Faucher », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]

Le texte se trouve également dans l'ouvrage plus ancien de Philippe Le Bas, France Dictionnaire Encyclopédique, publié en 1842[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]