Fontaine de Trevi

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Fontaine de Trevi
Fontana di Trevi
Présentation
Type
Style
style baroque
Architecte
Matériau
travertin de Rome (d) et marbre de CarrareVoir et modifier les données sur Wikidata
Construction
1732-1762
Hauteur
26,3 m
26 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Largeur
48 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Piazza di Trevi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Emplacement
Coordonnées
Carte
Le dieu Océan jaillit de la niche centrale, sur un char tiré par deux chevaux marins et deux tritons-cascades.

La fontaine de Trevi (fontana di Trevi) est la plus grande et une des plus célèbres fontaines de Rome. Réalisée entre 1732 et 1762, elle est située dans le rione de Trevi, sur la Piazza di Trevi, et est adossée au palazzo Poli.

La fontaine de Trevi est un exemple de la perpétuation du style baroque dans la Rome du XVIIIe siècle, par son mélange des effets (elle joue à la fois sur l'architecture, la sculpture et le son), sa monumentalité (elle est structurée par quatre colonnes d'ordre colossal) et sa référence à la fontaine des Quatre-Fleuves de la piazza Navona par Le Bernin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce monument a été conçu à la demande du pape Clément XII qui organise en 1730 un concours pour célébrer, avec une fontaine, l'aqueduc de l'Aqua Virgo construit en Une fontaine plus modeste marquait en effet l'arrivée de cet aqueduc mais le pape souhaite un ouvrage monumental. Le pape choisit le projet de Nicola Salvi, pour son côté pittoresque et harmonieux mais aussi en raison de son faible coût initial, 17 646 écus romains récoltés par le Vatican lors de la troisième extraction du jeu de Loto en mai 1732[1]. Réalisée sur la Piazza di Trevi, à l'époque trois voies (en italien Tre Vie) convergent vers cette place, d'où le nom de Trevi. À la mort de Salvi en 1751, le projet est poursuivi par l'architecte Giovanni Paolo Panini qui achève la fontaine en 1762. Elle est inaugurée le 22 mai 1762[2].

La fontaine fait l'objet d'une restauration en 1998 afin de moderniser son système hydraulique.

En 2009, le luminographe Gaspare Di Caro réalise la mise en lumière de la statue d'Oceanus.

En 2014, l'entreprise italienne Fendi entreprend sa restauration[3] sans avoir besoin de masquer complètement le monument au public. Néanmoins, la fontaine est vide et les visiteurs ne peuvent pas facilement voir la fontaine ni s'en approcher. Elle fut rouverte au public le [4].

Le , l'Aide à l'Église en détresse organisa une soirée d'hommage pour les martyrs, marquée par l'illumination de la fontaine en rouge, en présence de l'évêque chaldéen d'Alep, Mgr Antoine Audo[5].

Description[modifier | modifier le code]

La composition de cet ensemble monumental est dominée dans la partie inférieure par une falaise rocheuse de travertin sculptée aussi d'animaux et de plantes, au milieu de divers courants d'eau. Au centre, une grande niche encadrée de colonnes, avec un plafond à caissons, abrite le dieu Oceanus (sculpture de Pietro Bracci) qui conduit un char en forme de coquillage tiré par deux chevaux marins ailés (l'un des chevaux est paisible tandis que l'autre semble agité, afin de symboliser les deux aspects que peut nous offrir la mer), eux-mêmes précédés par des tritons[6]. La grande niche centrale est encadrée par deux niches latérales plus petites occupées par deux sculptures en marbre de Filippo della Valle, un sculpteur florentin : à droite, la statue de la Salubrité, et à gauche celle de la Prospérité, allusion aux effets d'une eau pure. Ces deux rondes-bosses sont elles-mêmes surmontées de deux panneaux en bas-relief représentant à gauche, le général et homme politique romain Agrippa commandant la construction de l’aqueduc de l'Aqua Virgo qui alimente la fontaine (par Andrea Bergondi) et à droite, la jeune fille découvrant la source alimentant la fontaine (par Giovanni Battista Grossi). Les quatre grandes colonnes corinthiennes supportent un entablement et un attique[7] orné d'un panneau sur lequel est gravée la grande inscription inaugurale[8] et qui est ornée de quatre petites statues allégoriques (de gauche à droite, l'« abondance de fruits », la « fertilité des champs », la « Richesse d'automne » et l'« Aménagement des jardins »). L'ensemble est couronné par une balustrade et par le blason des armes du pape Clément XII soutenu par deux angelots.

La fontaine est alimentée en eau par l'aqueduc de l'Aqua Virgo, construit en 19 av. J.-C. par Marcus Vipsanius Agrippa. Ce canal de 20 km de long alimenta en eau durant tout le Moyen Âge, le secteur du Champ de Mars (une partie est visible dans la zone archéologique souterraine[9]).

Coutume[modifier | modifier le code]

La fontaine de Trevi est l'un des monuments de Rome les plus fréquentés par les touristes.

Il est de coutume de jeter une pièce de monnaie par le bras droit en tournant le dos à la fontaine avant de quitter « la ville éternelle », une superstition associée à la fontaine étant que celui qui fait ce geste est assuré de revenir dans la capitale italienne afin de retrouver cette pièce[10].

Cet argent attirait alors la convoitise aussi bien des enfants du quartier qui prenaient les pièces à l'aide d'un aimant attaché au bout d'une ficelle, que de personnes qui en tiraient un moyen de subsistance. Depuis quelques années cette pratique est interdite, et la monnaie de la fontaine est désormais collectée par les autorités et reversée à l'association caritative catholique Caritas, pour un montant de près d'un million d'euros par an, soit près de 14 000 euros par semaine ou 2 000 euros par jour pour un poids d'environ 500 kg[11],[12],[13]. Chaque matin, avant l'arrivée des touristes, la circulation de l'eau est coupée. La fontaine est nettoyée à la brosse et les pièces sont rassemblées en un long serpent, à l'aide de longues perches, et récoltées par aspiration, sous la surveillance de la police.

La coutume s'est depuis répandue, certains touristes ayant désormais l'habitude de jeter des pièces dans les fontaines ou bassins du monde entier, parfois même sans donner de signification précise à leur geste.

La fontaine au cinéma[modifier | modifier le code]

Image tirée de La dolce vita (1960) de Federico Fellini illustrant Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la fontaine de Trevi.

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 1973, la Poste italienne a émis un timbre de 25 lires en l'honneur de la fontaine de Trevi.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luigi Rapagina et Massimiliano Matarazzo, La Fontaine de Trevi. Guide touristique, Edizioni Polìmata, , p. 17.
  2. (en) Hanns Gross, Rome in the Age of Enlightenment, Cambridge University Press, , p. 29.
  3. Est républicain le 29/01/2013 : https://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/01/29/la-fontaine-de-trevi-s-offre-un-lifting-signe-fendi.
  4. (it) « Il 3 novembre riapre la Fontana di Trevi »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur beniculturali.it, .
  5. « La fontaine de Trévi à Rome, rouge du sang des martyrs chrétiens », sur Aleteia, (consulté le )
  6. Philip Pullella, « Rome Trevi Fountain, symbol of Dolce Vita, to get big facelift », Reuters,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. « Trevi Fountain: Overall view of fountain with the facade of Palazzo Poli » [archive du ], sur CurateND, Université de Notre-Dame-du-Lac, (consulté le )
  8. L'inscription en latin rappelle que la fontaine, commande du pape Clément XII, est élevée en 1735 :
    CLEMENS XII PONT MAX
    AQVAM virginem
    COPIE ET SALVBRITATE COMMENDATAM
    CVLTV MAGNIFIQUE ORNAVIT
    Anno Domini MDCCXXXV pontife VI
    .
  9. Vicus Caprarius - la Ville de l'Eau.
  10. a b et c Éric Neuhoff, « Fontaine de Trevi, histoire d'eau »], Le Figaro, lundi , p. 20.
  11. « Ils volent les pièces dans la Fontaine de Trevi », Slate, 28 avril 2011 (consulté le 19 avril 2014).
  12. Lonely Planet, Italie : Rome et le Latium, Place des Éditeurs, , 198 p. (ISBN 978-2-8161-3015-7, lire en ligne), p. 35.
  13. « Les pièces de la fontaine de Trevi : le million de la solidarité », Culturebox,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. AlloCine, « La Fontaine aux amours » (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luigi Rapagina et Massimiliano Matarazzo, La Fontaine de Trevi. Guide touristique, Edizioni Polìmata, , 50 p. (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]