Figurines de Lewis

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Les figurines de Lewis
haut : roi, reine, évêque
milieu : chevalier, tour, pion
bas : détail de la reine.

Les figurines de Lewis (ou figurines de Uig) constituent un ensemble de figurines représentant des pièces du jeu d'échecs datant du XIIe siècle, découvertes en 1831 dans la baie de Uig, sur l'île de Lewis, une des îles Hébrides en Écosse.

Description[modifier | modifier le code]

Presque toutes les pièces de la collection (93 au total, dont 78 pièces de jeu d'échec) sont gravées dans de l'ivoire de morse, et quelques-unes sont faites à partir de dents de baleine.

L'ensemble comprend huit rois, huit dames, seize fous (représentés en évêques, car le mot anglais pour cette pièce du jeu est bishop, qui signifie évêque), quinze cavaliers, douze tours, et dix-neuf pions. Toutes les pièces sont des sculptures à figure humaine, sauf les pions (qui sont plus petites et simples et ressemblent à des pierres tombales gravées). Les cavaliers sont présentés montés (sur des chevaux plutôt réduits) portant des lances et boucliers, et toutes les figures humaines ont des expressions contrites (sauf quatre tours, qui sont présentées sous forme de berserkers, au regard fou et mordant leur bouclier dans une rage de bataille).

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon James Robinson, du British Museum, ces pièces auraient pu être fabriquées à Trondheim, en Norvège, au XIIe siècle, ou bien dans un autre pays nordique. À cette époque, les Hébrides, ainsi que d'autres groupes d'îles écossaises, étaient sous la domination de la Norvège, mais d'autres historiens[Qui ?] pensent que les figurines de Lewis auraient été cachées (ou perdues) après un problème pendant leur transport de la Norvège aux colonies norvégiennes riches de la côte est de l'Irlande.

Les pièces ont été trouvées en 1831 sur une bande de sable au bout de la baie de Uig, sur la côte ouest de l'île de Lewis. Il n'existe aucun rapport contemporain décrivant leur découverte, mais il est connu qu'elles ont été trouvées dans une petite chambre en pierres sèches, une vingtaine de centimètres sous le niveau du sol.

Elles ont été présentées par Roderick Ririe à une rencontre de la Society of Antiquaries of Scotland, le 11 avril 1831[2]. Les pièces d'échec ont ensuite été séparées. Dix furent achetées par Kirkpatrick Sharpe et les autres (soixante-sept pièces et quatorze pions) ont été achetées pour le British Museum.

Charles Kirkpatrick Sharpe (en) a ensuite trouvé[Comment ?] une autre pièce de Lewis ce qui a monté sa collection à onze, qui ont été ensuite vendues à Lord Londesborough. Elles ont été à nouveau cédées en 1888, mais cette fois à la Society of Antiquaries of Scotland, qui en a fait don au musée royal d'Écosse d'Édimbourg.

Les pièces appartenant au British Museum y sont exposées dans la salle 42 avec le code d'exposition M&ME 1831,11-1.

Des cinq pièces disparues (un cavalier et quatre gardiens) depuis la découverte, un gardien a été retrouvé en 2018 dans la famille d'un antiquaire qui l'avait acheté en 1964[3].

Les figurines de Lewis dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le style unique de la cache de Lewis a inspiré la série d'animation en anglais Noggin the Nog.

En 2001, le film Harry Potter à l'école des sorciers présente un jeu d'échecs sorcier auquel Harry et Ron jouent, présentant une reine rouge du jeu de Lewis.

Les figurines de Lewis apparaissent dans le roman Le Braconnier du lac perdu de Peter May (titre original : The Chessmen, soit « les pièces d'échecs » en anglais). L'un des personnages du roman en sculpte des reproductions, destinées à être utilisées pour une animation touristique.

Certaines figurines, les pions, les chevaliers, les fantassins et les rois, sont également représentées dans une partie d'échecs entre deux rois, dans la cinématique d'introduction du jeu Age of Empires II: The Age of Kings.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Caldwell, Hall et Wilkinson 2009, p. 156-162.
  2. Murray 1913, p. 759.
  3. (en) Mark Brown, « Lewis chessmen piece bought for £5 in 1964 could sell for £1m », The Guardian,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David H Caldwell, Mark A. Hall et Caroline M. Wilkinson, « The Lewis Hoard of Gaming Pieces: A Re-examination of their Context, Meanings, Discovery and Manufacture », Medieval Archaeology, vol. 53, no 1,‎ (DOI 10.1179/007660909X12457506806243).
  • (en) Frederic Madden, « Historical remarks on the introduction of chess into Europe, and on the ancient chessmen discovered in the Isle of Lewis », Archaeologia, vol. 24,‎ (lire en ligne).
  • (en) H. J. R. Murray, A History of Chess, Oxford University Press, (lire en ligne).
  • N. Stratford, The Lewis chessmen and the enigma of the hoard (The British Museum Press, 1997)
  • (en) Jim Tate, I. Reiche, F. Pinzari, J. Clark et D. Caldwell, « History and Surface Condition of the Lewis Chessmen in the Collection of the National Museums Scotland (Hebrides, late 12th-early 13th centuries) », ArcheoSciences, no 35,‎ (DOI 10.4000/archeosciences.3342).
  • Michael Taylor, The Lewis Chessmen (British Museum Publications Limited)
  • (en) Daniel Wilson, The archaeology and prehistoric annals of Scotland, Sutherland & Knox, (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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