Échiquier de Charlemagne

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Échiquier de Charlemagne
Image dans Infobox.
Le roi, pièce de l'échiquier de Charlemagne.

L'échiquier de Charlemagne est un ensemble de pièces d'échecs en ivoire datant de la fin du XIe siècle. Conservées initialement dans le trésor de Saint-Denis, les pièces restantes sont actuellement exposées au Cabinet des médailles, à Paris, en France.

Description[modifier | modifier le code]

Les pièces du jeu sont taillées dans des blocs d'ivoire, rehaussées d'or et comportant des traces de peinture rouge. Elles ne sont pas destinées à être manipulées : les pièces mesurent jusqu'à plus de 15 cm et les rois pèsent près d'1 kg. L'échiquier de Charlemagne est essentiellement un jeu d'apparat.

Seules seize pièces sont conservées (un jeu d'échecs complet comporte trente-deux pièces, dont seize pions) :

Historique[modifier | modifier le code]

Ce jeu d'échecs tire son nom de la légende selon laquelle il fait partie d'une série de cadeaux faits à Charlemagne par Haroun ar-Rachid, calife de Bagdad[1]. Néanmoins, ces pièces lui sont postérieures de trois siècles[2]. Elles sont réalisées entre 1080 et 1100, probablement en Italie du Sud dans les environs de Salerne. Leur équipement de type normand ainsi que la présence d'éléphants parmi elles correspondent bien avec cette datation (puisque cette époque correspond à la conquête de l'Italie du Sud par les Normands) et cette localisation à la confluence des aires culturelles normandes et arabes [3]. Leur commanditaire est inconnu.

L'échiquier est entreposé dans le trésor de Saint-Denis. En 1598, trente pièces furent inventoriées [3]. En 1793, après la confiscation des biens du clergé, les seize pièces restantes sont entreposées au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Actuellement, elles sont exposées au musée du département des Monnaies, Médailles et Antiques, situé rue de Richelieu à Paris.

Galerie[modifier | modifier le code]


Annexes[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Pastoureau, L'échiquier de Charlemagne : Un jeu pour ne pas jouer, Paris, Adam Biro, , 63 p. (ISBN 2-87660-070-6)
  • Jean-Michel Mehl, « Michel Pastoureau. — L'échiquier de Charlemagne : un jeu pour ne pas jouer, 1990 », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 36, no 144,‎ , p. 423-424 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mehl 1993, p. 423.
  2. « Le jeu d'échecs dit « de Charlemagne » », sur Classes, site pédagogique de la BnF (consulté le ).
  3. a et b Jean-Louis Cazaux, « The so-called Charlemagne Chessmen », sur http://history.chess.free.fr, (consulté le )