Ferula

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Férule

Ferula, en français Férule, est un genre de plantes à fleurs de la famille des Apiaceae. Ce genre eurasiatique est le troisième de la famille en taille, avec près de 200 espèces. Il est réparti des îles Canaries à l'Ouest jusqu'à la Chine occidentale et l'Inde du nord, en passant par le bassin méditerranéen, le Moyen-Orient et l'Asie centrale. Ce sont des plantes herbacées caractérisées par leurs fleurs jaunes disposées en ombelles. Les gommes-résines de plusieurs espèces de Férules sont connues depuis l'Antiquité et utilisées principalement pour leurs propriétés médicinales. Au XXIe siècle, les composés phytochimiques identifiés dans ces plantes, et particulièrement dans leurs huiles essentielles, font l'objet de nombreuses recherches.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Avec de nombreuses espèces, une large distribution et une morphologie mal comprise, le genre incarne tous les cauchemars d'un taxonomiste. Sa dernière révision complète a été effectuée en 1947 par le botaniste soviétique Evgueni Korovine[2] et comprend de nombreuses incohérences avec les découvertes faites ultérieurement et avec les analyses moléculaires[3].

Le genre est officiellement décrit par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1753, à partir des travaux du botaniste français Joseph Pitton de Tournefort[4]. Linné y place alors les espèces Ferula assa-foetida, Ferula canadensis, Ferula communis, Ferula ferulago, Ferula glauca, Ferula meoides, Ferula nodiflora, Ferula orientalis et Ferula tingitana.

Selon Plants of the World online (POWO) (3 avril 2021)[4], les genres suivants sont inclus dans le genre Ferula et sont donc synonymes :

Description[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Ce sont des herbacées vivaces, monocarpiques ou polycarpiques, ayant souvent une odeur d'oignon. Leur racine est pivotante, souvent ligneuse. La tige porte des ramifications alternes, opposées ou verticillées, la base souvent recouverte de gaines résiduelles fibreuses. Les feuilles sont pétiolées, à base engainante, généralement large ; le limbe foliaire est divisé en deux ou quatre pennes. Les feuilles caulinaires sont réduites vers le haut[5].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les inflorescences sont souvent polygames, en ombelles, les terminales composées, les latérales à la fois composées et simples. Les fleurs sont bisexuées ou staminées ; les bractées sont généralement absentes, les bractéoles présentes ou absentes. Les dents du calice sont obsolètes ou minuscules, triangulaires (sauf pour Ferula kingdon-wardii). Les pétales sont jaunes ou jaune pâle, rarement jaune verdâtre, ovales ou lancéolés-oblongs, l'apex acuminé, infléchi. Le stylopode est conique, la base parfois dilatée, lobée. Le fruit est ellipsoïde ou ovale-globuleux, fortement comprimé dorsalement, glabre (rarement légèrement pubescent) ; ses côtes dorsales sont filiformes, généralement proéminentes, les côtes latérales sont ailées, à ailes étroites ou larges ; il y a une à quatre vittae dans chaque sillon, deux à douze sur la commissure. La face de la graine est plane ou légèrement concave. Le carpophore a deux branches à la base[5].


Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon Plants of the World online (POWO) (3 avril 2021)[4] :

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Sur les 213 espèces connues[4], seules sept espèces ont été évaluées par l’Union internationale pour la conservation de la nature et inscrites sur la liste rouge de l'UICN[6] :

Usages[modifier | modifier le code]

Gommes-résines[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces de Ferula sont connues depuis l'Antiquité comme sources de gommes-résines aromatiques et utilisées en médecine traditionnelle. Les plus célèbres sont l'ase fétide, le galbanum, le sagapénum, la gomme ammoniaque et le sumbul. Chacun de ces produits peut être obtenu de plusieurs espèces, et la taxonomie exacte de leurs sources botaniques reste débattue et en évolution constante[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ru) Evgueni Korovine, Иллюстрированная монография рода Ferula (Tourn.) L. [« Monographie illustrée du genre Ferula (Tourn.) L. »], Tachkent, Académie des sciences de la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan,‎ , 126 p. (lire en ligne).
  • (en) Renata Kurzyna-Młynik, Alexei A. Oskolski, Stephen R. Downie, Rafał Kopacz, Aneta Wojewódzka et Krzysztof Spalik, « Phylogenetic position of the genus Ferula (Apiaceae) and its placement in tribe Scandiceae as inferred from nrDNA ITS sequence variation », Plant Systematics and Evolution, vol. 274, nos 1-2,‎ , p. 47–66 (ISSN 0378-2697 et 1615-6110, DOI 10.1007/s00606-008-0022-2, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Ubaid Yaqoob et Irshad Ahmad Nawchoo, « Distribution and Taxonomy of Ferula L. : A Review », Research &Reviews: Journal of Botany, vol. 5,‎ , p. 15-23 (ISSN 2278-2222, lire en ligne [PDF], consulté le ).
  • (en) Mehrnoush Panahi, Łukasz Banasiak, Marcin Piwczyński, Radosław Puchałka et al., « Taxonomy of the traditional medicinal plant genus Ferula (Apiaceae) is confounded by incongruence between nuclear rDNA and plastid DNA », Botanical Journal of the Linnean Society, vol. 188, no 2,‎ , p. 173–189 (ISSN 0024-4074 et 1095-8339, DOI 10.1093/botlinnean/boy055, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Majid Mohammadhosseini, Alessandro Venditti, Satyajit D. Sarker, Lutfun Nahar et Abolfazl Akbarzadeh, « The genus Ferula: Ethnobotany, phytochemistry and bioactivities – A review », Industrial Crops and Products, vol. 129,‎ , p. 350–394 (DOI 10.1016/j.indcrop.2018.12.012, lire en ligne, consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]