Elizabeth Holmes

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Elizabeth Holmes
Description de cette image, également commentée ci-après
Elizabeth Holmes en 2014.
Nom de naissance Elizabeth Anne Holmes
Naissance (34 ans)
Washington D. C., États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis américaine
Profession
Chimiste
Chef d'entreprise dans le domaine des technologies pour la santé
Activité principale
Fondatrice et PDG de la société Theranos
Formation

Elizabeth Holmes (née le à Washington) est une dirigeante d'entreprise américaine, fondatrice de Theranos, une société spécialisée dans les services médicaux. Elle est accusée de fraudes sur les preuves des technologies mises en œuvre par cette entreprise, et sur les résultats financiers de cette société.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Noel Anne et Christian Holmes IV, qui fit carrière à l'Agence des États-Unis pour le développement international et la sœur de Christian Holmes V. L'un de ses ancêtres est le fondateur de Fleischmann's Yeast[1]. Son arrière-arrière-grand-père, Christian R. Holmes, d'origine danoise, fut directeur de l'université de Cincinnati[2]. Son père rejoint Tenneco et voyage en Chine, ce qui l'amène à apprendre le mandarin[3].

En 2002, elle entre à l'université Stanford pour étudier la chimie. Dès la première année, elle est major de sa promotion et reçoit une bourse de 3 000 $ pour un projet de recherche. Elle fait un stage au Genome Institute de Singapour où elle travaille sur la détection du coronavirus du SRAS dans le sang[4].

En 2003, elle dépose un brevet pour un appareil de suivi et de dosage de médicament intégré dans un téléphone portable. Elle abandonne ses études et crée la société Theranos. Sa méthode d'analyse sanguine entièrement automatisée est rapide et peu coûteuse, permettant de réaliser plus de 1 000 analyses en quelques heures à partir d'une goutte de sang[5].

Theranos établit un partenariat avec la chaîne de pharmacies Walgreens Co. permettant d'effectuer un test sanguin en pharmacie[6].

Controverse et poursuites[modifier | modifier le code]

En octobre 2015, un article d'investigation de John Carreyrou paru dans le Wall Street Journal affirme que Theranos avait probablement exagéré la qualité et la fiabilité de sa technologie[7]. Depuis, plusieurs experts médicaux ainsi que l'administration américaine ont exprimé leur scepticisme à propos de la technologie de Theranos, notant que celle-ci n'a jamais été évaluée par des experts indépendants, et que Theranos n'a en outre jamais apporté de preuves que sa technologie est fiable et précise. De plus, des inspections dans les locaux de Theranos avaient révélé des problèmes majeurs dans la gestion de ses laboratoires[8]. En réalité, Theranos sous-traitait ses résultats à des laboratoires traditionnels tout en vantant sa technologie innovante ; Elizabeth Holmes falsifiait ensuite des documents pour cacher l'arnaque[9].

Depuis le début de la controverse, plusieurs institutions médicales et entreprises pharmaceutiques ont stoppé leurs relations avec Theranos. L'entreprise et sa dirigeante sont menacées par le Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS), autorité fédérale américaine de contrôle des laboratoires de biologie médicale, de perdre l'autorisation d'opérer des analyses sanguines[10]. De fait, en juillet 2016, le CMS notifie Theranos sa décision d'interdire à Elizabeth Holmes toute activité dans le domaine de l'analyse sanguine pour une période de deux ans[11],[12].

Plusieurs experts et média ont exprimé publiquement leurs doutes quant à la valeur financière de l'entreprise, estimée hautement fantaisiste, et estimé que l'entreprise aurait été construite sur une fable[13],[14].

En octobre 2016, dans une lettre ouverte, Elizabeth Holmes indique que l'entreprise va fermer ses laboratoires et licencier 340 salariés [15],[16]

En mars 2018, elle conclut une transaction amiable avec la Securities and Exchange Commission : en échange de l'abandon d'une partie des poursuites engagées contre elle, elle paye une pénalité de 500 000 $ et cède une partie du capital de son entreprise, de manière à abandonner sa majorité de contrôle. Elle s'engage aussi à ne diriger aucun groupe coté en Bourse jusqu'en 2028. Elle reste toutefois poursuivie pour fraude par le département américain de la justice[17].

Fortune[modifier | modifier le code]

En 2015, le magazine Forbes, la classait à la 121e place de son classement « Forbes 400 » et plus jeune milliardaire à ne pas avoir hérité sa fortune (4,5 milliards de dollars)[18]. Le , Forbes estime que Theranos ne vaut plus que 900 millions de dollars[19]. Holmes possède 50 % des actions standards de l'entreprise, les autres investisseurs possédant des actions de priorité ; en cas de vente des actifs, ces derniers seraient donc indemnisés en priorité, laissant peu de dividendes à se partager entre les actionnaires standards[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Roger Parloff, « This CEO is out for blood », Fortune Magazine, (consulté le 30 juillet 2016)
  2. (en) Caitlin Roper, « This Woman Invented a Way to Run 30 Lab Tests on Only One Drop of Blood », Wired, (consulté le 30 juillet 2016)
  3. (en) Ron Leuty, « Theranos: The biggest biotech you’ve never heard of », San Francisco Business Times, (consulté le 30 juillet 2016)
  4. Anthony Verdot-Belaval, « Elizabeth Holmes, la plus jeune milliardaire de la planète », sur parismatch.com, (consulté le 8 mars 2015)
  5. « Une femme milliardaire non héritière, Elizabeth Holmes », sur contrepoints.org, (consulté le 8 mars 2015)
  6. « Cette femme est devenue milliardaire grâce à... une prise de sang », sur journaldunet.com, (consulté le 8 mars 2015)
  7. (en) John Carreyrou, « Hot Startup Theranos Has Struggled With Its Blood-Test Technology », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne)
  8. (en) Ken Alltucker, « Arizona inspectors find Theranos lab issues », sur usatoday.com (consulté le 4 mai 2016)
  9. Jean-Louis Tremblais, « Elizabeth Holmes, sang pour sans arnaqueuse », Le Figaro Magazine, semaine du 23 mars 2018, pp. 20-21.
  10. (en) John Carreyrou et Christopher Weaver, « Regulators Propose Banning Theranos Founder Elizabeth Holmes for at Least Two Years », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne)
  11. (en) John Carreyrou, Michael Siconolfi et Christopher Weaver, « Theranos Dealt Sharp Blow as Elizabeth Holmes Is Banned From Operating Labs », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  12. « Deux ans d'interdiction d'exercer pour Elizabeth Holmes, patronne de Theranos », Les Échos,
  13. (en) « The fable of the unicorn », The Economist,‎ (ISSN 0013-0613, lire en ligne)
  14. (en) Nick Stockton, « Everything You Need to Know About the Theranos Saga So Far », Wired (consulté le 30 juillet 2016)
  15. « An Open Letter From Elizabeth Holmes », sur Theranos Newsroom, (consulté le 7 octobre 2016)
  16. Reed Abelson, « Theranos to Close Labs and Lay Off 340 Workers », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  17. http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/03/17/tests-sanguins-la-trop-belle-histoire-de-la-start-up-theranos_5272487_3234.html#Y2rJQGgGXkEyCvuT.99
  18. (en) « Elizabeth Holmes », Forbes (consulté le 31 mai 2016)
  19. (en) Oliver Staley, « Forbes just cut its estimate of Theranos CEO Elizabeth Holmes’s net worth from $4.5 billion to zero », Quartz,
  20. Alexandre Delaigue, « Comment perdre 4,5 milliards de dollars », FranceTVInfos, (consulté le 30 juillet 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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