14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien

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14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien
Image illustrative de l'article 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien
Insigne de la 14e Waffen Grenadier Division der SS Galizien

Création 28 avril 1943
Dissolution 1945
Pays Ukraine
Allégeance Flag of the German Reich (1935–1945).svg Allemagne
Branche Schutzstaffel SS.svg Waffen-SS
Type Division Waffen SS
Guerres Seconde Guerre mondiale
Décorations Croix de Fer

La 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien, abrégé en français par « Division SS Galicie » (en ukrainien : 14-А Гренадерська Дивiзiя СС "Галичина"), est une unité ukrainienne de la Waffen-SS.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Création : 28 avril 1943
  • Effectifs maximaux : 27 000 hommes (corps ukrainiens sous commandement allemand)
  • Insigne : le lion de Galicie et plus tard le Trident, lors du transfert à l'UNA (Avril 1945)
  • Croix de Fer obtenues : 1

La création de la Galizien[modifier | modifier le code]

Mettre en place une division composée de grenadiers ukrainiens est une décision prise durant l'hiver 1942. L'URSS démontre sa capacité de résilience à Stalingrad. Les autorités allemandes se doivent de recruter massivement au sein des pays occupés pour combler les pertes.

Le Docteur Otto von Wächster, le responsable de la région, ne rencontre au départ pas de soutien fort de la part de sa hiérarchie, les SS ne jugent pas digne d'armer des Slaves. Cependant Himmler fini par donner son aval en créant de sérieuses entorses aux critères de sélection raciale.

Zone de recrutement[modifier | modifier le code]

Parade de volontaires ukrainiens rue Kosciuszki à Sanok, mai 1943.

La zone privilégiée pour le recrutement est l'ancienne Galicie austro-Hongroise, dont les populations sont jugés plus facilement aryanisables. La campagne de recrutement est menée durant l'hiver 1942-1943 et rencontre un immense succès. 80 000 Ukrainiens se portent volontaires[1]. Dans un premier temps, 13 000 soldats sont recrutés; puis, rapidement, les effectifs de la division sont portés à 22 000 hommes[1].

Raisons de cette adhésion[modifier | modifier le code]

Une adhésion aussi massive peut s'expliquer par la forte conscience nationale développée alors par les Ukrainiens. Une bonne partie des volontaires fait partie de l'UPA, le mouvement d’insurrection ukrainien qui lutte depuis longtemps contre les Soviétiques. Ils ont le souvenir des années noires de l'Holodomor ordonnée [réf. nécessaire] par Staline. Plus de 5 millions d'Ukrainiens sont morts de faim de 1931 à 1933 et ce peuple garde un profond ressenti contre leur ancien oppresseur. Les Ukrainiens redoutent plus que tout le retour des Russes et se jettent à corps perdu dans les bras du “moins pire” des deux envahisseurs. Il s'agit dès lors d'un engagement nationaliste qui, comme dans le cas des Estoniens et des Lettons, compte obtenir l'indépendance par le sang. Une partie des volontaires choisissent la lutte armée au côté du Reich pour échapper au service du travail obligatoire. Le volontariat n'est pourtant pas si important car on recense 13 000 recrutés d'office et une partie des “volontaires” se sont vu forcer la main par la signature d'un formulaire spécifiant qu'ils sont bien volontaires. L'engagement au côté de la Wehrmacht est donc momentané et non une adhésion au nazisme.

Les Allemands font un effort en permettant aux Ukrainiens de pouvoir intégrer des prêtres catholiques et orthodoxes, sans encadrement nazi. L'autre concession est que l'unité ne se battra que pour combattre les bolcheviques. Autrement dit ils ne seront pas envoyés à l'Ouest comme les autres volontaires de l'Est comme les Russes et les volontaires caucasiens. Les Ukrainiens sont versés dans la Waffen-SS. La création de l'unité est entérinée le , peu de temps après la victoire de Kharkov sur l'armée rouge.

Entraînement[modifier | modifier le code]

L’entraînement de base est achevé en septembre 1943.

Constituée et entraînée, la division est nommée SS Freiwiligen Division « Galizien », du nom de l'appellation de la partie occidentale de l'Ukraine, le nom Ukraine étant été rejeté.

L’unité suit un entraînement complémentaire à Dembitz, dans le gouvernement général. Le l'unité est rebaptisée 14.Galizische SS-Freiwilligen-Infanterie-Division. La division est perçue comme prometteuse et montre une réelle volonté certaine de se battre, en effet, déployée en Russie, les hommes qui la composent sont des traîtres aux yeux des Soviétiques, et, de ce fait, connaissent leur sort en cas de capture par les unités soviétiques[2].

Malgré cela, à la fin de l'année 1943, une partie de son équipement est versé à d'autres unités de la Waffen SS.

Encadrement[modifier | modifier le code]

La direction de cette unité est confiée au SS Brigadeführer Fritz Freitag. Homme proche de ses hommes, il est très apprécié de la troupe.

L'encadrement est essentiellement allemand et la troupe est composée de Volksdeutsche ukrainiens et d'Ukrainiens. Parmi tous les officiers et sous-officiers, seuls 30 % sont d'origine ukrainienne et ces hommes n'occupent généralement que des postes subalternes. Une partie importante de cet encadrement a d'abord appartenu aux Einsatzgruppen, avant de rejoindre les rangs de la division[3].

La majorité d'entre eux proviennent de la partie occidentale de l'Ukraine, en particulier de Lemberg et de Tarnopol.

Terrains d'opérations[modifier | modifier le code]

En Pologne contre les partisans[modifier | modifier le code]

Le premier engagement a lieu à la mi-février 1944. Le Kampfgruppe « Beyersdorff » est mis sur pied et envoyé à Zamość dans le sud-est de la Pologne contre des partisans polonais.

Face aux Soviétiques[modifier | modifier le code]

La préparation de la division est achevé au début de l'été 1944 et est rattachée à l'Heeresgruppe Süd au sein de la 1.Panzer Armee. Le , l'Armée rouge déclenche sa grande offensive d'été, l'opération Bagration. L'action principale a lieu au centre, vers la Biélorussie et le Heeresgruppe Mitte.

L'offensive balaie les troupes allemandes incapable de résister aux multiples opérations soviétiques qui se succèdent sur toute la longueur du front. Incorporée au IIIe corps Panzer, la divisions participent aux combats en Ukraine occidentale et dans les Carpathes[4].

Les Ukrainiens sont envoyés dans le secteur sud de l'offensive, vers la ville de Brody. Les Soviétiques qui se préparent à attaquer la ville supposent que la division ukrainienne est le point faible du dispositif allemand. Cependant, cette appréciation reste erronée : en effet, à partir du 19 juillet elle défend contre vent et marée leurs positions, contre attaquant vigoureusement, reprenant plusieurs fois le village de Pidhirtsy et parvient à bloquer une attaque de blindés russes du côté d’Olesko. Après d’âpres combats, la division Galizien, saignée à blanc, ne possède plus que 3 000 hommes capables de se battre, et doit reculer.

Les Allemands font preuve d'une grande admiration pour les Ukrainiens, en particulier leur Brigadeführer Freitag qui désormais s'oppose à toute différence de traitement entre Ukrainiens et Allemands. Selon lui « ses sous officiers et hommes […] qui se sont battus dans les journées difficiles de Brody, où ils ont gardé la tête froide et l'esprit combatif, comme il sied à des soldats, créant ainsi la tradition de la 1re division ukrainienne ».

Slovaquie et Slovénie[modifier | modifier le code]

Après la bataille, les 3 000 survivants sont stationnés dans la région de Neuhammer, dans le Reich, pour reconstitution. Au début d'octobre 1944, la division est envoyée en Slovaquie, afin de sécuriser la ligne de chemins de fer autour de Žilina. Au côté de la garde locale, (Hlinkova garda), deux groupes de combat (appelés Kampfgruppen Wildener et Kampfguppen Wittenmeyer), formés à partir des premières unités de la division arrivées sur place, engagent les combats contre les partisans slovaques, réfugiés dans les montagnes après l'échec du soulèvement du [5].

À la fin de janvier 1945, elle est déployée en Slovénie pour combattre les partisans de Tito. Elle est rebaptisée 14.Waffen Grenadier Division der SS (ukrain. Nr.1) le . À partir du 1er avril les Russes lancent leur offensive contre l'Autriche. Elle tente de les stopper à Graz et à Feldbach où un millier d'hommes sont mis hors de combat. Elle est rattachée à la Ukrainischen National-Armee (armée nationale ukrainienne) où elle fait figure de première division.

Reddition[modifier | modifier le code]

La capitulation surprend les restes de l'unité dans les villes de Tamsweg et Judenburg en Allemagne. Les survivants parviennent à se rendre aux Américains dans ces villes et aux Anglais à Radstadt le .

Composition[modifier | modifier le code]

La division est composée avec des volontaires ukrainiens provenant de toutes les régions d'Ukraine (Galicie, Ruthénie, Volhynie, Transcarpatie, région de Kiev); cependant la majorité d'entre eux est originaires des régions occidentales de l'Ukraine et de Galicie.

Dr. Malinovki, administrateur Ukrainien de la division à Sanok

Commandants[modifier | modifier le code]

Dr. Hofscheller entrant dans l'Église Greco-cattholique ukrainienne à Sanok

Ukrainiens de la division[modifier | modifier le code]

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 29 (galizisches Nr. 1)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 30 (galizisches Nr. 2)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 31 (galizisches Nr. 3)
  • Waffen-Artillerie-Regiment der SS 14
  • Waffen-Füsilier-Battalion 14
  • SS-Freiwiligen-Flak-Ableitung 14
  • Waffen-Nachrichten-Ableitung der SS 14
  • SS-Radfahr-Battalion 14
  • Waffen-Pionier-Battalion der SS 14
  • Waffen-Panzerjager-Kompanie 14
  • SS-Sanitäts-Ableitung 14
  • SS-Veterinär-Kompanie 14
  • SS-Division-Nachschubtruppen 14
  • SS-Wirtschafts-Battalion 14
  • SS-Versorgungs-Kompanie 14
  • SS-Feldpostamt 14
  • SS-Kriegsberichten 14
  • SS-Feldersatz-Battalion 14

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Dislocation de la division[modifier | modifier le code]

Après la défaite de Brody, de nombreux combattants continuent à lutter contre l'Armée rouge au sein de l'UPA, dans les Carpates jusqu'au milieu des années 1950. Les autres membres de la division choisissent l'exil au Canada, où réside une importante communauté ukrainienne.

Rapport canadien[modifier | modifier le code]

Dans son rapport établi en 1986, la Commission Canadienne de recherche sur les criminels de guerre affirme que

« leur comportement [celui des anciens Waffen SS] depuis qu'ils sont venus dans ce pays a été bon et ils n'ont jamais indiqué de quelque façon que ce soit qu'ils avaient été infectés par l'idéologie nazie [...] Il semble qu'ils avaient été volontaires pour se battre contre l'Armée rouge pour des raisons nationalistes qui ont connu une forte impulsion provoquée par le comportement des autorités soviétiques durant l'occupation de la partie occidentale de l'Ukraine après la signature du pacte Germano-Soviétique »

— CCRCG

Cette conclusion du rapport canadien ne peut pas se référer aux susdites interventions de la Division SS Galicie en Slovénie et Slovaquie[réf. incomplète] [6] dans le cadre d'opérations de lutte contre les partisans locaux, pour lesquelles les divisions de la Waffen SS sont intervenues de manière systématique. Ces actions de la Division SS Galicie contre des résistants d'autres pays luttant sur leurs territoires nationaux contre les occupants nazis ne peuvent évidemment pas être imputées à des « raisons nationalistes » ukrainiennes.

Controverse mémorielle[modifier | modifier le code]

La responsabilité de la division Galicie dans le massacre des 1 000 habitants du village polonais de Huta Pieniacka (Ukraine), le , fait l'objet de débats. Ce fait est contesté par certaines sources ukrainiennes. La commission d'enquête canadienne sur les crimes de guerre, déjà citée, affirme dans son rapport final, en 1986, que les accusations de crimes de guerre commises par la 14e division SS n'avaient jamais été prouvées[I 1].

L'institut polonais de la mémoire estime quant à lui, via une analyse publiée le , que ce sont bien des hommes du 4e régiment de la division Galicie qui ont commis le massacre, et ce sur la base de documents exhumés en 1999, soit après l'enquête canadienne[I 2].

La controverse n'est toujours pas apaisée à ce jour. En effet, dans la partie occidentale de l'Ukraine, le souvenir de la division est exalté par les milieux ultranationalistes[7].

Stèles et monuments[modifier | modifier le code]

Monument pour la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien en Feldbach

En Autriche, où la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien a combattu, il existe des monuments commémorant le passage de la division. Sur les stèles figure le nom de l'unité porté à la fin de la guerre : 1. Ukrainische Division der Ukrainischen National-Armee. [I 3]Ces monuments à emblème du trident se trouvent en Feldbach (Autriche), Bad Gleichenberg, Trautmannsdorf in Oststeiermark et Gnas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Liens internet[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pauwels 2016, p. 47-50.
  2. Lopez 2014, p. 295.
  3. Lopez 2014, p. 294.
  4. Lopez 2014, p. 292.
  5. Melnyk 2002, p. 195-214.
  6. Melnyck 2002, p. 50-147.
  7. Lopez 2014, p. 293, note 2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kosyk, Wolodymyr, L'Allemagne nationale socialiste et l'Ukraine, Paris, Publication de l'Est Européens, (ISBN 978-2-902892-02-0, LCCN 87169897)
  • (en) Michael O. Logusz, Galicia Division: The Waffen-SS 14th Grenadier Division 1943-1945, Schiffer Publishing, , 558 p. (ISBN 0-7643-0081-4).
  • Jean Lopez, Opération Bagration : La revanche de Staline (1944), Paris, Economica, , 409 p. (ISBN 978-2-7178-6675-9). 
  • (en) Melnyk, Michal James, To Battle, The History and Formation of the 14th Waffen SS Grenadier Division, Solihull, Helion and Co, , poche (ISBN 978-1-874622-19-2, OCLC 47937955)
  • Luc Pauwels, « L'Ukraine et les déchirements de la guerre », Nouvelle Revue d'Histoire, no 84,‎
  • Ligne de Front, Hors série no 17, Les Légions maudites du IIIe Reich

Liens externes[modifier | modifier le code]