Troisième bataille de Kharkov

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Troisième bataille de Kharkov
Description de cette image, également commentée ci-après

Offensives allemandes dans le secteur de Kharkiv entre février et mars 1943.

Informations générales
Date Du 19 février et le
Lieu Kharkov (Kharkiv),
Ukraine actuelle
Issue Victoire allemande
Belligérants
Drapeau de l'URSS Union soviétique Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Filipp Golikov
Nikolay Vatutin
Konstantin Rokossovsky
Erich von Manstein
Paul Hausser
Hermann Hoth
Eberhard von Mackensen
Forces en présence
346 000 hommes 70 000 hommes
Pertes
46 000 tués
14 000 prisonniers
600 chars
1200 pièces d'artilleries
30 000 tués et blessés

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Front de l’Est
Prémices : Campagne de Pologne · Guerre d’Hiver


Guerre Germano-sovietique :

  • 1941 : L'invasion de l'URSS

Opération Barbarossa
Front nord : Guerre de Continuation · Opération Silberfuchs · Siège de Léningrad
Front central : Bataille de Białystok–Minsk · 1re bataille de Smolensk · Bataille de Kiev
Front sud : Siège d'Odessa · Campagne de Crimée

  • 1941-1942 : La contre-offensive soviétique

Front nord : Poche de Demiansk · Poche de Kholm
Front central : Bataille de Moscou
Front sud : Seconde bataille de Kharkov

  • 1942-1943 : De Fall Blau à 3e Kharkov

Front nord : Offensive de Siniavino · Opération Iskra · Bataille de Krasny Bor
Front central : Opération Mars
Front sud : Bataille du Caucase (Opération Fall Blau) · Bataille de Stalingrad · Opération Uranus · Opération Saturne · Offensive Ostrogojsk-Rossoch · Offensive Voronej-Kastornoe · Troisième bataille de Kharkov

  • 1943-1944 : Libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front central : 2e bataille de Smolensk · Opération Bagration
Front sud: Bataille de Koursk · Bataille du Dniepr · Offensive Dniepr-Carpates · Offensive de Crimée · Offensive Lvov-Sandomierz

  • 1944-45 : Campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne : Offensive Vistule-Oder · Offensive de Poméranie orientale · Siège de Breslau · Offensive de Prusse-Orientale · Bataille de Königsberg · Bataille de Seelow · Bataille de Bautzen · Bataille de Berlin · Capitulation allemande
Finlande : Guerre de Laponie
Europe orientale : Insurrection de Varsovie · Soulèvement national slovaque · Bataille de Budapest · Offensive Vienne · Insurrection de Prague · Offensive Prague · Bataille de Slivice


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Théâtre américain
Coordonnées 49° 58′ 00″ Nord 36° 19′ 00″ Est / 49.966666666667, 36.316666666667

La troisième bataille de Kharkov est une contre-attaque allemande menée par le Groupe d'armées Sud allemand contre l'Armée rouge autour de la ville de Kharkov entre le 19 février et le . Les Allemands nomment ces opérations la campagne du Donets et les Soviétiques les opérations de Donbass et Kharkov. La contre-attaque allemande conduisit à la destruction d'environ 52 divisions soviétiques et à la reconquête des villes de Kharkov et de Belgorod.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad, l'Armée rouge entreprit une série d'offensives plus larges contre l'ensemble du Groupe d'armées Sud. Les Allemands concentraient leurs défenses dans la boucle du Don pour protéger Rostov et la voie ferrée qui ravitaillait les troupes encore dans le Caucase. Les Soviétiques enfoncèrent les défenses des Allemands et de leurs alliés roumains et hongrois sur plusieurs centaines de kilomètres, reprenant Kharkov et Koursk.

Mais l'offensive soviétique avait considérablement étiré les lignes de ravitaillement et prélevé un lourd tribut sur les effectifs. Certaines divisions étaient réduites à lutter avec des effectifs de 1 000 à 1 500 hommes. Les troupes blindées avancées étaient déconnectées de leurs échelons de support.

À la date du 23 janvier 1943, il n’y avait sur le front sud qui s’étendait de la mer d’Azov à Kharkov que 495 chars allemands contre 5 000 soviétiques. Au mois de mars, sur l’ensemble du front sud Manstein ne disposait que de 32 divisions contre 341 soviétiques. Si les divisions soviétiques alignaient moins de combattants que les allemandes, le rapport était quand même de 7 contre 1. En outre, les Soviétiques étaient beaucoup mieux organisés sur le plan logistique[1].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le commandant du régiment de grenadiers SS Fritz Witt, avance protégé par un blindé semi-chenillé (SdKfz 251), dans la rue Soumskaïa (Сумская ул.) à Kharkov, le 14 mars 1943.
Artillerie de campagne russe devant une mitrailleuse allemande en 1943.
Soldats soviétiques près de Belgorod en 1943.

En janvier et février 1943, le maréchal Erich von Manstein parvint à contenir la pression soviétique sur le Don inférieur et put reconstituer une réserve mobile grâce aux troupes évacuées du Caucase. Le 19 février, il lança une contre-offensive sur un front tourné vers le nord. Le plan était risqué, d'autant que le commandement allemand était démoralisé par la reddition de la VIe armée à Stalingrad le 2 février. Manstein obtint de Hitler l'autorisation de mener l'offensive début février.

La 1re armée de Panzer se retira du Caucase et abandonne Rostov. Le détachement commandé par le général Hollidt se déplaça à l’est de sa position dans le bas Severski-Donets et se posta au bord du Mious. Le 48e corps blindé du général Kempf abandonna lui aussi les rives du Severski-Donets pour se placer au nord de Stalino, dans la région industrielle du Donbass.

Le 16 février, l’unité Kempf fut obligée de quitter Kharkov afin d’éviter l'encerclement. Victorieux, les Soviétiques profitèrent de la large brèche ouverte entre Kempf et les formations postées sur le Severski-Donets à la hauteur d’Izioum. Ils continuèrent d’avancer par Lozovaïa et le 21 février les premiers chars russes atteignirent le Dniepr, pratiquement en vue de la base allemande de Zaporoje.

Pour Manstein, les Russes faisaient exactement ce qu’il avait prévu. Plus ils avanceraient, plus la contre-offensive serait puissante. En se retirant, Manstein attirait les Russes dans un piège. En effet, l’unité Kempf était solidement installée à Kasnograd et, le 21 février, l’unité Hollidt et la 1re armée blindée se rejoignaient au bord du Mious au nord de Stalino. Le 2e corps blindé SS, venu de France, était également présent avec ses bataillons équipés du tout nouveau char Tigre.

Manstein lança sa contre-offensive le 22 février avec 350 chars. Dans un mouvement coordonné, cinq divisions blindées, soutenues par une couverture aérienne massive, chargèrent vers le nord contre les colonnes du flanc gauche des Soviétiques. Tandis que le 48e corps blindé frappait vers Barvenovka, la 17e division blindée s’emparait d’Izioum et de Protoponovka sur le Severski-Donets et les blindés de la SS avançaient par Lozovaïa, rejoignant l’unité Kempf dans le nord. Les généraux soviétiques, jusqu’alors en pleine euphorie, furent totalement déconcertés.

Dans cette région plate, où les cours d’eau sont gelés à cette époque de l’année, les blindés allemands pouvaient se déplacer à leur vitesse maximale. Quelques formations soviétiques réussirent à s’échapper, mais la plupart furent anéanties. Le 6 mars, de nombreuses unités blindées soviétiques étaient déjà encerclées. Leurs pertes s’élevaient à 23 000 morts et blessés, auxquels il fallait ajouter 9 000 prisonniers, 615 chars détruits et plus de 1 000 canons de toutes sortes. Le 48e corps blindé allemand poursuivit sa percée fulgurante vers l’est jusqu’aux environs de Kharkov tandis que le 2e corps blindé SS avançait plein nord droit sur la ville. Entre-temps, la 1re armée blindée à l’offensive entre Izioum et Lissitchansk avait elle aussi mis les Soviétiques en déroute, et les avait obligés à se replier de l’autre côté du fleuve.

Panzer IV du corps d'armée SS près de Kharkov en mars 1943.

Le 3 mars, le froid intense s’adoucit un peu et avec le dégel apparut la boue (la « raspoutitsa »), le pire obstacle pour un char. Le temps jouait donc en faveur des Soviétiques et les colonnes allemandes n’avaient donc d’autre issue que de poursuivre leur avancée le plus vite possible. Le 2e corps blindé SS commandé par Hausser, qui était parvenu à encercler Kharkov, l’attaqua par le nord et par l’ouest, malgré les ordres explicites d'encercler la ville plutôt que de l'envahir. La 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler y pénétra directement, ce qui entraîna quatre jours d’intenses combats de rues. Kharkov fut reprise par les Allemands le 15 mars, mais cela ralentit leur exploitation de la victoire. Deux jours plus tard, ils reprirent également Belgorod.

L'arrivée de la pluie, qui rendait tout le terrain boueux, interrompit les opérations. Le front présentait maintenant un saillant qui serait l'objet de la bataille de Koursk en juillet 1943.

Bilan[modifier | modifier le code]

Après la catastrophe de Stalingrad, la manœuvre de Manstein pour stabiliser le front fut l’un des plus grands succès obtenus par un chef militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Elle fut à l'origine de la perte d'environ 70 000 soldats de l'Armée rouge. Les pertes allemandes furent également sérieuses. Le SS Panzer Korps, qui s'était aventuré dans les combats de rue à Kharkov, avait perdu environ 44 % de ses effectifs fin mars.

La troisième bataille de Kharkov démontra aux Soviétiques que la Wehrmacht, malgré Stalingrad, conservait un potentiel offensif. Leur objectif principal devint dès lors la destruction de l'arme blindée allemande afin de prendre définitivement le dessus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]