Daniel Quinn

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Daniel Quinn
Naissance (80 ans)
Omaha (Nebraska)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Genres

Daniel Quinn né en 1935 à Omaha (Nebraska), est un écrivain américain surtout connu pour son roman Ishmael (1992), qui a gagné le prix Turner Tomorrow Fellowship Award en 1991.

Éco-philosophe et futurologue, il a inspiré des mouvements se réclamant de l'écologie libertaire et pose quelques questions fondamentales sur la nature animale de l'homme et les conceptions ambiguës de nature et de culture. Ses ouvrages sont des fictions proposant une relecture de l'ethnologie moderne inspirée des travaux de Claude Levi-Strauss et une version corrigée des arguments démographiques de Thomas Malthus. Souvent interprété comme un essayiste de l'anarcho-primitivisme, il oppose cultivateurs et chasseurs-cueilleurs sans leur donner raison pour autant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Daniel Quinn étudia à l'Université Saint-Louis dans le Missouri, à l'Université de Vienne, en Autriche, et à l'Université Loyola de Chicago, où il a obtenu un bachelor's degree en Anglais, mention assez bien, en 1957. Il a retardé une partie de ses études pour postuler à l'Abbaye de Notre-Dame de Gethsemané à Bardstwown, Kentuchy, où il espérait devenir moine trappiste. Cependant, son guide spirituel, Thomas Merton, interrompit prématurément sa candidature. Quinn devint ensuite éditeur, a abandonné sa foi catholique, et eut deux marriages infructueux.

En 1975, il abandonne sa carrière d'éditeur pour devenir écrivain freelance. Quinn est surtout connu pour son livre Ishmael (1992), qui a gagné le prix Turner Tomorrow Fellowship Award en 1991. Ce prix fut créé afin d'encourager les auteurs à rechercher "des solutions créatives et positives aux problèmes mondiaux". Ishmael est le premier livre d'une trilogie qui inclut l'œuvre The Story of B (qui a priori n'a jamais été édité en français), et Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde. Le film Instinct (1999) s'est largement inspiré de cette histoire.

Ishmael et ses suites ont rendu Quinn de plus en plus célèbre tout au long des années 90, et il devint un auteur très connu d'une partie de l'écologisme, de la simplicité volontaire, du mouvement libertaire et de l'anarcho-primitivisme.

Quinn a beaucoup voyagé pour assister à des conférences et des discussions autour de ses livres. Depuis 2006, il voyagerait moins fréquemment (peut être à cause de problèmes de santé).

Alors que l'accueil d'Ishmael fut globalement très positif, Quinn suscita la polémique lorsqu'il affirma que tant que l'augmentation de la population est proportionnelle à l'approvisionnement en nourriture, l'aide à la nourriture vers les nations qui s'appauvrissent ne fait que remettre simplement à plus tard et aggrave de manière dramatique une crise massive environnementale et sociale[réf. nécessaire].

Quinn vit actuellement à Houston au Texas avec sa femme Rennie.

Philosophie et thèmes[modifier | modifier le code]

Daniel Quinn écrit premièrement au sujet du biais culturel et la vision mythologique profondément ancrée dans la civilisation moderne, qui, bien que peu souvent reconnu consciemment, oriente de manière destructrive la civilisation et tout le monde naturel. Un des mythes de la civilisation moderne le plus fondamental, ou "mème", que Quinn dénonce et critique dis : Il y'a une unique bonne facon de vivre pour tout les humains; la terre est faite pour les humains, qui sont destinés à la conquérir et la dominer; les humains sont naturellement défaillants; et les humains sont séparés de et supérieurs à la nature (ce qu'il appelle "la plus dangereuse idée de l'existence"). Quinn soutient aussi que la civilisation est, par définition, basée sur une expansion croissante et donc insoutenable. Il explore courrament l'idée de l'humanité abandonnant la civilisation comme structure sociale dominante, tout en regardant vers les sociétés tribales indigènes à travers les âges - fondamentalement perçues par les recherches anthropologiques récentes comme plutôt égalitaires, écologiquement adaptées, et socialement sûres - comme modèles pour développer une nouvelle diversité de structures sociales qui sont en cohérence avec les systèmes naturels de la terre.

Quinn questionne aussi la pensée populaire sur l'écologie et les dynamiques de la population humaine, affirmant que, dans ces contextes, l'humanité en tant qu'ensemble se comporte de manière prévisible comme toutes autres espèces biologiques, malgré le fait que la pensée culturelle populaire voit les humains comme séparés de et au-dessus de la communauté de la vie, à cause du sentiment de séparation civilisationnel fondamental de la nature, plûtot que du sentiment d'appartenance. Quinn avance que lorsque la population humaine croît, le reste de la biomasse de la communauté du vivant est directement affectée par des extinctions et des déperrissements. Depuis la révolution du néolithique, Quinn pose qu'un mode de vie exclusivement agricole, impérialiste, qui dénigre et dévalue l'environnement naturel, a progressivement caractérisé les sociétés humaines, qui pour la plupart ont été soit détruites soit assimilées dans une unique et massive économie et culture globale.

Quinn se focalise souvent sur une force anthropocentrée impitoyable dans la pratique agricole moderne, "l'agriculture totalitaire", qui a alimenté une surpopulation en accord avec une loi fondamentale d'écologie : une augmentation de la disponibilité de nourriture pour une population isolée produit une augmentation de la taille de la population. Cette croissance de la population surpasse ensuite la capacité de production de nourriture, ce qui encourage une expansion agricole pour nourrir les masses grandissantes. Quinn identifie cela comme un cercle vicieux, ou une "course à la nourriture", et ainsi il avertit des dangers humains de la nourriture et du peuplement d'une manière souvent comparée à la manière dont Thomas Robert Malthus le fit, bien que la nature de l'avertissement de Quinn est considérablement différente. Contrairement à Malthus, qui avertissait qu'un nombre croissant d'humains surpasserait sa capacité d'approvisionnement en nourriture, Quinn considère cette analyse dans l'autre sens : nourrir et continuer le surpeuplement est en fait trop efficace. En d'autres termes, efficace vers une condition toujours pire de surpopulation. C'est à dire que la surpopulation implique une destruction massive de biodiversité et donc fragilise l'écosystème global pour tout les organismes concernés, et, encore plus directement, dépasser la capacité de la terre à supporter les humains conduit inévitablement à un effondrement de leur population, ce pour quoi la culture dominante montre très peu de reconnaissance et d'intérêt.

Les conclusions de Quinn sur le peuplement suggère également l'idée controversée que les programmes d'aides alimentaires aux nations affamées ne fait que retarder et dramatiquement aggraver les crises de famines massives, plutôt que de les résoudre, comme c'est communément supposé. Quinn prétend que reconnecter les peuples à la nourriture disponible dans leurs habitats locaux est une manière prouvée d'éviter les famines et disettes les accompagnant. Certains ont interprété cela en voulant dire que Quinn propose de laisser les peuples affamés des nations pauvres continuer de mourir de faim, ce qu'il a plusieurs fois réfuté.

Quinn admet lui-même ne pas avoir de solutions simples et universelles, bien qu'il encourage fortement un changement mondial de paradigme hors des mèmes auto-destructeurs et vers les valeurs et les structures organisationnelles du tribalisme, mais pas dans le style du tribalisme ethnique tels que de nouveaux groupements d'individus comme égaux essayant de vivre en communauté tout en étant sujets à l'évolution par la sélection naturelle; il a quelque fois fait référence à ce changement graduel comme de la "Nouvelle Révolution Tribale". Quinn a précisé que son admiration pour les modes de vies soutenables des tribus indigènes n'a pas pour but d'encourager un retour massif vers la chasse et la cueillette plus que sa reconnaissance d'une histoire énorme d'harmonie écologique relative entre les humains et l'environnement, attribuable à la tribu comme un modèle efficace pour les sociétés humaines.

Bien que Quinn voit lui-même ces associations comme des coïncidences, sa philosophie est quelque fois considérée en rapport à l'écologie profonde, au "dark green environmentalism", ou l'anarcho-primitivisme.

Quinn a été influent dans le développement d'un vocabulaire pour sa philosophie; il a inventé ou popularisé une variété de termes, dont les suivants :

  • Preneurs et laisseurs - "Preneurs" fait référence aux membres de la civilisation globale dominante et sa culture, tandis que "Laisseurs" fait référence aux membres des innombrables autres cultures non-civilisées qui ont existé par le passé et encore aujourd'hui.
  • Culture Mère - une personification des influences culturelles intrinsèquement biaisées qui ne sont pas perçues comme biaisées par ses membres.
  • Course à la nourriture - le phénomène de surpopulation humaine incessant et ses catastrophes globales qui l'accompagnent, dans lequel l'apport de plus de nourriture aux populations affamées et croissantes ne produit paradoxalement que plus d'augmentation de population et de famines.
  • Loi de la compétition limitée - une loi biologique qui "définit les limites de la compétition dans la communauté du vivant", selon laquelle "vous pouvez rivaliser avec toutes vos capacités, mais vous ne traquerez pas vos rivaux ni ne détruirez la nourriture ou en dénierez l'accès en général", c'est à dire systématiquement; les espèces qui violent cette loi finissent par s'éteindre.
  • Loi de la vie - L'ensemble universel de toutes les stratégies évolutives stables.
  • Agriculture totalitaire - forme actuelle dominante d'agriculture qui "subordonne toutes les autres formes de vies à la production de nourriture humaine sans relâche et déterminée", non soutenable car elle génère une production de nourriture énorme qui en retour génère une envolée de la population humaine.
  • Le Grand Oubli - une ignorance historique largement répandue considérant "le fait que nous humains sommes une espèce biologique parmi une communauté d'espèces biologiques et ne sommes pas exempts ou exemptables des forces qui façonnent la vie sur cette planète; cela inclut également notre oubli du fait que la plupart de l'histoire humaine a été basée sur un mode de vie écologiquement solide (principalement chasseur-cueilleur)".
  • La fable de la grenouille - "une métaphore pour de nombreuses circonstances de la vie lorsque des personnes ne veulent pas ou sont incapables de réagir efficacement aux crises qui surviennent très graduellement ou imperceptiblement", utilisée particulièrement par Quinn pour faire référence à la banalisation rampante en termes de dégradation environnementale.
  • Nouvelle Révolution Tribale - une hypothétique période socioculturelle de changement global que Quinn supporte, dans laquelle la civilisation se transformera progressivement en une multitude de sociétés tribales, plus soutenables.

Influence[modifier | modifier le code]

Ishmael a directement inspiré l'album de Pearl Jam Yield (1998) (et particulièrement la chanson "Do the Evolution"), le nom du groupe Animals as Leaders, l'idéologie du film Instinct (1999), et le documentaire What a Way to Go : Life at the End of Empire. Les écrits de Quinn ont aussi influencé le réalisateur Tom Shadyac (qui présente Quinn dans le documentaire I Am). L'intérêt de l'acteur Morgan Freeman pour la trilogie Ishmael a inspiré son implication pour les documentaires sur la nature, tels que "L'île des lémuriens : Madagascar" et "Né pour être sauvage", qu'il a narré, en adoptant la phrase de Quinn "la tyrannie de l'agriculture". Le groupe punk-rock Rise Against inclut Ishmael dans la liste de lectures de leur album The Sufferer & the Witness.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les premières dates correspondent aux parutions en langue anglaise, les premiers liens renvoient vers des pages du wikipedia en anglais, les deuxièmes en français.

Concepts développés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]