Débredinoire de Saint-Menoux

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La débredinoire est un sarcophage contenant les restes de saint Menoux, percé d'un trou dans lequel les simples d'esprit passent la tête afin de recouvrer la santé mentale. Elle constitue un élément identitaire majeur de la province du Bourbonnais.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Elle se trouve dans le déambulatoire de l'église du village de Saint-Menoux, dans l'Allier, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Moulins, la préfecture.

Origine[modifier | modifier le code]

Touriste se faisant "débrediner"

Au VIIe siècle, un évêque irlandais (ou breton, selon les sources) dénommé Menulphe, passe par le village, alors nommé Mailly, et y rend son dernier soupir. Rapidement, des miracles se produisent et attirent une foule de pèlerins. La dépouille du saint est en effet réputée rendre leurs esprits aux personnes un peu dérangées. Le village est renommé Saint-Menoux et une abbaye de bénédictines est créée au Xe siècle pour accueillir les pèlerins.

Le nom débredinoire provient du mot bredin, qui signifie "simple d'esprit" en dialecte bourbonnais.

Après d'importantes destructions et profanations à la Révolution, seule l'église subsiste. À l'intérieur, le sarcophage du saint contient encore une partie des reliques. Le sarcophage est percé sur le flanc d'un trou en demi-cercle, dans lequel les « simples d'esprit » viennent passer la tête pour y laisser leur "folie" ou tout simplement leurs maux de tête. Mais gare à ne pas toucher les bords du trou en passant sa tête, car la légende veut que celui qui le ferait récupèrerait toute la folie de ceux qui sont passés avant lui.

La romancière Anne Waddington a appelé Le Débredinoire l'un de ses romans, paru en 2008, mais le rapport paraît seulement symbolique.

Un ou une débredinoire ?[modifier | modifier le code]

Le mot se rencontre au masculin et au féminin[1]. Les sites locaux à caractère officiel privilégient la forme féminine[2]. Les écrivains régionaux semblent préférer le féminin[3], mais il y a des contre-exemples[4].

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un mot du français standard, mais d'un mot de parler régional, on peut prendre en compte le traitement du suffixe -oir/-oire en français[5]. Les noms d'instrument construits avec le suffixe -oire sont normalement féminins (bassinoire, balançoire, écritoire, doloire, etc.), tandis que ceux, beaucoup plus nombreux, qui se terminent en -oir sont habituellement masculins (encensoir, ostensoir, battoir, miroir, tranchoir, arrosoir, etc.) ; il existe des mots masculins en -oire, comme observatoire, déambulatoire, crématoire, dormitoire, auditoire, mais ce ne sont pas des noms d'instrument ; ils désignent pour la plupart des lieux.

Le mot « débredinoir » est attesté aussi (et dans ce cas il est naturellement masculin).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une recherche sur google donne un assez net avantage à la forme féminine sur internet.
  2. Office de tourisme de Bourbon-l'Archambault, Comité départemental du tourisme de l'Allier.
  3. Valery Larbaud (dans plusieurs textes), René Fallet (Un idiot à Paris), Marcel Bonin (Les noms de lieux en Bourbonnais, p. 59), Jean Débordes (loc. cit.), Jean Anglade (L'Auvergne de Jean Anglade, p. 37).
  4. Frantz Brunet, Dictionnaire du parler bourbonnais et des régions voisines, p. 30 s.v. « berdin ».
  5. Trésor de la Langue française.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Débordes, Les mystères de l'Allier : histoires insolites, étranges, criminelles et extraordinaires, Clermont-Ferrand, Éd de Borée, 2001, chap. III : « La débredinoire de Saint-Menoux », p. 37 et suiv.

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