Croix de Malte (symbole)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le mécanisme du même nom, voir Croix de Malte (mécanisme). Pour les autres significations, voir Croix de Malte.
Croix de Malte
Croix de Jérusalem
Croix potencée
Croix pattée

La croix de Malte, ou croix de saint Jean, est le symbole des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Cette croix, à la forme caractéristique, est utilisée comme symbole religieux, honorifique ou national.

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine de la croix de Malte est inconnue. Certains chercheurs considèrent la croix comme étant un des premiers signes tracés par les humains. D'autres établissent une évolution typologique allant de la simple croix à des croix de formes plus complexes en passant par des croix de plus en plus pattées aboutissant à la croix de Malte. En fait, toutes sortes de croix ont été retrouvées dessinées ou gravées dans l'art pariétal.

L'historienne Claire Éliane Engel voyait dans le signe de Tanit, divinité phénicienne, l'origine de la croix de saint Jean, mais cette interprétation n'est plus retenue aujourd'hui[1]. D'autres auteurs faisaient référence aux armoiries de la ville italienne d'Amalfi, mais c'est oublier la chronologie, la croix de tissu blanc cousue sur l'habit noir des frères hospitaliers est mentionnée à l'article 19 de la règle édictée par Raymond du Puy en 1123 ou 1124[2] et les règles héraldiques, qui fixent, entre autres, les armoiries d'Amalfi, ne datent que du XII/XIIIe siècle, donc bien après le choix des Hospitaliers[3].

Forme[modifier | modifier le code]

Les hospitaliers fixent, pour la première fois en 1496, dans une nouvelle édition de leur règle, la forme à huit pointes de leur croix. Jusqu'à cette date, les documents parvenus jusqu'à nous, montrent une forme très variable de la croix des Hospitaliers. L'héraldiste Adrian Strichland pense que l'origine de la croix des Hospitaliers est à rechercher dans la croix de Jérusalem, crosselets ou croisettes en moins (petites croix placées dans chaque quartier de la croix principale)[3]. Cette croix est un très ancien emblème des chrétiens d'orient, c'est l'emblème des chanoines de l'ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, du Patriarcat latin de Jérusalem et de la Custodie franciscaine de Terre Sainte (les cinq croix figureraient les cinq blessures du Christ[4], les cinq premiers livres de la Bible ou les cinq premières Églises chrétiennes), il est donc peu étonnant que les Hospitaliers ou même les Templiers s'en inspirèrent, « l'ensegne de l'abit del Sépulcre est une crois vermelle a deux bras (tel le porteli Ospitaus). Et cil del Temple le portent toute single viermelle[5]. »

Signification[modifier | modifier le code]

La croix de saint Jean, ce symbole hospitalier, à la forme caractéristique, a donné lieu à des interprétations : « cette croix nous a été donnée blanche, en signifiance de Pureté, que nous devons porter autant dedans le cœur, que dehors sans macule et tache quelconque. Les huit pointes [...] sont en remembrance des huit Béatitudes que nous devons toujours avoir en nous, dont la première sera le contentement spirituel ; la seconde, vivre simplement sans malice ; la troisième, vivre en humilité ; la quatrième, pleurer ses fautes et péchés ; la cinquième, aimer la justice ; la sixième, être miséricordieux ; la septième, être net et sincère de cœur et de pensée ; et la huitième, endurer les afflictions, et les persécutions pour la justice ; lesquelles vertus tu te dois efforcer de graver et ficher dans ton cœur pour la conservation de ton âme[6]. »

Historique[modifier | modifier le code]

En créant en 1080, l'« hostellerie » (hôpital) de Jérusalem, frère Gérard hérite, pour les servants de l'hôpital, de la tunique noire des moines de l'église amalfitaine de Sainte-Marie-Latine, ce qui les feront souvent confondre avec des moines bénédictins. Lors de la prise de Jérusalem, les participants du premier « passage général » (ultérieurement appelé première croisade) étaient crucesignatus (littéralement, marqué de la croix) c'est-à-dire qu'ils portaient, en signe de reconnaissance, cousue sur leurs habits, deux bandes de tissus figurant une croix latine. Dans le même temps où Raymond du Puy écrit la règle, il fixe aussi le drapeau de l'ordre en apposant la croix blanche sur un fond rouge mais nous ne disposons d'aucun texte permettant de connaitre les raisons qui le poussèrent à établir la 19e règle de l'ordre fixant le signe distinctif des croisés, le signe de la croix sur la poitrine, pour les frères hospitaliers ; la chasuble sera noire et la croix sera blanche[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. B. Galimard Flavigny (2006) p. 21-22
  2. Raymond du Puy, qui édicta la règle, fut supérieur de l'ordre à partir de 1123 et Calixte II, qui approuva cette règle, fut pape de 1119 à 1124
  3. a et b B. Galimard Flavigny (2006) p. 22
  4. Deux trous aux mains, deux aux pieds et le coup de lance du soldat romain sur le côté.
  5. « L'enseigne de l'habit de ceux du Sépulcre est une croix vermillon à deux traits (telle que portée par les Hospitaliers). Et ceux du Temple la portent tout simplement vermillon» Chronique d'Ernoul citée dans B. Galimard Flavigny (2006) p. 23
  6. Le Théâtre d'honneur et de chevalerie (1620) citée dans B. Galimard Flavigny (2006) p. 23-24
  7. B. Galimard Flavigny (2006) p. 275

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Galimard Flavigny (2006) Histoire de l'ordre de Malte, Perrin, Paris