Crise laitière de 2015

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la crise de 2009, voir Crise laitière de 2009.

La crise laitière de 2015 est une période de forte baisse des prix du lait en Union européenne à la suite de la fin des quotas laitiers de la politique agricole commune. Le revenu des éleveurs subit la même baisse, tandis que la production de lait en Europe augmente.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

L'idée des quotas laitiers[1] était de produire moins pour ne plus avoir de surplus et ainsi de faire remonter les prix.

En 2014, le marché du lait est prospère et, bien que les quotas existent encore, la production augmente de six millions de tonnes pour atteindre 148 millions. La production est en augmentation continue, pour rester compétitif face à la fin des quotas qui se prépare[2]. Par ailleurs la FAO prévoyant le doublement de la demande en lait d'ici à 2050, l'investissement dans le secteur ne parait pas risqué.

La fin des quotas laitiers était prévue depuis 2003 pour [3], dans le but de libéraliser le secteur et de limiter les coûts de l'Union européenne pour la gestion de ces quotas[4].

L'échéance approchant, le risque de crise laitière est prédit par les organisations paysannes et les politiques, comme le député européen Marc Tarabella[5].

Les impacts de la suppression des quotas laitiers[modifier | modifier le code]

Le et les jours qui suivent, les agriculteurs manifestent pour montrer leur mécontentement alors que la précédente crise du secteur date seulement de 2009[6].

La fin de la régulation de la quantité de lait produite par les fermes a lieu le [2]. Un objectif est de favoriser la compétitivité des producteurs laitiers européens, notamment pour répondre à une demande mondiale en augmentation, notamment de la part de l’Asie et de l’Afrique. Cela éviterait également aux principaux pays producteurs de continuer à payer des pénalités pour non respect des quotas.

En conséquence, la production européenne s'est envolée et a entraîné une crise de surproduction. La production n’a pas augmenté de manière uniforme en Europe modifiant la répartition des parts de marché[7]. L’organisation des producteurs de lait prévoit quelques mois plus tard que l’année sera pire que 2009[8].

L’offre se déplace vers la droite car la production de lait augmente et la demande est inélastique.

Face à cette offre abondante, les prix du lait ont reculé de plus de 10 %, sur un marché qui était déjà suralimenté[9]. D'autres facteurs ont engendré cette baisse des prix comme l'embargo russe, mais aussi la forte baisse au début de 2014 de la demande de la Chine (qui avait augmenté à partir de 2008 après l’affaire du lait frelaté) qui a affecté les cours mondiaux[10].

Une autre cause potentielle est le manque d’organisation des producteurs, jouant sur leurs possibilité de négoce face aux transformateurs et distributeurs[7].

Réponses apportées par les gouvernements et l’Union européenne[modifier | modifier le code]

En France, le gouvernement applique un plan d'urgence, duquel se plaignent les éleveurs allemands[11].

Celui-ci a pour ambition de les inciter à réduire leur production pour, sur le long terme, faire remonter le prix du lait. L’Union Européenne va alors débloquer un demi milliard d’euros pour financer ce projet[12]. Dans ces 500 millions d’euros, 150 millions sont destinés à récompenser individuellement les éleveurs qui acceptent de réduire leur production de lait : soit entre 11 et 14 centimes d’euros par litre de lait non produit.

Les autres 350 millions d’euros sont, eux, distribués aux États qui devront veiller à ce qu’ils ne servent à redynamiser la production mais au contraire à la réduire[13].

Le , la commission européenne, pour répondre à la crise, autorise le plafonnement de la production ainsi que le stockage du double de la quantité auparavant permise de poudre de lait et de beurre[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Quelles perspectives pour l'après quotas dans le secteur laitier européen ? », sur agriculture.gouv.fr (consulté le 29 mars 2017)
  2. a et b « Crise du lait : « Agrandir les élevages n’est pas la solution » », sur Reporterre, (consulté le 28 avril 2016)
  3. Julie Lallouët-Geffroy, « La fin des quotas laitiers : un maelström pour les petits paysans », sur Reporterre (consulté le 28 avril 2016)
  4. Marie-Josée Cougard, « Agriculture : pourquoi l'Europe met fin aux quotas », sur lesechos.fr, (consulté le 28 avril 2016)
  5. Frédéric Hénin, « Parlement européen « 2015 : Aube d'une grave crise du lait » », sur Web-agri, (consulté le 28 avril 2016)
  6. « Crise agricole : « La responsabilité des industriels du lait est énorme » », sur Reporterre, (consulté le 28 avril 2016)
  7. a et b (en) Bertrand Valiorgue, « Sept questions pour comprendre la crise laitière », The Conversation,‎ (lire en ligne)
  8. « Crise du lait : 2015 s’annonce bien pire que 2009, année de la grève du lait ! », sur www.producteurs-lait.com, (consulté le 28 avril 2016)
  9. « Les quatre sources qui expliquent la crise du lait », sur lesechos.fr, (consulté le 30 mai 2017)
  10. « Crise du lait : quel rôle a joué la Chine ? », Europe 1,‎ (lire en ligne)
  11. Cécile Boutelet, Dominique Gallois et al., « La crise du lait n’épargne pas les producteurs allemands », sur lemonde.fr, (consulté le 28 avril 2016)
  12. Dominique Gallois, « La crise du lait en quatre questions », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  13. Céline Schoen, « Comment l’Union européenne compte régler la crise laitière », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  14. Clémence Apetogbor, « Crise du lait: L'Europe autorise une réduction de la production », sur 20minutes.fr, (consulté le 28 avril 2016)
  15. « Crise du lait : quelles perspectives pour 2016, Elevage - Pleinchamp », sur www.pleinchamp.com, (consulté le 28 avril 2016)