Ahmedou Hamahoullah

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Ahmedou Hamahoullah appelé aussi cheikh Hamallah ou marabout de Nioro est une personnalité religieuse malienne né à Kamba Sagho au Mali en 1881 d’un père maure érudit de Tichitt en Mauritanie et d’une mère peule du Mali[1] et mort en France en 1943[2]. Il est le fondateur d'une branche de la Tijaniyya désignée sous le nom de hamallisme ou hamawiyya.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Enseignement religieux[modifier | modifier le code]

Vers 1909-1910, il s'installe à Nioro-du-Sahel (Mali) et succède à Lakhdar à la tête des « onze grains »[2] à un âge exceptionnellement jeune (il n'a qu'une vingtaine d'années).

Il n'a délivré aucun enseignement coranique ni supérieur, et n'a laissé aucun écrit notable, contrairement à la majorité des chefs de confrérie ou religieux d'Afrique occidentale[2].

Opposition à la France[modifier | modifier le code]

En 1925, il est déporté en Mauritanie et Côte d'Ivoire, pour ne rentrer qu'en 1936[2].

En 1940-1941, la répression du pouvoir colonial est extrêmement brutale.

Le , la maison du cheikh Hamallah est encerclée[Par qui ?] dès l'aube et le cheikh est emmené dans la foulée vers Dakar par avion, puis le 21 juin, le chérif de Nioro est embarqué dans un avion militaire à destination de l'Algérie. En 1942, Cheikh Hamallah est de nouveau déporté en France. Il est ensuite transféré à Évaux-les-Bains, dans la Creuse au début d'avril 1942 où il a pour compagnons de détention des personnalités de la IIIe République Française, dont Édouard Herriot.

Presque tous les talmid tidjanes[Quoi ?] de Nioro sont arrêtés le même jour et torturés[réf. nécessaire], avant d'être déportés dans les camps de concentration d'Ansongo, de Bourem et de Kidal.

Baba et son frère Cheikh Sidi Ahmed ould Hamallah, deux fils du cheikh, sont fusillés le 11 novembre 1941 en même temps que 31 dirigeants ou notables maures[2].

Un prétendu document de la Sûreté nationale relate que cheikh Hamallah n'a pu s'adapter ni au climat ni aux conditions de vie en France. La demande de transfert en Corse, en date du 28 août 1942, du médecin attaché à son centre d'internement est refusée et, en octobre 1942, le maître de Nioro serait selon le dire du pouvoir colonial, déjà gravement malade. Il a été, semble-t-il, transféré d'urgence à l'hôpital d'Aubenas avant d'être envoyé à celui de Montluçon. Là, il a été traité par le docteur Bons d'après les autorités coloniales françaises.[réf. nécessaire]

Toutefois, aucun document officiel émanant des autorités médicales n'atteste de son décès. D'ailleurs le nom figurant sur l'acte de décès établi par la mairie est différent de celui du cheikh de la Tijaniyya.

Le décès du maître de Nioro n'a été porté à la connaissance des Africains que le 7 juin 1945. Il a été réaffirmé par une déclaration du sénateur Amadou Doucouré, du Soudan français, publiée dans Paris-Dakar du 7 août 1947.

Il est inhumé dans le cimetière de l'Est de Montluçon (allée 36).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2002/tolba/article.htm
  2. a b c d et e Hamès Constant, « Cheikh Hamallah ou Qu'est-ce qu'une confrérie islamique (Tarîqa) ? », Archives de sciences sociales des religions, nos 55/1,‎ , p. 67-83 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Un Agneau de Dieu : le Cheikh Hamallâh, A.Q., L'Île verte éditions, 2015, (ISBN 979-1095843009)
  • L’islam et la colonisation en Afrique : Cheikh Hamahoullah, homme de foi et résistant, Alioune Traoré, Maisonneuve et Larose, 1983, (ISBN 978-2706808395)
  • Hamallah le protégé de Dieu de Seydina Oumar Dicko (2002)
  • Confrérie et pouvoir, la Tijâniyya hamawiyya en Afrique de l’Ouest : 1909-1965 de Boukary Savadogo (thèse soutenue en 1998)