Charles de L'Écluse

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Charles de L'Écluse
Carolus Clusius00.jpg

Portrait de Charles de L’Écluse attribué à Jacob de Monte. Réalisé lors de son séjour à Vienne, en 1585, il s’agit du seul portrait peint connu de lui. Son blason apparait à gauche. (Icones Leidenses 19)

Fonctions
Professeur des universités
Botanique
-
Directeur général
Hortus Botanicus Leiden
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
LeydeVoir et modifier les données sur Wikidata
Abréviation en botanique
Clus.Voir et modifier les données sur Wikidata
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Jules Charles de L'Écluse ou de L'Escluse, latinisé en Carolus Clusius, né le à Arras[1] et mort le à Leyde, est un médecin et un botaniste flamand de langue française, l'un des plus célèbres du XVIe siècle.

C’est le créateur de l'un des premiers jardins botaniques d’Europe à Leyde, et peut être considéré comme le premier mycologue au monde et le fondateur de l'horticulture, notamment de la tulipe. Il est également le premier à fournir des descriptions réellement scientifiques des végétaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entame ses études de droit et de philosophie à l’université de Gand puis à l’université de Louvain[2]. En 1548, il part pour l’université de Marbourg, avant d'aller à l’université de Wittemberg suivre l'enseignement de Melanchthon en 1549. Sur les conseils de celui-ci, il abandonne le droit pour l'étude de la médecine et de la botanique. En 1551, il étudie la botanique à l’université de Montpellier sous la direction du célèbre médecin Guillaume Rondelet (1507-1566), qui l'héberge chez lui durant trois ans, en qualité de secrétaire.

Nymphaea lutea major, illustration extraite de Rariorum Plantarum Historia (1601).

En 1557, il traduit en français l'herbier de Rembert Dodoens (1517-1585) : Histoire des plantes. En 1567, il traduit en latin le Colloque des Simples de Garcia da Horta[3]. Ses études achevées, Charles de L'Écluse ne pratique pas la médecine, mais occupe des fonctions variées. En 1573, l'empereur Maximilien II le nomme médecin de cour et responsable du jardin impérial. Cette protection lui permet de voyager dans toute l'Europe, et de visiter plusieurs villes célèbres telles que Lyon, Francfort, Strasbourg, Anvers ou Londres, où il se livre à des études, de rassembler de nombreuses observations et de réunir de nombreux spécimens de végétaux, certains venus de contrées lointaines, comme la tulipe, qu’il introduit aux Pays-Bas, dont il observe la maladie qui a donné lieu à la tulipomanie de février 1637 et dont il a fondé la culture et l’industrie actuelle. Il a ainsi l’occasion, en 1564, d’accompagner le fils du banquier Jakob III Fugger dans la péninsule ibérique, où il a recueilli une variété de plantes, y compris un certain nombre d’espèces jusqu’alors inconnues.

Après avoir passé quatorze années à Vienne, il doit, après la mort, en 1576, de son protecteur, Maximilien II, la quitter peu de temps après l’accession au trône de son fils Rodolphe II, qui licencie tous les protestants. Il alors trouve un ami et protecteur en la personne Balthasar Batthyány (de), seigneur de château von Güssing, où il rédige Rariorum aliquot stirpium per Hispanias observatarum historia sur la flore d'Espagne, en 1576, suivi en 1583 de son œuvre majeure, la première description des plantes d'Autriche et des régions voisines : Rariorum aliquot stirpium, per Pannoniam, Austriam, & vicinas quasdam provincias observatarum historia. En 1587, il tente d’intégrer, sans succès, l’université d'Iéna protestante et s’établit à Francfort-sur-le-Main, avant de prendre, en octobre 1593, le chemin de l’université de Leyde où il a obtenu la chaire de professeur de botanique qu'il occupera jusqu'à sa mort. Il y fonde le jardin botanique de Leyde (Hortus Botanicus Leiden), différent du jardin médicinal (hortus medicus) où il cultive des plantes rares venant d'Europe du Sud, d'Espagne, du Portugal, de Hongrie.

Hommage à Charles de L’Écluse à Güssing.

En 1601, il publie un important traité de botanique et de mycologie, Rariorum plantarum historia : Fungorum in Pannoniis observatorum brevia historia, illustré par plus de mille gravures et où il tente de regrouper les espèces par affinités. Ses observations sont remarquablement précises. Il est, sans doute, le premier botaniste à établir des diagnoses véritablement scientifiques. Il décrit, pour la première fois de nombreuses espèces comme le marronnier (qu'il introduit en Hollande), le jasmin et l'aralia. Il aurait été un des premiers à décrire la pomme de terre papas peruanum [2] plus d'un siècle avant Parmentier[4]. Cet ouvrage constitue en outre la première grande monographie mycologique et la première flore régionale de champignons. Clusius y donne la description de 105 espèces de champignons de Hongrie, dont 45 comestibles.

En 1605, il fait paraître Exoticorum libri decem où il souhaite décrire toutes les espèces exotiques, animales ou végétales, qu'il peut obtenir. Vivant à Leyde, il occupe une place de choix pour obtenir, des vaisseaux qui arrivent aux Pays-Bas, des spécimens. Son livre décrit de nombreuses espèces nouvelles : le casoar (du genre Casuarius), le manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus), le perroquet maillé (Deroptyus accipitrinus), le lori noira (Lorius garrulus), l'ibis rouge (Eudocimus ruber) et bien d'autres. Il décrit aussi le grand pingouin (Pinguinus impennis) dont il reçoit, en 1604, un spécimen avec d'autres espèces, d'Henrik Højer qui explore les Îles Féroé.

Il est considéré comme l’un des premiers à avoir tenté d'établir une classification, malheureusement encore trop basée sur des considérations d'usage un peu floues, telles que « comestible », « nuisible » ou « pernicieux », par exemple pour les champignons[2].

Éponymie[modifier | modifier le code]

Le botaniste Charles Plumier (1646-1704) lui a dédié le genre Clusia de la famille des Clusiaceae.

Lui ont également été dédiées les espèces suivantes :

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1561 : Antidotarium sive de exacta componendorum miscendorumque medicamentorum ratione ll. III … nunc ex Ital. sermone Latini facti, Anvers, Christophe Plantin.
  • 1570 : Galliae Narbonensis ora marittima, Antverpiae : Abraham Ortelius.
  • 1571 : Hispania nova descriptio, Anvers, Abraham Ortelius.
  • 1576 : Rariorum aliquot stirpium per Hispanias observatarum historia, Anvers, Christophe Plantin (Digitalisation).
  • 1582 : Aliquot notae in Garciae Aromatum historiam, Anvers, Christophe Plantin.
  • 1583 : Rariorum aliquot stirpium, per Pannoniam, Austriam, et vicinas quasdam provincias observatarum historia, IV libris expressa, Anvers, Christophe Plantin (Digitalisation).
  • 1584 : Stirpium nomenclator Pannonicus, Nemetvyawarini, Joannes Manlius (Digitalisation).
  • 1601 : Rariorum plantarum historia / Fungorum in Pannoniis observatorum brevis historia..., Anvers, Christophe Plantin apud Ioannem Moretum (Digitalisation)
  • 1605 : Exoticorum libri decem: quibus animalium, plantarum, aromatum, aliorumque peregrin. fructuum historiae describuntur / item Pt. Bellonii Observationes, eodem C.C. interprete, Leyde, Christophe Plantin (Digitalisation).
  • 1611 : Curae posteriores, seu plurimarum non antè cognitarum, aut descriptarum stirpium, peregrinorumque aliquot animalium novae descriptiones: quibus et omnia ipsius opera, aliáque ab eo versa augentur, aut illustrantur: accessit seorsim Everardi Vorstii. .. de eiusdem Caroli Clusii Vita & obitu oratio, aliorumque Epicedia, Leyde ; Anvers, Christophe Plantin (Digitalisation).
  • 1619 : Summi Galliae Belgicae corographica descriptio posthuma, ed. Joachim Morsius. Leyde, Jac. Marcus (Digitalisation).
  • 1630 : Appendix cultori plantarum exoticarum necessaria, Marbourg, In Herbarium Horstianum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pays-Bas espagnols à l'époque.
  2. a, b et c Jean-Marie Pelt, La Cannelle et le Panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, Paris, Fayard, , 336 p. (ISBN 978-2-21360-466-4, lire en ligne), « Charles de Lécluse, prince des descripteurs ».
  3. Clusius, Carolus (Charles de l'Ecluse), Aromatum et simplicium aliquot medicamentorum apud Indos nascentium historia, Primum quidem Lusitanica lingua per Dialogos conscripta, D. Garcia ab Horto, Proregis Indiæ Medico, auctore, Nunc vero Latino sermone in Epitomen contracta, et iconibus ad vivum expressis, locupletioribusque, annotatiunculis illustrata a C. Clusio Atrebate. Anvers, Christophe Plantin, 1574. De L’Écluse n'a pas traduit fidèlement, mais utilisé et réarrangé certaines parties du texte de Garcia.
  4. Eberhard Teuscher, Eberhard Anton et Annelise Lobstein, Plantes aromatiques : épices, aromates, condiments et huiles essentielles, Paris, Édition Tec & Doc, , 521 p. (ISBN 978-2-74300-720-1), p. 60.

Annexes[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • (en) Florike Egmond, Paul Gerardus Hoftijzer et Robert Paul Willem Visser (dir.) (2007). Carolus Clusius : towards a cultural history of a Renaissance naturalist, Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen (Amsterdam) : vi + 349 p. + 12 pl. (ISBN 90-6984-506-7)
  • Jean-Marie Pelt, La Cannelle et le Panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, Paris, Fayard, , 336 p. (ISBN 978-2-21360-466-4, lire en ligne), « Charles de Lécluse, prince des descripteurs ».

Clus. est l’abréviation botanique standard de Charles de L'Écluse.

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