Château de Trémazan

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Château de Trémazan
Image illustrative de l'article Château de Trémazan
Les ruines du château
Nom local Tremazan
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVe siècle
Protection  Inscrit MH (1926)
Coordonnées 48° 33′ 03″ Nord, 4° 42′ 45″ Ouest[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Bretagne
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Landunvez

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Château de Trémazan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Trémazan

Le château de Trémazan (écrit Tremazan en breton) se trouve sur la commune de Landunvez (Finistère), face à Portsall. Il est situé en contrebas de la route côtière, caché depuis la mer. Il est en ruine. C'était le fief de la famille Du Chastel. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le château de Trémazan, bâti en bordure de la Manche sur les bords de l'anse de Portsall, au village de Kersaint dans la paroisse, désormais commune, de Landunvez, se situé à environ 30 km au nord-ouest de Brest.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château de Trémazan date probablement des IXe siècle ou Xe siècle (les galets ronds employés pour sa construction, la position du château dans une cuvette et non sur une hauteur, l'existence d'une seule enceinte sans ouvrages avancés ni défenses extérieures, la place du donjon sur l'un des côtés des fortifications [et non au centre, formant un petit château-fort dans le grand comme ce fut le cas plus tard], les hourds ou machicoulis en bois dont les traces sont encore perceptibles au sommet du donjon le laissent penser), mais un ouvrage en bois l'a probablement précédé. Aucun fossé n'existait devant le donjon, dont l'accès était toutefois fermé par une herse. Détruit partiellement vers 1220 par Pierre de Dreux, il fut toutefois en partie reconstruit vers 1250 par Bernard du Chastel. Au cours des siècles qui suivirent, le château subit de nombreuses transformations nécessitées par les progrès de l'art militaire[3]. Le château était recouvert d'ardoises si l'on en croit la grande quantité d'ardoises retrouvées lors des fouilles.

Cette chronologie ancienne, sans grand fondement, a été remise en cause par les recherches les plus récentes. L'étude très précise des éléments de bois conservés dans la structure montre que la construction de Trémazan remonte au plus tôt à la première moitié du XIVe siècle.

Ce bel édifice médiéval, dressé sur un affleurement rocheux, a un donjon carré encore haut de 28 mètres (probablement était-il haut de 30 à 35 mètres à l'origine), qui en s'écroulant en partie, pendant l'hiver 1995, a mis l'intérieur à nu et révélé une tour habitable à quatre étages, abritant chacun une chambre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le donjon

Le nom du château de Trémazan est intimement lié à celui d'une famille : celle des du Chastel. Ce sont eux qui le construisirent et en firent leur principale demeure pendant plusieurs siècles. L'origine de ce lignage est encore environnée de brumes, mais au fil de l'histoire, il gagna sa place au soleil. Tant et si bien que les du Chastel finirent par prendre rang dans la haute aristocratie bretonne et compter parmi les quatre familles les plus importantes du Léon qu'un ancien dicton caractérise en ces termes : « antiquité de Penhoët, vaillance du Chastel, richesse de Kermavan et chevalerie de Kergounadeac'h. » Mais la fin du XVIe siècle leur sera fatale car, faute d'héritier mâle, la branche aînée finira par s'éteindre.

Au Moyen Âge, le village de Kersaint comptait une dizaine de maisons groupées entre la forteresse et la chapelle. L'histoire du château de Trémazan reste mal connue, sa position excentrée dans l'espace national l'ayant mis à l'abri de la plupart des grands conflits qui ont ensanglanté la France au fil des siècles.

Le château de Trémazan fut abandonné au XVIIIe siècle et vendu pendant la Révolution française comme bien national, de même que la chapelle de Kersaint qui ne fut rendue au culte qu'en 1804. En ruines, il fut toutefois habité fin XIXe siècle-début XXe siècle par un pauvre hère surnommé « Napoléon », vivant de la charité publique et qui en fut le dernier habitant[3].

La famille du Chastel (du Chatel)[modifier | modifier le code]

Il existe deux origines contradictoires au nom du Chastel.

Une source indique que ce nom tient son origine du fait que la famille habitait le château de Trémazan :

« Le nom du Chastel, donné aux membres de la famille propriétaire du château de Trémazan vient du prestige et de la puissance de ce château qui dominait tellement toute la contrée que pour en désigner les nobles habitants, il suffisait de les appeler les seigneurs du Chatel[3]. »

Une autre source indique que la famille Du Chastel ne tire pas son nom de cette forteresse de Trémazan mais de sa fonction de garde du château de Brest[4].

La famille du Chastel apparaît dès 525 dans un récit légendaire : la légende de saint Tanguy, ou Tanguy de Locmazhé.

Article connexe : Tanguy de Locmazhé.

La dynastie des Du Chastel (Du Chatel)[modifier | modifier le code]

Le blason de la famille du Chastel.

Cette généalogie[5] est simplifiée et reste lacunaire[6] :

L'hôtel de Tanneguy du Châtel à Recouvrance (dessin du XIXe siècle)
  • 1057 à Nantes et 1080 à Rennes : premières mentions de membres de la famille du Chastel dans des actes officiels
  • 1185 : deux membres de la famille Du Chastel participent à une assise tenue cette année-là par Geoffroy II de Bretagne, duc de Bretagne.
  • vers 1250 : Bernard du Chastel, de retour de la septième croisade, reconstruit le château de Trémazan, qui aurait été partiellement détruit vers 1220 par Pierre de Dreux. Époux de Anne de Léon. Il scelle de son sceau un acte en 1274. « Il y est représenté à cheval, tenant l'épée haute de sa main droite, et soutenant de la gauche un écu chargé de fasces, le cheval caparaçonné aux mêmes armes. »
    • fin XIIIe siècle : Hervé du Chastel (son existence est attestée par des actes de 1288 et 1294), époux de Sybille de Leslen, reçoit en fief le bourg de Recouvrance en remerciement de sa résistance lors d'un siège de Brest par les Anglais, probablement en 1296. « La Motte-Tanguy, sur laquelle s'élèvera plus tard la bastide de Quilbignon, marquait le siège de cette juridiction »[7]. Cette tour, désormais connue à Brest sous la dénomination de « Tour Tanguy », avait été construite pour asseoir le pouvoir de cette seigneurie, en face du château qui représentait le pouvoir ducal.
      • Bernard II du Chastel, époux d'Éléonore de Rosmadec.
        • ? - 1352 : Tanguy Ier du Chastel, époux de Tiphaine de Plusquellec, lieutenant général des armées de Jean de Montfort lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341 - 1364) à laquelle il participa, gagnant en 1347 la bataille de La Roche-Derrien contre Charles de Blois et en 1352 la bataille de Mauron. Constructeur de la Tour Tanguy à Brest.
          • Bernard du Chastel et Briant du Chastel, tous deux exécutés parce qu'ils soutenaient Jean de Montfort.
          • Garfin du Chastel servit le roi d'Angleterre Édouard III en 1367 puis le duc d'Anjou qui en fit le maréchal de son armée[8].
          • Tanneguy du Chastel, seigneur de la Roche-Dronion, fondateur de la branche des seigneurs de Melle.
          • ? - 1370 : Guillaume Ier du Chastel, époux d'Alix de Lesourny, sire du Chatel et de Coetangars (titre qu'il hérite de son frère Garfin, décédé sans postérité). Il rendit de grands services au duc de Bretagne Jean pour le compte duquel il demeura prisonnier, payant 6000 écus d'or pour sa rançon.
            • Hervé II du Chastel (1340 -1397), seigneur du Chastel, Leslem et Lesourmy, qui épouse en 1360 Mencie de Lescoet. Il se battit pour le compte du roi Charles V. Il eut quatre fils :

Par ailleurs (lien de parenté non trouvé) :

Description du château en 1903[modifier | modifier le code]

Allain Ferrand en fait en 1903 la description suivante[4] :

« [Du] pigeonnier on embrasse de biais tout l'ensemble du château. On voit, à droite, la façade dans laquelle se dessine la grande porte ogivale, en face de soi la tour ronde qui défendait l'angle gauche de cette façade ; à cette tour est une tourelle à pans coupés. Après avoir suivi la muraille à-demi écroulée, qui s'enfuit vers la gauche, l'œil aperçoit le donjon, haute tour carrée, sans toit, percé de nombreuses fenêtres. Tout cela est en ruines ; il ne reste pas un mur entier debout. Des corneilles innombrables, des chats-huants ont établi leur domicile dans le donjon que surmontait autrefois la bannière des Du Chastel. Mais ces ruines ont un aspect majestueux. Elles attestant de la grandeur de cette noble famille qui fut l'une des premières de Bretagne et dont deux des membres eurent l'honneur d'être inhumés à Saint-Denis, près des rois qu'ils avaient servis. »

Association SOS Château de Trémazan[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'association SOS Château de Trémazan s'attache à préserver le château et à accroître la connaissance de son passé.

Ainsi, des prélèvements sur les poutres du château ont donné lieu à une étude de dendrochronologie pour mieux dater l'édifice.

En attendant que des fonds soient trouvés pour sa restauration, l'association SOS Château de Trémazan a financé la mise en place d'une protection temporaire contre les effondrements.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail
  2. « Notice no PA00090049 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a, b et c Allain Ferrand, « Le château de Trémazan », Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f106
  4. a et b « Le Trémazan des du Chastel du château fort à la ruine », Actes du colloque de Brest de juin 2004, Y. Coativy (dir.), Brest, CRBC-UBO.
  5. Mercure de France, décembre 1757, consultable http://books.google.fr/books?id=wyUYAAAAYAAJ&pg=PA423&lpg=PA423&dq=Coetangars&source=bl&ots=Zl7hINwkxz&sig=IbW63UksbkZLWIEeyInY3hxIEfg&hl=fr&ei=SHO3TuecFIHG-QampKCFBg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCIQ6AEwAQ#v=onepage&q=Coetangars&f=false
  6. Allain Ferrand, "Tableau généalogique de la famille du Chatel", Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f125.image.r=Daoulas.langFR
  7. Armand Corre et Paul Aubry, Documents de criminologie rétrospective (Bretagne, XVIIe et XVIIIe siècles), A. Storck, Lyon, 1895, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5824885k/f21.image.r=Recouvrance.langFR
  8. Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, tome III, 1759, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5497481f/f559.image.r=Daoulas.langFR
  9. http://www.skoluhelarvro.org/culture-bretagne/batailles/detail.php?id=29

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Trémazan des du Chastel du château fort à la ruine, Actes du colloque de Brest de juin 2004, Y. Coativy (dir.), Brest, CRBC-UBO ; Landunvez, Association SOS Château de Trémazan, 2006, p. 273-298.

Liens externes[modifier | modifier le code]