Château de Bionne

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Château de Bionne
Image illustrative de l'article Château de Bionne
Façade du château de Bionne sur le jardin
Période ou style Composite
Type Folie montpelliéraine
Architecte Inconnu
Début construction Fin du XVIIe siècle
Fin construction Modifications fin du XIXe siècle
Propriétaire actuel Société commerciale
Destination actuelle Château-hôtel
Protection Non classé ni inscrit
Non recensé à
l'Inventaire général
Site web http://www.chateau-bionne.com/fr
Coordonnées 43° 36′ 09″ nord, 3° 49′ 15″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Languedoc
Région Occitanie
Département Hérault
Commune Montpellier

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Château de Bionne

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Château de Bionne

Le château de Bionne, anciennement château de Mont-Louis, est une folie montpelliéraine de la fin du XVIIe siècle, modifiée au XIXe siècle.

Cet édifice est situé 1225, rue de Bionne, au nord-est de Montpellier, dans l’Hérault.

Historique[modifier | modifier le code]

Le nom du château de Mont-Louis apparaît pour la première fois en 1685, quand il est la propriété du puissant Nicolas de Lamoignon de Basville, « intendant de justice, police et finances, commissaire départi pour l'exécution des ordres du roi dans la province de Languedoc ». Celui-ci y abrite sa liaison adultère avec une amie de sa femme[1], Gabrielle Pavée de Villevieille, par ailleurs épouse de son logeur à Montpellier[2].

Tout Montpellier est au courant de ce vaudeville. Un pamphlet à clefs de l'époque, intitulé Le conte des fées du mont des Pucelles, décrit madame d'Audessan sous le nom de « Minaudette » et l'intendant sous celui de « Sage Druide »[3]. En tout état de cause, ce dernier conserve le château jusqu'à son retour à la Cour, en 1718.

L'édifice passe ensuite en différentes mains dont celle des Bonnier, qui possèdent également le château de la Mosson et le château d'Alco. C'est à cette période qu'il prend le nom actuel de château de Bionne. Une légende locale raconte que Bonnier de la Mosson utilisait des souterrains — introuvés jusqu'à aujourd'hui — pour venir de chez lui visiter une demoiselle de Bionne[4].

Au cours du siècle suivant, il échoit aux familles de Pourtalès, de Montpezat, Thibault, Tissié et enfin Leenhardt dont sont issus l'historien Albert Leenhardt[5] et le journaliste Étienne Leenhardt. Il devient ensuite un centre de colonie de vacances géré par l'association des Amis de l'école laïque, puis le premier centre d'IVG de Montpellier.

C'est aujourd'hui un château-hôtel. Le 3 avril 2010, s'y sont déroulées des épreuves de la Poker Cup[6].

Bionne et Fréderic Bazille[modifier | modifier le code]

Entre la famille Thibault et la famille Leenhardt, le domaine de Bionne a été la propriété de la famille Tissié pendant près d'un siècle et joua ainsi un rôle dans la vie du peintre montpelliérain Frédéric Bazille. Le 21 avril 1826, André Tissié, fondateur de la banque Tissié-Sarrus, devient propriétaire du domaine de Bionne, succédant à la famille Thibault (archives de Grasset, notaire à Montpellier). Son fils Louis Tissié lui succède en 1866. Alfred Bruyas, ami de Louis Tissié, vient apprécier en été le domaine avec ses platanes menant à la Mosson. Un tableau du Musée Fabre de Montpellier peint par Glaize, "Intérieur du cabinet de Bruyas", témoigne de l'amitié de ces deux amateurs d'art. Déjà, André Tissé peignait en amateur et le Musée Fabre conserve deux de ses toiles.

En 1867, Suzanne, la fille de Louis Tissié, épouse Marc, le frère de Frédéric Bazille. Suzanne figure sur "La Réunion de famille" du jeune artiste en robe rayée noir et blanc. Elle porte certainement le deuil de son grand-père André Tissié, décédé le 26 décembre 1866. Frédéric Bazille peint les vignes de Bionne en 1868, tableau du Musée Fabre "Étude pour une vendange".

En 1881, Alphonse Tissié, fils de Louis, devient propriétaire de Bionne. Il offrira son portrait en uniforme de cuirassier, peint par Frédéric Bazille, au Musée Fabre en 1918. Pauline, la fille d'Alphonse Tissié, épouse d'Edmond Leenhardt, architecte renommé de Montpellier, hérite finalement du domaine en 1919.

Description[modifier | modifier le code]

La château de Bionne diffère des autres folies montpelliéraines en ce qu'il présente un toit à la Mansard. Il a subi certaines modifications à la fin du XIXe siècle - début du XXe siècle qui altèrent son aspect initial. Notamment, des ardoises et chéneaux de zinc ont remplacé la couverture traditionnelle de tuiles creuses.

Le principe architectural — un corps de bâtiment entouré de deux courtes ailes — est à rapprocher de celui du château de Flaugergues, également de la fin du XVIIe siècle.

Sous la terrasse, une grotte-fontaine, vraisemblablement de l'époque de Nicolas de Basville, fin XVIIe siècle début XVIIIe siècle, a été conservée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Madame de Basville, née Anne Louise Bonnin de Chalucet, était la petite-nièce de Richelieu. Parlant d'elle dans une lettre à l'évêque de Nîmes, son mari écrit : « Si les camisards la prenaient, ce ne serait pas une grande perte. » In Jean Nougaret, Éloge de Robert Poujol, discours de réception à l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, 9 janvier 2007.
  2. Nicolas Lamoignon de Basville loue durant trente-trois ans l'hôtel de François d'Audessan.
  3. In Robert Poujol, Basville, roi solitaire du Languedoc, intendant à Montpellier de 1685 à 1718, Presses du Languedoc, Montpellier, 1992.
  4. In Claude Fregnac, Merveilles des châteaux de Provence, coll. Réalités, Hachette, Paris 1965, p. 293.
  5. Érudit montpelliérain cité en bibliographie.
  6. Programme de la Poker Cup 2010 sur site poker.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Leenhardt (1864-1941) (préf. Michel Lacave (1944-...), Reprod. photomécanique de l'édit. de Montpellier), Quelques belles résidences des environs de Montpellier, vol. 2 volumes in 1, Paris-Genève, Champion-Slatkine, (réimpr. 1931 et 1932), 143-161 p., 23 cm (ISBN 285203140X, OCLC 799132118, notice BnF no FRBNF32501648, SUDOC 011741074, présentation en ligne)
  • Collectif, Châteaux et belles demeures des environs de Montpellier, bulletin du syndicat d'initiative n° 47, ville de Montpellier 1975.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]