Brun momie

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Interieur d'une cuisine par Martin Drolling un exemple d'utilisation du "brun de momie" ou aussi appelé Bitume

Le brun momie, parfois aussi appelé brun égyptien ou jaune de momie[1] ou Bitume, est un pigment brun-rouge (entre l'ombre naturelle et l'ombre brûlée) à tendance violacée, obtenu au XIXe siècle par broyage des corps carbonifères de momies qui contenaient des os, des aromates, des résines et de l'asphalte. Appliquée au XIXe siècle, avec de l'huile, cette couleur donnait des effets variées de transparence ou d'opacité[2].

La dénomination "Brun de Momie" est essentiellement anglaise et la traduction de "Mummy Brown". Les français parlaient de couleur Bitume. Les peintres anglais préraphaélites en ont beaucoup fait usage.

Alors que des momies réduites en poudre servaient déjà en médecine, on commença à transformer cette poudre en pigment au XVIe siècle pour obtenir le brun momie, un brun profond et rougeâtre, dont les nuances provenaient à la fois de la momie en décomposition et des résines et bitumes utilisés sur celle-ci.

Suite à la publicité faite au XIXe siècle sur la composition du mélange et face au manque de momies, les fabricants de couleur durent cesser d'utiliser des momies à partir de 1925.

Actuellement, la teinte brun momie est produite à partir d'oxyde de fer, de carbonate de calcium et de kaolin.

Toutefois, on peut obtenir cette nuance à partir du Caput Mortuum "[3], du Stil de Grain ou de la couleur Bitume qui tendent à remplacer celui de brun momie sur les nuanciers des fabricants : Winsor et Newton (aquarelle, pastel), Schmincke (huile, pastel), Sennelier (huile, aquarelle) et Talens (huile, pastel) proposent un Violet Caput Mortuum, à base d'oxyde de fer synthétique (PR101), variante plus brune du violet de Mars.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. par Anne Varichon par exemple)
  2. in Abraham Pincas, La source et le nuage, Erec éditions 2002, Puteaux p. 178.
  3. le "Caput Mortuum est décrit dans le traité de Turquet de Mayernne (1628) comme "le résidu de l'eau forte ou "Caput Mortuum". Ce terme est utilisé pour décrire l'oxyde de fer résiduel, sous-produit de l'acide sulfurique. In des liants et des couleurs pour servir aux artistes peintres et aux retaurateurs... EREC éditeur Paris, 1995 p. 241

articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Couleurs, pigments et teintures dans les mains des peuples, Anne VARICHON, (ISBN 2020846977)
  • "Abraham Pincas, La source et le nuage", Erec éditions 2002, Puteaux (ISBN 2905519320)