Jacques-Nicolas Paillot de Montabert

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Jacques-Nicolas Paillot de Montabert
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Activités

Jacques-Nicolas Paillot de Montabert (1771-1849) est un artiste-peintre français.

Portrait de Roustam

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques-Nicolas Paillot est né le 6 décembre 1771 à Troyes, dans un hôtel particulier de la rue du Bourg-Neuf. Baptisé le 10 à l'église de la Madeleine, il a pour marraine sa tante Marie Madeleine Paillot et pour parrain le conseiller Jacques Corps, conseiller à la cour des Aides et époux de sa tante Madeleine Dessain[1]. Il est le frère cadet de l'homme politique troyen Victor Paillot de Loynes (1713-1802).

Comme la plupart des artistes de la période, il reçoit une première formation artistique dans sa ville natale sous la conduite d'un peintre local, Pierre Baudemant (1729-1808), professeur à l’École royale gratuite et publique de dessin, mathématiques, d’architecture et des arts nouvellement fondée et affiliée à l’Académie royale de Paris. La Révolution, pendant laquelle il émigre ainsi que son beau-frère Germay de Cirfontaine, introduit une rupture dans sa formation et perturbe le développement de sa carrière. Elle lui aurait donné toutefois l'occasion d'étudier l'anatomie à Rouen avec Jean-Baptiste Laumonier, chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu et futur fondateur de l'École de Cérisculpture, puis de côtoyer Gilbert Stuart (1755-1828), qui l'introduira au portrait à l'anglaise. Inscrit sur la liste des émigrés, il ne revient en France qu'en 1800 ou 1801. Entrée à l'École des Beaux-Arts sous le patronage de Joseph Benoît Suvée, et intègre quelques années plus tard (et non en 1796 comme on l'a longtemps cru) l'atelier de Jacques-Louis David. Déjà âgé et ayant séjourné en Italie pendant la Révolution, sa priorité n'est pas de préparer le concours de Rome mais de vivre de son art. De 1802 à 1831, il expose régulièrement au Salon, où ses envois, à l'exception notable de son portrait de Roustan, le mamelouck de l'Empereur (1806, Paris, musée de l'Armée) passent inaperçus. L'artiste se singularise en participant aux tentatives de résurrection de techniques picturales de l'Antiquité et du Moyen Âge, en particulier la peinture à l'encaustique. La Léda (disparue) qu'il expose pour la seconde fois en 1814 lui vaut d'être décoré. Il reçoit finalement en 1816 la commande d'une peinture d'histoire, Diane venant visiter Endymion (Troyes, musée d'Art et d'Histoire). Cette même année, il brigue un siège de membre correspondant à l’Académie des Beaux-Arts, qui sera finalement donné à Charles Thévenin.

Pendant la Restauration, il s'éloigne du Salon pour se lancer dans la rédaction de l'œuvre pour laquelle il est essentiellement connu aujourd'hui, un Traité complet de la peinture en neuf volumes et un atlas de planches, publié en 1828-1829. L'éclectisme de ses intérêts s'y manifeste dans son attention à la fois à tous les aspects de la pratique picturale, aussi bien qu'aux théories de l'art et à son histoire.

Après 1830, Paillot de Montabert adhère à la Société libre des Beaux-Arts, société résolument néoclassique et profondément hostile au romantisme fondée à Paris dans le but d’échanger, de contribuer aux débats artistiques et de peser sur les décisions du nouveau gouvernement. Il y côtoie (entre autres) les peintres Bergeret, Cibot, Daguerre, Dedreux-Dorcy, Drolling, Franque, Garneray, Steuben, les sculpteurs Gatteaux et Pigalle, l’architecte Hittorff et l'antiquaire Louis-Aubin Millin.

Retourné à Troyes surveiller l'impression de son Traité, il s'y installe définitivement en 1834 après l'attaque qui le laisse aveugle. Il partage alors ses activités entre la Société Académique de l'Aube (dont il est membre depuis 1824), la Société des Amis des Arts nouvellement créée (expositions de 1843 et 1845) et son œuvre de théoricien et de pédagogue. Quatre des sept manuscrits inédits retrouvés après sa mort sont des manuels d’enseignement du dessin.  Il s'attache en outre à soutenir les jeunes artistes troyens, en particulier le sculpteur Charles Simart (1806-1857). Il meurt à son domicile des faubourg de Troyes le 6 mai 1849. Un monument funéraire conçu par son ami Paul Carpentier et élevé grâce à une souscription ouverte par la Société libre des Beaux-Arts est inauguré en 1851 au cimetière de Saint-Martin-ès-Vignes. Le monument est déplacé en 1888 au nouveau cimetière de Troyes.

Paul Carpentier a publié à titre posthume deux des manuscrits auxquels l'artiste avait travaillé à la fin de sa vie : L’Artistaire (1855) et L’Unitismaire (1859), qui devaient représenter les compléments social et spirituel de son esthétique. Le second, sous-titré « livre des chrétiens unitistes », a été inscrit à l’Index des livres interdits par la congrégation pour la doctrine de la foi quelques mois à peine après sa parution.

À l'instigation de la Société libre des beaux-arts, une pétition signée de près de soixante artistes et du secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts Raoul Rochette sollicite et obtient en 1843 sa nomination comme chevalier dans l'ordre de la Légion d’Honneur.

De 2003 à 2007, l'Université de Reims Champagne-Ardenne, en partenariat avec le musée d'Art et d'Histoire de Troyes, les archives départementales de l'Aube et la Maison du Patrimoine lui ont consacré un programme de recherche. Celui-ci a abouti à une exposition et un colloque au printemps 2007 à Troyes, sa ville natale[2]. Il a bénéficié du soutien des descendants du frère aîné de l'artiste, qui ont depuis donné aux archives départementales de l'Aube l'ensemble des papiers restés dans la famille, en particulier la correspondance de l'artiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Lord Byron

Par ordre chronologique

  • Paris, Musée de l'Armée, Portrait du Mamelouk Roustam Raza (1780-1845), 1806, huile sur toile 1,520 par 1,255.[1], don par le peintre Pierre-Albert Beaufeu en 1900[3].
  • Troyes, Musée des Beaux-Arts :
    • Nature morte et gibier, 1808, achat avant 1864.
    • Nymphe et faune, peinture à l'encaustique, 1808, don de Julien Gréau en 1885.
    • Portrait d'un jeune garçon, 1810, achat en 1880.
    • Diane venant visiter Endymion, peinture à l'encaustique, 1817, ancienne collection de Louis XVIII, commande de la maison du Roi en 1816 pour 3 000 francs, dépôt de l'État en 1872.
    • Portrait de Lord Byron, peinture à l'encaustique, après 1820.
    • Portrait d'un frère de la doctrine chrétienne peinture à l'encaustique, 1830, achat en 1886.
    • La Madeleine, peinture à l'encaustique, 1831 achat avant 1864.
  • Collection Chi Mei Culture Fondation, Taïwan, Portrait présumé de Lord Byron[4], 1823.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Théorie du geste dans l'art de la peinture, Paris, librairie Magimel, 1813.
  • Traité complet de la peinture, Paris, Bossange, 1829, neuf tomes et un volume de planches.
  • L'Unitismaire. Livre des chrétiens unitistes ou Exposé de la grande science chrétienne de nos devoirs envers Dieu, envers nous-mêmes et envers la société, grande science ou unitisme institué par Jésus-Christ divin libérateur, dont les doctrines ont été basées sur le principe éternel de l’unité, Paris, Alexandre Johanneau, 1858, trois volumes in-8°.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chantal Rouquet (dir.), Jacques-Nicolas Paillot de Montabert, cat. exp. Troyes, Musée d'Art et d'Histoire, 2007. Troyes, Éditions du Musée de Troyes, 2007. (ISBN 2-901635-26) édité erroné (notice BnF no FRBNF41036956).
  • Jean Da Silva, « Byron à Taiwan », dans F. Desbuissons (dir.), Jacques-Nicolas Paillot de Montabert (1771-1849). Idées, pratiques, contextes, actes du colloque des 4 et 5 mai 2007 à Troyes et Saint-Julien-les-Villas. Langres, Éditions Dominique Guéniot, 2009, p. 15-16 (cité par Nathalie Manceau, Compte rendu du colloque dans les Nouvelles de l'Institut national d'histoire de l'art, octobre 2007, page 15-16).
  • Frédérique Desbuissons (dir.), Jacques-Nicolas Paillot de Montabert (1771-1849). Idées, pratiques, contextes, actes du colloque de Troyes, Université de Reims Champagne-Ardenne et Saint-Julien-les-Villas, Maison du Patrimoine, 4 et 5 mai 2007. Langres, Éditions Dominique Guéniot, 2009 (ISBN 978-2-87825-464-8).

Note[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Nicolas Paillot de Montabert, Troyes, 1771-1849: peintre et théoricien de l'art, musées de Troyes, 2007, p. 8.
  2. Une rue devrait y honorer sa mémoire, c'est le haut lieu local de la prostitution.
  3. Longtemps attribué au Baron Gros, ce tableau a retrouvé son attribution en 1906
  4. D'après Nathalie Manceu, (voir Bibliographie) l'identification est contestable, il s'agirait plutôt du portrait d'un artiste, non identifié.

Site externe[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]