Boris Smyslovski

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Le comte Boris Alexeïevitch Smyslovski (Бори́с Алексе́евич Смысло́вский en russe), de pseudonyme Arthur Holmston (Арту́р Хольмстон) et parfois connu sous le nom Holmston-Smyslovski (3 décembre 1897 à Terijoki – 5 septembre 1988 à Vaduz) fut un général russe qui combattit le bolchévisme en prenant les armes parmi les Russes blancs en 1918. Il commanda la 1re armée nationale russe durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Smyslovski est né à Terijoki, dans le Grand-duché de Finlande (aujourd’hui Zelenogorsk, Russie), il rejoint l’armée impériale russe où il obtient le rang de capitaine dans la Garde impériale. Au cours de la guerre civile russe, il a lutté contre les bolcheviks, puis il est déporté en Pologne avec tous ses hommes. Il réussira à s’échapper plus tard et parvient à passer en Allemagne. Il sert dans l’armée allemande de la république de Weimar.

Son point de vue était que l’intervention étrangère est nécessaire pour libérer la Russie du communisme. Lorsque l’Allemagne envahit l’Union soviétique en 1941, il sert sur le front de l’Est.

Smyslovski prend le commandement de la Sonderdivision R (« division spéciale Russie ») et est devenu le premier Russe dans les services allemands à commander une unité anti-bolchevique. Il se rend vite compte que l’idéologie nazie ne convient aucunement à un Russe blanc comme lui malgré l’anticommunisme nouveau de l’Allemagne nazie. Il établit un réseau d’agents dans toute la Suisse car il envisage la chute de Berlin.

Première armée russe[modifier | modifier le code]

Vers la fin de la guerre, l’Allemagne a entraîné des volontaires russes pour l’effort de guerre contre le communisme, et les forces de Smyslovski ont été élevées à la dignité de 1re Armée nationale russe le 10 mars 1945. En avril 1945, Smyslovski s’était rendu à Feldkirch (Vorarlberg) où il rencontre le grand-duc Vladimir Kirillovitch, le légitime héritier Romanov à la Couronne impériale russe. Après beaucoup de batailles, l’armée du général ne reste composée que de 462 hommes (ainsi que 30 femmes et deux enfants). Le général décide de faire passer ses hommes au Liechtenstein le 2 mai 1945, seul pays réellement neutre. Le Grand-Duc, lui, a décidé de rester en Autriche. En effet, les accords de Yalta stipulent que tout Russe présent sur les territoires européens sera rapatrié de gré ou de force. L’Union soviétique tient au retour de ces hommes car la plupart sont considérés comme traîtres au communisme et donc selon l’URSS doivent être mis à mort. Les alliés ne s’encombrent pas d’état d’âme et livrent toutes les personnes issues de l’URSS. La Suisse elle aussi collabore, le Liechtenstein se retrouve alors seul à ne pas livrer de ressortissant russe à l'URSS. Les Russes ont été pris en charge par la Croix-Rouge du Liechtenstein dès leur arrivée. Le 16 août 1945, une délégation soviétique vient au Liechtenstein dans une tentative de rapatrier les Russes. Les négociateurs soviétiques procèdent tour à tour par la menace, les cajolerie envers la Principauté. Ils offrent des cadeaux ainsi que l’espoir de revoir les leurs aux Russes réfugiés au Liechtenstein. 200 partiront avec les négociateurs soviétiques. Ils sont partis dans un train pour Vienne et ont été assassinés en Hongrie à la mitrailleuse. Le reste des hommes est resté au Liechtenstein pendant encore un an. Le Liechtenstein subit une forte pression du gouvernement soviétique pour qu’il collabore au « rapatriement ». Le Liechtenstein aide également dans des tractations avec l’Argentine pour accueillir les réfugiés russes. Finalement, le gouvernement argentin offre l’asile et une centaine de personnes partent pour cette destination lointaine mais neutre. Smyslovski s’est entretenu avec Allen Dulles et d’autres experts militaires occidentaux afin que ceux-ci en apprennent davantage au sujet de l’Union soviétique et de son système d’espionnage mis en place avec Reinhard Gehlen.

Selon Alexander Frick, Premier ministre du Liechtenstein, les Russes n’étaient à aucun moment en danger d’être extradé, et la population locale soutient et soutenait pleinement le gouvernement dans le fait de fournir l’asile aux Russes. La petite population du pays (12 141 en 1945) a soutenu les émigrés (4 % de la population) à un taux de SF 30 000 par mois pendant deux ans et payé leurs frais de déménagement en Argentine, ils ne savaient pas que ces coûts devaient plus tard être remboursés par l’Allemagne.

Alors que les Alliés occidentaux et d’autres pays en Europe font suite aux demandes soviétiques pour rapatrier les citoyens soviétiques indépendamment de leurs souhaits individuels, le Liechtenstein était le seul pays qui s'opposa à ces demandes et a informé le gouvernement soviétique que seulement ceux des Russes qui voulaient rentrer chez eux serait autorisés à retourner en URSS.

Smyslovski meurt dans la capitale du Liechtenstein, Vaduz, le 5 septembre 1988.

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]