Boris Chapochnikov

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Boris Mikhaïlovitch Chapochnikov
Boris Chapochnikov

Naissance
Zlatooust (Gouvernement d'Oufa)
Décès (à 62 ans)
Moscou
Origine Flag of Russia.svg Russie impériale
Allégeance Flag of Russia.svg Russie impériale (1901-1918)
Flag of the Soviet Union (1924–1955).svg Union soviétique (1918-1945)
Arme Armée impériale russe
Armée rouge
Grade Maréchal de l'Union soviétique
Années de service 1901-1945
Commandement Maréchal de l'Union soviétique
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre civile russe
Grande Guerre patriotique
Distinctions Ordre de Lénine (3)
Ordre du Drapeau rouge (2)
Ordre de Souvorov 1re classe
Ordre de l'Étoile rouge (2)
Médaille pour la défense de Moscou
Médaille des Vingt ans de l'Armée rouge des ouvriers et des paysans

Boris Mikhaïlovitch Chapochnikov (en russe : Борис Михайлович Шапошников), né le 20 septembre 1882 ( dans le calendrier grégorien) à Zlatooust et mort le 26 mars 1945 à Moscou, est un maréchal soviétique[1].

Un brillant officier de l'armée du tsar...[modifier | modifier le code]

Chapochnikov est fils d'une institutrice et d'un petit employé. Il est éduqué au lycée technique de Perm, puis entre à l'académie militaire Alexis dont il sort sous-lieutenant en 1903. Il est envoyé en Asie moyenne et sert à Tachkent. Il est envoyé en 1907 par ses supérieurs à la prestigieuse Académie militaire impériale Nicolas de Saint-Pétersbourg qui forme les futurs officiers d'état-major, et en sort en 1910. Il est colonel de l'Armée impériale pendant la Première Guerre mondiale, mais il se rallie au régime bolchevik en 1918[1].

...devenu un chef de l'Armée rouge[modifier | modifier le code]

Son passé d'officier supérieur de l'armée impériale n'entrave pas sa carrière militaire. Avec Broussilov, il est parmi les officiers les plus gradés de l'ancienne armée impériale à servir au sein de l'Armée rouge, les voenspetsy, et à atteindre le niveau le plus élevé.

Dans les années trente, adversaire de Mikhaïl Toukhatchevski, adepte de la stratégie des divisions blindées, il remplace celui-ci comme chef d'état-major général en . Staline use de la rivalité entre les deux hommes et fait participer Chapochnikov au Conseil de guerre qui condamne Toukhatchevski à mort pour trahison (le )[2]. Ceci, en plus de sa santé fragile, lui sauve peut-être la vie pendant les Grandes Purges[1]. Comme Chapochnikov est un excellent administrateur, Staline le charge de la réorganisation de l'Armée rouge en 1939, après les grandes purges. Il obtient la libération du Goulag de 4 000 officiers indispensables pour cette opération, dont celle du maréchal Rokossovski. Il prépare ensuite un plan d'invasion de la Finlande, écarté par Vorochilov comme trop prudent : l'échec de la guerre d'Hiver, qui ne lui incombe en rien, renforce sa position vis-à-vis de Staline. Il remplace Joukov comme chef de l'État-Major général après l'attaque allemande, le 30 juillet 1941, mais quitte ses fonctions en 1942 pour des raisons de santé, Alexandre Vassilievski lui succède[3]. Il est l'auteur d'un livre, le Cerveau de l'Armée (Mozg armii, 1927), que Staline disait avoir en permanence sur son bureau et dont la lecture sera rendue obligatoire pour tous les officiers. Les trois volumes de cet ouvrage militaire analysent le théâtre des opérations militaires de la Première Guerre mondiale et tout particulièrement la stratégie des forces armées austro-hongroises, notamment celle du maréchal Franz Conrad von Hötzendorf[4]. En , il est nommé chef de l'Académie militaire de l'état-major. En 1937-1945, il est également député du 1er soviet suprême de l'Union soviétique de l'oblast de Moscou.

Assez curieusement, il fut le seul officier général avec Joukov respecté par Staline, probablement à cause de sa compétence ; quand il lui adressait la parole, il usait toujours du prénom avec le patronyme (Boris Mikhaïlovitch) selon la marque traditionnelle de respect en russe. Il mourut de maladie avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le général était un orthodoxe fervent, le régime accepta des obsèques religieuses.Il fut inhumé dans la nécropole du mur du Kremlin.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean-François Muracciole, Guillaume Piketty, Encyclopédie de la Seconde Guerre mondiale, Groupe Robert Laffont, , 2154 p. (ISBN 9782221191750, lire en ligne)
  2. (en) Lennart Samuelson, Plans for Stalin's War-Machine: : Tukhachevskii and Military-Economic Planning, 1925-1941, Springer, , 267 p. (ISBN 9780230286764, lire en ligne), p. 98
  3. Sheila Fitzpatrick, Dans l'équipe de Staline, Place des éditeurs, , 454 p. (ISBN 9782262075651, lire en ligne)
  4. (en) Lawrence Sondhaus, Franz Conrad Von Hötzendorf: Architect of the Apocalypse, BRILL, , 271 p. (ISBN 9780391040977, lire en ligne), p. 240

Liens externes[modifier | modifier le code]