Bernhard von Gudden

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Bernhard von Gudden.

Johann Bernhard Aloys von Gudden, né le à Clèves et mort le à Berg, sur les bords du lac de Starnberg en Haute-Bavière est un neuropathologiste et psychiatre allemand. Il a été le médecin de Louis II de Bavière chez qui il a diagnostiqué une paranoïa et avec lequel il est mort dans des circonstances mystérieuses[1].

Résumé biographique[modifier | modifier le code]

En 1848, il obtient son doctorat en médecine de l'université de Halle et commence à travailler comme interne à l'asile de Siegburg, sous l'autorité de Carl Jacobi (1775-1858). De 1851 à 1855, il collabore comme psychiatre avec Christian Roller (1802-1878) à l'asile d'aliénés d'Illenau de Baden. De 1855 à 1869, il est directeur du Unterfränkische Landes-Irrenanstalt un établissement pour malades mentaux de Werneck. En 1869, il est nommé directeur de l'hôpital du Burghölzli et professeur de psychiatrie à l'université de Zurich. À la fin de sa carrière, il enseigne cette discipline à l'université de Munich.

Von Gudden avait initié en psychiatrie la pratique du « no-restraint ». C'est ainsi qu'il se refusait à ligoter ses malades et qu'il leur accordait des sorties dès que possible. À propos de la phrénologie" il disait: « Je ne suis pas un partisan de doctrine localisatrice, mais je ne suis pas pour autant un adversaire de toute localisation ».

Il a notamment été le maître d'Emil Kraepelin et d'Auguste Forel.

Sa mort mystérieuse avec le Roi fou Louis II de Bavière[modifier | modifier le code]

Le 13 juin 1886, un peu après 18 h, Louis II demande à son psychiatre Gudden de l'accompagner pour une seconde promenade (la première avait été dans l'après midi). Quand ils n'étaient toujours pas rentré à 20 h, le personnel du roi au Château de Berg, s'inquiétant, il faisait alors nuit noire et il y avait une pluie torrentielle, envoya des hommes chercher le roi et son psychiatre. Ce n'est qu'à 22 h qu'un homme vit une étrange masse noire flotter dans le Lac de Starnberg : la veste et le gilet du Roi. Trente minutes plus tard, on trouva le cadavre du Roi flottant à vingt mètres de la berge, avec à ces côtés le cadavre de Gudden. La montre de Louis II s'était arrête à 18 h 54, celle de Gudden à 20 h. Cependant, des témoignages lors de l'enquête ont affirmé que Gudden avait l'habitude d'oublier de remonter sa montre[2]. L'enquête a ensuite montré que Gudden était blessé à la nuque, qu'il y avait des traces d'une lutte aux abords du lac, (chapeau de Gudden totalement écrasé, traces de pas, parapluie abandonné...) et l'autopsie a montré que Gudden était mort noyé, de l'eau ayant été retrouvé dans ses poumons. À ce jour on ne sait toujours pas si une autopsie a été ou non pratiqué sur le corps de Louis II, mais certaines sources de l'époque disent qu'il n'y avait pas d'eau dans ses poumons. Tout cela a bien entendu nourri énormément de spéculations et de théories[1].

Ce qu'Emil Kraepelin en disait[modifier | modifier le code]

  • « (...) Le trait essentiel de cette personnalité fut la recherche frénétique de faits absolument sûrs et certains. Le seul chemin vers la connaissance du labyrinthe psychiatrique lui semblait le découpage anatomique de plus en plus fin du cerveau. Il abhorrait l'observation clinique (...) »[réf. nécessaire]
  • « (...) Comme je répondis affirmativement (à Wil de naissancehelm Wundt) à sa question, il se sentit obligé de me faire part de ses réserves quant à la réalisation de mon projet (devenir philosophe). Il me fit remarquer que cette branche de la philosophie ( c’est-à-dire la psychologie expérimentale) n'avait aucune chance d'être prochainement reconnue par les autorités académiques, que je ne serais donc pas professeur de sitôt, et que je devrais très probablement remettre aux calendes grecques mon mariage. (...) Pendant l'automne 1883, j'allais donc trouver (Von Gudden) pour l'entretenir de mes problèmes. Il fut très résolument partisan de mon retour dans le giron de la psychiatrie »[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) his mysterious death - schwangau.de
  2. (en)E. Shorter, A history of psychiatry, Chapter 3, p. 56-57

Sources[modifier | modifier le code]