Bantunani

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Bantunani
Bantunani alias Michel Nzau Vuanda.jpg
Michel Nzau Vuanda, en 2010.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (43 ans)
KinshasaVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
BantunaniVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Auteur, compositeur, interprète, producteur, informaticien,réalisateur
Autres informations
Genre artistique
funk, blues,reggae, soul,rock, afrofunk,nurumba,afrogroove,afropop
Site web

Bantunani alias Michel Nzau Vuanda, né le à Kinshasa, est un auteur-compositeur-interprète, producteur et réalisateur franco-congolais.

Chanteur au groove conscient, en 2006, il est l’instigateur de la Nu Rumba, courant musical fondé sur une trinité philosophique « Je pense, je danse donc je suis », un subtil mélange de funk et électro-soul nourrit de beat afro où les guitares sébènes de Kinshasa amènent une trace particulière. Il signe dès 2006 avec son premier contrat avec le label Ruestendhal et prestigieux contrat avec les studios Davout. Il décline son style sur ses sept albums : RumbaLounge, discovering nu rumba (2008), Africanization (2010), Acousticfear, crépuscule des idoles (2012), Intrigant rocknbe (2013), The Man by Michel Nzau (2014), Groovencio, an afropolitan diary (2016) et Musicalist (2018)[réf. nécessaire]. Bantunani est avant tout un showman au pas de danse bien marqué, le shakingland, mouvement de danse qui consiste à faire trembler le sol durant les envolés de sébènes.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Né dans une famille bourgeoise de la banlieue chique de Kinshasa, Michel Nzau arrive à l'âge de six ans en Europe. Il connaît d'abord le Portugal et l'Italie avant d'atteindre la France en décembre 1982. La famille s'installe alors à Limoges.

Il poursuit d’abord des études de droit à la faculté d'Orléans puis s'oriente vers les nouvelles technologies de communication. Il se spécialise dans la sécurité informatique et les systèmes d'exploitation Linux.

Il fonde une première société en 2002, Vizualiz. En 2005, il fonde son propre label musical Blackninja Publishing dont la mission repose sur le développement de la plateforme artistique de Bantunani.

La Nu Rumba, source de l'afrofunk[modifier | modifier le code]

À la croisée des musiques africaines et noires américaines, tel un chaînon manquant entre Fela Kuti et James Brown, ce courant musical renoue avec une acoustique affranchie des carcans worldmusique. À l'intérieur de la nu-rumba, le chant né avec le premier album RumbaLounge, discovering nu rumba (2008), le genre a beaucoup évolué sans perdre sa volonté initiale de faire danser à travers les styles et les époques.

En 2010, quand paraît l'album Africanization, le jeune Bantou se dit meurtri par la disparition de sa grand-mère et la mort de Michael Jackson. Une certaine noirceur traverse les 15 titres que désormais Michel, affranchi de la tutelle de ses musiciens, peaufine dans la solitude des nuits de Ménilmontant. Il veut un groove moins festif, plus axé sur la prise de conscience et les sonorités urbaines et modernes. Africanization regorge de références mystiques et cosmogoniques. L'œuvre, prophétique, est clairement influencée par les univers de Wu-Tan Clan, de Gil scott heron où encore de Curtis Mayfield. Les titres Blackninja, suicideMood illustrent cette rencontre improbable de l'afrogroove avec les guitares de la Blaxploitation. À sa sortie, l'album lui ouvre les portes des radios mainstream (Nova, France Inter, RFI, BBC World et Canal +). Les titres Coltanrush et Blackninja rencontrent un immense succès.

En 2012, Michel change de batteur et de guitariste pour mener un projet secret pendant 6 mois dans les studios A de Davout. Avec Acousticfear, Il propose de démocratiser et de partager sa passion de Nietzsche en mettant en musique quelques œuvres du philologue. Il travaille avec l'artiste dessinateur Djo Calmant qui signera la pochette et le livret de l'album. Ensemble, ils imaginent un univers apocalyptique futuriste reflet du crépuscule des idoles. Michel écrira pour cet opéra afropop 25 titres mais n'en gardera que 16. Ainsi chaque titre bénéficie d'un visuel et d'un sous titre inspiré de l'œuvre de Nietzsche et de Thomas Hardy. Avec cet album, l'artiste atteint une certaine liberté, une maturité dans l'écriture qui désormais lui confère une certaine renommée. Cinq titres seront classés dans les charts : Unplugme, Mapworld, Murder in the City, Rumba is dead, She is gone.

Fin 2013 sort le nouvel album Intrigant ( Rocknbe). Composé de 15 nouveaux titres essentiellement écrits durant la tournée européenne Acoustictour. Michel veut encore pousser le concept de fusion et aller vers des sonorités plus rock, donner une place majeure aux synthés et instruments à cordes afin de trouver un groove dur et mélancolique. La particularité de cet album repose sur la participation de tous les ingénieurs du son des studios Davout même si Jean-Loup Morette reste aux commandes, les styles se confondent au point de donner un son très éclectique. Intrigant parle de la complexité d'un monde qui échappe à tout contrôle, l'individu doit être fort et maître de son destin. Michel épouse une désinvolture dans son chant, les guitares arrivent telles des balles contre un l'ordre établi. L'album connaît un succès retentissant avec le single "Kivustan", "Obamaforgotus" et American Law qui battront des records d'audiences et de vues. Les clips seront censurés à plusieurs reprises par Youtube. Michel prolonge ainsi son combat débuté avec Coltanrush et se défend de faire une musique engagée. Il parle alors plus d'une conscience. La polémique sera si forte qu'elle laissera des traces dans la communication de Bantunani qui refuse farouchement les grands médias.

The Man, premier album signé sous vrai nom, Michel Nzau. La plume infatigable, il livre en 2015 un double album marqué soul et très romantique. Comme le suggère le titre, The Man, l'homme se livre et se confie un peu plus. L'énergie live et fougueuse de Bantunani s'atténue, le temps d'une introspection musicale très lounge. Entre Paris et Berlin, le jeune bantou devient un afropolitain, porte étendard d'une jeunesse africaine inscrite dans la dynamique du monde globalisé et résolument tourné vers le futur. À travers 20 titres de confidences, l'artiste épouse les thématiques de son époque. Le groove vindicatif a fait place à la recherche du temps perdu qui se ressent aisément dans les titres. La cadence est douce, le beat downtempo s'impose. Les guitares deviennent feutrées dans une ambiance électro-urbain où l'on croit entendre la nuit berlinoise et sa "Bad-Cave". On notera la première collaboration avec Bernie Grundman et Brian Gardner (Big Bass), les deux légendes du mastering (Dr.Dre, Herbie Hancock, Michael Jackson, Bruce Springsteen, Leonard Cohen, Quincy Jones). On notera l'impact des titres : TheMan, Funky Spleen, Injur, Jazz'n spell.

Toujours aussi prolifique, 2016 s'annonce comme l'année psyché-pop de Bantunani si on en croit les premières productions issues de la collaboration avec Bob Katz et la société PSI audio.

Maintes fois annoncé, l'album Groovencio paraît en 3 volumes dont le premier Futura est sorti le 5 septembre 2016 avec 5 nouveaux titres : SmoothLie, The Dove, Sleeping in the dark, Groove Brother, Look Back.

De l'afrofunk au psychégroove:

En 2016, rompant avec les productions nourries, Bantunani prend un virage minimaliste reposant davantage sur un beat urbain, une basse lourde et une voix exposée où le chant, très narratif exprime la vérité de l'homme. Michel révèle une phase plus psychédélique et des inspirations pop rock, loin des traditions funk et r&b dans lesquelles il fut souvent inscrit.

2018 signe le retour d'un Groove très urbain et dancefloor avec l'album, Musicalist. Michel s'associe au jeune mixeur/ DJ BigMig (Miguel Bénavidès) pour la réalisation globale du projet Musicalist. A deux, ils veulent démocratiser les bases de l'afrofunk et embrasser des rythmes plus disco. Ils empreintes quelques signes des musiques EDM. C'est alors que paraissent les titres Passion Gone, Passion Lost et Mystic Boogie dont la portée est immédiate.

Mais cette année voit aussi la parution sur le label du groupe « les Mininanis » composé des trois enfants de Michel : Matteo, Terence et Maria. The Mininani's est un groupe de musique electro pop funk composé des trois enfants de l'artiste Bantunani. Ils évoluent depuis près de 8 ans dans l'ombre des productions de leur père. Elève de l'école de musique de Pontaudemer puis de l'INA (Kinshasa) ils font une synthèse entre une instruction orale et écrite de la musique. On retrouve Matteo au synthé, Térence à la batterie et Maria au piano et violon. Fidèle à la tradition familiale, ils proposent un groove dansant à la croisée des styles. Leur single au titre éponyme "The Mininanis" connait un franc succès TV et radio. Produit et Mixé par Michel Nzau et Théau Rogérie ( The dude) des Studios Davout.


Moonkinjazz, l'inspiration kinoise[modifier | modifier le code]

Par delà la Rumba, Moonkinjazz, le nouvel album de Bantunani est bien plus qu'un album:un courant, un phénomène culturel au point qu'on parle même de Bantunanisation des esprits qui s'empare de Kinshasa.

  Bantunani s'est en effet toujours démarqué par une musique consciente et engagée pour laquelle il a longtemps été critiqué. On se souvient des titres Coltan Rush et Kivustan qui dénoncent les violences sur les femmes comme arme de guerre.

Après 40 ans d'exil, il revient dans son pays natal avec un message fort qui prône un Congo renouvelé, vivifié. Son personnage de cowboy bohème qui parcourt les rues de Kinshasa se transforme en Dandy Dansant sur scène pour le plus grand plaisir du public kinois. Il s'agit en fait d'une véritable rencontre esthétique et spirituelle entre un peuple épris de concepts et de nouveauté et un artiste. On songe au titre Taxi Driver où le quotidien est sublimé, magnifié, faisant du cri des receveurs "Gambela Bumbu Selembao" un refrain lyrique. A Congo Memory qui fait passer les rues de terre battue pour celles d'une ville du Far West ou à Moonkinjazz qu'on croirait tourné dans une factory Newyorkaise.

Bantunani s’invente sa terre promise, MoonKinJazz, un de ses innombrables monde fictifs faits de musique  et d’errance.  Autoportrait d’un africain bohème, son groove se nourrit de particules élémentaires et cosmiques. L’homme se veut gitan,  cowboy solitaire qui chante un monde en mutation. Conçu entièrement à Kinshasa, la cadence se fait infernale comme cette ville folle où le jour et la nuit se confondent. Explorateur de son temps et de son espace, le bantou, puisant dans ses sources, tente de dépeindre les rires éclatants et les insultes fanfaronnantes, les têtes des vendeurs, les taxis jaunes qui bourdonnent dans cette ruche qui ne dort jamais.

La composition se veut plus spontanée, à l’image des jam que l’artiste apprécie particulièrement. MoonKinJazz est un album  dont la magie musicale repose sur ce mélange de genres et d'époques.  Son afrofunk continue sa mue sur les 16 titres: des emprunts soul, funk, disco et même fado, comme sur le titre Fadospell, traduisent encore une fois sa volonté de rencontre et de fusion.  Avec MoonKinjazz, on continue la danse entre mélancolie et réflexion.

Il est l’homme qui marche et danse sur Kinshasa. Enregistré entièrement dans ses studios Kinois, Bantunani invite à lui les artistes de tous horizons, de la scène underground kinoise aux stars confirmées.

Ce 10ème opus se veut percussif et pertinent. La guitare trône toujours à la première place du mix aux côtés de sa rivale Basse et de sa complice batterie qui sont la plume et les pinceaux du mélomane.La musique se joue des styles sur un fond beat afro très modernisé, des notes jazz et funky se glissent ici et là dans cette machine à danser.

Le voyage est nocturne, la nuit côtoie le jour dans un Kinshasa en pleine mutation, du très sensuel Pesa Ye aux refrains étourdissants des receveurs sur Taxi Driver.

Cet album arrive après le succès de l’album Musicalist qui aura définitivement assis Bantunani au rang de star du groove et de la scène, avec près de 35 000 ventes. . Enregistré entièrement dans ses studios Kinois, Bantunani invite à lui les artistes de tous horizons, de la scène underground kinoise aux stars confirmées.

Tracklist :

  1. MoonKinJazz (yoka biloko oyo)
  2. Goodman
  3. Mystery
  4. Listen
  5. Give Love - Pesa ye
  6. Wild Love
  7. Congo Memory
  8. Night Ndule
  9. Taxi Driver ( Gambela Bumbu Selembao)
  10. Question
  11. Fado Spell
  12. FakeWorld
  13. Give Peace
  14. Tcherkandote
  15. MonkinJazz ( hip hop mood)
  16. Mystic Boogie ( Belt Remix) by Big Mig
  17. Mystic Boogie (Dub Disco)

Une musique, un masque[modifier | modifier le code]

L'homme est volontiers discret, Michel N’zau n’en demeure pas moins charismatique, entre dandy dansant et philosophe chantant, il propose depuis près de huit ans un groove insondable aux beats funky et rock. Portée par une voix puissante et feutrée, sa musique atteint son apogée sur scène qui devient alors un espace d’expression aux envolées multiples où chaque musicien vient relancer la transe contagieuse de Michel. Celui que l’on compare à Terence Trent D’Arby ou à un jeune James Brown, se dit être le fils du groove. Un groove qui porte les racines et l’esprit Bantou : un souffle de l'existence, un désir fou de brûler la vie par la danse.

Le nom Bantunani[modifier | modifier le code]

La musique de Bantunani est chargée d'Histoire, celle d'un peuple et d'un homme qui fait de l'Afrique une source d'inspiration pour le futur.

Le terme Bantou (batu) est issu du lingala aurait trois sens, le terme nani, quant à lui signifie « Qui est-ce ? » ou « Qui ? ».

La référence à la civilisation Bantou, une façon artistique de perpétrer une histoire africaine, surtout congolaise, souvent méconnue. 2. Le terme Bantou désigne aussi l'être humain dans son ensemble, à savoir l'humanité. C'est donc une référence philosophique et universelle que Michel veut mettre en avant.

3. Pluriel du mot mutu (une personne), le mot Bantou désigne alors le groupe comme ensemble d'individu.

Bantunani est donc une question insoluble, qui sommes-nous, qui sont les hommes ? et en dernier lieu qui est donc ce groupe ou cet artiste.

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

Le 14 octobre 2009, Bantunani s'engage contre les violences sexuelles au Congo avec un concert protestataire à La Bellevilloise, Paris. Cet engagement qui dénonce les violences causées par les gisements de Coltan au Kivu trouve son expression à travers les titres ColtanRush, Kivustan et Obama forgot us. Ces clips sont souvent attaqués et supprimés de la plateforme Youtube.

D'après ces textes, un artiste est le porte parole de son époque, un témoin audible de la société dont la musique témoigne et éclaire les esprits. C'est donc un activiste au service de la paix qui souhaite faire danser autrement.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • RumbaLounge, discovering nu-rumba (2008)
  • Africanization (2010)
  • Acousticfear, crépuscule des idoles(2012)
  • Intriguant (2013)
  • Funky Spleen (2014), mastérisé par Bernie Grundman
  • Promises (2014), mastérisé par Bernie Grundman
  • Injur(e) 2014, mastérisé par Bernie Grundman
  • Theman (2015), mastérisé par Brian Gardner
  • Groovencio, futura-volume 1 (2016), enregistré et mixé aux Studios Davout, masterisé par Bob Katz
  • Musicalist, 10 years of Groove (Socadisc / Nova MD) - (2018), Masterisé par Bob Katz, Sefi Carmel, Big Mig
  • MoonKinJazz (2019), enregistré entièrement à Kinshasa - mixé et masterisé à Londres, Chicago et New-york

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]