Bankon (peuple)

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Bankon
Populations significatives par région
Autres
Langues bankon
Religions Chrétiens

Les Bankon sont un peuple aborigène vivant dans le pays Abo dans la région du Littoral du Cameroun, situé au nord de la ville de Douala et traversé au sud-est par la rivière Abo, affluent du fleuve Wouri.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

« Nkon » est le singulier de « Bankon », ou « Bangkon ». Les colons les ont désignés sous le nom de « Abo » pendant et après la colonisation. Il pourrait s'agir d'une déformation du « Bo » employé par les Doualas[1].

Langue[modifier | modifier le code]

Leur langue est le bankon, une langue bantoue dont le nombre de locuteurs était estimé à 12 000 en 2001[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Selon Melinda Lamberty, il existe un large consensus pour considérer que les Abo et les Barombi sont étroitement apparentés et formaient sans doute à une époque un seul et même peuple[3]. Selon Gratien Atindogbe, si c'est sous le nom d'« Abo » que ces populations sont essentiellement connues, ils marquent eux-mêmes une préférence pour se désigner sous celui de « Bankon »[4].

D'après la tradition orale, Abo et Barombi seraient originaires du Congo. De là, leurs ancêtres auraient entamé une lente migration, qui les auraient mené à rencontrer tout d'abord les Duala, qu'ils considèrent comme leurs frères, puis les Bassa, qu'ils ne considèrent en revanche pas comme tels[3].

La relation entre Abo et Barombi a pu être résumé ainsi :

« Chacun de ces deux groupes soutient qu'il descend de l'autre, et que le nom de leur ancêtre commun est Lombi. Celui-ci a apparemment poursuivi sa migration vers l'ouest jusqu'aux lieux où se trouvent aujourd'hui les « poches » de population Barombi, alors que son fils, Nkon s'est arrêté avant pour s'installer sur la zone actuelle de la subdivision administrative d'Abo. Ainsi, les Barombi sont les descendants du père, Lombi, et les Abo sont les descendants du fils, Nkon, et du petit-fils, Bo[5]. »

Révolte des Bankon et des Abo du sud en 1891[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Empire colonial allemand.

L'essentiel du commerce en pays Abo était fourni par l'huile de palme. Or, au XIXe siècle, dix tonnes d'huile de palme équivalaient à une tonne d'ivoire[réf. nécessaire].

C'est dans ce contexte qu'en février 1891, les habitants du village de Mian (canton Abo Sud) bloquent le passage du fleuve Abo au gouverneur Heinrich Leist. Selon les Annales coloniales, les villages de Bonakwassi (canton Abo Nord) et Mian sont érigés en forteresse. Toujours selon les Annales coloniales, l'enjeu principal de cette bataille était le prestige de l'Allemagne et le maintien de l'obéissance par l'administration coloniale allemande au Cameroun[réf. insuffisante]. C'est pourquoi on utilisa l'armée improvisée du capitaine Karl von Gravenreuth, mais aussi deux bateaux allemands, le Habicht et le Soden[réf. souhaitée]. Le , le capitaine von Gravenreuth périt devant le village bankon de Duka, au moment où il montait à l'assaut de cette place forte[réf. nécessaire].

Tous les rebelles hommes attrapés alors furent pendus, les femmes emprisonnées ; d'autres hommes pris par la suite furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Mais l'affaire fait scandale au Reichstag.[réf. nécessaire] Leist est traduit devant un conseil de discipline, et mis en disponibilité pendant trois ans[6].

Des villages entiers furent détruits, les pertes des populations bankon et abo du sud furent très grandes[réf. nécessaire]. Un traité de paix fut signé par les belligérants au début de l'année 1893.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elenga Mbuyinga, Tribalisme et problème national en Afrique Noire, L'Harmattan, Paris, 1992, p. 48 (ISBN 9782296430662)
  2. (en) Fiche langue (code «abb») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  3. a et b Melinda Lamberty 2002, p. 5
  4. Cité par Melinda Lamberty 2002, p. 5
  5. Texte de Dieu et Renaud (1983), cité par Melinda Lamberty 2002, p. 5.
  6. « Étranger : Nouvelles du matin, Allemagne », La Liberté, no 82,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Melinda Lamberty, A Rapid Appraisal Survey of the Abo and Barombi Speech Communities: South West and Littoral Provinces, Cameroon, SIL International, (lire en ligne)
  • Idelette Dugast, Inventaire ethnique du Sud-Cameroun, IFAN, 1949, p. 25-26.
  • Ralph A. Austen, et Jonathan Derrick, Middlemen of the Cameroons Rivers: The Duala and their Hinterland, c. 1600–c.1960, Cambridge University Press, 1999

Articles connexes[modifier | modifier le code]