Balogna

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Balogna
Balogna
Vue du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Corse-du-Sud
Arrondissement Ajaccio
Canton Sevi-Sorru-Cinarca
Intercommunalité Communauté de communes Spelunca-Liamone
Maire
Mandat
Dominique Grisoni
2014-2020
Code postal 20160
Code commune 2A028
Démographie
Gentilé Balognais
Population
municipale
130 hab. (2016 en augmentation de 1,56 % par rapport à 2011)
Densité 4,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 10′ 44″ nord, 8° 46′ 47″ est
Altitude Min. 108 m
Max. 1 174 m
Superficie 27,75 km2
Localisation

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Balogna est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Sorroingiù, dans les Deux-Sorru.

Géographie[modifier | modifier le code]

S'étalant à environ 500 mètres d'altitude, Balogna est avec Coggia et Appriciani le seul village des Deux-Sorru à être tourné vers la mer, le reste de l'habitat de la région se situant au-delà du col Saint-Antoine, dans la vallée du Liamone. Il se trouve à 4 kilomètres seulement de Vico, principale ville de cette partie de l'île.

Deux autres vallées aujourd'hui non habitées donnent sa configuration à un territoire qui va presque du niveau de la mer jusqu'à 1 100 mètres d'altitude. Il s'agit donc là d'un village qui possède à la fois les caractéristiques de la moyenne montagne et celles de la proximité maritime.

Le climat est à cette image : vents forts venant de la montagne autant que de la mer, quelques jours de neige en hiver et quelques semaines de canicule adoucies par les brises d'altitude l'été.

Accroché en palier, le village vit sous la menace perpétuelle de l'écroulement de falaises de granit.

L'hiver, la lumière exceptionnelle des couchers de soleil des calanques de Piana se décale pour passer quelques mois à Balogna : pendant un quart d'heure avant la tombée du jour, le village s'illumine d'orange.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village est historiquement marqué par la présence des seigneurs de Leca qui sont à l'origine de sa fondation[1].

Mais d'où vient le nom de Balogna ? Et le caractère très spécifique de ses habitants ?

Le village a été créé assez récemment, sous la domination génoise et l'une des hypothèses est qu'il a été bâti pour écarter de Balagne (d'où le nom) des récalcitrants au régime de Gênes. Une sorte de camp d'éloignement, donc... ce qui expliquerait bien des choses.

Aucune trace de l'antiquité n'y est connue alors qu'elles sont nombreuses aux alentours.

Un site préhistorique, par contre, peut être observé au Tragonatu.

Comme ailleurs en Corse, le pic de population (jusqu'à 800 personnes) a été atteint au XIXe siècle, mais la population est stable aux alentours de 200 personnes.

"Balogna hè quellu paisolu di u cantonu di Vicu chì si ne sta annant'a una sciappa cume una sintinella tesa à u sole..." (Maistrale, 1931)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2002 Joseph Antoine Allegrini SE Docteur en chirurgie dentaire
2002 2014 Antoine Carlotti Corsica Libera Entrepreneur
2014 En cours Dominique Grisoni REG Commerçant
Les données manquantes sont à compléter.

La vie politique de Balogna ressemble à celle de toute la Corse, avec une forte domination nationaliste.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[3].

En 2016, la commune comptait 130 habitants[Note 1], en augmentation de 1,56 % par rapport à 2011 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
264262340374248334390424415
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
459510526549575517500530510
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
434578515537540556308509207
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013
204196176160170137133128132
2016 - - - - - - - -
130--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Variation de population 1999 - 2006 : - 35 hab, et de 2006 à 2007 : - 4... Depuis 1999, la baisse de population s'aggrave. On peut légitimement se poser la question du pourquoi d'une telle baisse du nombre d'habitants de 1999 à 2006 puis 2007, d'autant plus qu'il y a eu dans ces années une natalité que les environs n'ont pas connue. Or, pour la première fois depuis l'existence de statistiques fiables, les villages qui connaissent une telle baisse sont rarissimes : jamais en Corse la population n'a autant augmenté depuis deux siècles, selon l'INSEE et à la surprise générale.

Variation de population 1990 - 1999 : + 10 hab

  • Solde naturel 1990 - 1999 : - 25 hab
  • Solde migratoire 1990 - 1999 + 35 hab
  • Taux annuel moyen de variation de la population 1990 - 1999 + 0,6 %

Structure de la population en 1999 :

  • Hommes 51,2 % (moyenne nationale 48,6 %)
  • Femmes 48,8 % (moyenne nationale 51,4 %)

Pyramide des âges en 1999 :

  • Plus de 75 ans 10,6 % moyenne nationale 7,7 % )
  • 60 - 74 ans 37,1 % (moyenne nationale 13,6 %)
  • 40 - 59 ans 22,9 % (Moyenne Nationale 26 %)
  • 20 - 39 ans 20 % (moyenne nationale 28,1 %)
  • 0 - 19 ans 9,4 % (moyenne nationale 24,6 %)

Ménages en 1999 :

  • Ménages de 1 personne 32,9 % (moyenne nationale 31 %)
  • Ménages de 2 personnes 35,6 % (moyenne nationale 31,1 %)
  • Ménages de 3 personnes 12,3 % (moyenne nationale 16,2 %)
  • Ménages de 4 personnes 8,2 % (moyenne nationale 13,8 %)
  • Ménages de 5 personnes 8,2 % (moyenne nationale 5,5 %)
  • Ménages de 6 personnes ou plus 2,7 % (moyenne nationale 2,4 %)

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le village, assez étendu, se compose de plusieurs quartiers : à l'entrée, en bas, autour de l'église, les "Corte" dont l'atmosphère rappellera l'habitat groupé de certains villages de la lagune de Venise ou de certaines régions rurales de Toscane. La route circulaire qui donne sa forme au village, très étendue en longueur, fait une épingle pour passer ensuite par U Canale, dont on ne sait pas si ce lieu porte le nom d'un ancien canal ou celui d'une des familles qui y habite (sinon les deux !), puis se dirige vers le centre d'implantation des premières maisons construites sous la domination génoise, protégées au creux de la vallée, "A Cardiccia". On trouve également des quartiers plus spécifiques comme la Guazzina, du nom de la fontaine qui s'y trouve.

Enfin, trois vallées non habitées et autrefois mises en valeur (châtaigniers, oliviers, fours, casette...) complètent le territoire de la commune, à l'arrière du village : chasse, promenade y sont pratiquées, et baignade dans les ruisseaux ou dans le fleuve Sagone. Deux ponts, l'un récent, l'autre du XIXe siècle, paraît-il à partir d'un premier essai de pont génois, montrent les efforts permanents de conquête et gestion du territoire. Jusqu'en 1930, il y avait là un chemin muletier important, qui explique par ailleurs pourquoi les familles de Balogna sont très liées à celles de Marignana alors qu'aujourd'hui les routes éloignent considérablement deux villages autrefois très proches.

Principal monument visible, l'église de Balogna est typique d'un style toscan campagnard - on retrouve d'ailleurs le même style par exemple dans les villages des alpes apuanes, de l'autre côté de la mer. Son campanile a été construit après l'église elle-même; seule partie plate du village, le parvis, au-dessus du cimetière, est un lieu de repos et de réjouissance. Elle est dédiée au saint du village, dont elle porte le nom : Santu Quilicus (qui se traduit par Saint Cyr, traduction qui n'est jamais, jamais utilisée), dont la fête qui est aussi celle du village est célébrée par une procession et des réjouissances ludiques et gastronomiques les 14 et 15 juillet.

Au bas de la commune, se trouve l'exceptionnelle source thermale des "caldanelle", malheureusement inaccessible car située en terrain privé, non desservie par la voirie publique.

Deux bâtiments témoignent de l'activité passée.

L'ancien hébergement, qui pouvait loger une trentaine de personnes, a été converti en hangar agricole. Il faut dès lors imaginer des cloisons en bois, des dortoirs, des chambres, les repas pris en commun et des jeux organisés le soir pour lutter contre l'isolement des curistes...

À proximité, deux sources aux vertus mythiques le jouxtent : l'une est chaude et sulfureuse, l'autre froide mais également sulfureuse. La première est célèbre pour avoir "blanchi" un psoriasis, la seconde était utilisée pour les yeux. Un bassin avait été prévu pour les femmes, un pour les hommes, comme cela se retrouve ailleurs en Corse. Il n'en reste plus qu'un.

Les qualités du paysage avaient incité, dans les années 70 du XXe siècle, à un projet de golf accouplé à une station thermale, avec des investisseurs européens. Aujourd'hui, seuls les oliviers, clémentiniers et les animaux d'élevage en liberté donnent à cet endroit toute sa richesse et son sens.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le bandit Mathieu Poli (à ne pas confondre avec Théodore Poli), eut à répondre de 27 crimes (dont tentative d'assassinat) devant la Cour d'assises de Bastia en décembre 1897 et fut condamné à perpétuité au bagne de Cayenne. Après 4 tentatives d'évasion, il s'en échappa le 28 août 1900. Il retourna en Corse et assassina son oncle par alliance Jean-Baptiste LECA le 26 janvier 1903. Il fut l'objet d'une vendetta familiale.

Dominique Antoine Grisoni, (1945-2003) philosophe, écrivain, journaliste et directeur de collection.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : La Corse du sud : Paysages naturels, histoire, environnement, arts, culture, loisirs, gastronomie. 1989 Projet éditions Dirigé par Francis Pomponi, p. 152 et http://www.sudoc.abes.fr/DB=2.1//SRCH?IKT=12&TRM=088454681&COOKIE=U10178,Klecteurweb,D2.1,E18b500bc-7e3,I250,B341720009+,SY,A%5C9008+1,,J,H2-26,,29,,34,,39,,44,,49-50,,53-78,,80-87,NLECTEUR+PSI,R79.40.47.74,FN
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]