Atlas (Atlantide)

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Platon, copie du portrait exécuté par Silanion pour l'Académie vers 370 av. J.-C., Centrale Montemartini.

Atlas est un personnage mythologique qui est, selon un passage du Critias de Platon, le premier fils de Poséidon, dieu grec de l'océan, et d'une mortelle nommée Clito. Il est le premier roi de la mythique Atlantide qui lui doit son nom, tout comme la mer « Atlantique » qui l'entoure.

Mythographie[modifier | modifier le code]

Suivant le récit de Platon — « inventeur » de l'Atlantide[1] et seule source sur le personnage — lorsque les dieux se partagent la Terre, Poséidon, dieu des océans, reçoit Atlantis (Ἀτλαντίς) — devenu en français « Atlantide » —, une île gigantesque située au-delà des colonnes d'Héraclès. C'est une région fabuleuse, aux contours indéterminés, bordée du royaume Cimmérien au nord et par le jardin des Hespérides ou l'île des Bienheureux au sud[2].

Poséidon s'y unit avec Clitô (« l'illustre », « la magnifique »[3]), une jeune mortelle autochtone, fille unique d'Événor (« l'homme de valeur »[3]) et Leucippe (« la femme aux chevaux blancs »[3]), qui enfante de cinq couples de jumeaux mâles, élevés par le dieu. Chaque couple a un aîné et un cadet[4], et l'aîné de tous s'appelle Atlas — à l'étymologie obscure[3] —, qui donne son nom à l'île — « Atlantis » — et aux habitants qui la peuplent — les « Atlantes » — ainsi qu'à la mer qui l'entoure — la mer « Atlantique »[5].

Atlas devient le premier souverain d'Atlantis, celui de la cité-capitale, dont l'autorité s'étend sur ses frères[6]. Il reçoit le royaume au centre de l'île, le plus vaste et le meilleur, où se trouvait la maison maternelle à l'emplacement de laquelle est érigé un temple consacré à Clito et à Poséidon. Son jumeau, qui porte le double nom d'Eumélos en grec et de Gadir en langue atlante, reçoit lui l'extrémité de l'île située en face des Colonnes d'Héraclès[6]. Le reste de la fratrie se partage en huit royaumes supplémentaires.

Son règne correspond à l'âge d'or de l'Atlantide sur laquelle ses descendants continuent de régner sur une population devenue innombrable, progressivement expansionniste et belliqueuse[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monique Mund-Dopchie, L’Atlantide de Platon : Histoire vraie ou préfiguration de l’Utopie de Thomas More ?, Académie royale de Belgique, , 96 p. (ISBN 978-2-8031-0588-5, présentation en ligne), p. 7
  2. a et b Annie Collognat (dir.), Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine, Omnibus, , 983 p. (ISBN 978-2-258-09934-0, présentation en ligne), p. 145-146
  3. a b c et d Luc Brisson, « De la philosophie politique à l'épopée. Le « Critias » de Platon », Revue de Métaphysique et de Morale, vol. 75, no 4,‎ , p. 422 (DOI 10.2307/40901269, lire en ligne, consulté le 11 août 2017)
  4. Atlas et Eumélos, Amphérès et Evaimon, Mnéseus et Autochthon, Elasippos et Mestor, enfin Azaès et Diaprépès ; cf Christine Perez, La perception de l'insularité dans les mondes méditerranéen ancien et archipélagique polynésien d'avant la découverte missionnaire, Publibook, , 479 p. (ISBN 978-2-7483-0893-8, présentation en ligne), p. 224.
  5. Pierre Vidal-Naquet, L' Atlantide : petite histoire d'un mythe platonicien, Belles Lettres, , 198 p. (ISBN 978-2-251-38071-1, lire en ligne), p. 31
  6. a et b Jean-François Mattéi, Platon et le miroir du mythe, Presses Universitaires de France, , 352 p. (ISBN 978-2-13-063589-5, présentation en ligne), p. 271

Bibliographie[modifier | modifier le code]