Arc musical

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Arc musical
Image illustrative de l’article Arc musical
Arc musical à résonateur buccal (Ibo du Nigeria, entre 1910 et 1913).

Classification Instrument à cordes
Famille Instrument à cordes pincées, instrument à cordes frappées, instrument à cordes frottées
Instruments voisins Berimbau, bobre, gualambo, ma'wo, mawuwi, onavillu, villâdivâdyam, villu, villukottu

L’arc musical est un instrument de musique idiocorde ancien (des peintures rupestres attestent son existence en France il y a 15 000 ans). Il est dérivé de l'arc, arme de guerre. La différence entre les deux n'est pas visuelle, mais structurelle et fonctionnelle car l'arc musical n'étant pas tenu de tirer des flèches, n'a pas besoin de pouvoir plier davantage que sa tension normale.

On rencontre essentiellement l'arc musical en Afrique où il en existe de multiples variétés, y compris des pluriarcs (des arcs accolés les uns aux autres). Ils diffèrent surtout par le type de résonateur employé : bouche, cavité dans le sol, calebasse, pot, etc. Certains sont pincés, tandis que d'autres sont frappés ou frottés à l'aide d'une ou deux baguettes, et d'autres encore tapotés à l'aide d'un archet. Certains nécessitent un musicien, d'autres deux. Ces instruments sont parfois difficiles à classer organologiquement (cordophone, idiophone, cithare, harpe, etc.).

Arc musical au Mozambique (2017).
Le sorcier dansant de la grotte ornée des Trois-Frères semble jouer d'un arc-en-bouche.

On retrouve toutefois des exemples ailleurs, notamment au Brésil et en Inde, et on peut se demander dans quelle mesure la traite des Noirs en est responsable, mais aussi dans bien des populations indigènes en Amérique, en Asie ou en Océanie.

Historique[modifier | modifier le code]

Il est supposé que les arcs aient pu être utilisés comme instrument de musique dès 13 000 ans avant J.-C.[1]. Henri Breuil a par exemple, lors d'une étude des grottes des Trois Frères en France, réalisé une gravure qui tentait de reproduire une des peintures rupestres du site datant d'environ 13 000 ans avant J.-C.. Sa gravure montre un personnage mystérieux, un homme « camouflé en bison », au milieu d'un troupeau d'animaux, rassemblant les bêtes et semblant jouer de l'arc musical[2],[3],[4].

Des peintures rupestres en Afrique du Sud suggèrent une grande diversité d'arc musicaux ainsi que de manières de jouer[5].

Les musicologues se sont demandé si l'arc de chasse pouvait être un ancêtre possible du chordophone. Curt Sachs a déclaré qu'il y avait de bonnes raisons de ne pas considérer les arcs des chasseurs comme des arcs musicaux[6], notamment parce que les plus anciens arcs musicaux connus mesurent 3 mètres de long, ce qui est inutile pour la chasse, et que les arcs musicaux ne semblent pas avoir été particulierement associés aux croyances et aux cérémonies de la chasse[6]. Sachs remarque toutefois que le nom du luth grec, pandura, était probablement dérivé de pan-tur, un mot sumérien signifiant « petit arc »[7]. Il considère à l'appui de cette constatation que l'arc musical était probablement un « ancêtre » du luth percé[7].

Les arcs utilisés pour la musique nécessitent un résonateur, un objet creux comme un bol, une calebasse ou la bouche d'un musicien, afin de produire un son audible[6]. Bien que l'arc musical puisse être manipulé pour produire plus d'un ton, les instruments développés à partir de celui-ci n'utilisent qu'une note par corde[6].

Les arcs musicaux sont encore utilisés aujourd'hui dans un certain nombre de cultures. On peut le trouver à Eswatini dans le sud de l'Afrique mais aussi en Afrique de l'Est, à Madagascar ou à la Réunion. En dehors de l'Afrique, on peut citer le berimbau et le malunga (dérivés de l'arc musical africain) ou l'arc à bouche des Appalaches.

Appellations diverses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bo Lawergren, « The Origin of Musical Instruments and Sounds », Nomos Verlagsgesellschaft mbH, vol. 83, nos 1/3,‎ , p. 36 (JSTOR 40461485)
  2. « Trois Freres Cave » (consulté le ) : « Henri Breuil a exploré la grotte... une étude détaillée a été publiée par H.Breuil et R.Begouen sur les centaines de dessins gravés dans la galerie profonde connue sous le nom de "Sanctuaire"... Ses parois sont recouvertes de quelque 280 images gravées (souvent superposées) de bisons, chevaux, cerfs, rennes, bouquetins et mammouths... »
  3. Alfredo Garcia, « EL ARTE RUPESTRE PALEOLÍTICO EN LAS CUEVAS FRANCESAS. LA CUEVA DE LASCAUX. » [archive du ], sur algargosarte.blogspot.com,
  4. Eugene Victor Walter, Placeways: A Theory of the Human Environment, Chapel Hill, North Carolina, UNC Press Books, (ISBN 978-0-8078-1758-2, lire en ligne), p. 89 :

    « un personnage semi-humain danse au milieu des animaux... il garde les bêtes et joue de l'archet. Il porte la tête et la fourrure d'un bison avec des jambes humaines... »

  5. Vogels, Oliver Lenssen-Erz, Tilman, BEYOND INDIVIDUAL PLEASURE AND RITUALITY: SOCIAL ASPECTS OF THE MUSICAL BOW IN SOUTHERN AFRICA'S ROCK ART, ARCHAEOLOGICAL PUBL, (OCLC 1201324049, lire en ligne)
  6. a b c et d Curt Sachs, The History of Musical Instruments, New York, W. W. Norton & Company, (ISBN 9780393020687, lire en ligne Inscription nécessaire), 56–57
  7. a et b Curt Sachs, The History of Musical Instruments, New York, W. W. Norton & Company, (ISBN 9780393020687, lire en ligne Inscription nécessaire), 136–137
  8. Simha Arom, La boîte à outils d'un ethnomusicologue, Les Presses de l'Université de Montréal, , 420 p. (ISBN 978-2-7606-2070-4), p.26

Source[modifier | modifier le code]

  • (en) S. Sadie, The New Grove Dictionary of Musical Instruments, Macmillan, London, 1985.

Filmographie[modifier | modifier le code]

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