Lobi (peuple)
Les Lobi constituent un peuple d'Afrique de l'Ouest présent au sud-ouest du Burkina Faso, au nord-ouest du Ghana et au nord-est de la Côte d'Ivoire, essentiellement dans la région de Bouna, proche du Ghana et du Burkina Faso, sur la rive droite de la Volta noire. Leur origine est connue au travers de récits mythiques, leur migration serait partie de l'actuel nord Ghana, traversant la région de Wa et la Volta, il y a de cela quelques siècles.
Histoire
[modifier | modifier le code]L'histoire ancienne des Lobés est mal connue en raison de l'absence de sources écrites, et du relatif isolement géographique du pays Lobi qui se trouve en dehors des principaux axes commerciaux de la région ouest africaine[1].
S. Hien leur prête une origine lointaine en Égypte ancienne du fait de la ressemblance esthétique de leurs statuaires avec l'art égyptien ancien, ou encore du Tchad ou du Bénin de par les similarités linguistiques et architecturales entre le peuple Lobi et les différents peuples de ces régions[2].
Autour de 1770, des groupes Lobés, venant du Ghana, traversent le fleuve Mouhoun par vagues successives pour s'installer sur ce qui sera par la suite désigné comme le pays Lobi, un territoire situé au Nord-Est de l'actuel Côte d'Ivoire et au Sud Ouest du Burkina Faso[3]. Ils entrent en contact avec d'autres peuples déjà présents dans la région tels que les Gan ou Kan. Gaoua signifierait d'ailleurs selon les sources " La route des Gan ; Kan Ouara "route"[4], mal retranscrit par les colons européens en "Gaoua" et les Koulango avec lesquels ils entretiennent une relativement bonne cohabitation[5].
D'après Maurice Delafosse, les Lobi, venant du Kipirsi, firent sans doute vers le XIVème siècle leur apparition dans leur pays actuel. D'un caractère guerrier, c'est à main armée qu'ils occupèrent les régions qui avoisinent Gaoua[6].

Période coloniale
[modifier | modifier le code]À la fin du XIXe siècle les colons européens, français et britanniques commencent à arriver en pays Lobi, cherchant à s'approprier un maximum de territoire selon les modalités de la conférence de Berlin achevée en 1885 qui définit les conditions juridiques au partage de l'Afrique entre les grands empires coloniaux européens. Les Français et les Britanniques multiplient les expéditions militaires dont le but est de faire signer des traités de protectorat aux chefs des peuples autochtones afin de « légitimer » leurs présence sur le territoire. Dans cette entreprise ils se heurtent à une première difficulté ; l'organisation sociale des Lobi qui n'est pas constitué de manière hiérarchique et n'a donc pas d'homme ou de femme à sa tête à qui faire signer un traité.
Début 1897 la région Niger-Volta est créée sous le commandement militaire et administratif du Chef de bataillon Caudrelier. La colonne Volta, forte de 4 compagnies (520 hommes) quitte San dans les premiers jours de mai, afin de reconnaître la région, briser au besoin les résistances locales et y faire régner l'ordre et la paix. Sa destination était Bouna en suivant la vallée de la Volta. La colonne arrive sans difficulté à Sono, où elle fonde un poste.
Le capitaine Gabriel Marius Cazemajou (1864 -1898), à la tête d'une cinquantaine d'hommes armés, est le premier français à entrer dans le « pays Lobi » situé au sud-ouest de la Haute-Volta (Burkina Faso). Il quitte Lanfiéra le 11 avril 1897 et emprunte la Volta noire. Sa mission : préparer l'implantation des français, avant les anglais.
Le 13 mai 1897 le commandant Caudrelier parvient à Boromo, où il établit un second poste. À ce moment comme les Bobo de la région de Ouarkoy s'agitent et tentent de couper ses lignes de ravitaillement, il retourne à Sono, organise une petite expédition et détruit Ouarkoy le 2 juin 1897, puis parcourt les cantons voisins en délimitant les zones d'actions des trois nouveaux postes : San, Sono, Boromo. Continuant son action vers le Sud, il repart pour Boromo avec Diébougou pour objectif.
Le 26 juillet 1897 dans l'après-midi, une première Compagnie commandée par le capitaine Cazemajou, après avoir traversée toute la région, en recevant quelques flèches des Dagari de Bontioli et Nakari réunis, arrive au village de Diébougou. Les habitants étaient avertis depuis quelques jours de l'arrivée des blancs. Les Dian du village, avec leur chef Olguéné, étaient disposés à bien accueillir ces étrangers. Ils s'étaient efforcés successivement de rester en bons termes avec les Dioula, puis les Babato et les chefs de Ouahabou. Les Oulé, au contraire, fiers de leurs succès remportés sur les Dian et les Ouattara, se préparaient à attaquer la colonne.
En 1898, une convention est signée entre Français et Britanniques attribuant la rive droite de la Volta aux Français sans le consentement ou l'aval des Autochtones. L'administration coloniale n'arrivant pas à faire signer ces traités, elle choisit de s'imposer par la force et la violence, notamment en incendiant les fermes et les récoltes. Mais l'AOF dispose de peu d'informations sur le peuple qu'elle combat, l'habitat dispersé et l'absence de pouvoir centralisé du peuple Lobi rendent ses attaques peu efficaces malgré une puissance de feu beaucoup plus importante que ceux qu'elle combat. Commence donc une guérilla qui durera plus de trente ans entre l'administration coloniale française et les foyers de résistances Lobi. Les différents clans Lobi mettront leurs conflits entre parenthèses durant la lutte contre la domination coloniale et feront front commun. Ne pouvant pas attaquer la gente militaire française de front en raison de la disproportion de force face à l'artillerie lourde française, les Lobès mènent des embuscades simultanées contre les colonnes françaises utilisant la géographie du territoire à leur avantage (collines escarpées, pentes aux herbes hautes propices aux attaques rampantes, forêts...) Leurs armes de prédilections sont les flèches empoisonnées, mais ils avaient aussi recours à des pièges camouflés ou a des "armes biologiques" telles que l'essaim d'abeilles lâché contre la colonne du lieutenant Schwartz à Niobini en 1902. Les colonisateurs français réagiront à ces attaques par une violente répression notamment la pendaison systématique des résistants sur la place publique de Gaoua[7].
Habité par des populations de Lobi, Oulé, Birifor, Dagari, Bougouri (Pougouli), de caractère farouchement indépendant et belliqueux, un important foyer de dissidence subsistait dans la région de Gaoua et de Diébougou. À part l'occupation des postes de Diébougou et de Lokhosso, l'action militaire s'était bornée à des reconnaissances et tournées à faible portée et sans résultat durable. Parmi celles-ci, on peut citer l’ affaire de Kombou du 16 janvier 1899, où les lieutenants Modest et Schwartz, de la 8e compagnie de Diébougou (capitaine Tiffon commandant la compagnie) se heurtent à une défense sérieuse du village, qui coûte 2 tués (dont le sergent Thouron), 1 disparu et 12 blessés. Du 23 au 26 avril 1899, le capitaine Ciffon. commandant la 8e compagnie, organise une colonne pour châtier le village de Kombou. En mai, la 18e compagnie de Bobo (capitaine Marchaise avec le sous-lieutenant Goguelu) fait une expédition punitive contre les villages de Simona, Nampéla, Toro près de Koury qui coûte 1 tirailleur tué.
Témoignage capitaine Ciffon, commandant du cercle Lobi rapport politique mai 1899 : « Je suis persuadé que nous pouvons obtenir la soumission du peuple Lobi sans employer la force, qui dans la plupart des cas ne donne aucun résultat appréciable et toujours ruine la pays. »
À partir de 1901, les Lobi et les Birifor sont en état de rébellion permanente, chaque tournée de recensement ou d'impôt devient une expédition militaire. En janvier-février 1901, le capitaine Ruby, commandant la 8e compagnie à Diébougou, organise une reconnaissance importante dans le Sud du Lobi. La concentration a lieu à Lokhosso. Au cours de sept engagements avec les rebelles, la colonne a 6 blessés dont 4 tirailleurs, elle inflige à l'ennemi des pertes s'élevant à 16 tués et 30 blessés environ.
En mars, on ne note pas moins de 3 expéditions punitives contre les villages Lobi de Nako, Intoyéri, Nakoni. Il en est de même tous les mois suivants.
Le 27 novembre 1901, au cours de l'assaut du village de Diboulou par le capitaine Ruby et le lieutenant Picard, ils ont 1 tué et 5 blessés, tous auxiliaires, contre 35 tués du côté adverse.
Le 9 décembre 1901, 2 tirailleurs sont blessés à l'attaque du village de Boumi et 1 tirailleur noyé au passage de la rivière Bougouriba.
En décembre 1901 et janvier 1902, le 2e Bataillon de Bobo-Dioulasso, sous les ordres du Commandant Bécherel, opère dans la boucle de la Volta. Il comprend 2 canons de montagne de 80 et 3 détachements fournis par les 1ère et 9ème compagnies, sous les ordres du capitaine Courjon. La concentration a lieu à Ouarkhoye le 30 décembre 1901 et le lieutenant-colonel Millard, commandant le 2e Territoire militaire, assiste au début des opérations. L'itinéraire suivi est le suivant : Sanaba, Ouarakuy (5 cavaliers auxiliaires blessés, 23 tués et 45 prisonniers chez les rebelles), Daboura, Solenso, Béma, Molé, Konka, Fini, Kondougou (dislocation le 15 janvier 1902). Tous ces efforts n'amènent que des résultats strictement locaux et sans lendemain.
Le 1er avril 1902, la création du poste de Gaoua, au centre du pays Lobi et le transfert dans ce poste de la 8e compagnie, permettent une surveillance plus directe, mais d'autre part exaspèrent les populations par les prestations et les travaux de routes qui leur sont imposés.
Témoignage du capitaine Ruby, rapport du 22 mai 1902 : « Les premiers jours de l'occupation de Gaoua et les premières opérations de ravitaillement se firent sans difficulté. Les villageois immédiatement voisins, commencèrent à apporter au bivouac, quelques paniers de mil et quelques animaux représentant environ 1/5ème de ce qu'il leur était demandé. Mais bientôt les difficultés et les refus d'obéissance ne tardèrent pas à se produire. Les reconnaissances sont assez mal reçues; à Nioberi, les cavaliers de pointe tombent dans une embuscade tendue par les Lobi à l'aide d'essaims d'abeilles misent en furie. 3 cavaliers sont mis hors de service pour plusieurs jours et perdent leurs montures que l'on retrouve deux jours après. Bien que de beaucoup les plus fort, nous ne leur voulons pas de mal, ils ont tout intérêt à se soumettre à nos volontés qui n'ont rien d'excessives, ni exagérées puisque toute tentative sérieuse de rébellion et d'agression de leur part est immédiatement réprimée d'une façon absolue et sévère, sans perte appréciable chez nous. En résumé au cours de toutes les opérations de la campagne 1901-1902 dans le Cercle du Lobi. La quantité de munitions consommées s'élève à 47 coups de canon de 80 mm, 18.162 cartouches modèle 1879, 285 cartouches modèle 1886. Les pertes subies ont été de un tirailleurs noyé au passage du Bougouriba, un fantassin auxiliaire tué à Gougné, plus 2 blessés morts des suites de leurs blessures, 2 porteurs, 3 chevaux. Les pertes infligées aux rebelles ont été d'environ 220 tués et 40 blessés. En résumé la campagne 1901-1902 dans le Cercle du Lobi a été fructueuse en résultats palpables, mais s'il a été fait beaucoup, il reste encore beaucoup à faire. Beaucoup plus encore qu'il n'a été fait ».
En 1903, conformément aux instructions reçues, le capitaine Pelletier inaugure une « politique d'apprivoisement », dont les effets sont longs à se faire sentir. C'est seulement à partir de 1906 qu'une amélioration se produit dans les rapports entre l'autorité coloniale et les Lobi.
Témoignage de Youl Bonlarè de Bonko, extrait film de Frédéric Savoy et Wolimité Sié Palenfo « Mémoire entre deux rives » : « Les blancs ont fait venir des militaires, ici à Bonko. Quand ils sont arrivés à Bonko, tout le monde avait déjà décampé. Parmi eux il y avait un homme très courageux. C'est surtout lui qu'ils cherchaient. Arrivés chez lui, ils ont trouvés sa femme. Tous les autres avaient fui la maison. Ils ont tué la femme, puis lui ont coupé un bras (droit), qu'ils ont fait porter par une autre femme qui s'appelaient Kpètèna. Elle tenait le bras coupé pour parader devant les villageois. C'est là qu'ils ont compris que s'ils ne se soumettaient pas, les blancs allaient les exterminer[8]. ».
Témoignage de Wahirena Kambou , extrait film de Frédéric Savoy et Wolimité Sié Palenfo « Mémoire entre deux rives » : « c’est avec un hamac qu’on prenait le blanc. Les porteurs étaient devant et derrière, et le blanc au milieu. L’un porte ici et l’autre là et on va le déposer comme ça. Il n’avait pas apporté de voiture. C’est avec une poule blanche qu’on l’accueillait. Puis on le couchait à l’ombre. Là, il se relevait, puis s’asseyait sur le hamac. Quand il avait fini de dire ce qu’il avait à dire, il se recouchait sur son hamac et repartait comme il était venu. C’est quand nous avons grandi que nos parents nous ont raconté ça.»
« On pilait le mil, le mil du blanc. Quand vous cultivez le mil, c'est comme s'il ne vous appartenait pas. On versait le mil dans un grand truc qu'ils avaient fait construire, les bœufs ils les enlevaient pour les tuer. Puis ils les donnaient aux fonctionnaires et aux élèves. Les œufs ils les faisaient ramasser. On remplissait de nombreux récipients qu'on apportait aux blancs, sans qu'ils donnent même 5 francs CFA. »
« Nous sommes parties de Gaoua. Nous étions nues, nous n’avions pas de pagne. Nous avons marché jusqu’à Banfora (216 kilomètres). Là nous avons pris un train qui n’avait pas de toit et qui secouait beaucoup. C‘est là-dedans qu’on nous a mis. La pluie nous a battus, battus jusqu’à Agboville (670 km). Arrivés à Agboville, ils nous ont amenés aux champs pour la récolte du café. Quand tu ne remplissais pas entièrement ton panier, on le jetait par terre. Il fallait que ton panier soit plein, pour ensuite le porter et le verser dans la machine. Tous les jours c’est pareil. Parmi ceux qui ne supportaient pas, certains ont fui, d’autres sont morts. On ne nous payait pas. Le jour de notre retour, ils nous ont donné 30 francs chacun (0,05 €). Des morceaux de couvertures militaires c’est ça que nous portions. Comme nous étions partis nus, ils nous ont donné un morceau de couverture militaire, que nous portions autour des reins jusqu’aux cuisses pour travailler. Même déchirée, c’est avec ça que tu travaillais. Le jour de notre retour, ils nous ont donné un morceau de couverture militaire et 30 francs chacun[8] ».
Le 10 juin 1914 Henri Labouret pris la direction du « Cercle du Lobi ». Persuadé que seule la force viendrai à bout de la résistance. il inaugura une période de répression féroce face à l’insoumission persistante des Lobi dans la région de Gaoua.
Témoignage de Dadié Kambou, chef de terre de Doumbou. extrait film de Frédéric Savoy et Wolimité Sié Palenfo « Mémoire entre deux rives » :« C'est Kagninè qu'ils ont tué. Ils l'ont fusillé de l'autre côté, sur la colline. Le garde qui est venu a été fléché. La flèche a enlevé son chapeau. Il est reparti. Le commandant l'a fait asseoir là-bas. Il a donné les obus. Ils ont sorti le canon et ont bombardé la maison. Ils ont tué les gens dans la chambre des fétiches où ils s'étaient réfugiés. La maison s'est effondrée sur eux. Ils ont trouvé trois rescapés, les autres étaient morts.
À cette époque les Lobis ne se séparait jamais de leurs arcs et carquois, même pour aller cultiver leurs champs. Les vols, les rapts, les assassinats, les conflits entre villages, étaient responsable de nombreux morts parmi la population Lobi, où le concept de vengeance était enraciné. Un simple vol pouvait, si aucun arrangement n’était trouvé, aboutir à l’assassinat du responsable. Puis la famille de ce dernier devait absolument le venger et tuer un membre de la famille du responsable (homme, femme ou enfant), ce qui finissait par engendrer des meurtres en cascades. En 1917 Henri Labouret durci l’interdiction de porter des armes dans les lieux de rassemblement, principalement sur les marchés et lors des funérailles, et mena une campagne de désarmement total, interdisant le port des arcs et carquois. (il conseilla de procéder avec prudence, car interdire d'emblée l'arc et le carquois que les Lobi, dit-il, portaient en guise de parure virile, c'était préparer inévitablement une révolte. Pour contourner la difficulté, il proposa que la source de ravitaillement en dards de flèches fut tarie. Il sollicita une décision du gouverneur qui punirait de sanctions la confection des dards et d'une manière générale tous travaux de réparation d'armurerie. Le même texte devait imposer l'arrachage des pieds de Strophantus et interdire la culture, le commerce et la détention de poisons végétaux[9].
Témoignage de Dadié Kambou, chef de terre de Doumbou, extrait film de Frédéric Savoy et Wolimité Sié Palenfo « Mémoire entre deux rives » :
« Coup de poing...(commandant Henri Labouret) c’est lui qui nous possédait. Quand il cognait un caillou, il le mettait en prison. Il te faisait ramasser le caillou pour aller le mettre en prison. C’était lui le commandant. C’est pour ça qu’on l’appelait Coup de poing. Coup de poing en son temps nous a fait souffrir. Si coup de poing nous trouvait ici, il nous faisait dégager d’un coup de pied. »
« Le jour de marché, les gens étaient contents et oubliaient leurs problèmes, puisqu’on leur disait qu’ils pouvaient fréquenter le marché sans crainte. Quand celui-ci battait son plein, on sortait le « bandit ». On le suspendait sur le kapokier de Gaoua. Puis on lui bandait les yeux. Il était suspendu de manière à attirer l’attention des gens et à imposer le silence. Puis ils tirent dessus pour le faire monter très très haut et il tourne et ils tiraient. »
En 1919, 7 cavaliers auxiliaires, envoyés en mission de désarmement, furent massacrés par les habitants du village de Huéo. En représailles le 4 mars 1919 au petit matin une compagnie de 184 hommes attaquèrent le village. Le soir le village était complètement détruit faisant 30 morts chez les habitants et 9 blessés parmi les tirailleurs.
Le 28 décembre 1928, le « Cercle de Batié » fut créé afin de préparer la répression avec méthode dans la région de Batié et Kampti. Les lobis attaquaient et tuaient les chefs de cantons, choisis parmi eux par l’administration coloniale.
Le 15 décembre 1929 à 5h30, le capitaine Thore, commande une colonne punitive, installa un dispositif de feux puissants devant le village de Domatéon. La méthode employée pour châtier les « rebelles » lobis, consistait à encercler le village au petit matin, le soumettre au feu de l’artillerie (canons de 80 mm, alimentés en obus explosifs ou à mitraille) et de l’infanterie, les terrasses des maisons (sukala), où se regroupaient les guerriers pour tirés des flèches empoisonnées sur les assaillants ; postés des tirailleurs devant l’unique accès à la sukala (maison) ; puis escalader la terrasse et jetés des grenades suffocantes à fragmentation par les ouvertures. Les lobis qui s’en échappaient étaient tués ou faits prisonniers. Aucun décompte des pertes subis chez les lobis lors de cet affrontement n’a été noté dans son rapport, les qualifiant de considérables [9].
Mais la résistance armée n'est pas l'unique moyen de résistance des Lobi qui emploieront aussi des moyens économiques en refusant de changer leurs cauris pour la monnaie ainsi que des moyens religieux et culturels : il mettront par exemple " une bouche sur la voie des Blancs", selon la formule employée, c'est-à-dire une forme de malédiction sur toute personne qui choisirait de collaborer avec le colonisateur et d'adopter son mode de vie[10].
Société
[modifier | modifier le code]La société Lobi est de type acéphale (aucune autorité politique centralisée). Les Lobi sont polygames et vivent dans des constructions en terre (banco), parfois gigantesques, compte tenu du nombre important d’épouses et d’enfants qui les occupent. Ces constructions appelées Sukala ressemblent à des châteaux-forts, n’ayant qu’une seule entrée[11], desservant une cour qui donne accès à de nombreuses pièces occupées par des membres de la famille[12]. Les murs sont composés de bandes de terre (banco) superposées d’une cinquantaine de centimètres (peut être en rapport avec la construction du Monde par Thãgbá [13]). Le toit en terrasse permet aussi l’accès à toutes les pièces, au moyen d’ouvertures, et à l’aide d’échelles placées à l’intérieur. Il s’agit de troncs d’arbres, où des entailles sont pratiquées, pour former un escalier rudimentaire.
Chaque Lobi appartient à trois structures lignagère ; le caar : groupe matrilinéaire composé de quatre matriclans (Hien, Da, Kambiré/Kambou et Somé/Palé ; le codaar : groupe correspondant au matriclan du père, et le kuon : groupe patrilinéaire comprenant une centaine de patrilignages [14].
À sa naissance chaque enfant sera présenté aux fétiches de sa famille et portera le nom du matriclan auquel appartient sa mère, et comme prénom son rang de naissance : Sié (1er), Sansan (2ème), Ollo (3ème), Koko (4ème), Bêbê (5ème), Thò (6ème) ... pour les garçons et Yéri, (1ère), Oho (2ème), Ini (3ème), Kpini ou Cessere (4ème) ... pour les filles.
Ce n'est qu'après le rite d'initiation au jòrò , qu'il connaîtra le nom du patriclan auquel il appartient. Par le segment lignagé du matriclan paternel (Thicaàr), les Lobi sont reliés à un ancêtre masculin par une ligne ininterrompue d’hommes, utérins de leurs pères, le kuòn[14]. Ce lignage est secret et sacré parce que lié à l’initiation. Chaque Lobi, bien qu’étant intégré dès sa naissance, ne le connaîtra qu’au moment de son initiation au jòrò. Ces nouveaux prénoms, occultant définitivement les prénoms de rang donnés à la naissance aux enfants de même mère, peuvent être une supplique adressée aux ancêtres, implorant de leur part une protection. Ils contiennent toujours en un mot, un épisode souvent dramatique de l'histoire de la famille ou d'un de ses membres. Ces prénoms lancent presque toujours un défi à des voisins malveillants.
Ethnonymie
[modifier | modifier le code]Selon les sources et le contexte, on observe différentes formes : Lober, Lobiri, Lobis, LobiMiwô[15].
L'étymologie du mot lobi est sujette à débats. Selon l'étymologie habituellement retenue le nom de ce peuple serait construit à partir de lou (« forêt ») et bi (« enfants »), ce qui donnerait « les enfants de la forêt »[16].
Toutefois, Jacques Becuwe, promoteur de la génético-typologie[17] appliquée aux langues africaines, considère que cette approche invalide sans ambiguïté cette étymologie. Selon lui, lobi dérive de lo (« entrer ») et bi (« unité d'un ensemble discret d'éléments unis par des caractéristiques communes », dont le pluriel est bè). Lobi signifierait donc « ceux qui sont entrés .. (les premiers) dans le monde ou dans l'espace de référence culturel et cultuel »[18].
Par ailleurs l'étymologie populaire faisant le lien entre lo et lou est invalidée par le fait que la consonne l est glotalisée 'l pour le mot 'lobi alors qu'elle ne l'est pas pour Lou la forêt
C'est la méconnaissance de la langue, de l'étymologie des mots et du processus de simplification qui a trop souvent amené les sociologues et anthropologues à proposer des rapprochements et traductions, satisfaisants pour l'esprit mais hélas linguistiquement erronés, y compris d'ailleurs en relation avec l'histoire du peuple Lobi et sa vision originelle du monde.
Langues
[modifier | modifier le code]Leur langue est le lobiri, une langue gur dont le nombre de locuteurs était estimé à plus de 440 000 au début des années 1990. On en dénombrait environ 286 000 au Burkina Faso (1991) et 156 000 en Côte d'Ivoire (1993)[19]. Le dioula et le français sont également utilisés.
Population
[modifier | modifier le code]Les Lobi représentent environ 4 % de la population du Burkina Faso[20] et 1,8 % de celle de la Côte d'Ivoire[21].
Actuellement, les Lobis se concentrent à Bouna (Côte d'Ivoire), Diébougou et Gaoua (Burkina Faso), et enfin Lawra, Wa et Kampté (Ghana)[16].
Les villages lobi sont nombreux au sein du parc national de la Comoé.
Culture
[modifier | modifier le code]Les Lobi rejettent toute forme d'autorité politique centralisée.
Le personnage central dans chaque communauté Lobi est le spécialiste religieux nommé le thildar. Ce devin est responsable de la communication avec les esprits qui régissent la communauté et protègent les membres de chaque famille contre les accidents, la maladie, la violence et toutes les menaces que les personnes rencontrent dans l'environnement hostile de l'Afrique de l'Ouest.
Les Lobi vénèrent Thgaba, l'être suprême[16],
Les Lobi représentent les esprits de la nature qu'ils appellent thil avec des chiffres qui peut être sculpté en bois, modélisés à partir d'argile, ou de fonte en laiton. Ces statues sont appelés boteba, et sont généralement logés dans un sanctuaire sombre dans l'espace le plus éloigné à l'arrière de la maison familiale. Les statues d'argile plus importantes peuvent être gardés à l'extérieur, où, du fait de la matière dont elles sont faites, elles sont en sécurité contre le vol. Les statuettes en laiton sont souvent portés sur le corps par les membres de la famille. Chacune de ces figures affiche différents gestes ou postures, certaines d'entre elles peuvent avoir deux ou même trois têtes, quelques figures féminines transportent un bébé sous le bras. Ces caractéristiques uniques représentent le talent particulier ou la puissance de l'être spirituel qu'ils incarnent. Par exemple une statue à deux têtes est deux fois plus rapide à reconnaître la menace et à traiter avec elle. Un statue avec un nourrisson a le pouvoir d'apporter la fertilité pour les femmes de la famille ou encore un personnage tenant un bras en place représente un barrage à l'entrée d'esprits malveillants dans la maison familiale.[pas clair]
Leur culture est proche de celle de leurs voisins, les Birifor et les Dagari.
Historiquement, les Lobi se sont forgé une réputation de « guerriers », mais aussi de chasseurs d'éléphants. Ils auraient servi de modèle au peuple Oulé du roman ''Les Racines du Ciel'' de Romain Gary.
La structuration sociale et les relations entre clans sont particulièrement complexes.
Aujourd'hui, les populations du rameau Lobi sont essentiellement connues et appréciées pour leur art du statuaire et leurs autels. Pourtant, leur culture ne se limite pas à cet aspect formel et matériel. Leur cosmogonie et cultes sont autant d'éléments originaux dans la mosaïque de cultures des groupes de populations d'Afrique de l'Ouest. La musique et ses intrications aux cultes et à la nosologie représentent bien, entre autres, ces nombreux particularismes.
Cosmogonie
[modifier | modifier le code]Thãgbá est l'Entité suprême, créateur de la terre et de tout ce qui vit, maître du ciel et de la foudre. Il l’a créée par couches successives, cousues les unes aux autres et soutenue, pour qu’elle ne tombe pas, par les kõtéé, êtres extraordinaires et effrayants, qui pullulaient autrefois et pouvaient se manifester sous la forme de serpent. Seule la foudre peut être matérialisée et faire l’objet d’un culte. Elle symbolise le mâle qui pénètre la femelle (la terre). Elle est représentée le plus souvent par une latte de bois surmontée d’une poignée de tiges sèches d’une herbe nommée fàlcié (Eragrostis tremula), renouvelée chaque année, après avoir été introduite durant quelques temps à l’intérieur d’un trou percé dans un arbre foudroyé[22].
Les Lobi sont animistes, bien que tardivement les missionnaires chrétiens, exploitant les luttes incessantes faisant de nombreux morts chez les Lobi, aient introduit, afin de les évangéliser, la notion d’un Dieu unique qui aurait tout créé, ainsi que la légende du "Paradis perdu" qui l’accompagne.
"Au début, les gens vivaient complètement heureux (nous dirions: comme au paradis). Ils ont été nourris par « Dieu » (Thangba yu) avec la viande et n'avaient donc pas besoin de travailler. Ils ne connaissaient pas la mort de maladie - un seul est mort de vieillesse - et il n'y avait ni combats ni les guerres parce qu'ils obéissaient aux « grands interdictions » (soser kontena) que Dieu leur avait données personnellement.
Kherhim Da (Korhogo, ) dit de cette façon[23] : Dieu avait dit aux gens: ". Ne pas voler, ne pas voler les femmes, ne tuez pas et ne menacer personne d'un commun accord". Mais la population s'est accrue. Les hommes avaient besoin de femmes et ils ont commencé à voler les femmes de l'autre. Ces combats et la guerre causés: "Cela a commencé avec les femmes, nous sommes allés les uns contre les autres et a commencé à tirer des flèches La conséquence était que Dieu s'est détourné de nous et laissez-nous aller à nos propres moyens.». Il prit la viande avec laquelle il les avait nourris à l'écart des gens et leur a donné la houe pour creuser des racines. Millet était inconnu du Lobi à ce moment. Dieu a lancé sur eux la « maladie » (kho) et le début de la « mort » (kir) et les quitta pour toujours. C'est ainsi que les Lobis connurent la tristesse et l'impuissance. Mais afin de ne pas les laisser complètement livrés à eux-mêmes, Dieu leur a donné une aide, le thila, des êtres qui devaient les aider dans leur nouvelle situation, chargés de « prendre soin » (yaali) du bien-être (bopha) des Lobis et « sauver leurs corps de la maladie, la faim et la mort ».
Dans la croyance des Lobi, les êtres humains ont deux corps. Le corps matériel meurt, mais son double immatériel, le thuú, reste présent. Après la mort, celui-ci retraversera le fleuve Miir ou Mouhoun (Volta noire) à bord d'une pirogue, pour retourner au pays de leurs ancêtres , actuellement le Ghana, pays d'origine. Ce passage a lieu lors des secondes funérailles, le bòbuùr. Mais certains esprits refusent de retraverser le fleuve et peuvent perturber le quotidien du clan, en se manifestant par des signes particuliers. Ainsi pour les Lobi, les défunts restent très présents et partagent toujours leur quotidien.
Jusqu'à présent, les thilas ont essayé de s'acquitter de cette tâche extrêmement important à deux égards. D'une part, ils transmettent généralement par un devin marchandises diverses et des cérémonies. Par exemple, ils "ont montré" (nereri) les "médicaments" efficaces contre les maladies Lobi, ou leur ont expliqué comment effectuer l'initiation (dyoro), qui est célébrée tous les sept ans sur les rives de la Volta Noire. Et d'autre part, ils ont promis aux Lobi chaque fois que possible de les protéger contre le mal et le malheur et pour éloigner les chagrins que Dieu avait portées à l'Lobi après leur première désastreux "norme-break". Nous disons «chaque fois que possible une protection. Le thilas leur font promesse de protection à la condition que leurs interdictions et les « ordres »(bonoo) soit suivis par le peuple. Et c'est ce que les thilas ont fait depuis lors: Ils ne protègent que les gens quand ils en retour respecter les interdictions et les ordres (ce qu'ils sont sera discuté plus tard) qui ont été transmises a travers un devin, ils prennent soin du bien-être des gens seulement après que leurs souhaits ont été satisfaits. Il s'agit de la connexion au premier chapitre. Il nous a appelé le thila le fondateur des normes, qui ont mis certaines restrictions sur les gens et qui punissent la désobéissance par la maladie, la mort et le désastre.
Autorités traditionnelles
[modifier | modifier le code]Avant la periode coloniale (XIXe siècle) l'organisation sociale et politique des Lobis se caracterise par l'absence d'un pouvoir centralisé. Deux figures d'autorité se distinguent au sein de la communauté : "Le chef de la Terre", intermediaire entre les esprits et les humains et, en conséquence, responsable religieux qui dirige les cérémonies tel que les mariages et les enterrements mais qui n'as pouvoir hiérarchique, et le "Chef de l'Arc" qui est en quelque sorte chef de guerre, et dirige durant les conflits armés et la chasse[26].
Le , à Bouna, Sib Virkoun a été intronisé chef central des Lobi de Côte d’Ivoire. Cette nomination est très contestée et une partie de la population ne le reconnaît pas et soutient un autre chef des Lobi, également basé à Bouna, Hien Binsaré[27],
Personnalités
[modifier | modifier le code]- Général ivoirien Lassana Palenfo[28]
- Générale Palé/Kambilé Directrice Générale Adjoint de la Police Nationale de Côte d’Ivoire
- Kambile Sansan, Ministre Ivoirien de la Justice
- Hien Sié Yacouba , Directeur Général du Port autonome d'Abidjan
- Général Dah Sié Directeur Général des Douanes de Côte d’Ivoire
- Welté Palé ancien ministre de Haute-Volta(actuel Burkina)
- Colonel Daprou Kambou, mathematicien, ancien ministre de l'Equipement du Burkina Faso
- Victorien Marie Hien journaliste
- Nani Palé musicien balafoniste de renom
- Colonel Noufé Sié, ancien CEMGN de la Côte d’Ivoire
- Moses Kambou, Universitaire, professeur Université de Ouaga/Burkina Faso et Lagon University/Ghana
- Colonel Dah Belmoko, ancien officier supérieur des forces armées voltaiques(Burkina Faso)
- Colonel Kilmite Hien, ancien ministre Burkina Faso
- Kassoum Kambou, Magistrat et ancien Président de la Cour Constitutionnelle du Burkina Faso
- Noufé Sansan, Sénateur ivoirien
- Colonel Kansié, premier pilote militaire de Haute-Volta(Burkina Faso) et ancien Maire de Tiankoura
- Dominique Kambou, ancien Deputé, Burkina Faso
- Colonel Hien Tiôboun, premier officier de la Gendarmerie Nationale du Burkina Faso
- Jean Kambiré, chroniqueur sportif et ancien deputé de la Côte d’Ivoire
- Sa Majesté Kaarbu, dignitaire de Lawra/Ghana, ancien ministre et ancien Diplomate ghaneen
- Prof. Sib Sié Faustin, Premier atomisticien universitaire burkinabe
- Oussé Albert: Chef de Canton de Gaoua et l'un des chefs coutumiers les plus représentatifs du peuple Lobi
- Benoit Kambou: professeur de Droit, ancien ambassadeur du Burkina Faso au Tchad
- Kambou Sié Melvin, grand streamer de jeux vidéo et élève
- kambou Banlo Ancien gendarme du Burkina Faso; originaire de province de la Bougouriba dans la region du Djoro; cadre de societes minieres et essayiste politique il a une large et profonde connaissaince en politiques securitaires et en geopolitique; auteur de deux livres dont / MENTALITES ET DEVELOPPENT EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE: Les combats des Etats de l'Alliance du Sahel; et L'AFRIQUE DANS LA TROISIEME GUERRE MONDIALE: et si les africains s'orientaient via l'etoile polaire du Sahel
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Daniel Dory, « Entre la découverte et la domination : le Lobi (1800-1960). Eléments d'histoire de la géographie coloniale (The Lobi : between the discovery and the domination.1800-1960 an exemple of history of colonial geography », Bulletin de l'Association de géographes français, vol. 61, no 505, , p. 373–382 (DOI 10.3406/bagf.1984.5500, lire en ligne, consulté le )
- ↑ KAMBIRE Bèbè, HIEN Tô, GANSONRE Bernadette, « La Notion de la richesse chez les Lobi du XVIIIe siècle au XXe siècle », Revue Enclume d’Ivoire,, vol. Vol 2, no N°3 Juillet 2025, , page 109 (lire en ligne)
- ↑ Lobi paraissent avoir commencé à traverser la Volta noire vers la fin du XVIIIe siècle en deux points principaux , vers Talière, dans l'arrondissement de Nako , et Momo quartier de Batié-Nord. Ils se sont divisés en deux groupes : les Lobi de Nako , au nord , sont dit Lobi de la « plaine », et ceux de Batié-Nord, plus au sud, sont dits de la « montagne » , en raison des collines qui avoisinent cette région. Madeleine Père lobi Tradition et changement Tome 1 (page 96)
- ↑ Les premiers Lobi, arrivés aux environs de Gaoua avec l'intention de s'installer sur les rives du Poni, constatèrent que l'endroit était disponible et que seuls les Gaàn y campaient au cours de leurs déplacements . C'est ainsi qu'ils nommèrent l'endroit Gahuèrà. (« Endroit de la route des Gaàn ; ga de gaàn ; huè : route ; rà : locatif.) Madeleine Père Lobi Tradition et Changement Tome 1 page 85.
- ↑ Les Teésè (ou Teguesè), les Gaàn (et Docsè) ainsi que les Kùlago, sont les plus anciens occupants. Les Teésè sont probablement les plus anciens occupants dans la région de Gaoua. Tous semblent avoir franchi la Volta noire à la même époque,à quelques années d'intervalle, et s'être retrouvés d'abord dans une même zone , avant d'être séparés et dispersés sous la poussée lobi, survenue plus tardivement. Madeleine Père Lobi Tradition et changement Tome 1 page 78 et 79
- ↑ Source Maurice Delafosse Haut Sénégal Niger Tome 1 pages 317-318
- ↑ [vidéo] « Venez écouter l'histoire des l'histoire, peuple Lobi#culture », Peuple LOBI Officiel, , 40:21 min (consulté le )
- Source: Mémoires entre deux rives un film de Frédéric Savoye et Wolimité Sié Palenfo sortie en 2002
- Jeanne-Marie Kambou-Ferrand "Guerre et résistance sous la période coloniale" dans Image d'Afrique et science sociale édité en 1993 par Karthala-Orstrom (page 75 à 100)
- ↑ bèbè KAMBIRE , HIEN Tô, « LE DI-TA-SO : STRATEGIE DE RESISTANCE DES LOBI A LA COLONISATION FRANÇAISE (1898-1930). », acaref, , p. 168
- ↑ La porte d'entrée , étroite et basse, n'est jamais ouverte face à l'est car c'est de là que vient tout ce qui est mauvais : la pluie, le vent, le malheur. C'est à l'est aussi que se trouve le pays des morts. Madeleine Père Lobi tradition et changement Tome 1 page 27
- ↑ Chaque épouse dispose d'une pièce, khér duù (khér: femme; duù: chambre), où elle loge avec ses enfants et où elle a un foyer, kothirè pour sa cuisine. Madeleine Père Lobi,Tradition et changement Tome 1 page 36
- ↑ Thâgbâ, créateur de toutes choses, a créé la terre par bandes successives qu'il a ensuite reliées les unes aux autres à la manière de bandes de cotonnade que l'on rassemble en les cousant les unes aux autres. Madeleine Père Lobi Tradition et cha,gement Tome 1 (page 169)
- Le terme kuon désigne le groupe de parenté patrilinéaire, privilégiant l'idée de «naissance» entendue dans le sens de procréation, engendrement. En d'autres termes, le kuon désigne la lignée paternelle, consanguine. Madeleine Père Lobi Tradition et changement Tome 1 (page 109)
- ↑ Source RAMEAU, BnF [1]
- « Le coq chante - Les Lobis : entre tradition et modernité », sur RFI, (consulté le )
- ↑ La génético-typologie est une approche à la fois linguistique, sémantique et ethnologique qui se propose de rendre compte de l'origine du lexique et de la création des mots ou groupe de mots en rapport avec la vision du monde, au sein d'une ou de plusieurs communautés ethniques. Appliquée au domaine des langues africaines, la génético-typologie permet de dégager des récurrences linguistiques et culturelles qui permettent de révéler les motivations présidant à l'origine des mots. Elle permet ainsi la reconstruction de certains blocs sémantiques internes à une langue et/ou communs à plusieurs langues.
- ↑ Jacques Becuwe, « Les constructions associatives en lobiri », in La locution et la périphrase du lexique à la grammaire : actes des Journées d'étude sur la locution organisées à l'Université de Pau les 16 et 17 octobre 1998, L'Harmattan, Paris, 2001, p. 171-182 (ISBN 9782747519489)
- ↑ (en) Fiche langue
[lob]dans la base de données linguistique Ethnologue. - ↑ Sylviane Janin, Burkina Faso, Éd. Olizane, Genève, 2000, p. 31 (ISBN 2-88086-257-4)
- ↑ EthnoNet Africa [2]
- ↑ Madeleine Père Lobi Tradition et changement Tome 1 (page 206)
- ↑ (en) Piet Meyer, African Divination Systems, John Wiley & Sons, , 240 p. (ISBN 978-0253343093), « Divination Among the Lobi of Burkina Faso », p. 91-100
- Château des Sforza
- Tropenmuseum
- ↑ « AFRICA | 101 Last Tribes - Lobi people », sur www.101lasttribes.com (consulté le )
- ↑ « Côte d’Ivoire-AIP/ Des cadres Lobi expriment leur colère après l’investiture du chef central Sib Virkoun – AIP – Agence Ivoirienne de Presse de Côte d'Ivoire », (consulté le )
- ↑ Donatien Kautcha, « Côte d'Ivoire : Un nouveau chef central des Lobi installé, vive protestation du général Lassana Palenfo et des cadres », sur KOACI, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jacques Becuwe, Les langues GUR de Côte d'Ivoire, Annales de l'Institut de Linguistique Appliquée, Abidjan, 1981
- Jacques Becuwe, Éléments de phonologie et de grammaire du Lobiri (parler de Bouna-Côte d'Ivoire), Université Paris 3, 1982, 479 p. (thèse de 3e cycle d'Études africaines)
- Jacques Becuwe, « Contribution à la génético-typologie des langues négro-africaines : Les constructions associatives en lobiri », in La locution et la périphrase du lexique à la grammaire, L'Harmattan, Paris, 2002, p. 171-182 (ISBN 9782296278332)
- (de) Floros Katsouros (et al.), Anonyme Schnitzer der Lobi, Ethno Graphika, Hanovre, 2006, 349 p. (ISBN 9783000191657)
- (en) Piet Meyer, African Divination Systems, John Wiley & Sons, , 240 p. (ISBN 978-0253343093), « Divination Among the Lobi of Burkina Faso », p. 91-100
- Barbara Hillman Strong, The visual arts of the West African Lobi peoples, University of California, Santa Barbara, 1972, 194 p. (Thèse)
- Yamba Bidima, Art statuaire et magie au Burkina Faso : le case de Lobè, Cahiers ethnologiques (Bordeaux), 20 (14) 1992, p. 86-112
- Daniela Bognolo, Lobi, 5 Continents, Milan, 2007, 152 p. (ISBN 978-88-7439-349-7)
- Michèle Cros, Anthropologie du sang en Afrique : essai d'hématologie symbolique chez les Lobi du Burkina Faso et de Côte d'Ivoire, L'Harmattan, Paris, 1990, 297 p. (ISBN 2738405754)
- Michèle Fiéloux, Les sentiers de la nuit : les migrations rurales lobi de la Haute-Volta vers la Côte d'Ivoire, ORSTOM, Paris, 1980, 199 p. (ISBN 2709904799)
- Burkhard Gottschalk, Chez les devins du pays lobi : l'art de découvrir les choses cachées, Verlag U. Gottschalk, Dusseldorf, 1999, 202 p. (ISBN 2-07-036822-X)
- Jean-Camille Haumant, La tribu lobi, Toguna, Toulouse, 1999 (2e éd.), 58 p. (ISBN 2913243096)
- Henri Labouret, Les tribus du rameau Lobi, Institut d'ethnologie, Paris, 1931, 510 p.
- Giovanni Franco Scanzi, L'art traditionnel Lobi, Ed. Milanos, Bergame (Italie), 1993, 416 p. (ISBN 978-88-7439-349-7)
- Madeleine Père, Les Lobi, tradition et changement : Burkina Faso, Siloë, Laval, 1988, 2 vol. (ISBN 2905259353)
- Cécile de Rouville, Organisation sociale des Lobi : une société bilinéaire du Burkina Faso et de Côte d'Ivoire, L’Harmattan, Paris, 1987, 256 p. (ISBN 9782858024629)
- Claude-Henri Pirat, « La statuaire lobi et celle des peuples apparentés : un exemple d'art de culte », in Tribal Arts, Le Monde de l'Art Tribal, no 1, Paris/San Francisco, 1994, p. 22-32.
- Claude-Henri Pirat, Dialogues Occultes, ou Comment chez les Lobi les Thila Font la loi, dans "Arts d'Afrique : Voir l'Invisible", Musée d'Aquitaine, Bordeaux, 2011, Hazan, Paris, 2011, p. 85-91 (ISBN 9782754105552)
- D, Traoré, « Notes sur les mœurs et coutumes Lobi», L'Éducation africaine, 24e année, no 89, Gorée, 1935, p. 49-57.
- Maurice Delafosse "Haut-Sénégal-Niger- Tome 1 édité en 1912 par Émile Larose à Paris
Discographie
[modifier | modifier le code]- Burkina Faso : Bisa, Gan, Lobi, Mossi (enregistrements réunis et commentés par Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Collection Prophet, vol. 9, 1999, 1 CD (47 min 13 s) + 1 brochure (15 p.)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Démographie au Burkina Faso
- Démographie en Côte d'Ivoire
- Démographie du Ghana
- Liste des groupes ethniques d'Afrique
- Musée des civilisations des peuples du Sud-Ouest
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Le pays lobi (Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme)
- Statuaire lobi
- Guide touristique du Burkina Faso
- Musée des civilisations du sud-ouest à Gaoua
- (en) Lobi Information (Arts & Life in Africa, Université de l'Iowa)
