Anunnaki

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Sceau sumérien représentant les Anunnaki.

Le terme Anunnaki (akkadien) ou Anun-naku, du sumérien A-nun-na(k) désigne dans la mythologie mésopotamienne un groupe de dieux. Il prend deux sens différents selon les textes et les époques : dans certains cas, plutôt anciens, il s'agit des principales divinités du panthéon mésopotamien ; dans d'autres cas, plutôt récents, il s'agit de divinités liées au Monde souterrain.

Les sens du terme dans les textes mésopotamiens[modifier | modifier le code]

Dans son sens ancien, aux époques sumérienne et paléo-babylonienne (premiers siècles du IIe millénaire av. J.‑C.), le terme Anunnaki désigne les divinités les plus importantes du panthéon mésopotamien. Ce mot est parfois employé durant ces mêmes époques en parallèle à un autre, Igigi, qui désigne un groupe de dieux mais dont le sens est débattu : il se pourrait qu'il s'agisse d'un groupe plus restreint de dieux importants, mais plus simplement il pourrait s'agir d'un synonyme d'Anunnaki (par exemple dans Atrahasis)[1].

Quelque part autour du milieu du IIe millénaire av. J.‑C. le sens des mots Anunnaki et Igigi évolue : le premier désigne les divinités du Monde souterrain (les Enfers, aussi l'Abîme), donc un groupe de divinités chthoniennes, tandis que le second désigne les divinités du Ciel. Mais d'autres textes distinguent des Anunnaki du Ciel et des Anunnaki du Monde souterrain[2].

Nombre et organisation du monde divin[modifier | modifier le code]

Plusieurs textes babyloniens d'époque moyenne, datés des derniers siècles du IIe millénaire av. J.‑C., donnent un nombre de 600 Anunnaki. C'est le cas d'Enuma Elish, le principal texte mythologique babylonien, qui précise dans un passage que les 600 Anunnaki sont répartis en deux groupes, à savoir 300 au Ciel et 300 dans le Monde souterrain (VI 39–44). Mais un autre passage du même mythe donne 300 Igigi au Ciel, et 600 autres (les Anunnaki manifestement) dans le monde de l'Abîme (VI 69). Ce dernier passage est selon W. Lambert une glose, appuyée sur un texte topographique de Babylone (Tintir) qui indique que la ville comprend 600 autels pour les Anunnaki et 300 pour les Igigi. Dans une litanie d'époque récente rédigée dans une variante du sumérien employée pour les chants (emesal), une organisation du monde divin est donnée comme suit : 50 grands dieux, 7 dieux des destinées, 300 Anunnaki du Ciel, et 600 Anunnaki du Monde inférieur. Cette division entre 300 Igigi célestes et 600 Anunnaki chthoniens semble la vision dominante de l'époque babylonienne moyenne. Pour les autres périodes les textes mésopotamiens donnant une organisation générale du monde divin sont rares, et présentent des contradictions entre eux qui témoigne d'une absence de tradition unifiée[3].

Évocations dans les œuvres culturelles[modifier | modifier le code]

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

  • Dans SeaQuest, police des mers Saison 1 épisode 20.
  • Dans le film Phénomènes paranormaux de Olatunde Osunsanmi.
  • Dans la série animée Scooby-Doo : Mystères associés, en particulier dans les derniers épisodes de la saison 2 qui clôturent la série ; ils peuvent posséder les animaux et leurs descendants sont des animaux qui parlent, comme Scooby ou le Pr Périclès.
  • Dans le film d'horreur Sanitarium, il y a une référence aux Annunakis dans le 3e récit du film.
  • Dans la série animée Senki Zesshou Symphogear, il est démontré que ce sont les Annunakis qui ont détruit la tour de Babel durant l'Antiquité et causé la malédiction de Balal, privant l'humanité du langage unifié, empêchant les hommes de se comprendre.
  • Dans le film Prometheus, des chercheurs trouvent des fresques et gravures à plusieurs endroits du monde qui représentent toutes un homme qui pointe du doigt un système solaire, ce qui pousse les protagonistes à se rendre jusqu'à une lune dans ce système solaire sur laquelle ils trouvent des constructions extraterrestres gravées de symboles cunéiformes sumériens, en clin d'œil aux Annunakis « dieux venus du ciel sur la Terre » et « créateurs de l'homme » dans les croyances sumériennes.

Dans la culture musicale[modifier | modifier le code]

  • Jason Voriz dans sa mixtape Manstrr, avec la chanson intitulée Le retour des Annunakis.
  • Dr. Steel fait allusion à Annunaki dans sa chanson Conspiracy.
  • Sur l'album Formulas Fatal to the Flesh de Morbid Angel, la chanson Heaving Earth fait explicitement référence aux Anunnaki.
  • Ab-Soul en parle souvent, notamment sur le titre Nibiru.
  • Venom traite du sujet sur la chanson Annunaki Legacy, sur l'album Fallen Angels.
  • Melechesh aborde ce thème sur le morceau Annunaki's golden thrones, sur l'album Sphynx. La plupart de leurs morceaux traitent de légendes sumériennes.
  • Apathy en fait référence dans son titre The Grand Leveler sur l'album Connecticut casual.
  • Savant, sur l'album Zion, avec la chanson intitulée Anunnaki.
  • Octavion sur l'album The Golden Ratio sorti en 2013 avec le titre Anunnaki.
  • The Anunnaki records est le premier label de Slovénie techno fondé en 2000 par DJ_PsiHO
  • Midnite sur l'album What Makes a King sorti chez African Roots Lab en 2010 avec le titre High Places of Anu.
  • Ateyaba s'y réfère dans plusieurs de ses titres.

Dans les jeux[modifier | modifier le code]

  • Dans la série de jeux vidéo Assassin's Creed, les créateurs des artéfacts, ceux-qui-étaient-là-avant, sont parfois désignés sous le terme d'Annunakis[4].
  • Dans le jeu de rôles Fading Suns, les Anunnakis sont les créateurs des portails de saut.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Zecharia Sitchin, évoque les Anunnakis au travers d'une série de plus de 14 livres, à commencer par La 12ème planète,
  • Anton Parks (es), fait des Anunnakis le thème central de ses livres, dont il conte la saga dans sa trilogie Les chroniques du girku.
  • David Icke soutient dans ses essais que des lignées de reptiliens, les Annunakis, contrôlent secrètement la Terre pour l'asservir

Dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Annunaki, par Vincente Montalba.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lambert 2013, p. 194-195.
  2. Lambert 2013, p. 195-196.
  3. Lambert 2013, p. 194-195 et 196.
  4. « Quelques éclaircissements : Les artefacts - Dossier : La série Assassin's Creed », Jeuxvideo.com,‎ (lire en ligne, consulté le 11 mai 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jeremy Black et Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, Londres, British Museum Press, , p. 34
  • (en) Wilfried G. Lambert, Babylonian Creation Myths, Winona Lake, Eisenbrauns,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]