Antoine Kaburahe

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Antoine Kaburahe
Image illustrative de l’article Antoine Kaburahe

Naissance
Burundi
Nationalité Burundais
Profession journaliste, écrivain, éditeur
Récompenses Prix Reporters sans frontières 2016
Médias
Pays Burundi
Média Iwacu
Presse écrite Iwacu
Autres médias Magazine mensuel Iwacu

Antoine Kaburahe, né le à Gitega, est un journaliste, écrivain et éditeur belgo-burundais. Il est fondateur et directeur du journal hebdomadaire en langue française Iwacu Écouter qui paraît au Burundi ainsi que du groupe de presse du même nom[1]. Depuis , il vit en exil en Belgique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Damien Kaburahe, ancien rédacteur en chef de Ndongozi, périodique de l'Église catholique du Burundi[2], Antoine Kaburahe entre et fait carrière dans la même profession que son père après des études supérieures à l’université du Burundi en littérature française et à l’École supérieure de journalisme de Paris où il obtient un diplôme de maîtrise.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1992, Antoine Kaburahe commence sa carrière de journaliste à la radio nationale du Burundi[3]. En , à cinq mois du déclenchement de la guerre civile burundaise, avec un groupe de jeunes journalistes, il lance Panafrika[4], un bimensuel d’information en français. Dans le contexte de la guerre et de la multiplication des « médias extrémistes » qui alarment Reporters sans frontières (RSF)[5], Panafrika est, selon cette organisation, l'un des rares titres de la presse écrite locale qui gardent une tenue professionnelle[6].

En 1996, avec des journalistes français et burundais, il participe au lancement de la radio Umwizero, une des premières radios indépendantes du Burundi depuis le retour du pays au multipartisme.

Vers la fin de l’année 1997, à la suite des menaces de mort qu'il subit, Antoine Kaburahe s’exile en Belgique où il reste dix ans.

Le alors qu'Antoine Kaburahe est en exil, Panafrika est interdit par le Conseil national de la communication, l'autorité burundaise de régulation des médias, à la suite de la parution d'un numéro « extrémiste et subversif ». Il avait publié l'interview d'un membre de l'opposition qui fustigeait « l’arbitraire et les méthodes dictatoriales » du président de la République[7].

En 2008, il se réinstalle au Burundi où il lance l'hebdomadaire d'information Iwacu diffusé en deux éditions, l'une en langue française et l'autre en kirundi. Iwacu évolue en groupe de presse avec l'ouverture d'une version en ligne du journal, une maison d'édition de livres, une télévision sur le web ainsi qu'un magazine mensuel.

En , alors que le Burundi traverse une crise politique à la suite de la candidature et de la réélection controversées de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat présidentiel consécutif, Antoine Kaburahe est soupçonné par la justice burundaise de complicité avec les auteurs d'une tentative de putsch militaire survenue le qui échoue[8]. Le , il est convoqué et entendu par le procureur de la République à Bujumbura[9].

Depuis la fin du mois de , il vit en exil en Belgique d'où il continue à diriger le groupe de presse Iwacu[10].

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • : Prix de la fiction 1997 au 7e concours international de création radiophonique Phonurgia Novale pour son conte La complainte de la rebelle , remporté comme journaliste producteur à la radio Umwizero[11].
  • Lauréat 2012 Brouillon de rêve dans la catégorie Documentaire sonore avec La mort des tambours sacrés du Burundi co-produit avec François Capelier[12].
  • : médaille de la Ville de Paris en hommage aux « héros de l’information », reçu des mains du maire de Paris, Anne Hidalgo[13].
  • 2016 : prix Reporters sans frontières[14]

Publications[modifier | modifier le code]

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Testament de l’espoir : recueil de nouvelles, Bujumbura, La Licorne, 1997, 86 p.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Burundi: la mémoire blessée, Bruxelles, La Longue Vue, 2002, 243 p. (ISBN 2871210950)
  • Cinq ans d’éditoriaux et de réflexions (2008-2013), Bujumbura, Iwacu, 2014, 173 p.

Biographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la liste des titres de la presse écrite au Burundi sur le site web du Conseil national de la communication, autorité de régulation des médias au Burundi: http://cnc-burundi.bi/medias/
  2. http://www.iwacu-burundi.org/antoine-kaburahe/
  3. « Antoine Kaburahe : « Iwacu, notre journal, est toujours là ! » », LeMonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Association pour la promotion et la protection de la liberté d'expression au Burundi, Guide de la presse burundaise, juin 1996, p. 36
  5. Barnabé Ndarishikanye et Jean-François Dupaquier, Burundi, le venin de la haine. Étude sur les médias extrémistes. Paris, Reporters sans frontières, 1995 (2e éd..), 88 p.
  6. Eva Palmans, « La liberté de la presse au Burundi et au Rwanda », Annuaire de l'Afrique des grands lacs, vol. 7,‎ 2002-2003, p. 61 (ISBN 9782747548533, lire en ligne, consulté le )
  7. « Brouillage et censure : la liberté de la presse se dégrade nettement », sur rsf.org, (consulté le )
  8. « Burundi : des combats sporadiques autour des sièges de plusieurs médias », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Burundi implicates respected journalist in failed coup », (consulté le )
  10. « Antoine Kaburahe, un journaliste en exil, mais debout », sur imagine-magazine.com, (consulté le )
  11. « 7e concours international de création radiophonique Phonurgia Novale », sur giardini.sm, (consulté le )
  12. « Les lauréats Brouillon d'un rêve », sur https://archive.is, (consulté le )
  13. « La maire de Paris remet la « médaille de la ville » à quatre héros de l’information », sur rsf.org, (consulté le )
  14. « Liberté de la presse : Quatre journalistes récompensés par Reporters sans frontières », sur 20minutes.fr, (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Association pour la promotion et la protection de la liberté d'expression au Burundi, Guide de la presse burundaise, , 80 p.
  • Antoine Kaburahe, Simon Ntamwana, Soyons les serviteurs de la vie. Entretiens avec Antoine Kaburahe, Bruxelles, le roseau vert, , 258 p.
  • Barnabé Ndarishikanye et Jean-François Dupaquier, Burundi, le venin de la haine. Étude sur les médias extrémistes. Paris, Reporters sans frontières, 1995 (2e éd..), 88 p.