Pierre Nkurunziza

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Pierre Nkurunziza
Pierre Nkurunziza, le 4 juin 2008.
Pierre Nkurunziza, le 4 juin 2008.
Fonctions
11e président de la République du Burundi
En fonction depuis le
(9 ans 10 mois et 4 jours)
Élection
(par l'Assemblée nationale)
Réélection
(au suffrage universel)
Vice-président Martin Nduwimana
Yves Sahinguvu
Thérence Sinunguruza
Prosper Bazombanza
Prédécesseur Domitien Ndayizeye
Biographie
Nom de naissance Pierre Nkurunziza
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Ngozi
Nationalité burundaise
Parti politique CNDD-FDD
Conjoint Denise Bucumi
Profession Enseignant
Religion Chrétien évangélique

Pierre Nkurunziza
Présidents de la République du Burundi

Pierre Nkurunziza, né le 18 décembre 1963 à Ngozi[1], est un homme politique burundais, à la tête des Forces pour la défense de la démocratie (FDD). Ancien ministre de la bonne gouvernance et de l’inspection générale de l’État du gouvernement de transition du président Domitien Ndayizeye, il est élu comme nouveau président de la République le 19 août 2005 et réélu en juin 2010. Il est hutu alors que la vie politique a longtemps été dominée par la minorité tutsi.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père est gouverneur des provinces de Kayanza et de Ngozi où la famille s'est établie. En 1965, après la chute de la monarchie, il est élu au parlement de la nouvelle république. Il sera tué en 1972, au moment des massacres qui font près de 100 000 morts en quelques semaines. Pierre n'a que 8 ans et grandit dans un quartier mixte où les deux communautés n'étaient pas encore séparées par les massacres des années 1990. Sportif, il est surnommé Black Panther en raison de son intérêt pour les mouvements d'émancipation des Noirs américains. Ne pouvant devenir officier, il devient en 1991 professeur de gymnastique à l'université.

Rébellion[modifier | modifier le code]

En 1995, recherché par des tueurs, il rejoint la rébellion des FDD, créée deux ans plus tôt après l'assassinat de Melchior Ndadaye le 21 octobre 1993, le premier président hutu du pays. Après quelques mois de guérilla, il est grièvement blessé mais en réchappe. Il est très croyant depuis lors et son épouse est en relation avec des églises évangéliques américaines et australiennes qui soutiennent financièrement sa cause.

Nkurunziza est condamné à mort en 1996 (1997[2] ou 1998[3] par la justice burundaise pour sa responsabilité dans la pose de mines anti-char ayant fait des dizaines de morts dans la capitale Bujumbura en 1995.

Suite aux accords d'Arusha et à l'accord de cessez-le-feu de 2003, Nkurunziza est provisoirement amnistié[1],[4].

Il s'élève dans la hiérarchie et avec la complicité d'Hussein Radjabu, prend la tête des FDD en 2001.

Nkurunziza fait partie des signataires, avec le président Pierre Buyoya, de l'accord de paix d'Arusha marquant la fin de la guerre civile burundaise en 2000. Le 16 novembre 2003, les FDD signent un accord avec le gouvernement tutsi pour mettre en place une période de transition politique vers le retour de la démocratie. Les FDD se transforment alors en parti politique.

Président de la République (depuis 2005)[modifier | modifier le code]

Le FDD remportent les élections législatives du 4 juillet 2005. L'Assemblée nationale et le Sénat qui en sont issus élisent Nkurunziza président le 19 août 2005. Il prête serment le 26 août. 162 parlementaires votent pour Nkurunziza, 9 contre et 2 s'abstiennent[5]. Ce scrutin constituait l'étape finale du processus de paix.

Un congrès extraordinaire du Conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) désigne le 24 avril 2010, Nkurunziza comme candidat du CNDD-FDD pour briguer un second mandat à la tête du pays à l'élection présidentielle du 28 juin 2010.

L'opposition burundaise refuse de participer à l'élection présidentielle du 28 juin 2010 et dénonce des fraudes lors des élections municipales de mai (le CNDD-FDD a remporté les municipales avec 64 % des voix et le déroulement de l'élection est jugé correct en regard des standards internationaux par les observateurs de l'Union européenne[6],[7]). La campagne est émaillée d'incidents, plusieurs membres de l'opposition sont arrêtés[8]. Pierre Nkurunziza a été réélu président en 2010 avec plus de 91 % des voix, étant le seul candidat de l'élection. Les candidats de l’opposition s’étaient retirés pour protester contre les irrégularités du scrutin.

Des policiers burundais pourchassent des manifestants qui protestent contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, le 17 avril 2015.

En 2015, Pierre Nkurunziza décide de briguer un troisième mandat à la présidence de la République. Le 25 avril 2015, il est désigné candidat à l'élection présidentielle du 26 juin 2015 par le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), provocant des heurts et les protestations de l'opposition[9].

Le 13 mai 2015, Pierre Nkurunziza, en déplacement pour un sommet à Dar es-Salaam sur la situation de crise de son pays, est victime d'une tentative de coup d'État de la part du général Godefroid Niyombare qui annonce depuis une radio privée que le président est destitué de ses fonctions et le gouvernement limogé[10],[11]. Le 15 mai, après de violents combats dans le centre ville de Bujumbura, le chef des putschistes annonce leur reddition et la présidence annonce le retour imminent du président Nkurunziza[12]. Les jours qui suivent voient une sévère répression de l'opposition de la part du président[13].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Pierre Nkurunziza, un prof de sport et ex-chef rebelle à la tête du Burundi, BBCAfrique, 19 août 2005
  2. OCHA (BURUNDI) FACILITE LE SERVICE INFORMATION
  3. AMNESTY INTERNATIONAL MENE UNE CAMPAGNE EN FAVEUR DES CONDAMNÉS À MORT IMPLIQUÉ DANS LA POSE DES MINES À BUJUMBURA.
  4. Burundi-Présidentielle 2005: La candidature de Monsieur Pierre Nkurunziza est bel et bien recevable malgré sa pseudo-condamnation dans l’affaire des mines en Mairie de Bujumbura, abarundi.org
  5. Nkurunziza est le seul candidat mais a besoin de 151 votes pour pouvoir prendre ses fonctions.
  6. (en) Friday's Election in Precarious Burundi, 538, 21 juillet 2010.
  7. (en) Burundi's ruling party wins district elections, Reuters, 28 mai 2010
  8. (fr) Élection présidentielle sous haute tension ce lundi au Burundi, Radio France internationale, 28 juin 2010.
  9. (fr) Burundi : Pierre Nkurunziza candidat à un 3e mandat, heurts à Bujumbura, 26 avril 2015
  10. im/DEizZ Coup d'Etat en cours au Burundi sur LaLibre.be 13 mai 2015
  11. im/5mzHX Burundi: le général Niyombare annonce la destitution de Nkurunziza, qui est à Dar es-Salaam sur JeuneAfrique.com 13 mai 2015
  12. Burundi : le chef des putschistes annonce leur reddition, Le Figaro, 15-05-2015
  13. Mélanie Gouby, « Au Burundi, le régime resserre sa poigne », Le Figaro, samedi 23 / dimanche 24 mai 2015.
  14. République du Burundi, « Le grade de docteur honoris causa à S.E. Pierre Nkurunziza », sur http://www.burundi-gov.bi,‎ (consulté le 16 mars 2014)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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