Crise burundaise

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Crise politique au Burundi
Description de l'image Policiers burundais pourchassent des manifestants qui protestent contre un 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, vendredi 17 avril 2015.jpg.
Informations générales
Date - en cours
(3 ans, 10 mois et 19 jours)
Lieu Burundi
Issue En cours
Belligérants
Drapeau du Burundi BurundiFNL
FPB
RED-Tabara
Commandants
Pierre NkurunzizaGodefroid Niyombare
Forces en présence
Forces armées du Burundi :
20 000 militaires
30 000 paramilitaires
150 véhicules blindés
11 avions
6 hélicoptères
Imbonerakure
Forces républicaines du Burundi

Batailles

Murwi · Ndora · Bujumbura

Des manifestations ont lieu au Burundi à partir du 26 avril 2015 pour protester contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Contexte et candidature de Pierre Nkurunziza[modifier | modifier le code]

Pierre Nkurunziza a été élu président du Burundi en 2005, et a été réélu en 2010. Le 25 avril 2015, il annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle burundaise de 2015, qui doit se tenir le 26 juin 2015, pour un troisième mandat consécutif. Le 5 mai, la Cour constitutionnelle a validé cette candidature. Cette décision est controversée[1]. Son vice-président, dénonçant « des pressions énormes et même des menaces de mort[2] », a démissionné et s'est enfui.

Par ailleurs, les textes sont formels.

D'une part l'Accord d'Arusha statue dans l'article 7 que: « [Le président] est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels »[réf. nécessaire]. D'autre part l'article 96 de la constitution du Burundi, promulguée en mars 2005, précise que: «Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois »[3].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Tentative de coup d'État[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 2015, le général Godefroid Niyombare, ancien chef d'état-major des armées[4], issu du CNDD-FDD[5], a annoncé sur une radio privée un coup d'État alors que le président Nkurunziza s'était rendu à un sommet consacré à la crise politique burundaise à Dar-es-Salaam, en Tanzanie[6]. La présidence burundaise a démenti le coup d'État et annoncé le retour du président. Le général putschiste a ordonné la fermeture des frontières et de l'aéroport de Bujumbura.

Le 14 mai, les putschistes échouent à prendre le contrôle de la RTNB, qui reste aux mains des loyalistes. Des combats ont lieu aux sièges d'autres médias, tels que la RPA. Le soir, l'entourage de Pierre Nkurunziza annonce qu'il est rentré au Burundi[7].

Élections présidentielles et législatives[modifier | modifier le code]

Post-élection[modifier | modifier le code]

Les troubles continuent, après l'élection. Plusieurs meurtres, visant des personnalités politiques ou militaires, de l'opposition ou du camp présidentiel ont lieu[8]. Le vendredi 11 septembre, le général Prime Niyongabo, chef d'état major de l'armée, survit à un attentat faisant sept morts (deux assaillants, quatre militaires et une policière)[9].

Des opposants réfugiés dans des pays voisins sont aussi tués[10].

Rébellion à partir de décembre 2015[modifier | modifier le code]

Le , l'ex-lieutenant-colonel Édouard Nshimirimana annonce la formation des Forces républicaines du Burundi (Forebu), dont le but affiché est de veiller à l'accord d'Arusha, renverser Pierre Nkurunziza et « restaurer la démocratie »[11]. Le général Godefroid Niyombare en prend la tête[12].

Le 25 avril 2016, le général Kararuza, officier tutsi et conseiller du Premier vice-président, est assassiné avec sa femme et sa fille par des hommes armés[13].

En parallèle, la repression contre les manifestants de 2015 se poursuit au point d'entraîner en décembre 2015 l'adoption d'une résolution en faveur d'une commission enquête à l'ONU[14], de même que l'ouverture d'une enquête par la Cour pénale internationale en avril 2016[15].

Le , un avant-projet de révision de la constitution du Burundi est annoncé[16]. Le projet final est annoncé le , et prévoit la création d'un poste de Premier ministre, le passage d'un quinquennat à un septennat, la limite de mandat sera seulement consécutive et le seuil d'adoption des lois passerait des deux tiers à la majorité absolue[17]. De fait, l'accord d'Arusha est abrogé[18]. En janvier 2018, lors de la campagne électorale pour le référendum, le pouvoir burundais a fait arrêter des opposants[19].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Manifestations[modifier | modifier le code]

La candidature du président sortant provoque d'importantes manifestations à partir du 26 avril. Près de 25 000 Burundais ont fui à l'étranger, au Rwanda notamment. Au moins vingt-deux manifestants sont morts[2].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Début mai 2015, la Belgique annonce qu'elle suspendait son soutien financier au processus électoral[20]. Le 11 mai, l'Union européenne a demandé le report des scrutins législatifs et présidentiels[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Burundi : le risque de contagion régionale existe », Laurence Caramel, Le Monde Afrique, 6 mai 2015
  2. a et b Violences politiques : des milliers de Burundais se précipitent au Rwanda, Pierre Lepidi, Le Monde Afrique, 6 mai 2015
  3. « LOI N°1/ 010 DU 18 MARS 2005 PORTANT PROMULGATION DE LA CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI », sur http://justice.gov.bi/ (consulté le 19 décembre 2015)
  4. Burundi : qui est le général putschiste Niyombare ?, Raoul Mbog, Le Monde Afrique, 13 mai 2015
  5. Burundi: Godefroid Niyombaré avait mis en garde Nkurunziza, Pierre Nkrurunziza, RFI, 13 mai 2015
  6. Burundi : bras de fer entre le président et un général putschiste, Le Monde Afrique, 13 mai 2015
  7. « Burundi : des combats sporadiques autour des sièges de plusieurs médias », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Nouvel assassinat d’un opposant au Burundi », Le Monde Afrique,‎ (lire en ligne)
  9. « Burundi : le chef d’état-major de l’armée réchappe d’une tentative d’assassinat », Le Monde Afrique,‎ (lire en ligne)
  10. Mélanie Gouby, « Le Burundi liquide ses opposants en exil », Le Figaro, samedi 3 / dimanche 4 septembre 2016, page 6.
  11. Burundi: une nouvelle rébellion veut chasser Nkurunziza du pouvoir, RFI, 23 décembre 2015.
  12. Burundi: le général Godefroid Niyombaré à la tête des Forebu, RFI, 21 janvier 2016.
  13. Burundi: le général Kararuza tué dans une attaque à Bujumbura, RFI, 25 avril 2016.
  14. « Burundi : la répression sanglante continue à Bujumbura, l’ONU demande une mission d’enquête », sur jeuneafrique.com, (consulté le 28 mai 2016).
  15. « Burundi: un an de répression et toujours pas d'issue », sur liberation.fr, (consulté le 28 mai 2016).
  16. « Burundi: la commission de révision de la Constitution est en place - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 28 janvier 2018)
  17. « Burundi: un projet de révision en profondeur de la Constitution adopté - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 28 janvier 2018)
  18. « Burundi: le projet de nouvelle Constitution, coup de grâce à l'accord d'Arusha - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 28 janvier 2018)
  19. « Burundi: des opposants au référendum constitutionnel arrêtés - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 28 janvier 2018)
  20. Burundi : la Belgique suspend son soutien à l'élection, les manifestations se poursuivent, Jeune Afrique, 11 mai 2015
  21. À un mois de la présidentielle au Burundi, les Occidentaux haussent le ton, France 24, 11 mai 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]