Alois Alzheimer

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Alois Alzheimer
Portrait de Alois Alzheimer

Alois Alzheimer

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à MarktbreitVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
à WrocławVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Cimetière principal de FrancfortVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité AllemagneVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de Wurtzbourg et université Eberhard Karl de TübingenVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychiatre, neuropathologiste (d), neuroscientifique (en), professeur d'université (d) et neurologue (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Société silésienne pour la culture patriotique (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Signature

Signature de Alois Alzheimer

Alois[Note 1] Alzheimer, prononcé en allemand [ˈaː.lo.ˌis ˈalts.haɪ.mɐ], né le à Marktbreit et mort le (à 51 ans) à Breslau (aujourd'hui Wrocław), est un médecin psychiatre, neurologue et neuropathologiste allemand, connu pour sa description en 1906 de la maladie qui porte son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Etudes et premières années[modifier | modifier le code]

Alois Alzheimer est le deuxième fils d'Eduard Alzheimer (Kassel, 21 mars 1830 - ?), notaire à Marktbreit (Bavière), et de Theresia Barbara Busch (Gemünden, 21 avril 1840 - ?), sœur de sa première épouse défunte (Eva-Maria Busch)[1],[2],[3].

Après des études secondaires à Aschaffenbourg[3], il fait ses études de médecine à Berlin, Tübingen et Wurtzbourg[4], où il passe sa thèse sur les "glandes productrices de cérumen" (Über die Ohrenschmalzdrüsen) en 1888[5],[6].

Il se marie en avril 1894 avec Cecille Simonette Nathalie Geisenheimer, née Wallerstein (6 juillet 1860 - 28 février 1901), qui lui a été présentée par Wilhelm Erb lors d'un séjour en Algérie[3]. Ils ont trois enfants : Gertrud (1895), Hans (1896) et Maria (1900)[1].

Années à Francfort-sur-le-Main (1888-1902)[modifier | modifier le code]

En décembre 1888, il est nommé médecin à l'Asile municipal pour les maladies mentales et les épileptiques (Städtische Heilanstalt für Irre und Epileptische ) de Francfort-sur-le-Main[3]. Il y côtoie notamment le psychiatre Emil Sioli (directeur de l'établissement) et le neurologue Franz Nissl[3]. Ensemble, ils étudient l'anatomie normale et pathologique du cortex cérébral, et publient six volumes de 1904 à 1918[3],[7].

Il rencontre également Emil Kraepelin, qui devient un de ses mentors.

Années à Munich (1903-1912)[modifier | modifier le code]

Après avoir été son assistant à Heidelberg en 1902, il suit Emil Kraepelin au Royal Psychiatric Hospital de Munich en 1903[3]. Il intègre son équipe de chercheurs au sein de la Clinique psychiatrique[4], où vont se côtoyer Alfons Maria Jakob, Hans Gerhard Creutzfeldt, Fritz Lewy[3].

En 1904, il publie sa thèse d'université : Histologische Studien zur Differentialdiagnose der progressiven Paralyse[8].

Il devient membre de la société d'hygiène raciale, fondée en 1905 par, entre autres, Ernst Rüdin et Alfred Ploetz (promoteurs de l'hygiène raciale allemande). Il fonde l'école de neuropathologie de Munich et est nommé professeur assistant de psychiatrie au Ludwig Maximilian University en 1908, puis professeur de psychiatrie et directeur du Neurologic and Psychiatric Institute of the Silesian Friederich-Wilhelm University à Breslau en juillet 1912[4].

Années à Breslau (1912-1915)[modifier | modifier le code]

Tombe d'Alois Alzheimer au cimetière principal de Francfort

Durant un trajet à Breslau en août 1912, il tombe malade et développe une endocardite sub-aiguë[3]. Hospitalisé en février 1913, sa santé se détériore et il décède à l'âge de 51 ans des suites des complications rénales et cardiaques d'un rhumatisme articulaire aigu. Il est enterré au cimetière principal de Francfort, auprès de sa femme.

Le cas Auguste Deter[modifier | modifier le code]

Auguste Deter (16 mai 1850 - 8 avril 1906)[3],[9], est admise à l'hôpital de Francfort le 25 novembre 1901, atteinte d'une démence. Elle est suivie par le Dr Alzheimer jusqu'à sa mort.

En raison du coût de l'hôpital de Francfort, le mari d'Auguste Deter envisage de la transférer vers un centre moins coûteux ; Alois Alzheimer négocie le maintien à Francfort en échange de la possibilité de réaliser l'autopsie cérébrale à Munich après son décès[10]. L'autopsie permet d'y découvrir les anomalies qui deviendront caractéristiques de la maladie : plaques amyloïdes et dégénérescence neurofibrillaire.

Il décrit pour la première fois les symptômes de la dégénérescence corticale et l'analyse histologique du cerveau le 3 novembre 1906, lors de la 37e conférence des psychiatres allemands du Sud-Ouest à Tübingen[3]. Les auditeurs ne posent pas de question, apparemment plus intéressés par la lecture suivante sur la masturbation compulsive[3].

Par la suite, plusieurs autres médecins (Fisher en 1907, Bonfiglio en 1908, Perusini en 1909 qui réétudie le cerveau d'Auguste Deter) vont confirmer sa découverte. Alzheimer publie un deuxième cas identique en 1911 (Johann F.)[11].

C'est le psychiatre renommé Emil Kraepelin, qui est à l'époque responsable de la chaire de psychiatrie de Munich, qui propose en 1910 désigner ce type de démence par le nom de son collègue[12].

Auguste Deter (1902).

Découvertes contemporaines[modifier | modifier le code]

Solomon Carter Fuller a décrit un cas similaire à celui d'Auguste Deter en juin 1906[3].

Oskar Fisher a décrit 12 cas en 1907[13].

Le cas Auguste Deter : une authentique maladie d'Alzheimer ?[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990s, des critiques sur le cas Auguste Deter ont été formulées ; une nouvelle analyse publiée en 1998 a confirmé qu'Auguste Deter a bien eu ce qui est maintenant appelé une maladie d'Alzheimer[14]. Le deuxième cas de Johann F. (1911) a été confirmé par la même équipe[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le prénom Alois, diminutif d'Aloysius, est parfois francisé en Aloïs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Alois Alzheimer – GenWiki », sur genwiki.genealogy.net (consulté le 26 octobre 2016)
  2. (de) Stadt Marktbreit am Main, « Alzheimer-Haus », sur www.marktbreit.de (consulté le 26 octobre 2016)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (en) Gabriele Cipriani, Cristina Dolciotti, Lucia Picchi et Ubaldo Bonuccelli, « Alzheimer and his disease: a brief history », Neurological Sciences, vol. 32,‎ , p. 275–279 (ISSN 1590-1874 et 1590-3478, DOI 10.1007/s10072-010-0454-7, lire en ligne)
  4. a, b et c (de) Georg Stertz, « Alzheimer, Alois », sur www.deutsche-biographie.de Neue Deutsche Biographie (NDB). Band 1, Duncker & Humblot, Berlin, (ISBN 3-428-00182-6), p. 236
  5. G. Devi et W. Quitschke, « Alois Alzheimer, neuroscientist (1864-1915) », Alzheimer Disease and Associated Disorders, vol. 13,‎ , p. 132–137 (ISSN 0893-0341, PMID 10485571, lire en ligne)
  6. (de) Alois Alzheimer, Über die Ohrenschmalzdrüsen, Würzburg, Stahel, (lire en ligne)
  7. Franz Nissl et Alois Alzheimer, Histologische und histopathologische Arbeiten über die Grosshirnrinde mit besonderer Berücksichtigung der pathologischen Anatomie der Geisteskrankheiten, Jena, G. Fischer, (lire en ligne)
  8. « Histologische Studien zur Differentialdiagnose der progressiven Paralyse [Texte imprimé] / von Alois Alzheimer - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 26 octobre 2016)
  9. Nathalie Cartier-Lacave, « Alzheimer, maladie d' » Encyclopædia Universalis [en ligne]
  10. (en) Eric J. Engstrom, « Researching Dementia in Imperial Germany: Alois Alzheimer and the Economies of Psychiatric Practice », Culture, Medicine and Psychiatry, vol. 31,‎ , p. 405–413 (ISSN 0165-005X et 1573-076X, DOI 10.1007/s11013-007-9060-4, lire en ligne)
  11. a et b M. B. Graeber, S. Kösel, R. Egensperger et R. B. Banati, « Rediscovery of the case described by Alois Alzheimer in 1911: historical, histological and molecular genetic analysis », Neurogenetics, vol. 1,‎ , p. 73–80 (ISSN 1364-6745, PMID 10735278, lire en ligne)
  12. Emil Kraepelin et Walter E. Fernald State School. Howe Library, Psychiatrie : ein Lehrbuch für Studierende und Ärzte, Leipzig : Barth, (lire en ligne)
  13. Michel Goedert, « Oskar Fischer and the study of dementia », Brain, vol. 132,‎ , p. 1102–1111 (ISSN 0006-8950, PMID 18952676, PMCID 2668940, DOI 10.1093/brain/awn256, lire en ligne)
  14. (en) M. B. Graeber et Parviz Mehraein, « Reanalysis of the first case of Alzheimer’s disease », European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, vol. 249,‎ , S10–S13 (ISSN 0940-1334 et 1433-8491, DOI 10.1007/PL00014167, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) A. Alzheimer, Über eine eigenartige Erkrankekung der Hirnrinde. Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie und Psychisch-Gerichlichte Medizin. 1907 ; 64:146-148.
  • (en) K. Maurer, S. Volk, H. Gerbaldo Auguste D and Alzheimer's Disease, The Lancet, 1997; 349:1546-1549

Liens externes[modifier | modifier le code]

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