Alfred Raoul

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Alfred Raoul
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Alfred Raoul
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Vice President of the Republic of the Congo (en)
Premier Ministre de la république du Congo
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Alfred Raoul (né à Pointe-Noire (Congo) le - Paris le ), est un général, homme politique et diplomate de la République du Congo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Raoul naît d'un père métis, Jorge Antonio Raoul[1] [note 1] d'origine cabindaise, et d'une mère congolaise, Amélia Minga, elle-même née de mère Vili de Madingo-Kayes et de père cabindais[note 2].

Ce grand monsieur doté d'une stature imposante (1,87 m), était un visionnaire, un pragmatique, un manager et un meneur d'hommes, très à cheval dans la gestion des affaires de l'État.

Edouard Ebouka Babackas estime que l'histoire d'Alfred Raoul, tout comme celle du Congo, est très mal connue et gagnerait à l'être avec l'aide des historiens[2].

Il a été marié à Émilienne Raoul, née Matingou, ancienne ministre de la Santé et ancienne ministre des Affaires sociales, de l'action humanitaire et de la solidarité de la république du Congo Brazzaville[3] [Gouvernement Sassou-Nguesso (3) et Gouvernement Sassou-Nguesso (4)].

Il est mort en France et enterré à Pointe-Noire.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il fait ses études secondaires au lycée Victor Augagneur de Pointe-Noire, et quitte le Congo en 1959 pour s'engager dans l'armée.

« Un jour, le colonel Jean qui commandait l’école des enfants de troupe général Leclerc était venu au lycée pour recruter des candidats éventuels afin d’intégrer Saint-Cyr. Il avait réuni les classes de terminales, toutes séries confondues. De nous tous, seul l’élève Alfred Raoul s'était fait enrôler pour Saint-Cyr.  Ainsi, Alfred Raoul est devenu le premier militaire congolais saint-cyrien, après le baccalauréat et la corniche (classe préparatoire). »

— Théophile Obenga, ami de jeunesse du général Alfred Raoul, qui a partagé avec lui, le même dortoir à l’internat du lycée Pierre Savorgnan de Brazza., [4]

Affectueusement appelé l'"Aïeul" par ses pairs congolais de la célèbre école militaire, en raison de son ancienneté, il fut le premier Saint-Cyrien congolais, dans la promotion Vercors de 1960 à 1962[5]. Il s'est spécialisé dans le génie militaire.

Avec ses condisciples " crocos "[note 3][6],[7] de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, Louis-Sylvain Goma et Luc Kimbouala-Kaya; Marien Ngouabi, et Joachim Yhombi-Opango de l'École spéciale militaire interarmes de Strasbourg; Denis Sassou-Nguesso, Mboungou, et Barthélémy Kikadidi de l’école militaire interarme de Cherchell; .Aimé Gilles Portella de l'École de l'air de Salons-de-Provence, ils forment la troisième génération des FAC (Forces Armées Congolaises)[8].

Dans les générations suivantes, on note Philippe Bikin-Kita[9],[10], général de division parachutiste, ancien ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Sécurité du Congo-Brazzaville (1995-1997), de la promotion Lieutenant-colonel Brunet de Sairigné de 1967 à 1969, promotionnaire de Jean-Louis Georgelin, général d'armée chef d'état-major des armées entre 2006 et 2010.

Le commandant Raoul est brièvement arrêté à tort lors des évènements du M 22 perpétré par Ange Diawara[11].

Son ami Joseph Badila estime qu'il souffrait toutefois de ne pas avoir accédé au grade de général malgré ses hauts faits d'armes. C'est la raison pour laquelle, il a tourné le dos aux affaires militaires et politiques du Congo[2].

Cet anachronisme sera corrigé sous la présidence de Pascal Lissouba pendant laquelle il sera élevé au grade de général de corps d'armée.

Alfred Raoul est le fondateur et le premier président de Amicale des saint-cyriens du Congo, dont la présidence est actuellement[Quand ?] assurée par le général à la retraite Joseph Niombela[12].

Carrière politique, managériale et diplomatique[modifier | modifier le code]

Alfred Raoul à son arrivée à l'aéroport de Schiphol aux Pays-Bas (16 mars 1970).

Le , après le renversement du président Alphonse Massamba-Débat, le Conseil national de la révolution (CNR) aménage l’Acte fondamental et supprime la fonction de Président de la république. Le Premier ministre Raoul est chargé d’assurer l’intérim à la tête de l’État jusqu’à la mise en place d’institutions définitives.

En réalité, depuis la mise en place du CNR, Marien Ngouabi est le véritable homme fort du pays.

Le général Alfred Raoul occupa les postes de Premier ministre puis de président de la République du Congo (du au ) pendant 144 jours.

Il a également été Vice Président de la république populaire du Congo de à . C'est à ce denier titre qu'il représentera le Congo aux obsèques du président français Charles de Gaulle.

Il fut plusieurs fois ambassadeur (Benelux, Égypte, Communauté européenne...), dirigea la compagnie sucrière SUCO, la Banque nationale de développement du Congo (BNDC)...

Il a permis à de jeunes cadres comme Alain Akouala Atipault (en), de mettre le pied à l'étrier dans le monde professionnel.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Le boulevard des armées[modifier | modifier le code]

En 1968, Alfred Raoul impulse la construction du boulevard des armées, par la section génie civil des forces armées congolaises[13]. Long d’environ un demi-kilomètre, cette voie est la plus large de la capitale Brazzaville. Ce boulevard, jadis isolé, s’est vu entourer d’imposants bâtiments qui symbolisent la république et l’État: la Cour constitutionnelle et le ministère des Affaires étrangères d’un côté, le Palais des congrès de l’autre. Ce boulevard a été dépabtisé en Alfred-Raoul en hommage à son initiateur.

Le quartier des Batignolles[modifier | modifier le code]

Selon le colonel Joseph Ndala, il a supervisé le tracé cadastral et le lotissement (terrassement et remblai) du quartier des Batignolles situé entre l'aéroport de Maya-Maya (vers l'ancien cimetière des anciens combattants) et l'avenue Loutassi au plateau des quinze ans. Il avait mis en garde contre le lotissement des terrains limitrophes des voies de chemins de fer vers l'hôtel Majoca[note 4] et la forêt de la patte d'oie, car il y avait eu des remblais pendant la période coloniale, afin d'éviter les tassements différentiels. Recommandation prise en compte par Hervé Joseph Mayordome, le maire d'alors, mais non respectée depuis. Du coup, les constructions faites sur ces zones non urbanisables s'affaissent[2].

Maternité de l'hôpital militaire[modifier | modifier le code]

Toujours selon le colonel Joseph Ndala[14],[15], en 1966, suite à un incident entre un militaire et le personnel de l'hôpital général dirigé par le futur professeur et médécin-biochimiste Joseph Miehakanda, Alfred Raoul transforme le célibatorium des sous-officiers en salles d'accouchement, d'intervention et en chambres de l'infirmerie de la garnison. C'est actuellement la maternité de l'hôpital militaire de Brazzaville[16].

Marien Ngouabi y rajoutera par le génie militaire, la chambre VIP afin que notamment, son épouse Céline puisse y accoucher.

Nyanga-Louéssé[modifier | modifier le code]

En l'absence de routes d'intérêt général dans le département de la Nyanga-Louéssé dont le chef-lieu était Mossendjo, Raoul entreprend la création d'une perpendiculaire à la route de Dolisie afin notamment de faciliter l'exploiation forestière par le génie. C'est ainsi que la route Mossendjo vers la gare de Lebiga et celle de Mossendjo vers Tsinguidi, le village natal du président Lissouba ont été réalisées en latérites compactées.

Ces voies sont toujours en état de fonctionnement de nos jours, grâce notamment aux saignées latérales pour faciiter l'écoulement des eaux.

Hommages[modifier | modifier le code]

Il a été décoré à titre posthume le en même temps que toutes ces personnalités qui ont fait la République du Congo. Un buste à son effigie (accompagné de plusieurs autres) a été érigé en sur une avenue piétonne faisant face à la gare centrale de Brazzaville.

À Pointe-Noire, la nouvelle avenue ex-Boundji partant de l'avenue Bitelika Ndombi (route de l'aéroport) jusqu'en bord de mer en passant par le rond point de Mpita a également été dénommée par le conseil municipal de la ville de Pointe-Noire Alfred Raoul .

Le mélomane et le féru des arts[modifier | modifier le code]

Son épouse Emilienne et Ernest Ndalla[2] témoignent de son inclinaison comme passionné des arts, il chantait et jouait de plusieurs instruments de musique (guitare, saxophone, piano…) avec brio. Alfred Raoul passait ses heures perdues avec les grands musiciens du Congo (Les Bantous de la capitale) à jouer à son domicile, juste pour le plaisir[17].

Il adorait écouter le jazz, la musique classique et collectionnait plusieurs tableaux dont celui de Marcel Gotène[18],[19] et, s'essayait à la peinture.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Jorge Antonio Raoul était, dans les années 1935-1937, un des premiers footballeurs de la région du Kouilou, en compagnie d'autres comme Robert Stéphane Tchitchéllé ».
  2. « Précisions sur les patronymes et les origines des parents d'Alfred Raoul fournis par la fille aînée du général ».
  3. « Les Crocos, dans le jargon militaire, sont les étudiants subsahariens de la prestigieuse École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM), située à Coëtquidan, à une trentaine de kilomètres de Rennes, en France.] ».
  4. « Majoca est l'acronyme d'un entrepreneur répondant au nom de Matoudidi Joseph Caillou ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fulbert Kimina-Makumbu, Fantastique football congolais : Retrospective 1919-2000, Mbonghi, 272 p. (ISBN 978-2-322-12268-4), p. 31
  2. a b c et d Ministère ZES, « Emission Grand angle partie 3, Général Alfred Raoul », (consulté le 3 octobre 2018)
  3. « Gouvernement : Emilienne Raoul quitte les Affaires sociales après 14 ans | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur adiac-congo.com, (consulté le 3 octobre 2018)
  4. Rominique Makaya, « Commémoration : la République se souvient du général Alfred Raoul adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur www.adiac-congo.com, (consulté le 13 octobre 2019)
  5. « Les défunts de l'association Vercors », sur www.promotionvercors.fr (consulté le 3 octobre 2018)
  6. Frédéric Lejeal, « Les « Crocos » de Saint-Cyr », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 11 octobre 2019)
  7. « France: de futurs officiers supérieurs africains défilent pour le 14-Juillet - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 11 octobre 2019)
  8. Colonel Gustave Zoula, « lasemaineafricaine - Anniversaire des F.a.c (Forces armées congolaises) : La naissance des forces armées ou les grandes dates à retenir », sur www.lasemaineafricaine.net (consulté le 28 novembre 2018)
  9. Philippe Bikinkita, « Congo : il y a trente ans, les martyrs de Brazzaville », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 26 décembre 2018)
  10. Jecmaus, « [Congo-Brazzaville] La triste dure réalité », sur Club de Mediapart (consulté le 26 décembre 2018)
  11. « L'ancien président Alfred Raoul est libéré », lemonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 octobre 2019)
  12. Berna Marty, « Saint-Cyr : rencontre avec un ancien de la prestigieuse école militaire | Les Dépêches de Brazzaville », sur www.lesdepechesdebrazzaville.fr, (consulté le 3 octobre 2018)
  13. « Patrimoine : le boulevard Alfred-Raoul a 50 ans », sur adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo, (consulté le 3 octobre 2018)
  14. Alain Patrick Massamba, « lasemaineafricaine - Ascore (Association des officiers supérieurs des Fac et de la Gendarmerie nationale à la retraite) : Le bureau exécutif reconduit, avec son président, le colonel Benjamin Ndala », sur lasemaineafricaine.net (consulté le 3 octobre 2018)
  15. (en) FAAPA, « FAAPA : Fédération Atlantique des Agences de Presse Africaines », sur www.faapa.info (consulté le 3 octobre 2018)
  16. Ministère ZES, « Emission Grand angle partie 2, Général Alfred Raoul », (consulté le 3 octobre 2018)
  17. « Patrimoine : le boulevard Alfred-Raoul a 50 ans | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur www.adiac-congo.com (consulté le 3 octobre 2018)
  18. (en-GB) Charlotte B, « Marcel Gotene an icon of the Congolese painting », Afroculture.net,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018)
  19. Tshitenge Lubabu M.K., « Marcel Gotène : « Je suis un drôle de type ! » – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]