Vili (peuple)

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Vili
Populations significatives par région
Drapeau de la République du Congo République du Congo 100 000
Drapeau du Gabon Gabon 20 000
Autres
Langues Vili
Ethnies liées

Les Vili forment un peuple d'Afrique centrale, établi au sud-ouest du Gabon, en République du Congo, en Angola et en République démocratique du Congo. C'est un sous-groupe des Kongos[1].

La société vili est matriarcale. Sa culture, outre une langue, est caractérisée par un système de mesure original[2],[3] et par une spiritualité dont les Nkisi, Nkisi Konde ou fétiches à clous, sont la célèbre représentation physique.

Avec les Yombé, les Lumbu, les Vungu, les Punu et les Kugni, ils ont vécu harmonieusement au sein du royaume de Loango. Ils ont même développé avec les Kugni, le Bundiku[4],[5], une relation de bon voisinage afin d'éviter les conflits.

Les vili ont très tôt entretenu des relations d'égal à égal avec les occidentaux, notamment dans les échanges commerciaux[6],[7]. Mais ce contact avec l'Occident va vite tourner en sa défaveur. Le commerce triangulaire va certes enrichir une infime minorité de courtiers autochtones, mais il va surtout déséquilibrer la structure sociétale du pays vili. Les épidémies de trypanosomiase, de variole, le portage à dos d'hommes vont diminuer de façon drastique la population de ce peuple.

Mais c'est surtout la colonisation française qui va accélérer son acculturation, notamment lorsque certains vili vont vouloir "mimer" le colonisateur et se prendre pour des Blancs.

Ne disposant plus de griots généalogiques, ignorant tout de la conquête, du passé lointain et des récits qui l'accompagnent[8], la culture vili est vouée à disparaître si rien n'est fait pour sauver ce qui peut encore l'être.

Sommaire

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Femmes bavili (Moyen Congo, 1924).

Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs formes[9]: Bavili, Bavilis, Fiote, Ivili, Loango, Vilis. Le terme fiote (« noir »), utilisé par les colons portugais, est aujourd'hui jugé péjoratif[10].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le vili, une langue bantoue dont le nombre de locuteurs était estimé à 50 000 en 2010. Environ 45 000 ont été dénombrés en République du Congo et 5 000 au Gabon[11].

Article connexe : Vili (langue).

Histoire[modifier | modifier le code]

Bukulu vandu vandu! Batu lumogni vandu vandu! Misenge i fue. Sin nganzi si ke mogni. Si sitshike mambu me toba, me ntume koku e e.

— Slogan Vili, Scandé par les sages et l'assistance lors de palabres sous le "mbongui".

« Honneurs aux Anciens! Honneurs aux vivants! Les plants de palétuvier semblent morts, mais retenez bien l'essentiel, les pousses et les racines sont toujours vivaces. »

— Scandé par les sages et l'assistance lors de palabres sous le "mbongui".

Les origines[modifier | modifier le code]

Les Vili, tout comme les Yombé (ethnie la plus proche culturellement et géographiquement des vili)[12], les Lumbu, les Vungu, les Punu et les Kugni, formaient les composantes ethniques de l'ancien Royaume de Loango. Il y eut aussi des métissages avec des populations pygmées Babenzi, Babinga ou Baka.

Au xvie siècle, la dynastie des Bawoyo, à laquelle appartient la puissante confrérie de forgerons des Buvandji, menée par Njimbi, et s'appuyant sur une armée de guerriers, s'impose aux populations locales sur la côte de Loango. Selon plusieurs sources, comme l'explorateur anglais Andrew Battel[13], présent dans la région vers 1610, le Hollandais Olfert Dapper[14], ainsi que le commerçant anglais R.E. Dennett [15], Njimbi serait le fondateur du Royaume de Loango et son premier souverain avec un règne qui aurait duré environ soixante ans.

Initialement, province du Royaume du Kongo (Kongo dia Nthotila), le Royaume de Loango, en compagnie des deux provinces de Ngoyo et du Kakongo, s'était affranchi au xvie siècle et occupait un vaste territoire allant de la région de Setté Cama au Gabon, à l'actuel Cabinda au sud, du Massif du Mayombe à l'est aux confins du Royaume d'Anzico et de l'océan Atlantique à l'ouest, où se trouvait la capitale Bwali.

Un proverbe illustre bien la communauté d'origine des trois provinces sécessionnistes, ainsi que le rôle religieux du Roi de Ngoyo. Il s'agit de : Makongo nuni, Mangoyo nthomi, Maloangu nkasi qui signifie littéralement « Le Makongo est le mari, le Mangoyo le prêtre (gardien et officiant du sanctuaire tchibila du Dieu Bunzi) et le Malwangu la femme ».

La famille régnante était issue de l'ethnie vili, plus précisément des clans Kondi et Nkata. Cet État disposait d'une organisation sociale et politique avec un roi, un gouvernement et des gouverneurs de ses sept provinces. La forte hiérarchisation politique permit à certains chroniqueurs[Qui ?] d'établir une analogie avec les sociétés féodales de l'Europe médiévale. Au Loango de l'époque prévalait déjà un mécanisme électif, notamment dans la désignation du futur souverain.

De l'histoire du Royaume de Loango, il ne reste aucune trace visible. Pourtant, il a très tôt effectué des échanges avec les Européens, Portugais pour la plupart, évadés des bagnes ou anciens trafiquants de bois d'ébène. Des Allemands, des Anglais, des Hollandais, avaient ouvert des factoreries aux environs des plus gros villages[16].

Article détaillé : Royaume de Loango.

La colonisation européenne[modifier | modifier le code]

De 1849 à 1944 - L'expansion[modifier | modifier le code]

La décadence du royaume de Loango[modifier | modifier le code]

En 1849, à la faveur de l’arraisonnement du navire négrier brésilien Elizia ou Ilizia par la frégate Pénélope de la marine française, une trentaine ou plusieurs centaines d'esclaves Vili, Lumbu, Yaka ou Bongo, selon les sources[17],[18],[19]après un séjour de trois ans au Sénégal, furent installés définitivement dans l'estuaire du Komo, au milieu des villages Mpongwé. Cet incident marqua la naissance de Libreville, la capitale politique du Gabon, à l'image de Freetown en Sierra Leone[18].

La fin du xixe siècle marque le début de la décadence du Royaume de Loango. Celui-ci subit les dommages collatéraux de la rivalité des Européens en Afrique Centrale, notamment entre l'enseigne de vaisseau Pierre Savorgnan de Brazza et l'explorateur Henry Morton Stanley[16]. Afin de s'assurer le contrôle unilatéral de la façade maritime du Congo et du Gabon, la France impose des traités aux autorités traditionnelles.

Le Mâ Loango Manimakosso-Tchinkosso, qui régna de 1879 à 1885, affaibli par le blocus de la côte établi par l'aviso Sagittaire, empêchant tout contact entre les villages, fut contraint de capituler. Le 12 mars 1883, il signe avec le lieutenant de vaisseau Robert Cordier, un traité[20] de souveraineté, de commerce et de cession du territoire, en présence des négociants portugais Manuel Saboga et français Ferdinand Pichot. Par ailleurs, le pouvoir central du Mâ Loango s'estompe au profit de potentats locaux. Certains d'entre eux, parmi lesquels André Moé-Loemba (autochtone élevé par les missions portugaises, fondateur du village de Tchimbamba), Mamboma Makosso, Mvumvo Lucieno et Matchimbamba paraphent, le 21 juin 1883, le traité de Punta-Negra[20], avec le même lieutenant de vaisseau Cordier, permettant à la France de prendre possession de ce territoire,

Parallèlement, dans le périmètre lusophone, deux ans plus tard, le 25 février 1885, les princes et notables des royaumes de Kakongo, de Loango et de Ngoyo signent avec Guillerme Auguste de Brito Capello, commandant de la corvette Rainha de Portugal, le Traité de Simulambuco qui les met sous la protection du Royaume du Portugal,

Le royaume de Belgique a signé pas moins de 289 traités[20] entre 1883 et 1884 dans la conquête de la vallée du Kouilou-Niari, territoire cédé à la France lors de la conférence de Berlin en 1885. Celle-ci entérine l'ensemble de ces traités faisant de la France le maître absolu de la partie de l'Afrique centrale allant de la rive droite du fleuve Congo jusqu'aux confins du Gabon, achevant ainsi le partage de l'Afrique entre les puissances coloniales. Le contrôle des bases côtières a également permis le départ de nombreuses expéditions qui s'enfoncèrent jusqu'au Tchad voire au Soudan (Fachoda).

Loango, la capitale, abrite alors le gouvernement et les institutions officielles, gérant le commerce intérieur et extérieur. C'est le seul débouché des pistes caravanières vers l'océan. À l'emplacement de Pointe-Noire, l'actuelle capitale économique, on dénombre quelques villages de pêcheurs comme M'Bou Mvou-Mvou (emplacement du Novotel sur l'avenue Charles de Gaulle); - littéralement Mvoumvou signifierait ce qui dure, ce qui est éternel et par extension M'Bou Mvoumvou c'est la plage, la mer éternelle[21] - , M'Boukou (actuel quartier Mouyondzi).

Les quartiers périphériques actuels de Pointe-Noire ne sont alors que des villages : Loandjili, Siafoumou, Tchimbamba, Mpita, Tchimani...

En 1888, les Vili du Gabon occupent Mayoumba et échangent avec les Lumbu localisés le long de la lagune Banio. Ces deux peuples du groupe Kongo se comprennent sans interprète.

Le roi lumbu Mayombe Ignondrou[22], le plus ancien de la région, commande alors le Mayombe, Mayoumba et une partie de Setté Cama. Il règle les palabres entre les chefs de clan vili et lumbu.

Les vili de Mayoumba sont commandés par Goufila Ngoma et se sont émancipés du Mâ Loango. Les commerçants vili de Loango qui se rendaient à Setté Cama par la côte, sont d'ailleurs souvent dépouillés de leurs ballots d'étoffes.

Déclin de la cité de Loango et émergence de Pointe-Noire[modifier | modifier le code]

En 1897, l'achèvement de la ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville (Kinshasa), mais surtout la fondation de Pointe-Noire en 1922, pour la construction d'un port en eau profonde et d'une ligne de chemin de fer, va précipiter le déclin de la capitale Loango. En effet, sa baie avec son faible tirant d'eau ne permet pas le débarquement des navires pour le trafic des personnes et des marchandises. Loango n'accueille alors plus que les sépultures des nobles Vili et des colons.

Par ailleurs, les chantiers du port et du CFCO (Chemin de fer Congo-Océan) vont pousser les hommes dans la force de l'âge à émigrer vers Pointe-Noire. Excepté le petit village de pêcheurs de Ndjindji, ce sont les travailleurs de ces deux chantiers qui vont constituer l'essentiel de la population indigène pontenégrine. La ville voit également arriver des populations attirées par les emplois induits. Ce sont notamment les commerçants venus du Gabon, du Dahomey, du Togo et du Ghana[23].

Les colonisateurs français, soucieux d’éviter les conflits avec les autochtones se réservent les zones de marécages, impropres à l’agriculture et vides de population. Ils reconnaissent également le droit coutumier : la terre non fertile appartient à toute la communauté. Mais cette règle n'est pas toujours respectée.

Ainsi, en 1910, le village Koùmbi Bouilika fut rayé de la carte. Ses habitants à la tête desquels se trouve le chef Louissi Sakala dit l’Ancien, fils aîné du patriarche Nfouk’-Lassy, furent expulsés et expropriés de cette contrée par la volonté des colons à l'aune du développement de Pointe-Noire[24].

Ces derniers, n'ayant pas trouvé d'autres sites adéquats que ce plateau pour y construire une piste pouvant accueillir des aéronefs, se sont donc malheureusement rabattus sur ce village qui se trouvait sur l’actuel emplacement de l’aéroport Agostinho Neto de Pointe-Noire[25]. Il s’étendait entre l'actuelle base aérienne et la rivière Tchinouka, et était limitrophe des villages de Ntié-Tié, Mboukou, Mpaka, Mpolo, Tchimani, Ngoyo, Tchibambouka, Mpita, Tchinouka, Malala et Tchimbamba[26].

En 1924, Hervé Mapako-Gnali, père de Mambou Aimée Gnali et Jean-Félix Tchicaya deviennent les premiers instituteurs du Moyen-Congo[27] au sortir de l'École normale William Ponty sur l’île de Gorée au Sénégal.

Le besoin en main d'œuvre provoque l’arrivée massive de populations de l’intérieur (que les autochtones appellent bilanda lail, « suiveurs du rail ») ; leurs besoins en logement contribuent au développement de la cité. Les vilis, qui étaient jusqu'alors les habitants majoritaires de la contrée, doivent désormais partager le foncier et le travail avec les populations allochtones. Ils voient leur aire d'habitat diminuer au gré de l'atomisation du royaume.

Le Kouilou, en plus d'être une terre d'immigration, est aussi une terre d'émigration et d'expatriation pendant la colonisation. La création de plantations de café et de cacao à Fernando Po et à Sao Tomé, le portage, la scolarisation et la perspective de recevoir un salaire provoquent un départ non négligeable de la main d'œuvre locale vers Brazzaville, le Gabon et l'Oubangui.

Par ailleurs, les Vili, par opposition aux Yombé, sont moins attachés à la terre, en raison de leur vocation commerçante et de leur positionnement comme intermédiaires entre les populations de l'hinterland et les trafiquants européens[5].

Tous ces flux migratoires vont provoquer un important exode rural, accentuant le vieillissement et le déséquilibre des sexes. Le dépeuplement continu de Bwali, la capitale de l'ancien Royaume de Loango en est l'illustration.

La conjonction des épidémies de variole et de trypanosomiase (maladie du sommeil) , ainsi que l'utilisation du poison d'épreuve (ordalie) pour désigner les coupables, notamment de mort suspecte, contribuent également à la diminution de la population des descendants du Royaume de Loango.

De 1945 à 1960 - La décolonisation[modifier | modifier le code]

La France sort exsangue de la seconde guerre mondiale. Elle met en place, grâce à une Assemblée Constituante, de nouvelles institutions pour relancer l'activité politique du pays. La représentativité de la France est alors étendue aux territoires d'Outre-Mer comme l'AEF., dont les autochtones ont la possibilité d'élire des représentants. Alors que les vieilles colonies comme les Antilles élisent leurs députés au suffrage universel, l' AEF.(Afrique Equatoriale Française) et l' AOF (Afrique Occidentale Française). disposent de deux collèges électoraux distincts: le premier réservé aux citoyens métropolitains et le second aux autochtones, non citoyens. Le Gabon et le Moyen-Congo, à cause de leur faible population, constituent une seule circonscription électorale pour l'élection d'un député pour ce second collège[28].

Le 7 décembre 1945, après un second tour, Jean-Félix Tchicaya est élu membre de l'assemblée, devant respectivement Jean-Hilaire Aubame, Jacques Opangault, Issembé et François-Moussa Simon.

A noter que parmi les candidats authoctones figurait un autre Vili. Il s'agit de Pierre Tchicaya, dit Tchicaya de Boempire, cousin de Jean-Felix et pasteur[28].

Être né à Libreville, lieu d'émigration de son père, le tailleur Makosso Tchicaya a permis au vainqueur de prendre le dessus sur ses concurrents y compris sur les candidats gabonais. Outre le fait qu'il ait travaillé au Gabon et développé de solides amitiés, il a bénéficié des suffrages des Vili et Lumbu de la Ngounié, et de l'Ogooué-Maritime. Toutefois, la rivalité entre le Moyen-Congo et le Gabon, ainsi qu'entre les Vili et les Mpongwé, les deux premières ethnies des deux contrées à avoir été en contact avec la civilisation occidentale va entraîner la séparation en deux circonscriptions distinctes.

En 1946, Jean-Félix Tchicaya, grand pourfendeur du colonialisme à l’Assemblée nationale française[29], où il siège pendant toute la IVe République, fonde son parti le PPC. (Parti Progressiste Congolais), proche du Parti communiste français, en compagnie de jeunes cadres comme Joseph Pouabou ou Robert Stéphane Tchitchelle. Ce dernier, bras droit du fondateur, sera le principal animateur du parti à Pointe-Noire et au Kouilou. Il rallie autour de lui, tous les cheminots du CFCO. En 1956, il se brouille avec son mentor et rejoint l'abbé Fulbert Youlou pour fonder l'UDDIA (Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africains). Ce dernier parti, en mobilisant politiquement les Laris (peuple du département du Pool), prend le leadership politique sur le PPC et permet, à Stéphane Tchitchelle de devenir le premier maire autochtone de Pointe-Noire. Il occupe par la suite plusieurs postes ministériels.

Le Congo-Brazzaville, dans ces années de décolonisation, est considérée comme l’une des lignes de front de la lutte anti-communiste en Afrique francophone. Paris veut à tout prix que le futur Congo indépendant ne soit pas tenu par les « rouges », mais par un responsable politique ami. Paris avait aussi initialement espéré faire de Brazzaville le pivot de l’action française en Afrique centrale en direction du Congo-Kinshasa, parce que tous les complots qui visaient l’ex-Congo belge passaient par Brazzaville.

La France soucieuse également de maîtriser les aspirations émancipatrices dans ses colonies, utilise des agents secrets comme le dahoméen Antoine Hazoume[30],[31],[32], cadre du PPC. passé ensuite à l'UDDIA, ou encore le SDECE (services secrets français), pour approcher les responsables politiques congolais. Hazoume est un agent des renseignements français traité par Maurice Robert [le chef Afrique du SDECE], et il avait intégré l’équipe politique de Jean Mauricheau-Beaupré [chargé de mission au secrétariat général des Affaires africaines]. Les chefs d’État africains comme Fulbert Youlou, Félix Houphouët-Boigny ou Ngarta Tombalbaye lui faisaient confiance[33]. C'est effectivement par son entremise que la France va favoriser à partir de 1956, la victoire de Youlou (action à l’échelle du territoire congolais), pour le mettre sur le même pied d’égalité que ses deux principaux rivaux Jean-Félix Tchicaya et Jacques Opangault. Ensuite, la France obtient l'adhésion de Youlou et celle de son parti au RDA. (action à l’échelle africaine) au début de l'année 1958; concurrençant ainsi directement Tchicaya, qui se retire alors du R.D.A.. Enfin, la France ouvre à Youlou les portes d’un univers normalement réservé aux seuls députés africains (action à l’échelle française) en l’occurrence à Tchicaya[34].

Le Mouvement socialiste africain (MSA) de Jacques Opangault, émanation locale de la Section française internationale et ouvrière (SFIO) de Guy Mollet, remporte les élections de l'Assemblée territoriale de 1957. Cette majorité toute relative ne survit pas à la défection de Georges Yambot, député du Grand Niari, faisant ainsi basculer le leadership du MSA. vers l'UDDIA au sein de l’assemblée territoriale en novembre 1958. De sanglantes émeutes et des scènes de vandalisme éclatent à Brazzaville et à Pointe-Noire, principalement entre ressortissants des ethnies Lari et Mbochi. Cette période trouble va coïncider avec le transfert de la capitale du Moyen-Congo de Pointe-Noire vers Brazzaville[27]. Ainsi, une partie les décisions administratives, politiques et économiques concernant la ville de Pointe-Noire sont prises dorénavant à Brazzaville.

La post-indépendance politique[modifier | modifier le code]

La destinée post-indépendance du peuple Vili est intimement liée à l'évolution géo-politique et économique des Républiques du Congo, du Congo Démocratique, du Gabon et de l'Angola.

L' Angola[modifier | modifier le code]

Le Cabinda a été incorporé dans l'Empire colonial portugais, séparément de son grand voisin du sud l'Angola. En effet, déjà à cette époque, les deux territoires étaient séparés par le fleuve Congo.

Le second article du Traité de Simulambuco, signé en 1885, est souvent utilisé comme argumentaire par les séparatistes cabindais. ll stipule que le Portugal doit assurer l'intégrité des territoires placés sous sa protection. Les Cabindais ont célébré en 2005, le 120e anniversaire de ce traité, au grand dam des autorités angolaises qui considèrent ce traité comme étant contraire à l'état de fait, faisant du Cabinda, une enclave angolaise. Cette lecture différenciée du traité est d'ailleurs à l'origine du sempiternel conflit entre les deux parties[35],[36].

En Angola, les populations de l'enclave du Cabinda, coupées du reste du pays par le territoire de la République Démocratique du Congo, tentent tant bien que mal d'affirmer leur singularité auprès du pouvoir central de Luanda. Dès la période coloniale, de nombreux Cabindais, habitants les zones frontalières, allaient travailler à Pointe-Noire auprès des colons français. Avec les insurrections et la guerre de sécession contre le Portugal de 1960 et 1966, plusieurs vagues migratoires se sont déversées vers les deux Congo, ainsi que le Gabon en plein essor économique. Le Gabon a attiré à cette époque des masses de travailleurs dans les mines de manganèse et les constructions d'infrastructures (route, chemin de fer trans-gabonais...).

Le Gabon[modifier | modifier le code]

Mayumba[modifier | modifier le code]

Les Vili du Gabon sont principalement localisés à Mayumba. Cette localité qui compte environ 5000 âmes, est la dernière ville gabonaise avant d'accéder à la frontière du Congo voisin. La région de Mayumba est connue pour ses espaces sauvages encore préservés, ses immenses plages qui s'étendent à perte de vue, battues par de violentes vagues et des courants violents[37].

Ce côté sauvage est mis en exergue par le parc national de Mayumba, qui s'étend sur environ 870 kilomètres carrés. C'est le sanctuaire protégé où s'épanouit un large spectre d'espèces animales et végétales. On y trouve notamment des crocodiles, des chimpanzés, des gorilles, divers singes, des léopards, des éléphants, des antilopes, des buffles. C'est aussi un excellent endroit pour observer différentes espèces d'oiseaux[38].

Les espèces aquatiques ne sont pas en reste avec des requins, des baleines à bosse, des dauphins et des tortues luth qui viennent y pondre sur les plages. La forêt équatoriale et la mangrove abritent d'abondantes espèces d'arbres précieux et de plantes.

La ville autrefois prospère est devenue fantomatique. En effet, il n'y a pas de secteur économique viable. L'exploitation du bois qui faisait la fierté de Mayumba, est frappée de plein fouet par la crise économique et par l'interdiction d'exporter le bois précieux et des grumes.

Pour l'export, seul le village de pêcheurs d'origine béninoise et togolaise fait office de port. Pourtant, la pose de la première pierre pour la construction d'un port en eaux profondes date de 1975, sous la présidence d'Omar Bongo. Jusqu’à aujourd'hui, cet ouvrage n'est toujours pas sorti de terre et les habitants attendent toujours, car sa viabilité n'est pas évidente.

Libreville[modifier | modifier le code]

Les Vili sont établis de longue date[18] dans les quartiers de Libreville: Montagne Sainte, Avenue-de-Cointet, Nombakélé, Petit-Paris, Mont-Bouet, Campagne, Glass, Toulon, Pleine-Niger, Louis.

Dans les années quarante, trois des six grands chefs de quartiers, respectés, se partageant la place de Libreville étaient vili: Lamou pour Petit-Paris, Loembe pour Nombakélé et Loueyi pour Toulon-Glass

Lors de la guerre de 1962, déclenchée pour un but refusé lors d'une rencontre entre les équipes nationales de football du Gabon (Azingo national) et du Congo (Diables rouges), tous les ressortissants gabonais du Congo et inversement tous les congolais du Gabon avaient été expulsés des deux pays hôtes. Les vilis de Libreville peu nombreux et bien identifiés dans les souches autochtones et de nationalité gabonaise, ne furent cependant pas inquiétés[39].

Le nom du quartier Akébé, dont la sémantique peut varier selon l’intonation, veut dire :

ah U kèbè ! Dangereux ! Attention !

ou : Kéba ! attention, pardon

ou : kèbe, garder une chose

Le Congo-Brazzaville[modifier | modifier le code]

Au Congo-Brazzaville, l'abbé Fulbert Youlou conduit le pays vers l'indépendance qui est paraphée le 15 août 1960. Stéphane Tchitchellé fait partie le 28 juillet 1960, de la délégation congolaise qui a signé les accords, assurant le transfert de souveraineté du territoire des autorités françaises aux autorités congolaises[40],[41]. Il devient également vice-président de la république. Cette euphorie de courte durée fait place à la prise de pouvoir par les révolutionnaires du MNR (Mouvement national de la révolution) pendant les journées des 13, 14 et 15 août 1963, qui instaurent les tribunaux d'exception et la chasse aux sorcières. Des personnalités comme Stéphane Tchitchellé ou Victor-Justin Sathoud en font les frais et sont embastillés[27]. Le premier président de la cour suprême du Congo Joseph Pouabou, le directeur de l'Agence Congolaise de l'information l'abbé Anselme Massouémé, tous deux Vili et originaires de la région de Pointe-Noire et le premier procureur de la république Lazare Matsocota, originaire du Pool, sont enlevés et assassinés dans la nuit du 14 au 15 février 1965. Comble de l'horreur, le corps de Joseph Pouabou n'a jamais été retrouvé. Les auteurs de ces crimes n'ont jamais été identifiés à ce jour.

En 1968, s'amorce la militarisation du paysage politique congolais. Des militaires progressistes avec à leur tête, le lieutenant Marien Ngouabi et d'autres officiers comme Alfred Raoul et Louis Sylvain Goma, tous les trois saint-cyriens, font leur entrée sur la scène politique à la faveur d'un coup d'état. Une cour révolutionnaire de justice est instaurée. Ngouoniba Nsari et Christophe Moukouéké en sont respectivement le président et le vice-président.

Le groupe de "Mpita" composé de trois Vili originaires de la région du Koulou que sont, l'officier de police André Tchicya, les deux administrateurs financiers Paul Bouanga et Georges Goma est accusé par cette cour de justice de flirter avec des capitalistes américains et donc d’œuvrer contre le développement et les intérêts du Congo. Il seront acquittés par cette même cour le 26 septembre 1969[42].

Stanislas Batchi, ancien proviseur du lycée Chaminade (Drapeau rouge) fut président du tribunal populaire et fut surnommé le "procureur rouge". En cette qualité, il fut chargé d'instruire des affaires qui impliquaient ses amis ou des accusés qui revendiquaient la même identité ethnique que lui. Ainsi, en demandant à Stéphane Tchitchéllé de se lever, Celui-ci, étonné de le voir jouer ce rôle de bourreau, lui rappela en langue vili, tous les services qu'il avait rendus au procureur et toutes les fois, où il l'avait reçu à dîner. Stanislas Batchi lui répondit qu'il n'était pas en train de régler un différend familial, mais une affaire hautement plus importante liée à la sûreté de l'État[42].

Cet exemple tiré de l'affaire du "groupe de M'pita" montre à suffisance comment en bafouant publiquement les règles d'entraide, en usant de cynisme vis-à-vis des siens, en se salissant les mains, on faisait allégeance au nouvel ordre politique et on sauvegardait sa position dans le noyau dirigeant. C'est aussi une illustration de la propension de la nature humaine à privilégier la réussite individuelle au détriment de celle de la communauté.

Durant la décennie soixante dix, le jeune pays devenu République Populaire du Congo demande à tous les jeunes cadres formés à l'étranger de rentrer au bercail afin d'accompagner son essor.

Les femmes jadis cantonnées au rôle de procréatrices et aux travaux ménagers, s'émancipent et prennent également part au développement du pays. Ainsi, sur le plan politique, Joséphine Bouanga[43],[44] est élue présidente de l'Union révolutionnaire des femmes du Congo à l'issue de 2e congrès extraordinaire de cette organisation tenu le 15 novembre 1969. Elle remplace à cette fonction, Céline Claudette Eckomband épouse Yandza[45].

Dans la société civile, dans l'enceinte du palais de justice de Brazzaville, Agathe Pembellot épouse Mambou prête serment le 11 mars 1973. Elle devient ainsi la première femme magistrat de la République du Congo[46].

Le pétrole: la malédiction du peuple vili[modifier | modifier le code]

L'éclatement du Royaume de Loango à la fin du XIXe siècle a morcelé les régions pétrolifères entre l'enclave du Cabinda en Angola, le Gabon, le Congo-Brazzaville et la R.D. Congo.

Les premières recherches pétrolières commencent au Gabon, en 1928, à l’instigation du gouverneur général Raphaël Antonetti. En 1931, est créée la Mission de prospection des pétroles d’AEF (MPPAEF), dont Jacques-Olivier Haas prend la direction en 1932. La MPPAEF donne naissance en 1934 au syndicat d’études et de recherches pétrolières (SERP), qui devient, en 1949, à la société des pétroles d’AEF (SPAEF), qui fusionnera finalement dans le groupe Elf[47].

La société française Elf dont les prospections ont commencé dans les années 1960, découvre les premiers gisements pétrolifères offshore au large de Pointe-Noire.

Dès sa création en 1967, Elf, devenue Total par la suite, se situe d'emblée au-dessus des lois et dépend en droite ligne du palais de l'Élysée. Pour compenser la perte de l'Algérie qui fournissait avant son indépendance un quart de ses besoins énergétiques, la France gaulliste considère comme vital et stratégique d'explorer et d'exploiter des gisements de pétrole en Afrique noire.

D'anciens officiers du SDECE vont constituer une cohorte d'agents de services secrets privatifs[48], afin d'assurer efficacement la sécurité des installations pétrolières et des hommes. Des moyens financiers colossaux (commissions occultes, corruption, circuits opaques...) sont mis en jeu pour financer les dépenses de fonctionnement des gouvernements, pour intervenir dans la nomination des hauts fonctionnaires.

Dans l'inconscient occidental, le Congo reste le terrain de jeu par excellence des "barbouzes"[29]. Après avoir financé la campagne présidentielle de Pascal Lissouba en 1992, Elf refuse d'avancer les fonds pour payer les fonctionnaires et les dépenses publiques les plus immédiates. Lissouba se tourne alors vers le pétrolier américain Occidental Petroleum Oxy. Les relations entre le président et Elf vont alors se détériorer, avec comme paroxysme les guerres civiles de 1993 et 1997. Elf préfère de loin traiter avec le président Denis Sassou Nguesso, fin politique et plus pragmatique, tout d'abord dès son ascension au pouvoir le 5 février 1979, puis à l'issue de son coup de force lors de la guerre civile de 1997, mettant ainsi fin à la parenthèse démocratique au lendemain de la Conférence nationale.

Ainsi, Elf n'a pas hésité à financer et armer les deux camps en présence afin de sauvegarder ses intérêts.

Pointe-Noire, la capitale économique du Congo voit affluer de centaines de milliers de réfugiés en provenance de la région du Pool et de la vallée du Niari. Les vagues successives s'installent parfois anarchiquement par groupes ethniques avec un risque évident d'embrasement sur une base tribale. Jusqu'à présent, Pointe-Noire a toujours été préservée des soubresauts politiques dont le Congo est l'apanage. François Auguste Tchichellé Tchivéla[49], fils de Stéphane Tchitchéllé, officier supérieur et pédiatre, ministre du Tourisme et de l’Environnement de 1992 à 1995, sous Pascal Lissouba, préfet du Kouilou pendant la guerre civile qui éclata en 1997, parce qu'il est militaire, originaire de la région, fera en sorte que le conflit ne touche pas la ville océane.

Le Congo dispose d'importantes réserves pétrolifères mais reste un des pays les plus pauvres et un des pays les plus endettés[50] du monde par habitant[51], et ce malgré l'annulation par les institutions internationales, de la moitié de sa dette en bénéficiant en 2010 du régime des PPTE (Pays pauvres très endettés) . Entre temps, la manne pétrolière pourtant extraite à Pointe-Noire ne profite pas à celle-ci. Les infrastructures ne suivent pas l'évolution fulgurante de la population de la ville côtière. Les travaux d'investissement (accès à l’eau potable, à l’énergie, assainissement, gestion des déchets industriels et domestiques...) et de maintenance (collecte et traitement de déchets, pollution, nuisances sonores et visuelles, voiries inexistantes...) sont réalisés avec parcimonie. Les rares subsides alloués disparaissent ...

Noms de poissons de mer en langue Vili[modifier | modifier le code]

Le docteur Jean-Baptiste Tchikaya[52], géologue, fait partie de plusieurs des expéditions pour la découverte du pétrole. C'est à son initiative que la quasi-majorité des champs pétrolifères, des barges ou plateforme de forage encore en activité ou non au large de Pointe-Noire, porte des noms Vili. Ce sont des noms rappelant des poissons ou des fruits de mer de l'océan Atlantique des tropiques.

En 1994, l'ethnolinguiste Jean Dello et l'ichtyologiste Bernard Seret, dans le cadre de la remise en état de la collection des poissons de mer du Centre ORSTOM (aujourd'hui Institut de recherche pour le développement) de Pointe Noire, ont rédigé un glossaire des noms de poissons de mer en langue vili, afin de mieux connaître l'ichtyofaune marine du Congo. Ce glossaire comprend les espèces les plus communément pêchées au Congo par les pêches artisanale et chalutière.

On recense par exemple:

  • Foukanda
  • Kitina
  • Kouakouala
  • Kundji
  • Mengo
  • Moho Bilondo: littéralement "le ventre rempli de bilondo" (Singulier: Tchilondo - Otolithe, "bar" - Pseudotolithus typus)[53] ; Pluriel: Bilondo)
  • Nkossa: Crevette, Langouste
  • Lianzi: Ethmalose (Ethmalosa fimbriata)[53]
  • Likala
  • Likouala: (likwal' au singulier) ou mukwal: Sardinelle plate (Sardinella maderensis) ou lisundi au singulier et musundi au pluriel. C'est la Sardinelle ronde (Sardinella aurita)[53]
  • Litchendili ou Litchendila: Rasoir (Ilisha africana)[53]
  • Likouf: Stromaté fiatole (Stromateus fiatola)[53] ou pompano en français; Butterfish en anglais
  • Mboundi
  • Mwafi: Maigres (Argyrosomus hololepidotus) et courbines (Argyrosomus regius)[53]
  • Nkombi: Lutjans, Vivaneaux,, "Carpes rouges" ou encore Rouget-barbet africain (Pseudupeneus payensis)[53]
  • Sendji: Sardine
  • Tchendo: Mâchoiron africain (Arius spp.)[53]
  • Tchibeli Litanzi: Carangue médaille (Chloroscombrus chrysurus)[53]
  • Tchibouela: Pastenagues (Dasyatis spp.)[53]
  • Yanga
  • Zatchi
L'exploitation des sables bitumineux[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1970, début d'exploitation des sables bitumineux dans les environs des localités de Mboukou, Tchikanou, Loango d'abord par la compagnie pétrolière SPAEF devenue plus tard Elf, puis par Maurel et Prom, et enfin par ENI (anciennement Agip Recherches), on aurait pu s'attendre à ce que les conditions de vie des populations se soient améliorées. C'est plutôt la désillusion, car aucune infrastructure routière, sanitaire et scolaire digne de ce nom n'a vu le jour. Ces populations dont les activités principales sont la pêche, la cueillette et l'agriculture ont vu leur zone d'activité polluées par les différents forages, rendant insupportables leur conditions de vie déjà modestes. En plus de la baisse des rendements agricoles (maniocs, ignames, bananes plantains) qui permettent d'approvisionner Pointe-Noire, les points d'eau ont été également souillés rendant l'eau impropre pour les usages alimentaires. La seule solution que propose ENI est de fournir de l'eau par des camions citernes dont les cuves ne sont pas toujours curées. Même cette distribution se fait en privilégiant ceux qui disposent de relations ou de l'argent[54].

Pour pouvoir effectuer ces travaux d'extraction, des paysans ont vu leurs champs être détruits et indemnisés par ENI en 2009 avec un barême datant de 1986. A titre d'exemple, un champ de 10 hectares était indemnisé à hauteur de 150 000 francs CFA (soit 230 euros environ), une bouture de manioc était compensée à 37 francs CFA (0,05 euro), un pied de manguier à 60 000 francs CFA (90 euros environ).

Il y a également les torchères des sites pétroliers comme celui de Mbondi qui produisent des gaz à effet de serre et les camions poids lourds qui en transportant les équipements (pipelines) soulèvent des poussières sur leur passage provoquant des maladies pulmonaires.

Tout se passe comme si on voulait tuer les populations locales à petit feu[55].

Pierre Stève Loemba, paysan et porte-parole des communautés de Mboukou explique : "Après de nombreux plaidoyers sans résultats, nous avons confié notre problème aux associations de défense des droits de l'Homme pour qu'elles nous aident à conquérir notre droit à une vie décente, à un environnement sain et à l'équité."[56]

Brice Makosso, président de la Commission justice et paix, estime qu' "Au lieu de brandir le décret de 1986, toutes ces entreprises devraient plutôt se référer aux normes internationales qui sont supérieures aux normes locales. Au Tchad ou au Cameroun, les barèmes ont été révisés[54].

La préférence nationale[modifier | modifier le code]

Le secteur pétrolier mondial est en crise et en pleine mutation depuis que le baril du pétrole stagne aux alentours de 50 dollars américains et que la demande en or noir est en net recul.

Cela affecte l'économie congolaise, grandement dépendante de ses exportations de pétrole. Tous les majors du pétrole opérant dans le pays ainsi que tous leurs grands sous-traitants ont réduit la voilure en renvoyant à la maison leur cohorte d'expatriés. Les employés ayant un statut local ont quant à eux un sort moins reluisant. Certains ont été remerciés du jour au lendemain sans aucune indemnité. D'autres majors veulent réduire les avantages acquis jusque là par les nationaux; ce qui fait grincer les dents, voire provoque des grèves[57],[58].

Comme le souligne Paul Boateng, un homme politique britannique, « une crise présente à la fois des problèmes et des opportunités. L’opportunité, c’est de faire partie de la solution : cette industrie peut créer des emplois bien rémunérés, au bénéfice à la fois des actionnaires et des sociétés dans lesquelles elle intervient ». Pour ce faire, il faut développer les politiques d'achat local et le contenu local[59].

Le contenu local ou la préférence nationale ou encore – local content, en anglais – consiste à « assurer un rééquilibrage des richesses en invitant les États à capitaliser sur leurs ressources naturelles »[60]. En dehors des taxes et des revenus perçus par les États hôtes, c'est un excellent instrument d'utilisation du tissu industriel local et des compétences locales, non seulement dans le secteur de l'économie extractive (hydrocarbures, mines, industrie forestière), mais également dans le secteur des services et du BTP[61]. Ce sont donc des retombées directes sur l’économie nationale.

Les outils à disposition des pouvoirs publics sont les suivants: imposer le recours à l’emploi local ; la création d’emplois et le transfert de compétences; obliger les entreprises étrangères à ouvrir leur actionnariat aux acteurs nationaux ; exiger d’elles qu’elles se fournissent localement en biens et services, afin de densifier le tissu de PMI-PME

A l'échelle des communautés villageoises qui vivent dans les sites exploités par ces majors du pétrole, il faudrait qu'elles s'organisent en structure capables de servir d'interlocuteurs avec les pouvoirs publics et les compagnies pétrolières, pour par exemple former les jeunes pour travailler sur ces sites ou en zone offshore, concevoir et réaliser des projets de développement durable pour préserver le milieu naturel et produire (agriculture, pisciculture, élevage...) pour approvisionner la grande agglomération qu'est Pointe-Noire.

Le Niigeria en s'inspirant des modèles norvégien et brésilien est le pays sub-saharien à avoir poussé le plus loin ce concept de local content via la promulgation en avril 2010 du Nigerian Content Act. Cette notion est relativement nouvelle au Congo avec la publication du nouveau code des hydrocarbures en octobre 2016[62].

Pourvu que cela bénéficie un tant soit peu aux communautés locales. On peut être dubitatif, puisque ces textes de loi sur le contenu local, n'ont jamais été suivis d'un dispositif d'accompagnement pour que le personnel national ou les entreprises nationales puissent se confronter à armes égales avec leurs concurrents étrangers.

Mais comme le dit Inès Féviliyé[61], la crise est l’opportunité de mettre en œuvre les règles du contenu local, dans l’information, la sensibilisation, la concertation. En effet, toutes les parties prenantes y gagnent, par la réduction des coûts pour les entreprises privées, de nouveaux marchés pour les fournisseurs locaux, le transfert de technologie pour développer l’industrie nationale, des emplois, la réduction du chômage et de la pauvreté.

La tâche n’est certes pas aisée, mais il n’est plus question de s’y dérober, vu la conjoncture actuelle.

Aménagement du territoire et démographie[modifier | modifier le code]

La ville de Pointe-Noire ou le département du Kouilou, aires de peuplement du peuple Vili ne dispose toujours pas d'université, ni d'autres institutions pédagogiques publiques comme les lycées, les collèges et écoles primaires dignes de ce nom. Seules des initiatives privées telles que la création de structures comme l’École supérieure de technologie du littoral (EST-L), l’École supérieure de commerce et de gestion, et l’Université de Loango (UL) [63]. Cette dernière institution privée fondée par Théodore Tchicaya[64] comprend un Institut supérieur de technologie, une faculté de Droit et un Institut supérieur de techniques des affaires et de comptabiité.

Déjà, le secteur du Grand-Marché de Pointe-Noire, de l'arrondissement numéro 1 Lumumba et l'arrondissement numéro 2 Mvoumvou, jadis majoritairement habités par les ressortissants Vili sont devenus un secteur préempté par les populations musulmanes, venues de l'Afrique de l'Ouest, repoussant de plus en plus les vili vers les quartiers périphériques de l'arrondissement numéro 4 Loandjili ou 5 Mongo-Poukou. En effet, la paupérisation pousse les familles à brader leur propriétés afin de survivre.

Jusqu'à présent, il y a un agrément tacite entre le gouvernement central et Pointe-Noire et le département du Kouilou: la plupart des maires de la ville océane ont depuis l'indépendance été le plus souvent des ressortissants de cette région. On note par exemple Stéphane Tchtchéllé, le docteur Jacques Bouiti, Marcel Tchionvo, Jean-Pierre Thysthère Tchicaya, François-Luc Makosso, et l'actuel administrateur-maire Roland Bouiti-Viaudo. Le fait que la première dame Antoinette Sassou-Nguesso née Tchibota soit originaire de Pointe-Noire, milite pour ce statu quo. Mais combien de temps encore va durer cet accord que les Vili considèrent comme leur prérogative de descendants de ce fief? En effet, le poumon économique du Congo, en tant que porte d'entrée et de sortie des flux de marchandises suscite des convoitises de plus en plus exacerbées.

En septembre 1988, le site des gorges de Diosso ou le "Petit Colorado" du Congo comme le présentent les guides touristiques, un des sites naturels les plus beaux à visiter du pays, était prévu recevoir des déchets toxiques en provenance d'Europe. Le premier chargement en partance de Rotterdam, du million de tonnes contractuel valorisé à 74 millions de dollars américains, n'a heureusement jamais quitté le port néerlandais[65],[66].

Gorges de Diosso et forêt tropicale environnante
Gorges de Diosso

Ce scandale révélé par les "Zorros verts de l'écologie", et relayé par Radio France International éclate publiquement quatre mois auparavant et impliquent l'homme d'affaires Luciano Spada et plusieurs personnalités au sommet de l’État de l'époque: Gilbert Bembet, ministre de l'information, Ange Edouard Poungui, Premier ministre, Alphonse Souchlaty, ministre du Commerce et des PME, Christophe Mbouramoué, ministre de la Recherche scientifique et de l’Environnement. Sont également impliqués dans ce montage entre Bauwerk A.G, une société du Liechtenstein, et l’État congolais des personnalités de la société civile comme Vincent Gomez, avocat d’affaires, Jean Passi, conseiller à la « Primature », et Dieudonné Nganga, Ngamissamy Issanga, Abel Tschicou, des autorités administratives.

Le scandale suscita d’incessantes rumeurs et la terreur au sein de la population du Kouilou où les déchets devaient être stockés. Pour calmer la situation, le gouvernement s’engagea à établir les responsabilités. Les deux ministres instigateurs de ce contrat frauduleux, Christian Gilbert Bembet et Christophe Mbouramoué furent limogés, bien qu'ayant déjà empoché les pots-de-vin avant même l’exécution dudit contrat. Par ailleurs l’avocat Vincent Gomez fut radié du barreau[67].

Plus récemment, après des études de faisabilité effectuées à Singapour, le Congo et la Chine ont entériné la construction d'une zone économique spéciale (ZES) dans la région de Pointe-Noire, et plus précisément à Loango; ceci dans le cadre du plan de financement de 60 milliards de dollars, octroyé par Pékin afin de soutenir l’industrialisation des pays africains[68]. Si au premier abord c'est une excellente nouvelle pour le Congo d'avoir été choisi comme pays "pilote", notamment en termes d'emplois potentiels, qu'en sera-t-il pour le Kouilou et ses ressortissants? Déjà des opérations d'expropriation ont commencé afin de construire le futur port en eux profondes dans la région de Loango[69].

La présence de la Chine influe également défavorablement sur le milieu naturel au travers de ses pêcheries industrielles au large de la côte Atlantique. En effet, ces chalutiers détruisent les filets des artisans pêcheurs Vili, résidant dans les villages situés entre le district de Tchiamba-Nzassi et la frontière gabonaise. Ces pêcheurs sont donc contraints d'abandonner leur activité pour se rabattre sur les travaux champêtres. Il s'ensuit des flux migratoires vers l'intérieur des terres entraînant une pression sur les zones forestières (activités agricoles, coupe de bois pour le charbon...)[70].

Les immenses plantations industrielles d’eucalyptus (destinées à l'origine à alimenter une hypothétique usine de pâte à papier) produisent du bois à l'export[71]. Cette espèce indigène du continent australien freine la diversification du sous-bois de la région du Kouilou dont le sol est déjà sablonneux et pauvre. Il s'ensuit une diminution des terres réservées aux activités agricoles. Les populations locales actives ou désœuvrées se voient contraintes d'abandonner les activités artisanales et rechercher des emplois salariés dans des entreprises minières. La production de charbon de bois pour la cuisine, l'agriculture, la chasse et la cueillette pour nourrir ces populations qui s'urbanisent et dont le rapport avec leur milieu naturel originel s'estompe, ne sont pas faits pour rassurer sur le futur de la biodiversité de la région.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

« Un peuple sans spiritualité propre est un peuple fragile, ouvert à tous les échecs, et livré aux fantaisies et appétits nocifs de tous les prédateurs. »

— Tiburce Koffi, Le mal spirituel de l'Afrique: le Christianisme et l'Islam - Les Dépêches d'Abidjan

Structure sociétale[modifier | modifier le code]

La société traditionnelle Vili comme celle de tous les groupes ethniques du groupe Kongo, est caractérisée par une structure principale appelée Likanda. Il s'agit du clan dont les membres possèdent en collectivité et en commun les biens et les intérêts visibles et invisibles. Au sein de cette société matrilinéaire, le territoire du clan (si likanda) ainsi que ses limites sont gérés par l'aîné des oncles maternels (ma nkashi ou fumu si). Le vocable si dans dans les expressions si likanda ou fumu si désigne à la fois la terre sur laquelle le clan est établi, mais aussi toutes les ressources qui s'y trouvent[72].

Les termes et expressions utilisés pour distinguer les liens de parenté sont les suivants[73]:

  • Le clan maternel est appelé Tchifumba, tandis que le clan paternel est appelé Tchisya.
  • Les grands-parents maternels et paternels sont les nkaaka et les petits-enfants de ces derniers sont les ntekulu. Réciproquement, ceux-ci appellent leur grands-parents par yaaya.
  • Les arrières petits-fils sont sidandu si butekulu (littéralement enfant qui suit le petit fils)
  • La famille nucléaire que l'on peut comparer à la famille occidentale est appelée liziku, terme signifiant littéralement foyer ou âtre. Ce noyau est composé des bibusi (les parents géniteurs); à savoir lisya (le père) et nguli (la mère), sans oublier baana (les enfants ou mwaana au singulier). Ceux-ci s'adressent à leurs parents en les appelant respectivement par taata (papa) et maama (maman).
  • Au sein du liziku, le garçon est appelé mwaana bakala (littéralement enfant homme), tandis que la fille est mwaana ntchetu (littéralement enfant femme).
  • Afin d'appliquer le droit d'aînesse au sein du liziku, l’aîné des enfants est appelé tchibutu, alors que le puîné est appelé nkoomba.
  • Les enfants appellent leur oncle maternel (le frère de leur mère) ma nkashi et l'épouse de leur oncle par cinkaaka. Cependant, ils appellent leur tante maternelle nguli ou maama, terme également utilisé pour appeler leur maman génitrice.
  • Les neveux sont appelés bana bu nkashi (littéralement enfant de l'oncle). L'enfant est placé sous l'autorité de son oncle maternel; lequel a droit de vie ou de mort sur son destin. Les enfants de son oncle sont appelés baana ba kwelissi (littéralement enfant du clan allié ou enfant par alliance) et appartiennent au clan de l'épouse de l'oncle.
  • L'oncle paternel classé lisya est appelé taata au même titre que le papa géniteur. La tante paternelle quant à elle est appelée taata ntchietu (littéralement père femme). Le mari de cette dernière s'appelant nkashi (l'oncle).
Article connexe : Liste des clans Vili.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Lorsqu'un ancien rencontre un inconnu plus jeune, après les salutations de rigueur, le premier interroge le second sur le nom de son clan, puis sur celui de ses parents, en disant: "Ndje mwan' na?" (Littéralement "De qui es-tu l'enfant?" qui peut se traduire par "Quelles sont tes origines?"). C'est une façon de savoir un peu plus à qui on a affaire. Le plus jeune décrit alors plus ou moins succintement son arbre généalogique.

Traditionnellement et avant la pénétration occidentale, les membres de la famille nucléaire liziku ne portaient pas le même nom. Un enfant pouvait par exemple porter le nom d'un aïeul (N'luku) ou celui d'un autre membre de la famille. Celui-ci devient alors le parrain ou la marraine (N'dusi) de l'enfant[74]. L'on peut également donner le patronyme d'un grand-parent adossé à celui du père[4].

Le nom se dit Li zina (Me zina au pluriel), tandis que le prénom ou pseudonyme se dit N'Kumbu (si Nkumbu au pluriel).

Patronymes masculins[modifier | modifier le code]

Balou (sévère) - Bambi - Batchi / Mbatchi - Bilindji - Bouiti (maître) - Boutali - Djembo - Djimbi - Gnali - Goma / Ngoma (tam-tam) - Guimbi - Kutana (concurencer, concourir) - Lassy - Lende - Lianzi (nom de poisson de mer, pêcheur) - Limeka - Loembe / Loemba (propriétaire) - Loendo - Loubendou - Louviloukou - Mabiala (folie, élu(e)) - Makani - Makaya (feuilles) - Makosso (commentaires, gouttes dans les yeux, argumentaire) - Malalou - Mambou / Liambou / Tchimambou (affaire (s), étonnement, admiration, beaucoup) - Mangafou / Mangofo - Mapakou - Matchiela - Matouti - Mavoungou (pluriel Muvungu, couvertures de literie) - Mbouakissi - Mbouyou / Bouyou - Moutou / Bantou / Tchimoutou (personn(e), individu(s)) - Mpaka / Paka (clôture, doute, incertitude) - Nkali - Nkouanga - Nombo - Ntenda (son du tir de fusil francisé en Tendart) - Nzaou (éléphant) - Nzenze (grillon) - Nziami - Pango - Pambou (aptitude, grelot) - Panzou - Pembello (air pur) - Poati (portes-moi, habites tout mon être) - Poba - Sakala - Sitou - Souami - Soumbou - Tati - Tchiama (arc-en-ciel) - Tchibota - Tchicaya (chose de l'interieur, placenta) - Tchilala - Tchilimbou (drapeau, victoire, marque indélébile européanisé en Sinald) - Tchimbakala (jeune homme) - Tchingoundou - Tchissafou - Tchissambou - Tchitembo - Tchivanga

Patronymes féminins[modifier | modifier le code]

Bossa - Bilongo - Bouhoussou - Boumba (halo de lune) - Fotcheko - Foutou - Landou - Lélo - Lembi - Lihaou (c'est cela) - Li Mani - Lissahou - Louangou - Losso - Malonda - Massanga - Matouti - Matchiela - Mikemo - Mouissou - Mpakou - Mpemba / Pemba (Virginité, vierge) - Mpouna - Ndoulou - Ngouamba - Niantou - Niefno - Niendo - Ninga - Niongo (regrets) - Nkambisi / Tchikambsi (sirène, Mamy wata, génie de l'eau) - Nsangou - Ntoulou - Nzinga - Simbou (terre et océan) - Socko - Souaka (ku souek - cacher) - Soungou - Tchibinda (épreuve) - Tchifou - Tchifoumba - Tchiniongo - Tchitoula - Tchingombi / Ngombi - Tchissafou - Tchissimbou (quelque chose que l'on tient) - Tchitoula - Toukoula - Volo (doux) - Voumbi - Wola (or en tant que métal précieux) - Yala - Yessa - Zole (aimer) - Zouina

Patronymes neutres[modifier | modifier le code]

Bouanga / Tchibouanga (tisserand, tissu) - Panzou - Tchizinga (entourer, avoir une longue vie) - Yanzi (ange)

Combinaison nom et prénom[modifier | modifier le code]

Les combinaisons suivantes sont souvent usitées:

Nom Prénom
Bouiti Doosu
Batchi Fall / Falla
Bouanga Manini
Boumba Kouamba
Loembe Momboukou
Makaya Katane
Makosso Costode / Kotodi
Mavoungou Bayonne
Poati Souklati
Tchibayi Voumbi
Tchicaya Lwangou

Noms consacrés (Me zina me bisuma)[modifier | modifier le code]

Futi (né à la suite des jumeaux) - Nguli bassa (mère de jumeaux) - Nkumba (né après Futi) - Nsafu / Safu (dents de lait sur la machoire superieure) - Nzinga (entourer, avoir une longue vie, enfant né avec le cordon ombilical autour du cou) - Tchibassa (jumeau)

Noms liés à la beauté des femmes[modifier | modifier le code]

Mamaye (femme mariée à un européen) - Madamasse - Niefno - Malisbète (de Elisabeth) - Fotchika

Prénoms modernes[modifier | modifier le code]

On assiste actuellement à un retour à des prénoms authentiquement Vili:

Bifani (où est le mal?) - Binief (les beautés) - Bimangu (les miracles) - Bouketchi (Bouketchi ndje i ntelang', confiance absolue) - Bussina (richesse) - Fani (où ?) - Kefane (il est là, quelqu'un de posé) - Kunief - Liel (inteligence) - Lessika (briller) - Liam (A moi, mon bien) - Limone (le nouveau, le neuf) - Lisliane - Litati - Lyane / Lyanou (espérance, espoir) - Manyef - Miniemo (fierté, orgueuil) - Mivek (ma solitude, moi-même, souvent donné aux enfants dont la ressemblance est frappante par rapport à l’un des parents) - Naïvane (celui ou celle que j'ai donné) - Naïzole (celle ou celui que j'ai aimé) - Nandi (c'est elle, c'est lui) - Nateliane (apporte l'espérance) - Nayilote (celui ou celle dont j'ai rèvé) - Navek (lui-même, souvent donné aux enfants uniques) - Nèle (bague) - Nienzi (joie) - Nkelian (prenez en soin) - Oussing - Sasse Fani - Sisu - Taliane (ku taliann: avoir de l'espérance; espérance) - Tchelika (vérité, sincère) - Tchifani - Tchissesse (lumière divine) - Tumsi (futur chef) - Vang Si (batisseur) - Vitchana - Vitika (accepter) - Wa Nief (tu t'es embelli) - Wisliane - Wol'si - Yaviche (je confirme) / Taviche (nous confirmons) - Tchilifi (chef) -Yoyikane (mon souhait)

Noms d'origine européenne[modifier | modifier le code]

En côtoyant ou encore en travaillant comme employés de maison auprès des représentants de l'administration coloniale, des patronymes ont été intégrés dans la terminologie vili. On trouve par exemple:

Demauzer (homme fort, du nom du fusil de marque allemande Mauser) - Fayette (tailleur) - Kuizinielo (cuisinier) - Lafadère (blanchisseur) - Linguissi (traducteur) - Magnifinelo (sculpteur sur ivoire) - Sulveyi (surveillant) - Bayonne (administrateur colonial originaire de la ville de Bayonne ayant comme cuisinier Mavoungou) - Mayordome (Majordome) - Portella (de la fonction d'un chef de convoi à la tête de plusieurs porteurs).

Habitat[modifier | modifier le code]

L'on peut s'étonner qu'une civilisation aussi riche que la culture vili ne puisse laisser de monuments, sinon de vestiges, témoignages des événements du lointain passé. C'est oublier qu'en pays Loango, on ne construit pas les habitations ou autres batiments à l'aide de materiaux durables[75]. Les cases traditionnelles sont faites en panneaux de papyrus.

Richard Edward Dennet, un négociant anglais ayant longtemps vécu et échangé en pays vili note "Les Fiote, une fois qu'ils ont inhumé un parent, soit détruisent complètement la maison du défunt, soit la démantèlent pour en vendre les materiaux à une autre famille". Des plants de manioc ou d'autres arbres fruitiers comme des orangers, ds citronniers ou des manguiers sont semés à la place pour éviter à quiconque de s'y installer[76].

Cette coutume traditionnelle explique peut-être pourquoi les Vili sont si mal logés, craignant par supertition, qu'on les accuse de sorcellerie en compensation de la construction d'un logement somptueux. Cela explique également la propension des Vili, contrairement à leurs voisins Yombé, de ne pas être attachés à la terre.

Parallèlement, la modeste habitation de Moe Poaty III (Maloango du 18 mars 1931 jusqu'à sa mort le 3 mai 1975), construite en 1952 par l'administration coloniale et qui lui servait de palais résidentiel, fut laissée à l'abandon pendant six ans. En effet, aucun de ces successeurs ne voulut s'y installer.

Sous la pression du gouvernement, l’ex-résidence royale est alors transformée en musée qu’inaugure, le 10 avril 1982, Jean-Baptiste Tati Loutard, ministre de l’Enseignement secondaire et supérieur, ministre de la culture et des arts[75].

A Pointe-Noire, le second quartier dit illégal sorti de terre dans les années 1950 après le quartier Km 4 s'appelle d'ailleurs "Quartier planches"[77],[78]. Ce qui provoque parfois la risée des nouveaux arrivants sur Pointe-Noire envers les Vili.

Article connexe : Diosso.

Le patrimoine immémorial[modifier | modifier le code]

À l'échelle de la sous-région de l'Afrique centrale, la République du Congo est l'un des états les plus ouverts et les plus poreux aux populations allogènes. De même, si l'on compare toutes les ethnies de ce pays, le peuple Vili, nonobstant son patrimoine ancestral riche, et en partie de par son implantation spatio-temporel sur le littoral atlantique, est celui qui a été le plus perméable à la civilisation occidentale.Cela n'est pas sans conséquence sur la pérennité de la langue Vili et par voie de conséquence sur celle de la culture traditionnelle dont elle est le support. L'industrie de la forge, du tissage des étoffes les plus chatoyantes, des œuvres d'art, jadis maîtrisées par les artisans Vilis sont tombées dans l'oubli des jeunes générations[73].

Le niveau d'acculturation actuel du peuple Vili est tel qu'on a coutume d'entendre les ressortissants de cette ethnie affirmer, sans doute à tort "Nvili tchibaamba" qui peut être traduite par "le Vili est un blanc"[73]. Cela à priori, parce que les Vili ont été parmi les premières populations de la région à échanger avec les Occidentaux.

Ceci est d'autant plus préoccupant car un des critères indispensables à l'épanouissement d'une société, à savoir la transmission générationnelle entre les anciens et les plus jeunes est en panne, voire définitivement rompue[73] Cela est bien illustré dans la nouvelle "L'or des femmes"[79] de Mambou Aimée Gnali. où les jeunes gens, femmes et hommes, captifs de la tradition, doivent laisser la part belle aux hommes mûrs et issus de familles nobles.

Le peuple Vili a en effet, toutes les difficultés à faire la synthèse entre son illustre passé et les défis du XXIe siècle.

Un des facteurs aggravants de cette situation est que la langue Vili comme la plupart des langues bantoues est basée sur l'oralité. De ce fait, peu de preuves de l'ancienneté et de la richesse de la culture Vili subsistent; si ce n'est dans les musées occidentaux. Ce qui est, il faut l'avouer paradoxal. Les objets qui composent les collections des musées d'ethnographie ont été recueillis par des missionnaires ou des médecins. Théodore Thérémin par exemple, était un jeune médecin français mort de fièvres à son retour du Congo. Il a souhaité léguer sa collection au Musée d'ethnographie du Trocadéro en 1892.

Dans le même ordre d'idées, membre de la Mission de l'Ouest africain et plus tard, chef de poste à Loudima. Joseph Cholet avait rassemblé plusieurs minkisi dès 1886 et les avait aussi légués au Musée d'ethnographie du Trocadéro[80].

Déjà en 1973, l'ethnologue F. Hagenbucher-Sacripanti[12] constatait cette acculturation avancée et cette perte quasi irrémédiable des traditions religieuses et historiques.

De tout ce qui précède, la culture Vili parait bien délabrée et si rien n'est fait pour sauver ce qui peut encore l'être, elle est amenée à disparaître comme tant d'autres riches civilisations avant elle.

Les Vili de la côte, ceux de la région de Bwali et plus particulièrement de Diosso, imbus de leur primauté traditionnelle dans le royaume ont de tout temps développé un complexe de supériorité vis-à-vis des populations de l'intérieur, y compris les Vili situés le long de l'actuelle ligne de chemin de fer. Cela engendre encore aujourd'hui des inimitiés et des rancunes sur le plan politique et dans le jeu des alliances électorales.

Patrimoine matériel[modifier | modifier le code]

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Arc musical de Loango[81].
Arrière-plan: trompette; Bois, Vili (Angola); Inv. No 38362 Devant: flûte de Pan; Bambou et fibres végétales; Yombe (Angola); Inv. No 38365

Dès 1950, dans sa quête des instruments musicaux des Vili et dans ses échanges avec le Maloango Moe-Poaty III et l’interprète Mpembelo, le musicologue Herbert Pepper constatait l'exceptionnelle rareté de la matière musicale. Il déplorait également la disparition des instruments traditionnels au profit des instruments modernes comme la guitare, l'harmonica ou l'accordéon[82].

Les instruments répertoriés sont :

<center>Double cloche; Vili d'Angola; Berg En Dal; [[Africa Museum]] </center>.
  • le balafon
  • nsambi[83],[81] (équivalent du ngwomi ou lukombe chez les Téké et les Mbochi ): sorte de luth avec cinq cordes en fils de palmiers sur lesquels on joue avec les deux pouces.
  • casuto : pièce de bois creux couvert d'une planche de bois en forme d'échelle. On racle dessus avec un bâton.
  • embouchi : instrument royal et princier en ivoire, composé de plusieurs pièces percées s’emboîtant l'une dans l'autre et de la longueur d'un bras
  • tchkongo tchiungu ou ngondji (longa chez les Fiote du Cabinda): deux sonnettes de fer reliées par un fil d'archal en forme d'arc. On émet des sons en frappant au moyen de deux baguettes. Les princes utilisaient cet instrument pour annoncer leur volonté de parler à leur peuple
  • dungu : tam-tam de forme allongée comme un fût mince pouvant atteindre deux mètres, bouché à chaque extrémité par une membrane en peau d'animal, Une baguette était utilisée pour frapper et obtenir des sons. Il est muni d'une poignée[84].
  • ngoma : autre tam-tam
  • nkôoko : le plus petit des tambours, il mesure 40 centimètres environ et est maintenu sous le bras tandis qu'on bat la mesure avec la paume de la main libre
  • ndundu : trompe en corne d'antilope


Les derniers dépositaires des instruments de musique traditionnelle ont été les si-nganga (guérisseurs ou féticheurs qui sont à la fois enchanteurs et devins). Ces derniers les utilisaient dans les cérémonies rituelles du nkissisme[82].

Arts rituels[modifier | modifier le code]

Les statuettes reliquaires à lames et parsemés de clous et de houes miniatures sont caractéristiques de la sculpture vili[85]. Elles peuvent avoir la forme de prêtres debout, le corps hérissé des signes des conflits résolus, d'autres affectent l'allure d'un chien.

Les clous commémorent le règlement de querelles et de conflits. Dans certains cas, la foi dans le chien-médium rétablit la santé de patients souffrant de troubles psychosomatiques. Ceux-ci paient alors le prêtre et, pour célébrer la guérison, on y plante une lame.

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Patrimoine immatériel[modifier | modifier le code]

Système de mesure[modifier | modifier le code]

Les Vili jusqu'au début du XXe siècle utilisent des perles (bilabu) comme unité pour compter et mesurer[3],[2]. La perle Lilabu est la partie la plus subtile du feu.

120 Bilabu = 1 Lombi

1400 Bilabu = 12 Bilombi = 1 Tchiko ou un bouquet (50)

14400 Bilabu = 10 Biko = 1 Nsuku ou Nkama tatu (400)

144000 Bilabu = 10 Minsuku = 1 Tchivef (1000)

10 (dix) = Kumi (du Vili Ku Kuma qui signifie causer, raisonner). C'est la racine carrée de Nkama qui signifie également l'épouse du Maloango, et par extension l'épouse en général.

100 (cent) = Nkama

Tchitini: C'est la plus petite unité de mesure de longueur connue. C'est la distance du sommet de l'annulaire à sa jointure avec la paume de la main. Il mesure environ deux clous ou 41/2 pouces et est utilisé pour mesurer la longueur des feuilles de tabac conditionné en nattes (Bitini).

Un Tchitini de tabac vaut 36 bilabu.

Deux bitini valent un Mbokana (paume de la main)

Deux Mbokana valent un Lubongo Zifula (pièce de tissu d'une plante locale mesurant 18 pouces ou une coudée soit environ 46 centimètres. Cela équivaut à 144 perles.

Deux Zimbongo valent un Makaba (un yard ou verge anglaise correspondant à environ 92 centimètres)

Deux Makaba valent un Ntama (une brasse soit 1,83 mètre). C'est l'unité de mesure standard

Trois Ntama valent un Mbondo. Trois Ntama sont l'équivalent d'un lot de 12 nattes.

Quatre Mbondo valent un Nlele Bifunzi (48 nattes). C'est la contribution qu'un homme est censée fournir lors des funérailles d'un proche parent de sa femme. Ces nattes cousues entre elles constituent également un linceul.

Lubuku (la circoncision)[modifier | modifier le code]

Cet évènement qui vient de l'expression "kubuka n'sosi - couper le prépuce" n'est pas à proprement parler une initiation puisqu'il intervient dans les quatre premières années du garçonnet. Il s'agit plutôt d'un rite de passage[87].

Le prépuce, une fois coupé, est jeté sur le toit de la case de la famille et est livré aux oiseaux, notamment le suli (oiseau non identifié). Afin d'empêcher tout contact et tout frottement avec les cuisses, le lufumbu, anneau de bambou entouré de feuilles de palétuviers est enfilé sur la verge encore endolorie. Le corps est enduit de tukula (peinture à base de poudre de paddouk et de kaolin) afin d’ôter l'odeur (lusio) de son enfance. Toutes sortes d'autres soins lui sont prodigués afin d'éviter toute infection.

En parallèle, les garçons doivent respecter certains interdits alimentaires et des conduites d'évitement. Ainsi, toute personne ayant touché ou consommer du piment (aliment strictement interdit au jeune circoncis) ou ayant eu récemment des rapports sexuels est prié de ne pas approcher de l'enfant.

Parés de colliers et de bracelets, les garçons sont assis sur une natte pendant toute la journée. Leur seule activité consiste à s’alimenter de plats à base principalement de poulet.

Tchikumbi (la nubile)[modifier | modifier le code]

Les femmes Vili ont par le passé eu cette réputation d'être de bonnes épouses et de savoir tenir un foyer. Cela était grandement dû à l'observance du rituel du Tchikumbi.

Selon un mythe vili datant de l'époque où les dieux et les hommes cohabitaient, le Maloango voulut prendre femme. On lui présenta alors une très belle jeune fille disposant de tous les atouts physiques de la féminité mais à laquelle manquait, malheureusement, toutes les vertus d’une bonne épouse. À compter de ce jour, les dieux consultés décrétèrent que, dans le royaume, un rite d’initiation devrait être le passage obligé de toute fille qui voulait devenir une épouse convenable. Ainsi naquit le tchikumbi, rituel misogyne de préparation au mariage.

Jeune fille loango - Extrait de planche de profils de type négro-africain datant de 1914

Le Tchikumbi est un rite ancestral d'initiation et de fécondité, marquant le passage de la jeune fille, de l'enfance à l'âge nubile. Ce rituel pratiqué à l'origine par tous les peuples de la branche nord du Royaume Kongo, n'est plus pratiqué que par les Vili du Congo et les Woyo du Cabinda. Les Portugais en découvrant cette pratique la qualifièrent sous le vocable de "casa das tintas[88]"[89] (la maison des peintures), à cause de la couleur rouge dont la case et les vêtements des tchikumbi étaient recouverts.

C'est l'apparition des premières menstrues chez la jeune fille qui donne le départ de ce rite. Pendant cette période de claustration qui dure de quelques mois à deux ans, une matrone et son entourage, enseignent à la tchikumbi, les interdits et les obligations que la collectivité Vili attend d'elle en tant que membre à part entière, future épouse et future mère[84]. La tchikumbi est confinée dans une case avec des filles de son âge, appelées les bana-bankama. Elle doit en sortir vierge, de peur de s'attirer les foudres de la collectivité et de jeter l'opprobre sur sa famille.

Lorsqu'une jeune fille entre en tchikumbi, c'est qu'un prétendant s'est manifesté ou alors, les familles se sont mis d'accord pour unir un homme et une jeune fille de leurs familles respectives.

La durée de la claustration était fonction de la rapidité avec laquelle, le fiancé avait construit la case dans laquelle, il alliait accueillir sa future épouse. En plus d'équiper son logement, il fallait préparer la dot, les vêtements, et les ustensiles de cuisine à remettre à la belle-famille. Cette capacité de réaction était le fait de notables bien établis qui épousaient les jeunes filles au grand dam des jeunes gens, qui devaient patienter quelques années plus tard, sauf s'ils étaient issus de famille aisée[79].

Le tchikumbi est l'occasion, d'une fête familiale d'abord chez la future mariée qui en sort honorée et ensuite dans l'affirmation de l'alliance entre les futures belles familles. C'est occasion de victuailles, de danses et de chants[90] Chant tchikumbi (Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) notamment, le soir, une fois les travaux champêtres terminés. On célébrait ainsi l'introduction d'une nouvelle femme dans le clan, capable d'enfanter et de perpétuer la lignée familiale. La tchikumbi accomplit pour la dernière fois cette danse ponctuée de prouesses acrobatiques appelée limba.

Les éléments de parure indispensables pour le cérémonial sont:

  • Tukula: poudre à base de racines de padouk (tchisesa ou sonukamini chez les Woyo de Yabi au Cabinda ) pour embellir la peau
  • Luandu (tapis) et N'kuala ou Luvubi (nattes): serviront de couchettes à la tchikumbi
  • Masani: grande et petite jupe de toile blanche imbibées d'huile de palme et de tukula
  • Mpufa: cache-seins ornés de boutons multicolores
  • Sindetchik': diadème orné de perles fines multicolores pour affermir le front
  • Milunga-mioko: bracelets de cuivre d'acier et de bronze couvrant les avant-bras du poignet à la saignée du coude. Ils renforcent la solidité des bras notamment pour effectuer les travaux champêtres
  • Milunga-malu: bracelets dans les mêmes matériaux que les précédents et couvrant les jambes des chevilles à la base des genoux. Ils consolident les jambes et la taille.
  • Si-zimbu Makadadu: colliers de perles rouge qui affermissent le cou, dans l'optique du transport des objets de la vie quotidienne sur la tête
  • Missanga: ceinture de perles multicolores pour affermir les reins
  • Li-lasola: drap de toile de couleur blanche

Tous les jours, la tchikumbi s'enduit systématiquement de tukula et se parent de tous les ornements cités plus haut. Elles s'occupent en tressant les femmes qui lui rendent visite, joue aux cartes et se détend en jouant un instrument de musique appelé tchiyenga[91].

Aujourd'hui, cette cérémonie a plus une valeur symbolique lors des mariages coutumiers, en mettant par exemple en valeur les atours traditionnels portés par la jeune mariée.

Likwééla (le mariage)[modifier | modifier le code]

Le mariage consacre non seulement l'union d'un homme et d'une femme, mais aussi l'alliance entre deux clans (kaanda). Il est en effet, l'institution par excellence qui fonde les liens de parenté et concourt à la pérennisation du groupe.

Le célibat est en revanche abhorré, car le statut de célibataire est de nature à déstabiliser l'idéal du groupe de perpétuation de l'espèce humaine.Le célibat prolongé prête à suspicion. Les personnes qui s'en accommodent prêtent le flanc à la vindicte populaire ou sont parfois mis au ban de la société.

Le mariage implique des préliminaires[73] dont l'observance d'un rite initiatique par la jeune fille pubère (tchikumbi) et l'apport d'une prestation matrimoniale par le jeune mâle prétendant. La pratique la plus courante dans le domaine matrimonial est celle de l'exogamie. Elle est institutionnalisée à l'échelle du lignage. L'exogame évite toute relation incestueuse et la transmission de toute tare héréditaire. Elle prémunit le clan de tout affaiblissement biologique et permet des échanges entre différents clans, en vue de parvenir à une famille plus élargie.

Les quatre différentes étapes de ce processus préliminaire[92] sont:

  • Nkota luumbu (entrée dans la concession): C'est la première visite des parents du prétendant auprès de ceux de la jeune fille. La demande de la main est exprimée, agrémentée par un don de boisson (malafu - boisson de palme)
  • Nbululu Nkuungu (échanges de vue ou discussions): Les parents du soupirant ont prévu des boissons et une somme d'argent symbolique qu'ils offrent à leurs hôtes. La discussion entre les deux parties s'engage sur le pedigree, l'origine et le prestige de leurs clans respectifs.
  • Cyuufu (demande): On se renseigne sur le montant de la dot et sur les autres éléments qui la constituent. Une somme d'argent toujours symbolique est également versée.
  • Tchibanza (dot): Par cette ultime étape, on scelle définitivement le mariage par le versement intégral de la dot. Celle-ci comprend outre l'argent, le ngoombu (pagne en raphia qui formait l'essentiel de l'habillement traditionnel), le malafu (boisson de palme dont une quantité servait pour les libations), le makaasu (noix de kola) dont une partie était offerte aux mânes des ancêtres.

Lelikage (danse de séduction)[modifier | modifier le code]

Le lelikage[93] est une danse de séduction réservée aux jeunes filles (bileshi bu tchetu) et aux jeunes garçons (bileshi bibakala). Il se pratiquait dans les villages ou dans les quartiers assez reculés des grandes villes, généralement pendant les vacances, dans des clairières uniquement éclairées par la lune.

Les chœurs des jeunes gens, accompagnés des percussions rythmaient cette danse dans une frénésie lancinante, et ce jusqu'au lever du jour.

Tchinkhani (danse des jumeaux)[modifier | modifier le code]

Hochet d'initiation ; bois, bols de fruits, fibres végétales. Vili (République du Congo), Musée Linden.

Le tchinkhani[93] est une danse effectuée devant l'autel sacré de la tribu (tchibila) en l'honneur des jumeaux. C'est l'occasion de réaffirmer ce lien unique entre les jumeaux et la nature; cette nature doit empêcher après ce don exceptionnel qu'est la venue des jumeaux, que leur esprit ne quitte le monde des humains.

La danse est ponctuée par des chants avec des paroles évoquant sans tabous l’union de la femme et de l’homme.

La femme ayant accouché de jumeaux jouit d'une certaine considération et de respect au sein de la société Vili. Le terme Nguli basa permet clairement de la nommer et de la distinguer des autres génitrices. Les enfants quant à eux, sont appelés Bibasa (Tchibasa au singulier). Le nom du premier jumeau est Basa et le second est appelé Tchimba.

Si un des jumeaux venait à décéder, un substitut en matériau sculpté est remis à la maman. Celle-ci doit s'en occuper au même titre que le jumeau survivant. Parvenu à l'âge de 6 ou 7 ans, ce dernier reçoit son Nguli basa, une reproduction réduite de la statuette détenue par sa mère. Il devra la garder sur lui jusqu'à sa mort. Il sera enterré à côté d'une tombe spécialement creusée pour cette culture.

Activités[modifier | modifier le code]

Les Vili sont avant tout un peuple de savanes, pêcheurs de lacs, de rivières et de lagunes, mais aussi en mer, bien qu'ils ne soient pas d'excellents navigateurs.

De nos jours, ils sont en grande majorité urbains, autour de la capitale économique Pointe-Noire. Ceux qui restent, malgré l'exode rural, agriculteurs, cultivent le manioc, les patates douces, le riz et le tabac.

Les inégalités économiques d'aujourd'hui sont issues de la stratification sociale traditionnelle. En effet, l'ancienne aristocratie et les vieilles familles se sont en grande partie reconverties en une classe d'entrepreneurs et de commerçants, sachant que « cette capacité d'adaptation s'est déjà manifestée dans le passé, à travers les transformations et les évolutions qu'avait subies la société vili au cours de son histoire précoloniale[94] ».

Le commerce[modifier | modifier le code]

Avant les premiers contacts avec les explorateurs portugais, les Loango avaient acquis la maîtrise de l'industrie du fer et du tissage, en plus de l'utilisation d'une monnaie qui constituait le support des transactions commerciales.

Au XVIIe siècle les marchands Vili n'hésitaient pas à quitter leur base en quête d'opportunités commerciales. L'une d'elle a été les voyages vers les mines de cuivre de Mindouli et du territoire de "Bukkameale" (probablement dans la Vallée du Niari)[6]. Des données commerciales recueillies auprès des Hollandais indiquent que les Loango exportaient très tôt des quantités considérables de cuivre durant cette même période.

Le Royaume de Loango fut également un producteur et un exportateur majeur d'étoffes à la fois à l'intérieur du pays mais aussi vers les Portugais de Luanda. Ces derniers ont en importé des milliers de mètres au début du XVIIe siècle[7],[95]

De par leur positionnement préférentiel sur la côte atlantique, les Vili se sont rendus incontournables dans les échanges entre les trafiquants Européens et les populations de l'intérieur qui leur fournissaient de l'ivoire, du bois rare, des palmistes, du caoutchouc mais surtout des esclaves, dont la traite constitua pendant plusieurs siècles une source d'enrichissement considérable de certains notables (chefs de clan primordiaux de Diosso et des localités voisines, des Mafuka - sorte de hauts dignitaires chargés de réguler le commerce des marchandises et la circulation des personnes)[12].

Les vili fournissaient en revanche de l'huile de palme, des nattes, des tissus, du poisson fumé, des couteaux, des produits manufacturés européens parmi lesquels les bindeli étaient très appréciés. C'est dans ce contexte que les Vili et les Kugni entretenaient de très bons rapports (Bundiku), évitant à ces derniers la ponction des leurs pour servir d'esclaves[12].

Les compagnies concessionnaires[modifier | modifier le code]

En 1903, avec l'avènement du Moyen-Congo, le territoire est cédé aux compagnies concessionnaires (SCKN. - Société concessionnaire du Kouilou-Niari, CCSO - Compagnie concessionnaire de la Sangha-Oubangui, CFAO - Comptoirs français de l'Afrique occidentale, SHO-Congo - Société du Haut-Ogooué du Congo). Elles ont les pleins pouvoirs dans leur gestion afin de développer les territoires qui leur sont confiés. Elles exploitent au maximum les ressources naturelles pour un investissement minimum. C'est la période du travail forcé et des humiliations les plus abominables.

En dehors de s'occuper des cultures vivrières, les vili furent recrutés pour travailler dans les plantations. Dans le cas de la CPKN. (Compagnie Propriétaire du Kouilou-Niari), une des grandes compagnies concessionnaires (1898-1930), il fallait traverser le fleuve Kouilou, afin d'acheminer les ouvriers vers les différents sites (Kakamoeka...)[96].

Le portage[modifier | modifier le code]

En plus de ces activités de travail de la terre et de la pêche, les Loango furent progressivement reconnus à travers le Congo et les pays voisins de l'AEF. (Afrique-Équatoriale française) comme de bons porteurs. L'âge d'or du transport des marchandises par les caravanes se situe entre 1885 et 1910. Il fallait parcourir des centaines de kilomètres à pieds nus, lestés de dizaines de kilos de marchandises, procéder en même temps au transport en « tipoye » (chaise au porteur) des colons. En plus de traverser les contrées aux routes poussiéreuses, les marigots à gué, les forêts humides et les plateaux arides, il fallait faire face aux divers parasites et plus particulièrement aux « chiques », ainsi qu'aux animaux sauvages[97]. En s'enfonçant dans la forêt du Mayombe, les caravanes escortées par les guides Yombé rencontraient des commerçants Kugni, Tsangui, Punu et Nzabi. Certaines caravanes longeant le Kouilou atteignaient le Royaume d'Anzico et commerçaient avec les Téké.

Or, les croyances ancestrales des vili considéraient que s'enfoncer dans la forêt vierge constituait un voyage sans retour. L'administrateur Albert Veistroffer[98] écrivait ainsi en 1884 : « Les gens de Loango ne vont jamais au delà de leurs plaines, limitées vers l'Est, c'est à dire vers l'intérieur, à environ 50 kilomètres de la mer, par une grande forêt, qu'ils disent impossible à traverser, et d'où un Fiote ne reviendrait pas s'il avait la hardiesse de s'y engager ». Les autres porteurs venaient du pays Kugni ou Lumbu.

C'est la mise en service du CFCO. (Chemin de fer Congo-Océan), à partir de 1934, qui met progressivement fin à l'activité des porteurs.

La confection textile et la taille d'ivoire[modifier | modifier le code]

Deux autres activités artisanales étaient considérées comme « nobles » par les vili, la confection des vêtements et la sculpture de l'ivoire.

Les tailleurs sédentaires ou ambulants, équipés de machines à coudre à manivelle, puis à pédale comme la célèbre Singer, pratiquaient leur savoir-faire au Congo et dans les pays voisins comme le Gabon.

En 1900, Tchicaya Makosso, le père de Jean-Félix Tchicaya (le premier parlementaire du Gabon-Moyen-Congo, à l'Assemblée nationale constituante française en 1946), tailleur auprès de Portella Mbouyou, un commerçant Loango très en vue à l'époque, décide d'exercer son savoir-faire à Libreville au Gabon, puis à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire[28].

Jacques Bouiti, - père du docteur Jacques Bouiti[99], ancien maire de Pointe-Noire - est maître-tailleur et fournisseur attitré de l'uniforme du personnel du CFCO. À ce titre, il effectue régulièrement à pied le voyage entre Pointe-Noire, la capitale économique et Brazzaville, la capitale politique.

Au début des années 1950, un tailleur Vili, formé en France, Antoine Pembellot dit Tino-Mab[100], créé à Poto-Poto (Brazzaville) le premier club des dandys appelé "Le club des six". Il se sert de ses partenaires autochtones "clercs" dans l’administration coloniale comme mannequins pour mettre en valeur ses créations. À Pointe-Noire, d'autres clubs comme celui créé par le tailleur Robic font la pluie et le beau temps.

Un autre emploi majeur des vili était de celui de « boy » ou de cuisinier au service des colons. La proximité avec ces derniers les a sûrement poussés à s'habiller à l'occidentale et à devenir les précurseurs des sapeurs congolais[97].

L'artisanat de l'ivoire existait bien avant l'arrivée des Européens, avant de se transformer en commerce florissant au début de la colonisation du Congo. De nombreux clichés de cette époque montrent en effet des tonnes d'ivoire partant de Brazzaville et de Loango. Les défenses d'éléphant étaient sculptées pour les transformer en objets décoratifs (statuettes, petits objets, gobelets...) ou en bijoux (colliers, bracelets). Cette sculpture, considérée comme grossière par les Occidentaux, connut un regain d'intérêt quand l'Art Nègre fut à la mode et le cubisme en vogue[97].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Conclusion[modifier | modifier le code]

Les Vili sont avec les Téké et les Bacongo, les trois peuples descendants des troi anciens royaumes qui ont éclos, atteint leur apogée et leur déclin sur l'actuel territoire de la République du Congo. Il s'agit respectivement du Royaume de Loango, du Royaume d'Anzico et du Royaume Kongo.

De par leur histoire, les Vili qui se localisent géographiquement autour de Pointe-Noire et du département du Koulou, ont été les acteurs indéniables de la renommée et du rayonnement politiques, spirituels, économiques et culturels de cette frange du peuple Kongo et par extension du peuple Bantou. Les Vili ont toujours été habités par des valeurs d'humanisme, de paix, de tolérance et d’accueil. C'est peut-être aussi son talon d'Achille vis-à-vis des autres peuples qui sont plus agressifs.

Si le président de la République n'est élu que sur des bases ethniques comme actuellement, il n'y aura sûrement jamais de président issu de ce groupe. Toutefois, malgré sa faible répartition démographique à travers le territoire congolais, le peuple Vili a fourni d'illustres représentants dans la vie politique et culturelle et contribue grandement à la construction de l'identité congolaise[127].

Le peuple Vili a réussi à louvoyer à travers plusieurs fléaux qui ont décimé sa population comme la traite des esclaves, les guerres incessantes, les épidémies de trypanosomiase (maladie du sommeil), le portage à dos d'homme (réquisition des hommes valides de la côte pour le transport des marchandises débarquées à Loango vers Brazzaville) avant l'arrivée du chemin de fer CFCO.Celui-ci va propager pneumococcie et dysenterie. En 1957, on dénombre encore 36 000 vili et Chabeuf[128] se demande comment ce peuple n'a pas encore disparu, d'autant que leur appétence pour l'alcool les prédispose à la tuberculose.

Il est à la croisée des chemins en ce début de XXIe siècle entre un risque de disparition et un nouvel essor pour le futur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J. S. Olson, The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, (ISBN 9780313279188), p. 584
  2. a et b (en) Richard Edward Dennett, At the Back of the Black Man's Mind, London, Macmilan, (lire en ligne)
  3. a et b (en) Njihia Mbitiru, « Precessional code in the measurement system of the Vili people of Congo », Graham Hancock Official Website,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Joseph Tchiamas, Coutumes traditions et proverbes vilis, Books on Demand, (ISBN 9782322015245, lire en ligne)
  5. a et b F. Hagenbucher - Sacripanti, Les fondements spirituels du pouvoir au Royaume de Loango, ORSTOM, , p. 18-21
  6. a et b (en) Phyllis Martin, The External Trade of the Loango Coast, « A through examination of Vili trade and trading practices of the period before 1870. », p. 53-135
  7. a et b (pt) Alvitre de Pero Saldanha, Monumenta 5: 52, 1611 in brasio
  8. Jean Dello (Document de travail N° 23. Axe 1 : Patrimoines et identités), Toponymie sur la ville de Pointe-Noire, Paris, ORSTOM, , 40 p. (lire en ligne), p. 4
  9. « Vili (peuple d'Afrique) », source RAMEAU, BnF.
  10. Joao Maria Futi, Essai de morphologie lexicale du Cisuundi du Cabinda (Angola), L'Harmattan, 2012, p. 16 (ISBN 9782296483743)
  11. (en) Fiche langue (code «vif») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  12. a, b, c et d Frank Hagenbucher-Sacripanti, Les fondements spirituels du pouvoir au Royaume de Loango, Bondy, Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer (ORSTOM), , 216 p. (lire en ligne), p. 11
  13. (en) Andrew Battel, The Strange Adventure of Andrew Battell of Leigh, Oxford, E.G. Ravenstein, coll. « Hakluyt Society », (lire en ligne), p. 44 (Gembe) - 45 (Gymbe) — La modernisation de ce document a été proposée à l'éditeur par R.E. Dennett, un commerçant ayant vécu dans le Golfe de Guinée.
  14. (nl) Olfert Dapper, Naukeurige Beschrijvinge der Africa Gewesten, Amsterdam, , p. 518 — Une version ultérieure traduite par John Ogilby, Africa, est diponible (London, 1670) p. 491.
  15. (en) R. E. Dennett, At the Back of the Black Man's Mind, Londres, Macmillan, , p. 5-6
  16. a, b et c « Naissance et enfance d'une ville en Afrique-Équatoriale française », Le Petit Parisien : journal quotidien du soir,‎ (lire en ligne).
  17. « Pages d'histoires.. », sur spitains.org
  18. a, b et c (en) Encyclopedia of African History (Fitzroy Dearborn, An Imprint of the Taylor and Francis Group), vol. 1 A-G, New-York, Kevin Shillington, , 1760 p., p. 828
  19. (en) Daniel Domingues da Silva, David Eltis, Philip Misevich et Olatunji Odjo, « The diaspora of African liberated from slave ships in the ninetieeth century », Journal of African history, Cambridge University Press, no 55,‎ , p. 357, article no 55
  20. a, b et c J. Maurin, Monique Eme et Françoise Reynier, Ministère des colonies, Traités 1687-1911 FR ANOM 40 COL 1-987, Aix-en-Provence, Archives nationales d'Outre-Mer, , 127 p. (lire en ligne), p. 3; 19-25
  21. Daniel Lobé Diboto, « Entretien avec Valentin Tchibota Goma, Maire du 2ème Arr de PNR », Congopage,‎ (lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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