Vili (peuple)

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Vili
Populations significatives par région
Drapeau de la République du Congo République du Congo 100 000
Drapeau du Gabon Gabon 20 000
Autres
Langues vili

Les Vili forment un peuple d'Afrique centrale, établi au sud-ouest du Gabon, en République du Congo, en Angola et en République démocratique du Congo. C'est un sous-groupe des Kongos[1].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Femmes bavili (Moyen Congo, 1924).

Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs formes[2] : Bavili, Bavilis, Fiote, Ivili, Loango, Vilis. Le terme fiote (« noir »), utilisé par les colons portugais, est aujourd'hui jugé péjoratif[3].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le vili, une langue bantoue dont le nombre de locuteurs était estimé à 50 000 en 2010. Environ 45 000 ont été dénombrés en République du Congo et 5 000 au Gabon[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Les Vili, tout comme les Yombé (ethnie la plus proche culturellement et géographiquement des vili)[5], les Lumbu, les Vungu, les Punu et les Kugni, formaient les composantes ethniques de l'ancien Royaume de Loango. Il y eut aussi des métissages avec des populations pygmées Babenzi, Babinga ou Baka.

Au xvie siècle, la dynastie des Bawoyo, à laquelle appartient la puissante confrérie de forgerons des Buvandji, menée par Njimbe, et s'appuyant sur une armée de guerriers, s'impose aux populations locales sur la côte de Loango. Selon plusieurs sources, comme l'explorateur anglais Andrew Battell (en)[6], présent dans la région vers 1610, le Hollandais Olfert Dapper[7], ainsi que le commerçant anglais R. E. Dennet (en)[8], Njimbe serait le fondateur du Royaume de Loango et son premier souverain avec un règne qui aurait duré environ soixante ans.

Carte du Golfe de Guinée, Congo) - Bonne 1770.

Initialement, province du Royaume du Kongo (Kongo dia Nthotila), le Royaume de Loango, en compagnie des deux provinces de Ngoyo et du Kakongo, s'était affranchi au xvie siècle et occupait un vaste territoire allant de la région de Setté Cama au Gabon, à l'actuel Cabinda au sud, du Massif du Mayombe à l'est aux confins du Royaume d'Anzico et de l'océan Atlantique à l'ouest, où se trouvait la capitale Bwali.

Un proverbe illustre bien la communauté d'origine des trois provinces sécessionnistes, ainsi que le rôle religieux du Roi de Ngoyo. Il s'agit de : Makongo nuni, Mangoyo nthomi, Maloangu nkasi qui signifie littéralement « Le Makongo est le mari, le Mangoyo le prêtre (gardien et officiant du sanctuaire tchibila du Dieu Bunzi) et le Malwangu la femme ».

La famille régnante était issue de l'ethnie vili, plus précisément des clans Kondi et Nkata. Cet État disposait d'une organisation sociale et politique avec un roi, un gouvernement et des gouverneurs de ses sept provinces. La forte hiérarchisation politique permit à certains chroniqueurs[Qui ?] d'établir une analogie avec les sociétés féodales de l'Europe médiévale. Au Loango de l'époque prévalait déjà un mécanisme électif, notamment dans la désignation du futur souverain.

De l'histoire du Royaume de Loango, il ne reste aucune trace visible. Pourtant, il a très tôt effectué des échanges avec les Européens, Portugais pour la plupart, évadés des bagnes ou anciens trafiquants de bois d'ébène. Des Allemands, des Anglais, des Hollandais, avaient ouvert des factoreries aux environs des plus gros villages[9].

La colonisation européenne[modifier | modifier le code]

De 1849 à 1944 - L'expansion[modifier | modifier le code]

La fin du xixe siècle marque le début de la décadence du Royaume de Loango. Celui-ci subit les dommages collatéraux de la rivalité des Européens en Afrique Centrale, notamment entre l'enseigne de vaisseau Pierre Savorgnan de Brazza et Henry Morton Stanley[9]. Afin de s'assurer le contrôle unilatéral de la façade maritime du Congo et du Gabon, la France impose des traités aux autorités traditionnelles.

En 1849, à la faveur de l’arraisonnement du navire négrier brésilien Elizia ou Ilizia par par la frégate Pénélope de la marine française, une trentaine ou plusieurs centaines d'esclaves Vili, Lumbu, Yaka ou Bongo, selon les sources[10],[11],[12]après un séjour de trois ans au Sénégal, furent installés définitivement dans l'estuaire du Komo. Cet incident marqua la naissance de Libreville, la capitale politique du Gabon, à l'image de Freetown en Sierra Leone[11].

Le Mâ Loango Manimakosso-Tchinkosso, affaibli par le blocus de la côte établi par l'aviso Sagittaire, empêchant tout contact entre les villages, fut contraint de capituler. Le 12 mars 1883, il signe avec le lieutenant de vaisseau Robert Cordier, un traité[13] de souveraineté, de commerce et de cession du territoire, en présence des négociants portugais Manuel Saboga et français Ferdinand Pichot. Par ailleurs, le pouvoir central du Mâ Loango s'estompe au profit de potentats locaux. Certains d'entre eux, parmi lesquels André Moé-Loemba (autochtone élevé par les missions portugaises, fondateur du village de Tchimbamba), Mamboma Makosso, Mvumvo Lucieno et Matchimbamba paraphent, le 21 juin 1883, le traité de Punta-Negra[13], avec le même lieutenant de vaisseau Cordier, permettant à la France de prendre possession de ce territoire,

Parallèlement, dans le périmètre lusophone, deux ans plus tard, le 25 février 1885, le Cacongo et le Ngoyo signent le Traité de Simulambuco qui les met sous la protection du Portugal,

Le royaume de Belgique a signé pas moins de 289 traités[13] entre 1883 et 1884 dans la conquête de la vallée du Kouilou-Niari, territoire cédé à la France lors de la conférence de Berlin en 1885. Celle-ci entérine l'ensemble de ces traités faisant de la France le maître absolu de la partie de l'Afrique centrale allant de la rive droite du fleuve Congo jusqu'aux confins du Gabon, achevant ainsi le partage de l'Afrique entre les puissances coloniales. Le contrôle des bases côtières a également permis le départ de nombreuses expéditions qui s'enfoncèrent jusqu'au Tchad voire au Soudan (Fachoda).

Loango, la capitale, abrite alors le gouvernement et les institutions officielles, gérant le commerce intérieur et extérieur. C'est le seul débouché des pistes caravanières vers l'océan. À l'emplacement de Pointe-Noire, l'actuelle capitale économique, on dénombre quelques villages de pêcheurs comme M'Bou Mvou-Mvou (emplacement du Novotel sur l'avenue Charles de Gaulle); - littéralement Mvoumvou signifierait ce qui dure, ce qui est éternel et par extension M'Bou Mvoumvou c'est la plage, la mer éternelle[14] - , M'Boukou (actuel quartier Mouyondzi).

Les quartiers périphériques actuels de Pointe-Noire ne sont alors que des villages : Loandjili, Siafoumou, Tchimbamba, Mpita, Tchimani...

En 1897, l'achèvement de la ligne de chemin de fer entre Matadi et Léopoldville (Kinshasa), mais surtout la fondation de Pointe-Noire en 1922, dans la perspective de la construction d'un port en eau profonde et d'une ligne de chemin de fer, va précipiter le déclin de la capitale Loango. En effet, sa baie avec son faible tirant d'eau ne permet pas le débarquement des navires pour le trafic des personnes et des marchandises. Loango n'accueille alors plus que les sépultures des nobles Vili et des colons.

Par ailleurs, les chantiers du port et du C.F.C.O vont pousser les hommes dans la force de l'âge à émigrer vers Pointe-Noire. Excepté le petit village de pêcheurs de Ndjindji, ce sont les travailleurs de ces deux chantiers qui vont constituer l'essentiel de la population indigène pontenégrine. La ville voit également arriver des populations attirées par les emplois induits. Ce sont notamment les commerçants venant du Gabon, du Dahomey, du Togo et du Ghana[15].

En 1924, Hervé Mapako-Gnali, père de Mambou Aimée Gnali et Jean-Félix Tchicaya deviennent les premiers instituteurs du Moyen-Congo[16] au sortir de l'Ecole normale William Ponty sur l’île de Gorée au Sénégal.

Les colonisateurs français, soucieux d’éviter les conflits avec les autochtones se réservent les zones de marécages, impropres à l’agriculture et vides de population. Ils reconnaissent également le droit coutumier : la terre non fertile appartient à toute la communauté.

Le besoin en main d'œuvre provoque l’arrivée massive de populations de l’intérieur (que les autochtones appellent bilanda lail, « suiveurs du rail ») ; leurs besoins en logement contribuent au développement de la cité.

Les vilis, qui étaient jusqu'alors les habitants majoritaires de la contrée, doivent désormais partager le foncier et le travail avec les populations allochtones. Ils voient leur aire d'habitat diminuer au gré de l'atomisation du royaume.

Le Kouilou, en plus d'être une terre d'immigration, est aussi une terre d'émigration et d'expatriation pendant la colonisation. La création de plantations de café et de cacao à Fernando Po et à Sao Tomé, le portage, la scolarisation et la perspective de recevoir un salaire provoquent un départ non négligeable de la main d'œuvre locale vers Brazzaville, le Gabon et l'Oubangui.

Par ailleurs, les Vili, par opposition aux Yombé, sont moins attachés à la terre en raison de leur vocation commerçante et de leur positionnement comme intermédiaires entre les populations de l'hinterland et les trafiquants européens[17].

Tous ces flux migratoires vont provoquer un important exode rural, accentuant le vieillissement et le déséquilibre des sexes. Le dépeuplement continu de Bwali, la capitale de l'ancien Royaume de Loango en est l'illustration.

La conjonction des épidémies de variole et de trypanosomiase, ainsi que l'utilisation du poison d'épreuve (ordalie) pour désigner les coupables, notamment de mort suspecte, contribuent également à la diminution de la population des descendants du Royaume de Loango.

De 1945 à 1960 - La décolonisation[modifier | modifier le code]

La France sort exsangue de la seconde guerre mondiale. Elle met en place, grâce à une Assemblée Constituante, de nouvelles institutions pour relancer l'activité politique du pays. La représentativité de la France est alors étendue aux territoires d'Outre-Mer comme l'A.E.F., dont les autochtones ont la possibilité d'élire des représentants. Alors que les vieilles colonies comme les Antilles élisent leurs députés au suffrage universel, l' A.E.F. et l' A.O.F. disposent de deux collèges électoraux distincts: le premier réservé aux citoyens métropolitains et le second aux autochtones, non citoyens. Le Gabon et le Moyen-Congo, à cause de leur faible population, constituent une seule circonscription électorale pour l'élection d'un député pour ce second collège[18].

Le 7 décembre 1945, après un second tour, Jean-Félix Tchicaya est élu membre de l'assemblée, devant respectivement Hilaire Aubame, Jacques Opangault, Issembé et François-Moussa Simon. Être né à Libreville, lieu d'émigration de son père, le tailleur Makosso Tchicaya a permis au vainqueur de prendre le dessus sur ses concurrents y compris sur les candidats gabonais. Outre le fait qu'il ait travaillé au Gabon et développé de solides amitiés, il a bénéficié des suffrages des Vili et Lumbu de la Ngounié, et de l'Ogooué-Maritime. Toutefois, la rivalité entre le Moyen-Congo et le Gabon, ainsi qu'entre les Vili et les Mpongwé, les deux premières ethnies des deux contrées à avoir été en contact avec la civilisation occidentale va entraîner la séparation en deux circonscriptions distinctes.

En 1946, Jean-Félix Tchicaya, grand pourfendeur du colonialisme à l’Assemblée nationale française[19], où il siège pendant toute la IVe République, fonde son parti le P.P.C. (Parti Progressiste Congolais), proche du Parti communiste français, en compagnie de jeunes cadres comme Joseph Pouabou ou Robert Stéphane Tchitchelle. Ce dernier, bras droit du fondateur, sera le principal animateur du parti à Pointe-Noire et au Kouilou. Il rallie autour de lui, tous les cheminots du C.F.C.O. En 1956, il se brouille avec son mentor et rejoint l'abbé Fulbert Youlou pour fonder l' U.D.D.I.A. (Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africains). Ce dernier parti, en mobilisant politiquement les Laris, prend le leadership politique sur le P.P.C. et permet, à Stéphane Tchitchelle de devenir le premier maire autochtone de Pointe-Noire. Il occupe par la suite plusieurs postes ministériels.

Le Congo-Brazzaville, dans ces années de décolonisation, est considérée comme l’une des lignes de front de la lutte anti-communiste en Afrique francophone. Paris veut à tout prix que le futur Congo indépendant ne soit pas tenu par les « rouges », mais par un responsable politique ami. Paris avait aussi initialement espéré faire de Brazzaville le pivot de l’action française en Afrique centrale en direction du Congo-Kinshasa, parce que tous les complots qui visaient l’ex-Congo belge passaient par Brazzaville.

La France soucieuse également de maîtriser les aspirations émancipatrices dans ses colonies, utilise des agents secrets comme le dahoméen Antoine Hazoume[20],[21],[22], cadre du P.P.C. passé ensuite à l'U.D.D.IA., ou encore le SDECE (services secrets français), pour approcher les responsables politiques congolais. Hazoume est un agent des renseignements français traité par Maurice Robert [le chef Afrique du SDECE], et il avait intégré l’équipe politique de Jean Mauricheau-Beaupré [chargé de mission au secrétariat général des Affaires africaines]. Les chefs d’État africains comme Fulbert Youlou, Félix Houphouët-Boigny ou Ngarta Tombalbaye lui faisaient confiance[23]. C'est effectivement par son entremise que, la France va favoriser à partir de 1956, la victoire de Youlou (action à l’échelle du territoire congolais), pour le mettre sur le même pied d’égalité que ses deux principaux rivaux Jean-Félix Tchicaya et Jacques Opangault. Ensuite, la France obtient l'adhésion de Youlou et celle de son parti au R.D.A. (action à l’échelle africaine) au début de l'année 1958; concurrençant ainsi directement Tchicaya, qui se retire alors du R.D.A.. Enfin, la France ouvre à Youlou les portes d’un univers normalement réservé aux seuls députés africains (action à l’échelle française) en l’occurrence à Tchicaya[24].

Le Mouvement socialiste africain (M.S.A.) de Jacques Opangault, émanation locale de la Section française internationale et ouvrière (S.F.I.O.) de Guy Mollet, remporte les élections de l'Assemblée territoriale de 1957. Cette majorité toute relative ne survit pas à la défection de Georges Yambot, député du Grand Niari, faisant ainsi basculer le leadership du M.S.A. vers l' U.D.D.I.A au sein de l’assemblée territoriale en Novembre 1958. De sanglantes émeutes et des scènes de vandalisme éclatent à Brazzaville et à Pointe-Noire, principalement entre ressortissants des ethnies Lari et Mbochi. Cette période trouble va coïncider avec le transfert de la capitale du Moyen-Congo de Pointe-Noire vers Brazzaville[16]. Ainsi, une partie les décisions administratives, politiques et économiques concernant la ville de Pointe-Noire sont prises dorénavant à Brazzaville.

La post-indépendance politique[modifier | modifier le code]

La destinée post-indépendance du peuple Vili est intimement liée à l'évolution géo-politique et économique des Républiques du Congo, du Congo Démocratique du Gabon et de l'Angola.

L' Angola[modifier | modifier le code]

En Angola, les populations de l'enclave du Cabinda, coupées du reste du pays par le territoire de la République Démocratique du Congo, tentent tant bien que mal d'affirmer leur singularité auprès du pouvoir central de Luanda. Dès la période coloniale, de nombreux Cabindais, habitants les zones frontalières, allaient travailler à Pointe-Noire auprès des colons français. Avec les insurrections et la guerre de sécession contre le Portugal de 1960 et 1966, plusieurs vagues migratoires se sont déversées vers les deux Congo, ainsi que le Gabon en plein essor économique. Le Gabon a attiré à cette époque des masses de travailleurs dans les mines de manganèse et les constructions d'infrastructures (route, chemin de fer trans-gabonais...).

Le Congo-Brazzaville[modifier | modifier le code]

Au Congo-Brazzaville, l'abbé Fulbert Youlou conduit le pays vers l'indépendance qui est paraphée le 15 août 1960. Stéphane Tchitchellé fait partie le 28 juillet 1960, de la délégation congolaise qui a signé les accords de Matignon, assurant le transfert de compétences des autorités françaises aux autorités congolaises[25]. Il devient également vice-président de la république. Cette euphorie de courte durée fait place à la prise de pouvoir par les révolutionnaires du M.N.R. (Mouvement national de la révolution) pendant les journées des 13, 14 et 15 août 1963, qui instaurent les tribunaux d'exception et la chasse aux sorcières. Des personnalités comme Stéphane Tchitchellé ou Victor Sathoud en font les frais et sont embastillés[16]. Le premier président de la cour suprême du Congo Joseph Pouabou, le directeur de l'Agence Congolaise de l'information l'abbé Anselme Massouémé, tous deux Vili et originaires de la région de Pointe-Noire et le premier procureur de la république Lazare Matsocota, originaire du Pool, sont enlevés et assassinés dans la nuit du 14 au 15 février 1965. Comble de l'horreur, le corps de Joseph Pouabou n'a jamais été retrouvé. Les auteurs de ces crimes n'ont jamais été identifiés à ce jour.

En 1968, s'amorce la militarisation du paysage politique congolais. Des militaires progressistes avec à leur tête, le lieutenant Marien Ngouabi et d'autres officiers comme Alfred Raoul et Louis Sylvain Goma, tous les trois saint-cyriens, font leur entrée sur la scène politique à la faveur d'un coup d'état. Une cour révolutionnaire de justice est instaurée. Ngouoniba Nsari et Christophe Moukouéké en sont respectivement le président et le vice-président.

Stanislas Batchi, ancien proviseur du lycée Chaminade (Drapeau rouge) fut président du tribunal populaire et fut surnommé le "procureur rouge". En cette qualité, il fut chargé d'instruire des affaires qui impliquaient ses amis ou des accusés qui revendiquaient la même identité ethnique que lui. Ainsi, en demandant à Stéphane Tchitchéllé de se lever, Celui-ci, étonné de le voir jouer ce rôle de bourreau, lui rappela en langue vili, tous les services qu'il avait rendus au procureur et toutes les fois, où il l'avait reçu à dîner. Stanislas Batchi lui répondit qu'il n'était pas en train de régler un différend familial, mais une affaire hautement plus importante liée à la sûreté de l'Etat[26].

Cet exemple tiré de l'affaire du "groupe de M'pila" montre à suffisance comment en bafouant publiquement les règles d'entraide, en usant de cynisme vis-à-vis des siens, en se salissant les mains, on faisait allégeance au nouvel ordre politique et on sauvegardait sa position dans le noyau dirigeant. C'est aussi une illustration de la propension des Vili à privilégier la réussite individuelle au détriment de celle de la communauté. Ce qui est l'exact opposé, à quelques exceptions près, du fonctionnement des peuples Lari et Bacongo du Pool, des ressortissants de la vallée du Niari, ou encore des Mbochis de la Cuvette pour qui la solidarité est une valeur sacrée.

Le pétrole: la malédiction du peuple vili[modifier | modifier le code]

L'éclatement du Royaume de Loango à la fin du XIXè siècle a morcelé les régions pétrolifères entre l'enclave du Cabinda en Angola, le Gabon, le Congo-Brazzaville et la R.D. Congo.

La société Elf dont les prospections ont commencé dans les années 1960, découvre les premiers gisements pétrolifères offshore au large de Pointe-Noire.

Le docteur Jean-Baptiste Tchikaya[27], géologue, fait partie de plusieurs de ces expéditions. C'est à son initiative que la quasi-majorité des champs pétrolifères, des barges ou plateforme de forage encore en activité ou non au large de Pointe-Noire, porte des noms Vili. Ce sont des noms rappelant des poissons ou des fruits de mer de l'océan Atlantique des tropiques:

  • Foukanda
  • Kitina
  • Kombi
  • Kouakouala
  • Kundji
  • Mengo
  • Moho Bilondo: littéralement "le ventre rempli de bilondo" (poisson de mer local)
  • Nkossa: langouste
  • Lianzi
  • Likala
  • Likouala: (likwal' au singulier) ou mukwal ou musundi au pluriel. C'est le hareng
  • Litchendili
  • Likouf: Fiatole ou pompano en français; Butterfish en anglais
  • Mboundi
  • Mwafi: Carpe de mer
  • Sendji: Sardine
  • Tchendo: Machoiron
  • Tchibeli Litanzi
  • Tchibouela ou tchipakoulou pangou: Raie
  • Yanga
  • Zatchi

Dès sa création en 1967, la société française Elf, devenue Total par la suite se situe d'emblée au-dessus des lois et dépend en droite ligne du palais de l'Elysée. Pour compenser la perte de l'Algérie qui fournissait avant son indépendance un quart de ses besoins énergétiques, la France gaulliste considère comme vital et stratégique d'explorer et d'exploiter des gisements de pétrole en Afrique noire. Tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif.

D'anciens officiers du SDECE vont constituer une cohorte d'agents de services secrets privatifs[28], afin d'assurer efficacement la sécurité des installations pétrolières et des hommes. Des moyens financiers colossaux (commissions occultes, corruption, circuits opaques...) sont mis en jeu pour financer les dépenses de fonctionnement des gouvernements, pour intervenir dans la nomination des hauts fonctionnaires ou dans la distribution des dessous de table[29].

Dans l'inconscient occidental, le Congo reste le terrain de jeu par excellence des "barbouzes"[19]. Après avoir financé la campagne présidentielle de Pascal Lissouba en 1992, Elf refuse d'avancer les fonds pour payer les fonctionnaires et les dépenses publiques les plus immédiates. Lissouba se tourne alors vers le pétrolier américain Oxy. Les relations entre le président et Elf vont alors se détériorer, avec comme paroxysme les guerres civiles de 1993 et 1997. Elf préfère de loin traiter avec le président Denis Sassou Nguesso, fin politique et plus pragmatique, tout d'abord dès son ascension au pouvoir le 5 février 1979, puis à l'issue de son coup de force lors de la guerre civile de 1997, mettant ainsi fin à la parenthèse démocratique au lendemain de la Conférence nationale.

Ainsi, Elf n'a pas hésité à financer et armer les deux camps en présence afin de sauvegarder ses intérêts.

Pointe-Noire, la capitale économique du Congo voit affluer de centaines de milliers de réfugiés en provenance de la région du Pool et de la vallée du Niari. Les vagues successives s'installent parfois anarchiquement par groupes ethniques avec un risque évident d'embrasement sur une base tribale. Jusqu'à présent, Pointe-Noire a toujours été préservée des soubresauts politiques dont le Congo est l'apanage. François Auguste Tchichellé Tchivéla[30], fils de Stéphane Tchitchéllé, officier supérieur et pédiatre, ministre du Tourisme et de l’Environnement de 1992 à 1995, sous Pascal Lissouba, préfet du Kouilou pendant la guerre civile qui éclata en 1997, parce qu'il est militaire, originaire de la région, fera en sorte que le conflit ne touche pas la ville océane.

Le Congo dispose d'importantes réserves pétrolifères mais reste un des pays les plus pauvres et un des pays les plus endettés[31] du monde par habitant[32], et ce malgré l'annulation par les institutions internationales, de la moitié de sa dette en bénéficiant en 2010 du régime des PPTE (Pays pauvres très endettés) . Entre temps, la manne pétrolière pourtant extraite à Pointe-Noire ne profite pas à celle-ci. Les infrastructures ne suivent pas l'évolution fulgurante de la population de la ville côtière. Les travaux d'investissement (accès à l’eau potable, à l’énergie, assainissement, gestion des déchets industriels et domestiques...) et de maintenance (collecte et traitement de déchets, pollution, nuisances sonores et visuelles, voiries inexistantes...). Les rares subsides alloués disparaissent dans les méandres des réseaux obscurs.

Aménagement du territoire et démographie[modifier | modifier le code]

La ville de Pointe-Noire ou le département du Kouilou, aires de peuplement du peuple Vili ne dispose toujours pas d'université, ni d'autres institutions pédagogiques publiques comme les lycées, les collèges et écoles primaires dignes de ce nom. Seules des initiatives privées comme la création de structures comme l’École supérieure de technologie du littoral (EST-L), l’École supérieure de commerce et de gestion, et l’Université de Loango-Institut supérieur de technologie (UL–IUT) atténuent quelque peu cette situation.

Déjà, le secteur du Grand-Marché de Pointe-Noire, de l'arrondissement numéro 1 Lumumba et l'arrondissement numéro 2 Mvoumvou, jadis majoritairement habités par les ressortissants Vili sont devenus un secteur préempté par les populations musulmanes, venues de l'Afrique de l'Ouest, repoussant de plus en plus les vili vers les quartiers périphériques de l'arrondissement numéro 4 Loandjili ou 5 Mongo-Poukou. En effet, la paupérisation pousse les familles à brader leur propriétés afin de survivre.

Jusqu'à présent, il y a un agrément tacite entre le gouvernement central et Pointe-Noire et le département du Kouilou: les maires de la ville océane ont depuis l'indépendance été des ressortissants de cette région. On note par exemple Stéphane Tchtchéllé, le docteur Jacques Bouiti, Marcel Tchionvo, Jean-Pierre Thysthère Tchicaya, François-Luc Makosso, et l'actuel administrateur-maire Roland Bouiti-Viaudo. Le fait que la première dame Antoinette Sassou-Nguesso née Tchibota soit originaire de Pointe-Noire, milite pour ce statu quo. Mais combien de temps encore va durer cet accord que les Vili considèrent comme leur prérogative de descendants de ce fief? En effet, le poumon économique du Congo, en tant que porte d'entrée et de sortie des flux de marchandises suscite des convoitises de plus en plus exacerbées.

Plus récemment, après des études de faisabilité effectuées à Singapour, le Congo et la Chine ont entériné la construction d'une zone économique spéciale (ZES) dans la région de Pointe-Noire, et plus précisément à Loango; ceci dans le cadre du plan de financement de 60 milliards de dollars, octroyé par Pékin afin de soutenir l’industrialisation des pays africains[33]. Si au premier abord c'est une excellente nouvelle pour le Congo d'avoir été choisi comme pays "pilote", notamment en termes d'emplois potentiels, qu'en sera-t-il pour le Kouilou et ses ressortissants? Déjà des opérations d'expropriation ont commencé afin de construire le futur port en eux profondes dans la région de Loango[34].

La présence de la Chine influe également défavorablement sur le milieu naturel au travers de ses pêcheries industrielles au large de la côte Atlantique. En effet, ces chalutiers détruisent les filets des artisans pêcheurs Vili, résidant dans les villages situés entre le district de Tchiamba-Nzassi et la frontière gabonaise. Ces pêcheurs sont donc contraints d'abandonner leur activité pour se rabattre sur les travaux champêtres. Il s'ensuit des flux migratoires vers l'intérieur des terres entraînant une pression sur les zones forestières (activités agricoles, coupe de bois pour le charbon...)[35].

Les immenses plantations industrielles d’eucalyptus (destinées à l'origine à alimenter une hypothétique usine de pâte à papier) produisent du bois à l'export[36]. Cette espèce indigène du continent australien freine la diversification du sous-bois de la région du Kouilou dont le sol est déjà sablonneux et pauvre. Il s'ensuit une diminution des terres réservées aux activités agricoles. Les populations locales actives ou désœuvrées se voient contraintes d'abandonner les activités artisanales et rechercher des emplois salariés dans des entreprises minières. La production de charbon de bois pour la cuisine, l'agriculture, la chasse et la cueillette pour nourrir ces populations qui s'urbanisent et dont le rapport avec leur milieu naturel originel s'estompe, ne sont pas faits pour rassurer sur le futur de la biodiversité de la région.

Culture[modifier | modifier le code]

À l'échelle de la sous-région de l'Afrique centrale, la République du Congo est l'un des états les plus ouverts et les plus poreux aux populations allogènes. De même, si l'on compare toutes les ethnies de ce pays, le peuple Vili, nonobstant son patrimoine ancestral riche, et en partie de par son implantation spatio-temporel sur le littoral atlantique, est celui qui a été le plus perméable à la civilisation occidentale.Cela n'est pas sans conséquence sur la pérennité de la langue Vili et par voie de conséquence sur celle de la culture traditionnelle dont elle est le support. L'industrie de la forge, du tissage des étoffes les plus chatoyantes, des œuvres d'art, jadis maîtrisées par les artisans Vilis sont tombées dans l'oubli des jeunes générations[37].

Le niveau d'acculturation actuel du peuple Vili est tel qu'on a coutume d'entendre les ressortissants de cette ethnie affirmer, sans doute à tort "Nvili tchibaamba" qui peut être traduite par "le Vili est un blanc"[37]. Cela à priori, parce que les Vili ont été parmi les premières populations de la région à échanger avec les Occidentaux.

Ceci est d'autant plus préoccupant car un des critères indispensables à l'épanouissement d'une société, à savoir la transmission générationnelle entre les anciens et les plus jeunes est en panne, voire définitivement rompue[37] Cela est bien illustré dans la nouvelle "L'or des femmes"[38] de Mambou Aimée Gnali. où les jeunes gens, femmes et hommes, captifs de la tradition, doivent laisser la part belle aux hommes mûrs et issus de familles nobles.

Le peuple Vili a en effet, toutes les difficultés à faire la synthèse entre son illustre passé et les défis du XXIe siècle.

Un des facteurs aggravants de cette situation est que la langue Vili comme la plupart des langues bantoues est basée sur l'oralité. De ce fait, peu de preuves de l'ancienneté et de la richesse de la culture Vili subsistent; si ce n'est dans les musées occidentaux. Ce qui est il faut l'avouer paradoxal.

Déjà en 1973, l'ethnologue F. Hagenbucher-Sacripanti[5] constatait cette acculturation avancée et cette perte quasi irrémédiable des traditions religieuses et historiques.

De tout ce qui précède, la culture Vili parait bien délabrée et si rien n'est fait pour sauver ce qui peut encore l'être, elle est amenée à disparaître comme tant d'autres riches civilisations avant elle.

Les Vili de la côte, ceux de la région de Bwali et plus particulièrement de Diosso, imbus de leur primauté traditionnelle dans le royaume ont de tout temps développé un complexe de supériorité vis-à-vis des populations de l'intérieur, y compris les Vili situés le long de l'actuelle ligne de chemin de fer. Cela engendre encore aujourd'hui des inimitiés et des rancunes sur le plan politique et dans le jeu des alliances électorales.

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Dès 1950, dans sa quête des instruments musicaux des Vili et dans ses échanges avec le Maloango Moe-Poaty III et l’interprète Mpembelo, le musicologue Herbert Pepper constatait l'exceptionnelle rareté de la matière musicale. Il déplorait également la disparition des instruments traditionnels au profit des instruments modernes comme la guitare, l'harmonica ou l'accordéon[39].

Les instruments répertoriés sont :

Arc musical de Loango[40].
  • le balafon
  • nsambi[41] (équivalent du ngwomi ou lukombe chez les Téké et les Mbochi ): sorte de luth avec cinq cordes en fils de palmiers sur lesquels on joue avec les deux pouces.
  • casuto : pièce de bois creux couvert d'une planche de bois en forme d'échelle. On racle dessus avec un bâton.
  • embouchi : instrument royal et princier en ivoire, composé de plusieurs pièces percées s’emboîtant l'une dans l'autre et de la longueur d'un bras
  • tchkongo tchiungu ou ngondji (longa chez les Fiote du Cabinda: deux sonnettes de fer reliées par un fil d'archal en forme d'arc. On émet des sons en frappant au moyen de deux baguettes. Les princes utilisaient cet instrument pour annoncer sa volonté de parler à son peuple
  • dungu : tam-tam de forme allongée comme un fût mince pouvant atteindre deux mètres, bouché à chaque extrémité par une membrane en peau d'animal, Une baguette était utilisée pour frapper et obtenir des sons. Il est muni d'une poignée[42].
  • ngoma : autre tam-tam
  • nkôoko : le plus petit des tambours, il mesure 40 centimètres environ et est maintenu sous le bras tandis qu'on bat la mesure avec la paume de la main libre
  • ndundu : trompe en corne d'antilope

Les derniers dépositaires des instruments de musique traditionnelle ont été les si-nganga (guérisseurs ou féticheurs qui sont à la fois enchanteurs et devins). Ces derniers les utilisaient dans les cérémonies rituelles du nkissisme[39].

Artisanat[modifier | modifier le code]

Les statuettes à lames et à clous sont caractéristiques de la sculpture vili[43].

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Tchikumbi (la nubile)[modifier | modifier le code]

Les femmes Vili ont par le passé eu cette réputation d'être de bonnes épouses et de savoir tenir un foyer. Cela était grandement dû à l'observance du rituel du Tchikumbi.

Le Tchikumbi est un rite ancestral d'initiation et de fécondité, marquant le passage de la jeune fille, de l'enfance à l'âge nubile. Ce rituel pratiqué à l'origine par tous les peuples de la branche nord du Royaume Kongo, n'est plus pratiqué que par les Vili du Congo et les Woyo du Cabinda. Les Portugais en découvrant cette pratique la qualifièrent sous le vocable de "casa das tintas[45]"[46] (la maison des peintures), à cause de la couleur rouge dont la case et les vêtements des tchikumbi étaient recouverts.

C'est l'apparition des premières menstrues chez la jeune fille qui donne le départ de ce rite. Pendant cette période de claustration qui dure de quelques mois à deux ans, une matrone et son entourage, enseignent à la tchikumbi, les interdits et les obligations que la collectivité Vili attend d'elle en tant que membre à part entière, future épouse et future mère[42]. La tchikumbi est confinée dans une case avec des filles de son âge, appelées les bana-bankama. Elle doit en sortir vierge, de peur de s'attirer les foudres de la collectivité et de jeter l'opprobre sur sa famille.

Lorsqu'une jeune fille entre en tchikumbi, c'est qu'un prétendant s'est manifesté ou alors, les familles se sont mis d'accord pour unir un homme et une jeune fille de leurs familles respectives.

La durée de la claustration était fonction de la rapidité avec laquelle, le fiancé avait construit la case dans laquelle, il alliait accueillir sa future épouse. En plus d'équiper son logement, il fallait préparer la dot, les vêtements, et les ustensiles de cuisine à remettre à la belle-famille. Cette capacité de réaction était le fait de notables bien établis qui épousaient les jeunes filles au grand dam des jeunes gens, qui devaient patienter quelques années plus tard, sauf s'ils étaient issus de famille aisée[38].

Le tchikumbi est l'occasion, d'une fête familiale d'abord chez la future mariée qui en sort honorée et ensuite dans l'affirmation de l'alliance entre les futures belles familles. C'est occasion de victuailles, de danses et de chants[47] notamment, le soir, une fois les travaux champêtres terminés. On célébrait ainsi l'introduction d'une nouvelle femme dans le clan, capable d'enfanter et de perpétuer la lignée familiale.

Les éléments de parure indispensables pour le cérémonial sont:

  • Tukula: poudre à base de racines de padouk (tchisesa ou sonukamini chez les Woyo de Yabi au Cabinda ) pour embellir la peau
  • Luandu (tapis) et N'kuala ou Luvubi (nattes): serviront de couchettes à la tchikumbi
  • Masani: grande et petite jupe de toile blanche imbibées d'huile de palme et de tukula
  • Mpufa: cache-seins ornés de boutons multicolores
  • Sindetchik': diadème orné de perles fines multicolores pour affermir le front
  • Milunga-mioko: bracelets de cuivre d'acier et de bronze couvrant les avant-bras du poignet à la saignée du coude. Ils renforcent la solidité des bras notamment pour effectuer les travaux champêtres
  • Milunga-malu: bracelets dans les mêmes matériaux que les précédents et couvrant les jambes des chevilles à la base des genoux. Ils consolident les jambes et la taille.
  • Si-zimbu Makadadu: colliers de perles rouge qui affermissent le cou, dans l'optique du transport des objets de la vie quotidienne sur la tête
  • Missanga: ceinture de perles multicolores pour affermir les reins
  • Li-lasola: drap de toile de couleur blanche

Tous les jours, la tchikumbi s'enduit systématiquement de tukula et se parent de tous les ornements cités plus haut. Elles s'occupent en tressant les femmes qui lui rendent visite, joue aux cartes et se détend en jouant un instrument de musique appelé tchiyenga[48].

Aujourd'hui, cette cérémonie a plus une valeur symbolique lors des mariages coutumiers, en mettant par exemple en valeur les atours traditionnels portés par la jeune mariée.

Likwééla (le mariage)[modifier | modifier le code]

Le mariage consacre non seulement l'union d'un homme et d'une femme, mais aussi l'alliance entre deux clans (kaanda). Il est en effet, l'institution par excellence qui fonde les liens de parenté et concourt à la pérennisation du groupe.

Le célibat est en revanche abhorré, car le statut de célibataire est de nature à déstabiliser l'idéal du groupe de perpétuation de l'espèce humaine.Le célibat prolongé prête à suspicion. Les personnes qui s'en accommodent prêtent le flanc à la vindicte populaire ou sont parfois mis au ban de la société.

Le mariage implique des préliminaires[37] dont l'observance d'un rite initiatique par la jeune fille pubère (tchikumbi) et l'apport d'une prestation matrimoniale par le jeune mâle prétendant. La pratique la plus courante dans le domaine matrimonial est celle de l'exogamie. Elle est institutionnalisée à l'échelle du lignage.L'exogame évite toute relation incestueuse et la transmission de toute tare héréditaire. Elle prémunit le clan de tout affaiblissement biologique et permet des échanges entre différents clans, en vue de parvenir à une famille plus élargie.

Les quatre différentes étapes de ce processus préliminaire[49] sont:

  • Nkota luumbu (entrée dans la concession): C'est la première visite des parents du prétendant auprès de ceux de la jeune fille. La demande de la main est exprimée, agrémentée par un don de boisson (malafu - boisson de palme)
  • Nbululu Nkuungu (échanges de vue ou discussions): Les parents du soupirant ont prévu des boissons et une somme d'argent symbolique qu'ils offrent à leurs hôtes. La discussion entre les deux parties s'engage sur le pedigree, l'origine et le prestige de leurs clans respectifs.
  • Cyuufu (demande): On se renseigne sur le montant de la dot et sur les autres éléments qui la constituent. Une somme d'argent toujours symbolique est également versée.
  • Tchibanza (dot): Par cette ultime étape, on scelle définitivement le mariage par le versement intégral de la dot. Celle-ci comprend outre l'argent, le ngoombu (pagne en raphia qui formait l'essentiel de l'habillement traditionnel), le malafu (boisson de palme dont une quantité servait pour les libations), le makaasu (noix de kola) dont une partie était offerte aux mânes des ancêtres.


Activités[modifier | modifier le code]

Les Vili sont avant tout un peuple de savanes, pêcheurs de lacs, de rivières et de lagunes, mais aussi en mer, bien qu'ils ne soient pas d'excellents navigateurs.

Le commerce[modifier | modifier le code]

Avant les premiers contacts avec les explorateurs portugais, les Loango avaient acquis la maîtrise de l'industrie du fer et du tissage, en plus de l'utilisation d'une monnaie qui constituait le support des transactions commerciales.

Au XVIIe siècle les marchands Vili n'hésitaient pas à quitter leur base en quête d'opportunités commerciales. L'une d'elle a été les voyages vers les mines de cuivre de Mindouli et du territoire de "Bukkameale" (probablement dans la Vallée du Niari)[50]. Des données commerciales recueillies auprès des Hollandais indiquent que les Loango exportaient très tôt des quantités considérables de cuivre durant cette même période.

Le Royaume de Loango fut également un producteur et un exportateur majeur d'étoffes à la fois à l'intérieur du pays mais aussi vers les Portugais de Luanda. Ces derniers ont en importé des milliers de mètres au début du XVIIe siècle[51],[52]

De par leur positionnement préférentiel sur la côte atlantique, les Vili se sont rendus incontournables dans les échanges entre les trafiquants Européens et les populations de l'intérieur qui leur fournissaient de l'ivoire, du bois rare, des palmistes, du caoutchouc mais surtout des esclaves, dont la traite constitua pendant plusieurs siècles une source d'enrichissement considérable de certains notables (chefs de clan primordiaux de Diosso et des localités voisines, des Mafuka - sorte de hauts dignitaires chargés de réguler le commerce des marchandises et la circulation des personnes)[5].

Les vili fournissaient en revanche de l'huile de palme, des nattes, des tissus, du poisson fumé, des couteaux, des produits manufacturés européens parmi lesquels les bindeli étaient très appréciés. C'est dans ce contexte que les Vili et les Kugni entretenaient de très bons rapports (Bundiku), évitant à ces derniers la ponction des leurs pour servir d'esclaves[5].

Les compagnies concessionnaires[modifier | modifier le code]

En 1903, avec l'avènement du Moyen-Congo, le territoire est cédé aux compagnies concessionnaires (S.C.K.N. - Société concessionnaire du Kouilou-Niari, CCSO - Compagnie concessionnaire de la Sangha-Oubangui, C.F.A.O. - Comptoirs français de l'Afrique occidentale, S.H.O.-Congo - Société du Haut-Ogooué du Congo). Elles ont les pleins pouvoirs dans leur gestion afin de développer les territoires qui leur sont confiés. Elles exploitent au maximum les ressources naturelles pour un investissement minimum. C'est la période du travail forcé et des humiliations les plus abominables.

En dehors de s'occuper des cultures vivrières, les vili furent recrutés pour travailler dans les plantations. Dans le cas de la C.P.K.N. (Compagnie Propriétaire du Kouilou-Niari), une des grandes compagnies concessionnaires (1898-1930), il fallait traverser le fleuve Kouilou, afin d'acheminer les ouvriers vers les différents sites (Kakamoeka...)[53].

Le portage[modifier | modifier le code]

En plus de ces activités de travail de la terre et de la pêche, les Loango furent progressivement reconnus à travers le Congo et les pays voisins de l'A.E.F. (Afrique-Équatoriale française) comme de bons porteurs. L'âge d'or du transport des marchandises par les caravanes se situe entre 1885 et 1910. Il fallait parcourir des centaines de kilomètres à pieds nus, lestés de dizaines de kilos de marchandises, procéder en même temps au transport en « tipoye » (chaise au porteur) des colons. En plus de traverser les contrées aux routes poussiéreuses, les marigots à gué, les forêts humides et les plateaux arides, il fallait faire face aux divers parasites et plus particulièrement aux « chiques », ainsi qu'aux animaux sauvages[54]. En s'enfonçant dans la forêt du Mayombe, les caravanes escortées par les guides Yombé rencontraient des commerçants Kugni, Tsangui, Punu et Nzabi. Certaines caravanes longeant le Kouilou atteignaient le Royaume d'Anzico et commerçaient avec les Téké.

Or, les croyances ancestrales des vili considéraient que s'enfoncer dans la forêt vierge constituait un voyage sans retour. L'administrateur Albert Veistroffer[55] écrivait ainsi en 1884 : « Les gens de Loango ne vont jamais au delà de leurs plaines, limitées vers l'Est, c'est à dire vers l'intérieur, à environ 50 kilomètres de la mer, par une grande forêt, qu'ils disent impossible à traverser, et d'où un Fiote ne reviendrait pas s'il avait la hardiesse de s'y engager ». Les autres porteurs venaient du pays Kugni ou Lumbu.

C'est la mise en service du C.F.C.O. (Chemin de fer Congo-Océan), à partir de 1934, qui met progressivement fin à l'activité des porteurs.

La confection textile et la taille d'ivoire[modifier | modifier le code]

Deux autres activités artisanales étaient considérées comme « nobles » par les vili, la confection des vêtements et la sculpture de l'ivoire.

Les tailleurs sédentaires ou ambulants, équipés de machines à coudre à manivelle, puis à pédale comme la célèbre Singer, pratiquaient leur savoir-faire au Congo et dans les pays voisins comme le Gabon.

En 1900, Tchicaya Makosso, le père de Jean-Félix Tchicaya (le premier parlementaire du Gabon-Moyen-Congo, à l'Assemblée nationale constituante française en 1946), tailleur auprès de Portella Mbouyou, un commerçant Loango très en vue à l'époque, décide d'exercer son savoir-faire à Libreville au Gabon, puis à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire[18].

Au début des années 1950, un tailleur Vili, formé en France, Antoine Pembellot dit Tino-Mab[56], créé à Poto-Poto (Brazzaville) le premier club des dandys appelé "Le club des six". Il se sert de ses partenaires autochtones "clercs" dans l’administration coloniale comme mannequins pour mettre en valeur ses créations. À Pointe-Noire, d'autres clubs comme celui créé par le tailleur Robic font la pluie et le beau temps.

Un autre emploi majeur des vili était de celui de « boy » ou de cuisinier au service des colons. La proximité avec ces derniers les a sûrement poussés à s'habiller à l'occidentale et à devenir les précurseurs des sapeurs congolais[54].

L'artisanat de l'ivoire existait bien avant l'arrivée des Européens, avant de se transformer en commerce florissant au début de la colonisation du Congo. De nombreux clichés de cette époque montrent en effet des tonnes d'ivoire partant de Brazzaville et de Loango. Les défenses d'éléphant étaient sculptées pour les transformer en objets décoratifs (statuettes, petits objets, gobelets...) ou en bijoux (colliers, bracelets). Cette sculpture, considérée comme grossière par les Occidentaux, connut un regain d'intérêt quand l'Art Nègre fut à la mode et le cubisme en vogue[54].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Jeannette Balou Tchichelle, écrivain congolais
  • Docteur Jacques Batchy[57],[58],[59], médécin officier militaire, ophtamologue et écrivain
  • Stanislas Batchi Bussanzi[60],[61], homme politique et diplomate congolais
  • Alphonse Bayonne[62],[63] premier ambassadeur du Congo en Chine et fondateur de la marine marchande congolaise
  • Joséphine Bouanga[61],[64]née Tchiloemba, femme politique, ancienne présidente de l'Union révolutionnaire des femmes du Congo
  • Docteur Jacques Bouiti[65], médécin et homme politique, maire de Pointe-Noire
  • Général Jacques Antoine Bouiti, officier supérieur et fils du docteur Jacques Bouiti
  • Gervais Bouiti-Viaudo, banquier et président du conseil d'administration de plusieurs multinationales comme Ecobank, MTN
  • Roland Bouiti-Viaudo, homme politique congolais, maire de Pointe-Noire
  • Mambou Aimée Gnali[38], femme de lettres et femme politique. Première congolaise à être admise au baccalauréat en 1955 au lyceé Sarvognan de Brazza de Brazzaville
  • Mapako Hervé Gnali, un des premiers administrateurs post-colonial, condisciple de Jean-Felix Tchicaya, avec qui il partage l'honneur d'être les deux premiers instituteurs autochtones du Congo[16]
  • Maître Marcel Gomes, premier notaire congolais titulaire d'une étude
  • Maître Vincent Gomes, avocat d'affaires congolais
  • Moe-Loemba André, fondateur du village de Tchibamba où fut signé en juin 1883, le traité de possession du Royaume de Loango par la France[9]
  • André Raphaël Loemba, homme politique
  • Delphin Loembe, homme politique
  • Gervais Loembe[66], chevalier de la légion d'honneur française
  • Docteur Benoit Loembe, médecin et ancien sénateur
  • Moé Makosso IV, Roi du Royaume de Loango
  • Anatole Collinet Makosso, homme politique congolais
  • Abbé Anselme Massouémé, ecclésiastique et directeur de l'Agence congolaise de l'information assassiné en 1965, la même nuit que Joseph Pouabou et Lazare Matsocota
  • Joseph Makosso, diplomate congolais et officier de l'Ordre national du Mérite français
  • Joséphine Mountou Bayonne[67],[61],[68], femme politique
  • Alphonse Mouissou-Poaty, homme politique congolais
  • Monseigneur Godefroy Emile Mpwati[69], premier évêque congolais du Diocèse de Pointe-Noire
  • Oliver N'Goma, dit Noli, chanteur et guitariste gabonais d'Afro-zouk
  • Abbé Pierre-Michel Pango[70], religieux et compositeur de l'Abidjanaise, hymne national de la Côte d'Ivoire
  • Agathe Pembellot, première femme magistrat du Congo, première femme admise comme membre de la Cour Suprême du Congo
  • Monseigneur Louis Portella Mbuyu[71],[72], évèque de Kinkala dans le département du Pool
  • Colonel Aimé Portella, officier supérieur et frère de monseigneur Louis Portella
  • Joseph Pouabou, premier président de la cour suprême du Congo, assassiné en 1965 dans la même nuit que Anselme Massouémé et Lazare Matsocota
  • Général Alfred Raoul, homme politique congolais, d'origine cabindaise et premier saint-cyrien du Congo
  • Colonel Joseph Sarlabout, officier supérieur
  • Alphonse Souchlaty-Poaty, homme politique congolais
  • Général Louis Sylvain-Goma, homme politique congolais et saint-cyrien
  • Jean-Baptiste Tati Loutard, homme politique congolais et poète
  • Jean-Félix Tchicaya, homme politique et premier instituteur du Congo en 1924, dans la même promotion Wiliam Ponty que son cousin Mapako Hervé Gnali[16]
  • Tchicaya U Tam'si, poète et écrivain congolais, fils de Jean-Félix Tchicaya
  • Mamboma Nzenze Tchilala, notable à la cour royale
  • Robert Stéphane Tchitchelle[73],[25],[74],[75],[76],[77],[78],[69],[79],[73], homme politique, premier maire noir de la ville de Pointe-Noire, vice-président de la république du Congo en 1960
  • Colonel François-Auguste Tchichelle Tchivela[30],[80],[81], médecin officier militaire, pédiatre, homme politique et écrivain, fils de Robert Stéphane Tchitchelle
  • Jean-Michel Tchissoukou, un des premiers cinéastes congolais post-indépendance
  • Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, homme politique congolais

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J. S. Olson, The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, (ISBN 9780313279188), p. 584
  2. « Vili (peuple d'Afrique) », source RAMEAU, BnF.
  3. Joao Maria Futi, Essai de morphologie lexicale du Cisuundi du Cabinda (Angola), L'Harmattan, 2012, p. 16 (ISBN 9782296483743)
  4. (en) Fiche langue (code «vif») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  5. a, b, c et d Frank Hagenbucher-Sacripanti, Les fondements spirituels du pouvoir au Royaume de Loango, Bondy, Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer (ORSTOM), , 216 p. (lire en ligne), p. 11
  6. (en) Andrew Battel, The Strange Adventure of Andrew Battell of Leigh, Oxford, E.G. Ravenstein, coll. « Hakluyt Society », (lire en ligne), p. 44 (Gembe) - 45 (Gymbe) — La modernisation de ce document a été proposée à l'éditeur par R.E. Dennett, un commerçant ayant vécu dans le Golfe de Guinée.
  7. (nl) Olfert Dapper, Naukeurige Beschrijvinge der Africa Gewesten, Amsterdam, , p. 518 — Une version ultérieure traduite par John Ogilby, Africa, est diponible (London, 1670) p. 491.
  8. (en) R. E. Dennett, At the Back of the Black Man's Mind, Londres, Macmillan, , p. 5-6
  9. a, b et c « Naissance et enfance d'une ville en Afrique-Équatoriale française », Le Petit Parisien : journal quotidien du soir,‎ (lire en ligne).
  10. « Pages d'histoires.. », sur spitains.org
  11. a et b (en) Encyclopedia of African History (Fitzroy Dearborn, An Imprint of the Taylor and Francis Group), vol. 1 A-G, New-York, Kevin Shillington, , 1760 p., p. 828
  12. (en) Daniel Domingues da Silva, David Eltis, Philip Misevich et Olatunji Odjo, « The diaspora of African liberated from slave ships in the ninetieeth century », Journal of African history, Cambridge University Press, no 55,‎ , p. 357, article no 55
  13. a, b et c J. Maurin, Monique Eme et Françoise Reynier, Ministère des colonies, Traités 1687-1911 FR ANOM 40 COL 1-987, Aix-en-Provence, Archives nationales d'Outre-Mer, , 127 p. (lire en ligne), p. 3; 19-25
  14. Daniel Lobé Diboto, « Entretien avec Valentin Tchibota Goma, Maire du 2ème Arr de PNR », Congopage,‎ (lire en ligne)
  15. Mouélé Kibaya, « Pointe-Noire : de sa fondation à nos jours », Congopage,‎ (lire en ligne)
  16. a, b, c, d et e « Un brin d'histoire: les pères fondateurs du Congo-Brazzaville », sur Congo-liberty.com,
  17. F. Hagenbucher - Sacripanti, Les fondements spirituels du pouvoir au Royaume de Loango, ORSTOM, , p. 18-21
  18. a et b Joachim E. Goma Thethet, « Les élections à l'Assemblée nationale constituante de 1945 dans la circonscription du Gabon-Moyen-Congo », Outre-Mers, vol. 95, no 358 « 1958 et l'Outre-Mer français »,‎ , p. 229-247 (lire en ligne)
  19. a et b « La Fabrique des « barbouzes ». Histoire des réseaux Foccart en Afrique », cairn.info/
  20. Jean-Pierre Bat, « Le "barbouze" africain de Ffoccart », sur libeafrica4.blogs.liberation.fr,
  21. Jean-Pierre Bat (dir.), F. Vadillo et J-M. Le Page (préf. Marc Dugain), Les espions français parlent, Paris, Nouveau monde, coll. « Poche », (ISBN 978-2-84736-629-7)
  22. Laurent Corrreau, « Fonds Hazoumé, le visage intime de l’agent », sur rfi.fr/hebdo/,
  23. « Jean-Pierre Bat : « Houphouët-Boigny était la tête de pont du système » de la Françafrique », sur jeuneafrique.com,
  24. Jean-Pierre Bat, « Congo an I Décolonisation et politique francaise au Congo-Brazzaville (1958-1963) », sur theses.enc.sorbonne.fr,
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  27. Jean-Baptiste Tchikaya et Dreyfuss, Maurice (1906-1975). Directeur de thèse -- Université de Franche-Comté. Organisme de soutenance (dir.) (Thèse de doctorat : Géologie appliquée : Besançon : 1969 Sujet : Géologie. Hydrologie), ˜La œrégion de Loutété (Congo Brazzaville) : géologie, hydrologie et problèmes appliqués, vol. 90, Besançon, Université de Franche-Comté, , 130 p.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en+fr) Richard Edward Dennett, Sept ans parmi les Bavili : les expériences d'un marchand anglais dans la région du Congo / Seven years among the Fjort: being an English trader's experiences in the Congo district, Arnouville, coll. « Arts d'Afrique Noire », , p. 118 — Première publication en 1887 par Sampson Low, Marston, Searle & Rivington, Londres
  • Hubert Deschamps, « Vili », dans Traditions orales et archives au Gabon. Contribution à l'ethno-histoire, Paris, Berger-Levrault, (lire en ligne [PDF]), p. 33-34
  • (en) Dunja Hersak, « There are many Kongo worlds : particularities of magico-religious beliefs among the Vili and Yombe of Congo-Brazzaville », Africa, Londres, vol. 71, no 4,‎ , p. 614-640
  • Alain Lecomte et Raoul Lehuard, Art, magie et médecine en Afrique noire, Éditions A. Lecomte, , 98 p.
  • Raoul Lehuard, « Le Bumba des Vili et Yombe », Arts d'Afrique noire, Arnouville, no 96,‎ , p. 10-20
  • Albert Roger Massema, Crimes de sang et pouvoir au Congo Brazzaville : les assassinats de Lazare Matsokota, Joseph Pouabou, Anselme Massoueme, Ange Diawara, Marien Ngouabi et Pierre Anga, L'Harmattan, 2005, 272 p. (ISBN 9782747589536)
  • Jacques A. Mauduit, « Les Bavili et les statuettes à clous », Revue française, Paris, vol. 5, no 42,‎ , p. 35-38
  • (en) James Stuart Olson, « Vili », dans The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, (ISBN 9780313279188), p. 583-584

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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