Alfred Prunier

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Alfred Prunier
Description de cette image, également commentée ci-après
Le restaurant Prunier à l’angle de la rue de Traktir.
Nom de naissance Alfred Eugène Prunier
Naissance
Motteville
Décès (à 49 ans)
1er arrondissement de Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Activité principale
Descendants
Émile Prunier

Alfred Prunier, né le à Motteville et mort le dans le 1er arrondissement de Paris, est un cuisinier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de Napoléon Alexandre Prunier, journalier, et de Marie Rose Aignan, son épouse, Alfred Eugène Prunier naît à Motteville[Note 1] en 1848[1].

En 1861, le jeune Alfred Prunier, alors âgé de 13 ans, décide de partir pour Rouen où il est embauché comme plongeur dans un restaurant[2].

Établi à Paris comme marchand de vins, il épouse en 1875 Catherine Virion, cuisinière[3]. Leur fils Émile naît six mois plus tard[4]

Parcours[modifier | modifier le code]

En 1872, il ouvre avec sa future femme Catherine son premier restaurant rue d’Antin, à Paris[5].

Spécialisés dans les produits de la mer et grillades, ils connaissent un réel engouement auprès de l’aristocratie parisienne, grâce aux connexions de Madame Prunier. Catherine maîtrise la cuisine et la gestion, tandis qu'Alfred acquiert une bonne connaissance des huîtres et du vin[6]. Catherine Prunier invite ses anciens employeurs à déguster leur cuisine : la princesse russe Helene Dolgoruki et le grand rabbin de Paris. Conquis, ils reviennent régulièrement accompagnés d’amis toujours plus nombreux[7].

Trois ans plus tard, en 1875, ils décident de s’agrandir et déménagent au no 9 de la rue Duphot, qui deviendra le restaurant Prunier, actuellement Goumard. Le raffinement de ses plats, son service et son décor lui attirent très vite le succès. On y voit des écrivains tels Oscar Wilde, des artistes comme Sarah Bernhardt, des hommes politiques comme Georges Clemenceau, ainsi que les grands-ducs russes.

Alfred Prunier meurt en 1898 à Paris[8].

Succession[modifier | modifier le code]

Lui succédant, son fils Émile fait de son établissement un restaurant de poissons et de fruits de mer, avec des spécialités telles que la perche à l’angevine, la marmite dieppoise, le homard Thermidor, le homard à la Newburg et le filet de bœuf Boston garni d’huîtres.

En 1924, Émile Prunier ouvre un second restaurant, Prunier-Traktir, à l’angle de la rue de Traktir et de l’avenue Victor-Hugo. Ce restaurant, inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [9], est cité par Marcel Proust dans La Prisonnière et fréquenté par Francis Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway[réf. souhaitée]. L'artiste peintre Mathurin Méheut en a réalisé le service de table[10].

À la mort d'Émile Prunier en 1925, sa fille Simone reprend l’affaire et ouvre à Londres un troisième restaurant, Madame Prunier, lequel a fermé ses portes en 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'après ses actes de naissance et de décès. Son acte de mariage indique par erreur qu'il est né à Yerville.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance no 28, , Motteville, Archives de Seine-Maritime
  2. « When Alfred Prunier ran away from home at the age of 13 and found he washing glasses in Rouen, no one could have imagined that for the following 130 years his name would become a household word in the elite circles of French gastronomy. », Caviar House & Prunier, Products Knowledge, 2007, p. 2
  3. Acte de mariage no 45, , Paris 9e, Archives de Paris
  4. Acte de naissance no 1050, , Paris 2e, Archives de Paris
  5. Fureur des Vivres no 14, Coquillages et crustacés, février 2009, fureurdesvivres.com.
  6. « Mécénat : la Maison Prunier », sur Auberge-musée du caviar et de l'esturgeon (consulté le )
  7. Caviar House & Prunier, Products Knowledge, 2007, p. 2
  8. Acte de décès no 249, , Paris 1er, Archives de Paris
  9. Notice no PA00086711, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. Prunier, un grand restaurant snobé par le Michelin, Slate.