Abbatiale de Payerne

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Abbatiale de Payerne
Image illustrative de l'article Abbatiale de Payerne
L'église abbatiale Notre-Dame.
Présentation
Culte Protestantisme
Début de la construction Environ vers l'an mille
Style dominant Architectures romane et gothique
Protection Bien culturel d'importance nationale
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Région Canton de Vaud
Ville Payerne
Coordonnées 46° 49′ 15″ nord, 6° 56′ 14″ est

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Abbatiale de Payerne

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Abbatiale de Payerne

L' ancienne église abbatiale Notre-Dame est un édifice religieux de la ville vaudoise de Payerne, en Suisse. Elle appartenait, avant la Réforme, au prieuré de Payerne, établissement bénédictin étroitement lié à l'Abbaye de Cluny. Une partie adjacente à l'édifice - le musée - fut grandement endommagé par un incendie en 1987.

Historique[modifier | modifier le code]

Le début de la construction de l'abbaye Notre-Dame sur l'emplacement de la villa romaine de la famille Paterniacus (IVe siècle) se situe entre 961 et 965 : il fut initié par sainte Adélaïde, fille de la reine Berthe de Souabe. Cette brillante femme politique, reine d'Italie, puis impératrice de l'Empire romain germanique, devait ainsi soutenir l'ordre clunisien dont devait dépendre la maison de Payerne. Dès le milieu du 11e siècle et sur le même emplacement, on y construit une seconde église, l’élément de base de l’abbatiale qui est toujours visible aujourd’hui. Deux incendies la ravagent en 1235 et en 1420, mais à chaque fois elle est reconstruite. Les rois de Bourgogne puis les empereurs germaniques y feront de nombreux dons

Payerne était alors un prieuré clunisien d’importance, disposant de nombreuses dépendances et autour duquel se développe un bourg médiéval. Cet attachement à Cluny prend fin en 1444. Les Bernois imposeront la Réforme à Payerne en 1536. Le sort du monastère est dès lors entre les mains des représentant des villes de Fribourg et de Berne qui le ferment en 1565 : les moines sont sommés de quitter les lieux et de se convertir. L’abbatiale est alors transformée en grenier, fonderie de cloches, cantonnement militaire, prison puis local des pompes. Les Bernois détruisent le cloître ainsi qu'une partie des bâtiments abbatiaux. Ne subsistent que l'abbatiale Notre-Dame, la salle capitulaire et une aile de l'abbaye qui est inscrite comme bien culturel suisse d'importance nationale[1].

La «renaissance» de l’abbatiale date de la fin du 19e siècle, suite à un discours que tient à Payerne le professeur d’histoire de l’art zurichois Johann-Rudolf Rahn. Il s’insurge contre les emplois séculiers peu respectueux de ce «monument voûté de style roman le plus grandiose de Suisse» et plaide pour sa restauration. Le processus est enclenché et, dès 1920, des fouilles et des travaux sont entrepris.

L’Eglise abbatiale Notre-Dame de Payerne est aujourd’hui considérée, avec Romainmôtier et Grandson, comme l’un des sites d’architecture romane les plus significatifs de Suisse et constitue un exemple particulièrement représentatif de l’architecture clunisienne. Seule la beauté exceptionnelle de sa lumière la distingue des constructions romanes classiques.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture de l'abbatiale est considérée comme romane, et construite selon un schéma clunisien (XIe siècle). De nombreux éléments proviennent toutefois d'une inspiration gothique plus tardive (XVe siècle).

De nombreux chapiteaux peints sont encore visibles.

Le fort agrandissement, à l'ouest, de la chapelle de Goumoëns, dû à l'abbé Jean-Amédée [Jean-Amé] Bonivard, a été effectué en 1513 (date sur un culot) et peut être attribué au maître maçon d'origine genevoise François de Curtine. Elle présente une intéressante voûte de style gothique flamboyant[2].

La tour Saint-Michel a été transformée en prison de district en 1835 par l'architecte lausannois Henri Perregaux, qui y a fait percer une série de fenêtres en plein cintre[3].

Décors peints[modifier | modifier le code]

De nombreuses fresques des XIe et XIIe siècles habillent les murs du narthex : Christ en Croix soutenu par Dieu le père, Vierge de miséricorde, Christ du jugement dernier devant les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse[4].

Trouvailles funéraires[modifier | modifier le code]

Plus de mille tombes figurent dans et autour de l'ancienne abbaye, dont une grand partie a été fouillée au cours de nombreuses étapes d'investigations, à commencer par les fouilles de Rodolphe de Dompierre en 1817-1818, celles de Louis Bosset vers 1934, celles de Pierre Margot durant les années 1950, jusqu'aux récentes fouilles de 2015-2016, dont les résultats viennent d'être publiés[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L’abbatiale de Payerne (Bibliothèque historique vaudoise 39), Lausanne 1966, 254 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  2. Marcel Grandjean, L’architecture religieuse en Suisse romande et dans l’ancien diocèse de Genève à la fin de l’époque gothique : Développement, sources et contexte, vol. 157, Lausanne, coll. « Cahiers d’archéologie romande », , 805 p. (ISBN 978-2-88028-157-1), p. 192
  3. Paul Bissegger, D'ivoire et de marbre. Alexandre et Henri Perregaux ou l'Age d'Or de l'architecture vaudoise (1770-1850), Bibliothèque historique vaudoise, coll. « Bibliothèque historique vaudoise 131 », (ISBN 978-2-88454-131-2), p. 288
  4. Cécile Gall, Suisse, p. 156, Michelin / MFPM, Michelin, Collectif books.google.com Publié par MICHELIN, 2007, (ISBN 978-2-06-710507-2)
  5. Clément Hervé et Lucie Steiner, « Le dossier funéraire de l'abbatiale de Payerne. Entre documentation ancienne et nouvelles découvertes », Archéologie vaudoise (AVd). Chroniques 2016,‎ , p. 87-101.

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