Élections fédérales australiennes de 2016

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Élections fédérales australiennes de 2016
150 sièges de la Chambre des représentants
(Majorité absolue : 76 sièges)
76 sièges du Sénat
(Majorité absolue : 39 sièges)
Type d’élection élection parlementaire
Participation
90,98 %  −2,3
Malcolm Turnbull 2014.jpg Libs – Malcolm Turnbull
Voix 5 131 505
42,04 %
 −3,5
Députés élus 76  −14
Sénateurs élus 30  −3
Bill Shorten.jpg Labor – Bill Shorten
Voix 4 702 296
34,73 %
 +1,3
Députés élus 69  +14
Sénateurs élus 26  +1
Richard Di Natale infobox crop-01-01.png Greens – Richard Di Natale
Voix 1 385 651
10,23 %
 +1,6
Députés élus 1  0
Sénateurs élus 9  −1
Premier ministre
Sortant Élu
Malcolm Turnbull
Libs
Malcolm Turnbull
Libs

Les élections fédérales australiennes de 2016 (en anglais : Australian federal election, 2016) ont lieu le 2 juillet 2016 afin de renouveler l'intégralité des 150 sièges de la Chambre des représentants et les 76 sièges du Sénat.

Il s'agit d'élections anticipées à la suite de la double dissolution de la Chambre des représentants et du Sénat par le gouverneur général, à la demande du Premier ministre Malcolm Turnbull. Celui-ci tente de remporter un second mandat pour la coalition libérale-nationale qu'il dirige, face aux travaillistes dirigés par Bill Shorten.

Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, et pourraient ne pas être connus avant un certain temps, en raison de la complexité du comptage des bulletins. Néanmoins, les estimations publiées par la Commission électorale amènent l'opposition travailliste à reconnaître sa défaite le 10 juillet. Les projections indiquent que la coalition au pouvoir a remporté soixante-seize sièges à la chambre basse, soit très exactement la moitié plus un, ce qui lui permet de former à nouveau un gouvernement majoritaire[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

Date[modifier | modifier le code]

Le mandat de la Chambre des représentants est de trois ans maximum mais la date des élections n'est pas fixe : elle est choisie par le Premier ministre qui demande au gouverneur général de dissoudre la Chambre et de convoquer le scrutin. Habituellement, les élections pour la Chambre des représentants se tiennent en même temps que l'élection de la moitié des sièges du Sénat, dont le mandat est de six ans renouvelable par moitié. De telles élections auraient pu se tenir entre le (les sénateurs ne pouvant être élus plus d'un an avant le début de leur mandat fixé au ) et le (expiration du mandat de la Chambre des représentants)[2].

Toutefois, la Constitution permet au gouverneur général de dissoudre à la fois la Chambre des représentants et le Sénat dans le cas où ce dernier refuse par deux fois d'adopter un projet de loi de la Chambre des représentants. Le rejet par le Sénat en d'une loi devant établir une Commission australienne du bâtiment et de la construction permet ainsi au Premier ministre Malcolm Turnbull de solliciter une double dissolution le [3].

La dissolution des deux chambres du Parlement est prononcée le 9 mai et les élections formellement convoquées le 16 mai[4]. Le jour du scrutin est fixé au 2 juillet, à l'issue d'une campagne électorale de 55 jours[3].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système électoral australien.

En Australie, le vote est un vote obligatoire et le fait de ne pas voter est puni d'une amende[5]. La Chambre des représentants et le Sénat sont tous deux élus selon un système de vote préférentiel.

Les 150 députés de la Chambre des représentants sont élus au vote alternatif dans le cadre de circonscription uninominale : sur son bulletin de vote, chaque électeur numérote l'ensemble des candidats par ordre de préférence. Le jour de l'élection, des volontaires des partis politiques se tiennent à l'entrée des bureaux de vote et proposent aux électeurs des cartes « Comment voter » qui indiquent comment chaque parti préconise d'ordonner les candidats.

Au moment du dépouillement, on compte d'abord les premières préférences puis, si aucun candidat n'a réunit plus de la moitié des suffrages, on élimine le candidat arrivé dernier et on attribue ses secondes préférences aux candidats restants. L'opération est renouvelées jusqu'à ce qu'un candidat atteigne la majorité absolue.

Pour le Sénat, on utilise le scrutin à vote unique transférable. Chaque État constitue une circonscription dans laquelle sont élus 12 sénateurs (2 pour les territoires). Du fait des circonscriptions plurinominales et du scrutin quasi-proportionnel, le nombre de candidats pour le Sénat est généralement très élevé. Chaque électeur a deux possibilités pour voter[6] :

  • numéroter par ordre de préférence les candidats individuellement (depuis une réforme de , il suffit de numéroter 12 candidats pour qu'un bulletin soit valable, précédemment numéroter l'ensemble des candidats étaient nécessaires, ce qui pouvait représenter plusieurs dizaines de préférences à donner pour un électeur) ;
  • numéroter par ordre de préférences les partis : les préférences sont alors distribuées selon des indications donnés par le parti à la commission électorale (un électeur doit numéroter au moins 6 partis mais avant la réforme, un électeur ne pouvait numéroter qu'un seul parti dont dépendaient alors toutes ses préférences).

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Coalition[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre et chef du Parti libéral Malcolm Turnbull.

La Coalition (en anglais : Coalition ou Liberal–National Coalition) est une alliance de partis politiques de centre droit, d'idéologie libérale-conservatrice et agrarienne.

Elle réunit principalement le Parti libéral australien (Liberal Party of Australia, Libs) de Malcolm Turnbull et le Parti national d'Australie (National Party of Australia, Nats) de Barnaby Joyce. Les deux partis ont fusionné au Queensland, pour former le Parti libéral national du Queensland (Liberal National Party of Queensland, LNP), et dans le Territoire du Nord, constituant le Parti rural libéral (Country Liberal Party, CLP).

Après six années dans l'opposition, la Coalition a remporté la majorité absolue des sièges de la Chambre des représentants lors des élections de 2013 et une majorité relative au Sénat. Tony Abbott, le chef du Parti libéral, est alors devenu Premier ministre. Peu populaire et confronté dès fin 2013 à des sondages donnant les travaillistes vainqueurs, Tony Abbott perd la confiance des parlementaires libéraux, qui le remplacent par Malcolm Turnbull le [7]. Turnbull est nommé Premier ministre le lendemain[8].

Ce changement a la tête du gouvernement permet à la Coalition de rattraper son retard dans les sondages qui prédisent un scrutin serré au moment du lancement de la campagne.

Parti travailliste[modifier | modifier le code]

Le chef de l'Opposition et chef du Parti travailliste Bill Shorten.

Le Parti travailliste australien (Australian Labor Party, ALP ou Labor) est un parti de centre gauche, d'idéologie travailliste et sociale-démocrate.

Au pouvoir entre et sous la conduite de Kevin Rudd et Julia Gillard, le Labor gouverne en minorité à partir de avant de perdre les élections de avec son plus mauvais résultat en siège depuis et en voix depuis . En conséquence, Rudd remet sa démission et l'élection d'un nouveau chef est convoquée le . L'ancien ministre de l'Éducation Bill Shorten l'emporte avec 52 % des voix face au chef adjoint sortant Anthony Albanese, au cours d'un scrutin où tous les adhérents sont admis à voter.

Autres partis[modifier | modifier le code]

Les Verts australiens (Australian Greens) remporent leur premier siège lors d'élections générales en 2010 à Melbourne et le conservent en 2013. Du fait du système électoral proportionnel, ils sont surtout représentés au Sénat où ils disposent de 10 sièges depuis 2013, leur score le plus important jusque-là.

Le Parti uni de Palmer (Palmer United Parti, PUP) est un parti créé en 2013 par Clive Palmer, un ancien soutien du LNP. Le parti a remporté trois sièges de sénateurs en 2013 et Palmer a remporté la circonscription de Fairfax. Il a toutefois annoncé qu'il ne se représenterait pas à la Chambre des représentants en 2016.

Le Parti australien de Katter (en) (Katter's Australian Party, KAP) a été fondé par le député indépendant Bob Katter en 2011 et, comme le PUP, est surtout présent au Queensland.

Résultats[modifier | modifier le code]

Chambre des représentants[modifier | modifier le code]

Chambre des représentants[9]
Parti Positionnement Voix % +/- Sièges +/-
Coalition centre droit (alliance) 4 789 467 41,90 -3,65 76 Decrease2.svg 16
Parti libéral libéral-conservateur 3 242 854 28,44 -3,58 45 Decrease2.svg 13
Parti libéral national conservateur 953 066 8,29 -0,63 21 Decrease2.svg 1
Parti national conservateur, agrarien 563 641 4,91 +0,62 10 Increase2.svg 1
Parti rural libéral libéral-conservateur ;
défense des intérêts du Territoire du Nord
29 906 0,26 -0,06 0 Decrease2.svg 1
Parti travailliste centre gauche, social-démocrate, progressiste 4 020 347 35,32 +1,94 69 Increase2.svg 14
Verts écologie politique, gauche 1 121 487 9,87 +1,22 1 Steady.svg
Équipe Nick Xenophon centrisme, défense des producteurs industriels et agricoles australiens 213 624 1,88 +1,88 1 Increase2.svg 1
Parti australien de Katter conservateur, populiste, agrarien, protectionniste 60 828 0,53 -0,51 1 Steady.svg
Parti uni de Palmer conservateur 315 0,00 -5,49 0 Decrease2.svg 1
Indépendants n/a 328 219 2,88 +1,51 2 Steady.svg
Autres n/a 7,61 +3,09 0 Steady.svg
Après répartition des préférences
Coalition 6 818 824 50.37 -3,12 76 Decrease2.svg 14
Parti travailliste 6 722 277 49.63 +3,12 69 Increase2.svg 14
Votes valides 13 541 101 95,95
Votes blancs et invalides 720 915 5,05
Total 14 262 016 100 - 150 Steady.svg
Abstentions 1 414 643 9,02
Inscrits[10] / participation 15 676 659 90,98

Sénat[modifier | modifier le code]

Sénat (VUT) — Participation 91,90% (VO) — Nuls 3,94%[11]
Parti Positionnement Voix % +/- Sièges +/-
Coalition centre droit (alliance) 35,18 -2,52 30
Parti travailliste centre gauche, social-démocrate, progressiste 29,79 +0,16 26
Verts écologie politique, gauche 8,65 -0,58 9
Une Nation droite à extrême-droite, nationalisme, conservatisme, populisme de droite, anti-immigration, protectionnisme 4,29 +3,76 4
Équipe Nick Xenophon centrisme, social-libéralisme, populisme 3,30 +1,37 3
Parti libéral-démocrate libéralisme, libertarianisme, conservatisme 2,16 -1,59 1
Parti de la justice populisme de droite, réformisme judiciaire 1,93 +1,93 1
Parti Famille d'abord droite chrétienne (évangéliste), conservateur, anti-écologiste 1,38 +0,26 1
Parti travailliste démocrate droite chrétienne (catholique), conservateur, distributiste 0,68 -0,18 0
Réseau Jacquie Lambie populisme, attrape-tout, nationalisme, défense des intérêts tasmans 0,50 +0,50 1
Australian Motoring Enthusiast Party opposition aux lois sur le hooning Hoon (en) 0,38 -0,12 0
Parti uni de Palmer conservateur 0,19 -5,42 0
Autres
Total 76

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Election 2016: LNP retains Capricornia, gives Coalition 76-seat majority government », Australian Broadcasting Corporation, 12 juillet 2016
  2. (en) « The Turnbull Government's Options for a 2016 Election », sur Antony Green's Election Blog, .
  3. a et b (en) « Federal Election 2016: Malcolm Turnbull calls July 2 double dissolution poll », sur Sydney Morning Herlad, .
  4. (en) « 2016 Federal Election Called », sur Antony Green's Election Blog, .
  5. (en) « Voting within Australia – Frequently Asked Questions », sur Commission électorale australienne, .
  6. (en) « Hijacking of preferences by electoral sharpies will be countered by law changes », sur News.com.au, .
  7. « Australie: un challenger conservateur renverse le premier ministre », sur lefigaro.fr, (consulté le 14 septembre 2015).
  8. « Australie : le multimillionnaire Malcolm Turnbull investi Premier ministre », sur liberation.fr, .
  9. (en) « First preferences by party », sur Australian Electoral Commission (consulté le 5 juillet 2016)
  10. (en) 2016 federal election Key facts and figures Australian Electoral Commission
  11. (en) « First preferences by Senate group », sur Australian Electoral Commission (consulté le 6 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]