Malcolm Turnbull

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Malcolm Turnbull
Malcolm Turnbull en 2015.
Malcolm Turnbull en 2015.
Fonctions
Premier ministre d'Australie
En fonction depuis le
(2 ans, 2 mois et 4 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Peter Cosgrove
Gouvernement Turnbull
Coalition Libs – Nats
Prédécesseur Tony Abbott
Chef du Parti libéral australien
En fonction depuis le
(2 ans, 2 mois et 5 jours)
Prédécesseur Tony Abbott

(1 an, 2 mois et 15 jours)
Prédécesseur Brendan Nelson
Successeur Tony Abbott
Ministre des Communications

(1 an, 11 mois et 27 jours)
Premier ministre Tony Abbott
Gouvernement Abbott
Prédécesseur Anthony Albanese
Successeur Mitch Fifield
Ministre de l'Environnement et de l'Eau

(10 mois et 3 jours)
Premier ministre John Howard
Gouvernement Howard IV
Prédécesseur Ian Campbell
Successeur Peter Garrett
Représentant de Wentworth
En fonction depuis le
(13 ans, 1 mois et 10 jours)
Prédécesseur Peter King
Biographie
Nom de naissance Malcolm Bligh Turnbull
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Sydney (Nouvelle-Galles
du Sud
, Australie)
Nationalité Australienne
Parti politique Parti libéral
Diplômé de Université de Sydney
Université d'Oxford
Religion Catholicisme

Malcolm Turnbull
Premiers ministres d'Australie

Malcolm Bligh Turnbull, né le à Sydney, est un homme d'affaires et homme d'État australien, 29e et actuel Premier ministre d'Australie, en fonction depuis 2015. Ancien directeur général de Goldman Sachs Australia, il est plusieurs fois ministre et chef du Parti libéral. Le , il succède à Tony Abbott à la tête du gouvernement puis est reconduit dans ces fonctions à la suite des élections fédérales de 2016.

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Lucy Turnbull en novembre 2015.

Malcolm Turnbull naît à Sydney le 24 octobre 1954.

Sa mère, Coral Magnolia Lansbury (1929-1991), est une comédienne de radio, écrivaine et universitaire[1],[2] dont la mère est d'origine anglaise. Malcolm, son seul enfant, est issu de ses deuxièmes noces avec Bruce Blight Turnbull, un courtier immobilier.

C'est son père qui élève seul Malcolm à partir de ses neuf ans après que sa mère a quitté le ménage[2]. Sa mère conclut finalement un troisième mariage, en Nouvelle-Zélande, avec John Salmon, avant de partir aux États-Unis.

Du côté de sa mère, Malcolm Turnbull est d'origine juive[3]. Il participe à plusieurs événements culturels de la communauté juive australienne, mais le Haaretz le dit catholique pratiquant[3].

Études et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Malcolm Turnbull effectue toutes ses études à Sydney, à l'exception d'un passage à Oxford grâce à une bourse Rhodes. Il est d'abord journaliste, avocat, puis banquier, notamment directeur général de Goldman Sachs Australia de 1997 à 2001. Il défend notamment avec succès, dans les années 1980, l'ancien agent du renseignement britannique Peter Wright[2].

Sa fortune est estimée par le Business Review Weekly à 186 millions de dollars[3]. Il possède dans la banlieue de Sydney une grande maison (mansion) évaluée à plus de 50 millions de dollars[3].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Militant républicain[modifier | modifier le code]

Malcolm Turnbull est chef du Mouvement républicain australien (Australian Republican Movement) de 1993 à 2000. Sous sa direction, le mouvement parvient à mettre la question républicaine au centre du débat, entraînant un référendum sur la question. Néanmoins, l'instauration d'une république est rejetée par 54,9 % des votants australiens, ce qui pousse Turnbull à démissionner. Il ne revient pas sur ce thème lors de la suite de sa carrière.

Débuts au Parti libéral[modifier | modifier le code]

Député libéral de la circonscription de Wentworth dans la banlieue est de Sydney depuis octobre 2004, il est, sous le quatrième gouvernement John Howard, ministre fédéral de l'Environnement et des Ressources en eau de janvier à décembre 2007. Il remplace à ce poste Tony Abbott, qui devient son rival après la fin de l'ère Howard.

Ascension vers le pouvoir[modifier | modifier le code]

Lorsque le gouvernement libéral-national (surnommé la Coalition) dirigé par John Howard perd les élections fédérales de novembre 2007, un vote pour la direction du Parti libéral est organisé quelques jours plus tard. Brendan Nelson est élu aux dépens de Turnbull par 45 voix contre 41. En septembre 2008, à la suite d'un second vote pour la direction du parti, c'est cette fois-ci Turnbull qui l'emporte par 45 voix contre 41 pour Nelson. Il est alors le premier républicain à la tête du Parti libéral fédéral.

Comme chef de l'opposition, Turnbull critique la réponse du Premier ministre Kevin Rudd à la crise financière, en particulier pour la vitesse avec laquelle le gouvernement a dépensé le grand surplus budgétaire dont il avait hérité du gouvernement de John Howard, mais il ne parvient pas à entamer la popularité de Kevin Rudd.

En 2009, il accuse injustement le Premier ministre et le ministre des Finances de corruption dans l'affaire du faux-email de Godwin Grech[4], surnommée « Utegate (en) », et sa propre popularité diminue nettement. Des collègues lui reprochent d'être autocratique[5] et les conservateurs du Parti libéral et du Parti national désapprouvent sa politique d'une bourse du carbone. Après une période de division pour les libéraux, Tony Abbott est élu chef du parti le , par 42 voix contre 41 à Turnbull[6].

Ministre des Communications[modifier | modifier le code]

Après la victoire des libéraux aux élections fédérales de septembre 2013, Tony Abbott devient Premier ministre et le nomme malgré tout ministre des Communications dans son gouvernement.

Malcolm Turnbull reste solidaire du gouvernement et tente de ne pas faire de vagues.

Premier ministre d'Australie[modifier | modifier le code]

Turnbull avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, en 2015.
Malcolm Turnbull et Julie Bishop recevant à Sydney le secrétaire d'État américain Rex Tillerson, en 2017.

L’impopularité relative de Tony Abbott vaut à celui-ci d'être mis à l'épreuve par son parti. En février 2015, soit à peine plus d'un an après son entrée en fonction, Abbott demande à son parti six mois supplémentaires afin de s'éviter une élection interne (leadership spill) à laquelle Turnbull avait déjà annoncé sa candidature.

Le , Tony Abbott est mis en minorité par un vote des parlementaires de son propre parti, par 44 voix contre 54 à Turnbull, qui devient ainsi le nouveau chef des libéraux[7], et qui, le lendemain, est investi Premier ministre[8]. Deux différences majeures, outre son passé de militant républicain, séparent Turnbull de la ligne orthodoxe d'Abbott : son soutien au mariage homosexuel et à la lutte contre le changement climatique[9] (timoré lors de sa primature).

En , le rejet par le Sénat d'une loi touchant au secteur du bâtiment et de la construction conduit Malcolm Turnbull à solliciter la dissolution à la fois de la Chambre des représentants et du Sénat. Après avoir été donné longtemps battu dans les enquêtes d'opinion[10],[11], sa coalition remporte, le , 74 sièges à la Chambre des représentants et obtient l'appui des indépendants nécessaire à une majorité contre les travaillistes menés par Bill Shorten.

Malgré cette victoire électorale, le gouvernement est rapidement contesté dans sa politique[non neutre], sur deux fronts principalement. Le premier est celui du traitement des réfugiés, l'opinion mondiale s'étant indignée[réf. nécessaire] en mai de l'auto-immolation d'un migrant iranien[12] à Nauru. Des ONG reprochent à Turnbull de ne pas remettre en cause la solution du Pacifique bien que 70 % des arrivants repoussés sur les îles voisines aient, selon le journal Le Monde, un statut de réfugié. En août sont par ailleurs dévoilés par The Guardian 2 000 documents alléguant d'abus violents et sexuels sur des migrants dans ces camps-prisons, certains pour les dénoncer s'étant auto-mutilés[13]. Le second est celui du traitement des aborigènes, après la fuite d'images de surveillance d'une prison de Darwin qui montrent des adolescents autochtones torturés par des gardiens. Le Premier ministre condamne fortement ces actes mais des milliers de personnes prennent part à des manifestations[14].

En mai 2017, les agences de notation expriment leurs doutes dans la capacité du gouvernement Turnbull de revenir à un budget positif alors que le Bureau australien des statistiques note sa crainte d'une décroissance des salaires réels, la hausse du coût de la vie tendant les budgets des ménages[15].

Du 12 septembre au 7 novembre 2017, Turnbull organise une consultation par voie postale interrogeant le peuple sur la légalisation ou non du mariage homosexuel. Avec la victoire du oui, Turnbull s'engage à adopter une loi en faveur du mariage homosexuel d'ici la fin de l'année 2017[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Malcolm Turnbull Prime Minister: 11 things you should know about our 29th PM », sur www.dailytelegraph.com.au (Daily Telegraph), (consulté le 11 juillet 2016)
  2. a, b et c Afp, « Australie: Victoire poussive du multimillionnaire Malcom Turnbull au poste de Premier ministre », sur www.levif.be, (consulté le 11 juillet 2016)
  3. a, b, c et d (en) Dan Goldberg, Jewish Australians Welcome New PM, Malcom ‘Moishe’ Turnbull, Haaretz, 17 septembre 2015
  4. (en) Paul Maley, « "Why I faked OzCar email: Godwin Grech" », sur www.theaustralian.com.au (The Australian), (consulté le 14 septembre 2015)
  5. (en) Alexandra Kirk, « Coalition rift: Tuckey slams 'arrogant' Turnbull », sur www.abc.net.au (ABC News), (consulté le 14 septembre 2015)
  6. (en) Phillip Coorey, « Shock result as Abbott wins Liberal leadership by one vote ... ETS dead », sur www.smh.com.au (The Sydney Morning Herald), (consulté le 14 septembre 2015)
  7. « Australie: un challenger conservateur renverse le premier ministre », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 14 septembre 2015).
  8. « Australie : le multimillionnaire Malcolm Turnbull investi Premier ministre », sur liberation.fr, .
  9. (en) « Australia PM Abbott faces challenge from Turnbull », sur www.bbc.com (BBC News), (consulté le 28 octobre 2015).
  10. (en) « 7 News - National Poll - 26 May 2016 », sur www.reachtel.com.au, (consulté le 11 juillet 2016)
  11. (en) « The Essential Report 27 April 2016 », (consulté le 11 juillet 2016).
  12. Amnesty juge l'Australie cruelle envers les demandeurs d'asile, Le Monde, 4 août 2016.
  13. Australie : les Nauru Files révèlent des centaines de cas d'abus sexuels sur des réfugiés, Le Figaro, 10 août 2016.
  14. Australie : des mineurs torturés dans un centre de détention, Le Figaro, 26 juillet 2016.
  15. Turnbull government hit with triple blow of bad economic news, smh.com.au, 17 mai 2017
  16. « Les Australiens disent oui au mariage gay », sur lemonde.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Autres projets[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]